Guide sur l'indonésie

Une invitation en Indonésie

L’INDONÉSIE est un monde à la diversité inégalée 13 677 îles s'étendent sur plus de 6 000 km le long de l'Équateur. A 5 000 m d'altitude, les sommets de Nouvelle-Guinée sont couverts de neiges éternelles. Des plages superbes sont bordées de cocotiers. Dans les grandes villes comme Jakarta ou Bandoeng, Medan ou Surabaya règne une atmosphère fiévreuse, colorée, inimaginable. Des forêts pluviales restent inexplorées. A Sumatra, à Java, à Bali, à Sulawesi et dans bien d'autres îles fument les volcans.

Des peuples d'origines diverses pratiquent, le plus souvent en bonne intelligence, un grand nombre de religions. Les extrêmes sontpartout gratte-ciel et temples dont les fondations remontent au début de notre ère, agitation frénétique et paix contemplative. Il n'est pas facile de lancer une invitation en Indonésie, la liste de ses séductions n'a ni commencement ni fin. L'exotisme et l'insolite vous guettent partout, et leur multiplicité constitue l'un des principaux attraits de l'archipel.

Un regard sur le passé La Préhistoire

Au pléistocène moyen (350000 115000), Pithecanthropus erectus, sans doute immigré, vivait déjà sur les îles. En 1891, la mise au jour de ses os sur les rives du fleuve Solo, à Java, fit sensation ;on pensait sérieusement avoir trouvé le berceau de l'humanité. Mais les découvertes des années soixante de ce siècle, dans Lest de l'Afrique, réfutèrent cette thèse.

D'autres fouilles ,ont attesté qu'au mésolithique (10000-2000 av. J.-C.), des migrations originaires de la province chinoise du Yunnan touchèrent Sumatra puis toutes les autres îles de la Sonde. Des hachettes, trouvées un peu partout, témoignent de l'avancée des tribus malaises. On notera aussi la présence, abondante à Samosir (Sumatra), Nias, Sulawesi et de nombreuses petites îles de la Sonde, de mégalithes dont on souligne la similitude avec des exemples aussi éloignés que ceux de Cuzco, au Pérou, ou de Stonehenge dans le sud de l'Angleterre.

Chronologie indonésienne

2700-300 av. J.-C.: les Proto et les Deutéro-Malais submergent progressivement les aborigènes austronésiens, que l'on rencontre encore, de nos jours, en Nouvelle-Guinée, aux Moluques et dans les petites îles de la Sonde.

1000: civilisations du riz à Java et à Bali. 900-800: début du travail du bronze.

400-300: utilisation du fer. Début de notre ère l'hindouisme conquiert paisiblement de grandes parties de l'Indonésie.

V. 200-600 apr. J.-C.: implantation du bouddhisme Hinayâna.

500-600: plusieurs vagues d'émigrants renforcent l'influence indien­ne ;constitution de royaumes éphémères.

V. 650: dans le sud de Sumatra, le royaume bouddhique de Çrivijaya étend sa puissance maritime jusqu'en Thaïlande méridionale.

V. 700: le bouddhisme Mahâyâna supplante l'Hinayâna.

V. 750: à Java, la dynastie hindoue des Sanjaya, dont l'influence s'exerce jusqu'en Indochine, est évincée par les Sailendra.

800-900: premiers royaumes balinais.

XIe s.: les rois de Majapahit prennent le pouvoir aux Sailendra et contrôlent toutes les côtes indonésiennes à l'exception de la Nouvelle­Guinée. Les îles vivent un « âge d'or ». Les souverains n'exercent qu'une autorité spirituelle, laissant le pouvoir aux ministres, dont le plus puissant fut sans doute Gaja Mada.

XIIe-XIIIe s après des tentatives d'indépendance, Bali devient le siège de la dynastie des Majapahit qui protège l'hindouisme.

1350-1389: sous le roi Hayam Wuruk, le royaume de Majapahit brille de ses derniers feux.

1511: la prise de Malacca par Alfonso d'Albuquerque amorce les conquêtes européennes en Asie du Sud-Est.

1513: le prince musulman Pati Umus conquiert Java. L'élite hindouiste émigre peu à peu à Bali.

1522 les Portugais fondent un comptoir sur la côte ouest de Java et conquièrent les Moluques dont l'Europe convoite les épices muscade, poivre, cannelle et girofle.

XVIe s.: Portugais, Anglais, Hollandais et Espagnols se livrent une guerre économique larvée dont les autochtones font les frais.

1527: des forces javanaises infligent une sévère défaite aux Portugais devant Sunda Kelapa (Jakarta).

1596: la première flotte hollandaise apparaît dans les eaux indoné­siennes et mouille devant Bali en 1597.

1602: fondation de la Compagnie hollandaise des Indes orientales.

1619: le Hollandais Jan Pieterszoon Coen fonde Batavia. La Compagnie s'engage à assister les princes locaux dans leur lutte contre Anglais et Portugais en échange d'accords commerciaux.

1770: d'audacieux Français brisent le monopole hollandais sur le
commerce de la muscade en s'emparant de muscadiers qu'ils implan­tent aux Indes occidentales.

1782: minée par la corruption, la Compagnie perd le gros de sa flotte dans la lutte contre les Anglais. Elle est reprise par l'État hollandais en 1799.

1811 profitant de l'emprise napoléonienne sur les Pays-Bas, l'Angleterre s'empare des possessions hollandaisesdans l'archipel et nomme gouverneur sir Stamford Raffles qui réforme l'administration coloniale. Mais, dès 1814, les îles sont rendues aux Hollandais qui reprennent leur politique d'exploitation.

1825-1830: le prince Diponegoro conduit le premier soulèvement général à Java. Il est soumis mais les troubles subsistent. A Sumatra, les engagements entre Acehnais et troupes coloniales dureront jusqu'à l'indépendance.

1846: les Hollandais s'emparent de Bali, puis de Lombok (1894) mais esquissent une politique de modernisation et de mise en valeur.

1906: insurrection de Bali. Les Hollandais bombardent Badung (Denpasar) dont le rajah résiste avec 2 000 courtisans. Le dernier carré se suicide avec femmes et enfants.

20 mai 1908: création du mouvement de libération Budi-Utomo par le Dr. Wahidin.

1916: fondation du Volksraad, première institution représentative 1 député pour 10 000 Hollandais, 1 pour 300 000 Chinois mais seulement 1 pour 2 000 000 autochtones ! Les activités nationalistes se poursuivent pendant les années vingt et trente.

8 mars 1942: capitulation hollandaiseles Japonais occupent l'archipel mais ne peuvent s'assurer la coopération des populations. Sukarno fonde un mouvement de libération.

17 août 1945: proclamation d'une république fédérative, démocrati­que et socialiste que l'ancienne puissance coloniale ne reconnaît pas.

1946-1948: luttes acharnées entre troupes hollandaises et mouve­ments de libération antagonistes. Les communistes proclament une république soviétique dans l'est de Java.

27 décembre 1949: sous la pression des Nations-Unies (conférence de La Haye, 23.8 -2.11.1949), les Pays-Bas accordent l'indépendance aux « États-Unis d'Indonésie ».

1955: conférence afro-asiatique de Bandoeng.

1963: conflit armé avec la Malaysia. Des accords bilatéraux accordent à l'Indonésie la Nouvelle-Guinée occidentale dont l'indépendance doit se décider par référendum en 1969.

30 septembre 1965: une tentative de révolution communiste, noyée dans le sang, entraîne des règlements de compte interraciaux dont beaucoup de Chinois font les frais. Le parlement donne le pouvoir réel au général Suharto. Le pouvoir est fortement centralisé.

1966: Sukarno cède le pouvoir à Suharto, élu président en 1968.

16 août 1969: après un référendum contesté, la Nouvelle-Guinée occidentale, ou Irian Jaya, est incorporée dans la république, mais sa population aspire toujours à l'indépendance.

1975: après l'invasion de la partie occupée par le Portugal, toute l'île de Timor devient indonésienne en 1976.

Spécialités et curiosités

Les produits de la terre

La puissance coloniale imposa la culture de produits agricoles qui enrichirent considérablement la métropole, mais semèrent la misère et la famine dans les populations locales, opprimées et privées de tous droits. De vastes zones forestières disparurent au profit de gigantesques plantations. Après l'indépendance, l'Indonésie n'était pas en mesure d'exploiter l'infrastructure existante et la situation de la production agricole ne s'améliore que depuis les années soixante.

Le caoutchouc brut et les produits à base de caoutchouc représentent un sixième des exportations. Les plantations existent surtout à Sumatra. Lors de vos pérégrinations, ne manquez pas d'observer la récolte et la collecte, mais évitez les lieux de fumage ! L'arbre croît en épiphyte, peut être saigné à partir de 7 ou 8 ans, atteint son plein rendement env. 20 kg par an -entre 12 et 16 ans et cesse d'être rentable à 25.

L'huile de palme : l'Indonésie s'est adaptée aux besoins croissants de graisse végétale (qui représente 1/10e des exportations) et les plantations envahissent de plus en plus toutes les îles. A Sumatra, on peut voir d'immenses pépinières sur la route de Medan à Pematang Siantar (vers le lac Toba).

Le cacao ne joue pas un grand rôle, quantitativement, en Indonésie, mais ilest considéré par les spécialistescomme le meilleur du monde. Assez petites, les plantations restent souvent des propriétés familiales. L'arbre est assez spectaculaire, car il porte à la fois des fleurs et des fruits à différents stades de mûrissement. Il peut atteindre 15 m mais, pour faciliter la cueillette, on l'empêche de dépasser 7 m. Il produit, de sa 6e à sa 34 ou 40e année, des fruits appelés cabosses, qui contiennent de 30 à 40 fèves. Le traitement est assuré par les fabricants de produit final : les chocolatiers. Le cacaoyer se cultive surtout dans le centre de Java, le sud des Cèlèbes et aux Moluques.

Le café, venu d'Abyssinie, est cultivé en Indonésie Sumatra, Java, Bali, Timor, depuis 1699. Le caféier est un arbuste à feuilles persistantes qui produit, pendant 3 à 5 ans, un fruit appelé cerise, dont la pulpe contient deux fèves. On extrait le grain selon deux méthodes, sèche ou humide, et c'est cette dernière, considérée comme donnant la meilleure qualité de café, qui est utilisée en Indonésie. Ce sont les Balinais qui préparent le meilleur café, comme vous pourrez vous en rendre compte dans les restaurants des autochtones (mais pas dans les hôtels !).

Le riz, base de l'alimentation quotidienne c'est le pain des riches comme des pauvres. A Java ou à Bali, les lignes des rizières en terrasses s'harmonisent merveilleusement avec le paysage et fascinent les touristes. Grâce à la maîtrise parfaite des techniques de l'irrigation, tout Bali ressemble à un jardin. Dans la culture du riz, tout dépend de l'eau et, bien sûr, des dieux, des esprits et des démons. Aussi, rien ne se fait sans eux prêtres et anciens déterminent soigneusement les dates des travaux, dont toutes les étapes font l'objet de cérémonies et d'offrandes. L'une des fêtes les plus impressionnantes, rarement visible hélas, est le mariage de Vishnu avec Dewi Sri, la déesse du riz. Les paysans balinais sont groupés en communautés appelées subak, dont chacune travaille selon son propre rythme, aussi peut-on voir le même jour, dans un espace restreint, tous les stades du cycle de la culture irrigation, labourage, plantation, sarclage, récolte, battage.

11 existe du riz brun, noir ou rouge. Selon les variétés, la plante atteint de 70 à 100 cm. Les connaisseurs apprécient par-dessus tout le riz dit de montagne, qui croît principalement à Bornéo. Dans certaines régions, on obtient jusqu'à trois récoltes annuelles. La rizière, ou sawah, est le théâtre d'événements étranges et mystérieux. Des gens dignes de foi parlent de feux follets (leyak)à des Européens sceptiques jusqu'à ce qu'eux-mêmes soient témoins de phénomènes inexplicables Si le manège d'un vieillard, gardeur de canards vous étonne, sachez

que la perche munie d'un fanion blanc qu'il fiche dans la rizière sert de mère de substitution aux palmipèdes. Ceux-ci ne s'en éloigneront pas et ne risquent pas de débarrasser des insectes nuisibles le champ du voisin et d'en chasser les serpents !

On appelle padi ou paddy le riz non décortiqué, gabah le riz battu mais non mondé, beras celui qui est mondé et nasi le produit cuisiné. Curieusement, même les paysans les plus modestes ne mangent jamais de riz complet qui coûte si cher dans les magasins diététiques d'Europe!

Épices des îles

Durant des siècles, la passion de l'Occident pour les épices détermina le destin politique et économique d'un archipel aux cent îles. Leur commerce entraîna une misère épouvantable dans les régions de production mais fut la source d'enrichissements considérables en Europe, dont les immenses besoins étaient dus aux mauvaises méthodes de conservation d'autrefois les aromates couvraient maint « goût ».

Le poivre passe pour la plus relevée des épices et les Romains, déjà, en faisaient grand usage (ils poivraient même le vin !). Originaire des Indes, il croît dans les zones de forêts pluviales des tropiques, et particulièrement à Bornéo, aux Moluques et d'autres îles de la Sonde. Plante grimpante, le poivrier atteint 4 à 5 m de haut et donne des fruits sous forme de grappe. La couleur est une affaire de traitement les grains à demi mûrs, ébouillantés et séchés, donnent le poivre noir, les grains mûrs le blanc, et le poivre vert ne le reste que si on le conserve dans le vinaigre ou la saumure.

La noix de muscade avait, autrefois, moins d'intérêt gastronomique que de vertus curatives (jamais prouvées). Pour s'assurer un monopole, les Hollandais allèrent jusqu'à abattre tous les muscadiers d'Indonésie, sauf dans les îles qu'ils contrôlaient bien. Originaires des Moluques, ils atteignent 16 à 18 m et existent sous les deux sexes, l'ensemence­ment étant assuré par les oiseaux qui avalent la graine mais ne peuvent la digérer. Parfois, un arbre mâle est entouré de 80 femelles. Aujourd'hui, on a recours souvent à la greffe.

La cannelle resta longtemps une épice mystérieuse. Personne, en Europe, ne pouvait vraiment remonter jusqu'aux origines de son long périple. Son prix élevé justifiait qu'on l'ajoute à presque tous les mets, si l'on en avait les moyens. Aujourd'hui, plus personne n'ignore qu'il s'agit de l'écorce interne, fermentée et séchée, des rameaux âgés de deux ans, environ, d'un arbre atteignant 10 m de haut le cannelier, très répandu à Java.

La cardamome, dont l'usage tend à se répandre en Europe, assaisonne le curry ; quelques grains donnent son piquant au café arabe. L'arbrisseau donne des capsules, contenant chacune 20 graines que l'on récolte avant maturité.

Les clous de girofle ont des utilisations nombreuses et variées en Indonésie leur poussière parfume même les cigarettes. Tout, dans le giroflier, sent merveilleusement bon les fleurs, deux fois par an, les feuilles, l'écorce, le bois, les bourgeons et l'inflorescence, que l'on récolte juste avant qu'elle ne s'ouvre, pour la sécher.

Tuak, le vin de palme sucrée et aromatique, la sève que l'on extrait des tiges des fleurs des palmiers Arèn, Nyiur et Enau, donne un vin de palme titrant 7° si on le laisse fermenter dans des bambous. D'un diamètre de 12 à 15 cm, ceux-ci servent également à sa conservation et à sa vente. Dans certaines îles, on le boit pour entrer en transes lors de cérémonies religieuses.

Bétel, l'autre moyen de parvenir au septième ciel on estime que, sous les tropiques, 340 millions de personnes ont recours à ce stimulant. En Indonésie ils sont 30 millions, reconnaissables à leurs dents, mâchoires et palais teintés de rouge. L'une des nombreuses préparations consiste à rouler un fragment de noix de bétel (ou areka, ou encore pinang) saupoudré de chaux dans une feuille de poivrier. On met le tout dans la bouche et l'on mastique du soir au matin. On vend les ingrédients sur tous les marchés, pour quelques rupiahs.

La musique d'Indonésie

Gamelan, le monde tonal de Java et de Bali le gamelan est un orchestre, composé en majeure partie de xylophones métalliques et de gongs. Les instruments se répartissent en plusieurs groupes les saron et les gambang, composés de lames métalliques posées sur des caisses de résonance en bois, donnent la ligne mélodique principale ; les gender, faits de lames suspendues par des liens au-dessus de tubes de résonance en bambou, et les bonang, petits gongs bulbés horizontaux, ornent la ligne mélodique les gongs suspendus ponc­tuent et séparent les phrases mélodiques ;kendang ciblon (petitstambours) etkendang gending (plus grands) sont les instruments dirigeants, indiquant les variations de temps dans les compositions vocales, le rebab, vielle bicorde et la flûte suling accompagnent la voix. S'y ajoutent des instruments régionaux, comme le tjelem pung, cithare à 13 doubles cordes... Presque chaque village a son ensemble instrumental et on en compte quelque 18 000 à Java, 6 000 à Bali. Le mode de fabrication des instruments, le nombre de musiciens, exclusivement des hommes à compter de 7 ans, et la composition des gamelan font qu'aucun ne ressemble à l'autre. Certains ont l'exclusivité de formes tonales très précises, d'autres musiques sont réservées à des cérémonies particulières.

Les meilleurs instruments proviennent des villages autour de Klungkung, dans l'est de Bali.

Angklung : la musique angklung appartient à l'ethnie sundanaise, de l'est de Java. Elle est exécutée aux moyens d'instruments de bambou qui, agités par des musiciens, donnent une seule note chacun. Un orchestre d'angklung peut réunir jusqu'à 60 musiciens.

Les jeux des marionnettes

Le wayang revêt une importance particulière pour les Indonésiens et leurs voisins malais, thaïlandais et birmans. Autant qu'un spectacle éducatif, il s'agit d'un moyen de communication entre les humains et les dieux, les esprits, les ancêtres. Les thèmes sont fournis par les épopées du Ramiiyana et du Mahâbhârata et la dramaturgie ne varie guère. Dans les deux premiers actes, on expose la situation selon l'optique des parties antagonistes, le troisième voit le triomphe du noble héros, non sans péripéties destinées à porter le suspense à son paroxysme.

Wayang-kulit, la version la plus connue, se joue à l'aide de personnages en cuir souvent filigrané, de 30 à 50 cm de haut, fixés sur des baguettes. Ils sont manipulés par le dalang, qui narre généralement le sujet en vieux javanais (kawi) accompagné par un gamelan. Le traducteur y ajoute souvent des commentaires tirés de l'actualité. Il est permis de rire. Devant l'écran blanc qui dissimule le dalang, une lampe à huile projette les ombres des personnages sur le décor, essentiel, constitué d'un arbre ou d'une montagne célestes (kayonan en balinais ou gunungan en javanais). Une représentation peut durer 3, voire même 8 ou 10 heures.

Dans le wayang-klitik, les personnages en bois aux bras de cuir articulés évoluent sur la scène sans lumière ni écran le wayang­golek, typique de l'ouest de Java, ressemble plus aux jeux de marionnettes européens - les personnages portent des vêtements ; plus rare, le wayang-beber narre le sujet avec beaucoup de passion, à l'aide de personnages dessinés sur des bandes de papier. Dans le wayang-topeng, des danseurs masqués miment le sujet commenté par le dalang le wayang-wong, fréquent à Bali et à Java, est interprété par des acteurs singes et démons portent des semi-masques.

Offrandes aux dieux, aux esprits et aux démons

La préparation des offrandes destinées à la purification, à plaire aux dieux ou aux ancêtres, à apaiser les démons au-dessus et au­dessous de la terre et de la mer, occupe une grande partie des loisirs. Le riz, avec lequel on confectionne des gâteaux ou des temples en miniature, joue un grand rôle, mais aussi des fruits, des feuilles de „ bananier ou de cocotier, des fleurs, le papier et de petits paniers que l'on voit jusque dans les taxis. Dans les temples, on voit fréquemment des menus entiers, qui ne se gâtent jamais :on les reprend pour les consommer en famille, à l'exclusion des prêtres et des jeunes filles destinées à entrer en transes en dansant. En effet, les dieux et les ancêtres ont extrait des offrandes les « essences », ce qui les rend sans valeur pour certaines catégories de gens. Les rites des offrandes (pesegehan) sont si compliqués que seuls des experts en connaissent toutes les subtilités.

Danses, drames et mythes

La danse balinaise ou javanaise est un rituel pour les dieux, les démons et les ancêtres, qui se déroule selon une précision accomplie, presque scientifique. Le moindre geste est imposé la position du corps, le port de la tête, le regard, le mouvement des pieds, des mains et même des doigts revêt une importance extrême, sans pour autant dénier à l'exécutant des formes d'expression individuelles. Sans doute originaires du sud de l'Inde, les formes chorégraphiques, à contenu mystico-religieux, symbolisent des récits et des drames au moyen d'une « langue secrète », connue de tous les spectateurs.

Le barong met en scène la lutte entre magies blanche et noire. Il oppose l'animal protecteur du même nom, représenté par deux hommes masqués et revêtus d'un costume à poil, à Rangda la sorcière, une veuve qui refusa d'être brûlée à la mort de son mari. Les danseurs entrent en transes, Rangda semble invincible mais la victoire reste finalement à Barong, sans que pour autant la sorcière soit jamais anéantie. Elle reste de ce monde, bannie dans un cimetière.

Legong, le jour céleste des nymphes divines », exécuté par trois jeunes filles de 10 à 14 ans au maximum est sans doute la plus gracieuse des danses indonésiennes. Bien que les personnages jouent toujours le même rôle : deux legong (princesses royales) et une jondong (servante), le sujet peut varier à l'infini.

Les danses bans sont l'équivalent masculin du legong et jouent toujours un grand rôle lors des fêtes rituelles balinaises,. notamment les incinérations. Elles ont pour thème le service armé des guerriers pour leur roi.

Les danses sanghyang, dont les exécutants entrent en transes, se déroulent à l'intérieur ou devant un temple. Que leur thème soit l'exorcisme ou le sacrifice, elles protègent toujours le village.

Pour sanghyang-dedari (danse des anges vénérables), des fillettes,

n'ayant pas atteint la puberté, sont choisies selon leur don. Le prêtre (permangku) les fait entrer en transes à l'aide d'encens et de prières. Elles dansent jusqu'à ce que s'arrête la musique et tombent inanimées. Le prêtre les éveille mais elles ne se souviennent de rien.

Dans la version djaran, un jeune homme ou un prêtré en transes danse autour, puis dans les braises sans se blesser. Un fagot lui sert de cheval symbolique. Il est libéré lui aussi par un prêtre.

Kecak, la « danse des singes », est une pantomime de conjuration, autrefois purement exorciste, qui actuellement inclut un épisode du R m iyana. Des hommes incarnent l'armée d'Hanuman, le roi des singes, au son de la voix humaine, sans accompagnement de gamelan.

Les danses kebiyar existent, elles aussi, en nombreuses versions. Lors du kebiyar-duduk, l'exécutant « danse » assis, les jambes croisées, et va de musicien à musicien, l'un des efforts corporels les plus difficiles qui soient.

II existe bien d'autres danses, janger, jack, bedaya, sempiri, oleg tambulilingan (né en 1952), danses masquées issues du wayang­topeng ou du wayang-wong, etc. Lors des manifestations touristiques, elles perdent de leur authenticité, les transes sont facilement simulées, mais dans les villages, elles gardent leur véracité. En dehors de Bali et de Java, les danses traditionnnelles sont moins nombreuses citons, chez les Torajas de Célèbes, le passuling (danse des morts), mangelu, ba-dao-bullan (après la moisson), ba-bone-balla (consécration de la maison) oui parading (danse guerrière exécutée lors du décès d'un homme) dans le sud des Célèbes, pakurru sumanga (danse de bienvenue), gaurang bulo (pour les moissons) ou pattennung (danse des tisserands) ; tari lilin des Minangkabau de Sumatra ou tari payung, danse dite des parapluies également à Sumatra ; selendang à Timor et les danses guerrières de Nouvelle-Guinée.

Le théâtre, à Bali et à Java, combine harmonieusement mime et musique, mais montre aussi de réelles qualités dramatiques. Il met en scène des personnages stéréotypés. Les pièces d'ardjasont des mélodrames issus des anciens royaumes de l'est de Java, rédigés dans une langue superbe, hélas hermétique pour les Occidentaux.

Les épopées edu Râmâyana et du Mahâbhârata ils fournissent les thèmes, c'est-à-dire l'éternelle lutte entre le bien et le mal, aux pièces, mimes et danses. Rédigé sans doute au Ille ou IVe s. av. J.-C., le R mîiyana n'a cessé de s'enrichir en 2 000 ans. Il relate la vie du prince Rima, élevé à la dignité d'incarnation de Vishnu. Le Mahâbhiirata, qui est sans doute l'oeuvre la plus longue de la littérature mondiale, conte la lutte des descendants du roi Bhârata contre leurs cousins.

Le kriss ou criss

II n'existe sans doute pas d'arme aussi entourée de mythes que le kriss, né à Java au XIVe s. Plus qu'un couteau, c'est une arme d'estoc portée dans la ceinture qui, dans le cas critique, est tenue comme un revolver. Siège de l'âme de leur propriétaire, ils ne rentrent pas dans leur gaine avant d'être entrés en contact avec le sang et accomplissent leur « oeuvre » même sans le secours de la main. Leur lame sinueuse est forgée en associant des feuilles des métaux les plus divers, la poignée ornée de pierres précieuses. Certains modèles de maisons princières dépassent le demi-million de livres lors d'enchères londoniennes.

La production actuelle, florissante, est destinée pour 90 % au tourisme. Les modèles anciens n'existent pratiquement pas sur le marché (sauf les faux !) : qui se débarrasserait d'une arme dans laquelle réside peut-être une âme Ou alors, il faut y mettre le prix. On trouve tout au plus des armes purement utilitaires du siècle dernier, pour quelque quatre ou cinq cents francs.

Le coq, fortune et fierté de son propriétaire

Le coq de combat représente souvent la seule fortune de la famille et les exposer dans des paniers devant la maison est une affaire de prestige. On les nourrit des meilleurs grains, on les baigne, on les caresse, on leur applique des pommades, et ceci deux fois par jour Rien n'est trop beau pour eux, sauf les poules qu'ils guignent de l'intérieur de leur cage.

Un coq de combat n'est pas destiné à la reproduction, mais uniquement à la querelle. Dès qu'apparaît le moindre début de crête, son propriétaire emploie mille ruses pour l'exciter contre les autres coqs. Assis sous un banyan, les hommes discutent en mâchant du bétel,' leur coq sous le bras. De temps en temps, on en lâche deux l'un contre l'autre, pour constater les fruits d'une bonne éducation, et le propriétaire du « perdant » intervient d'un geste téméraire avant que le sang ne coule. Il aura beau jeu de déclarer chez lui que son coq a gagné, car les femmes ne sont pas admises lorsque « volent les plumes ». La police non plus, les combats de coq étant officiellement interdits, et surtout les luttes à mort, pour lesquelles les coqs portent de petits couteaux coupant comme des rasoirs, qui donnent lieu à des paris insensés. Il n'est pas rare qu'un fermier perde non seulement son coq, mais toute sa propriété. Si vous souhaitez jeter un coup d'oeil « derrière les coulisses», le portier de votre hôtel saura où vous envoyer pour assister à un combat, sanglant ou non.

Peuples et langues

Des peuples nombreux

La gigantesque étendue de l'archipel implique un grand nombre de

races. Certaines sont restées homogènes depuis la Préhistoire, mais la majorité d'entre elles se sont mélangées au point que l'Indonésie reste l'un des terrains d'étude les plus compliqués du monde pour les anthropologues.

Nous avons eu connaissance de deux gigantesques migrations de tribus malaises qui se sont étendues sur deux millénaires, et les fouilles témoignent des contacts culturels les plus divers. Des peuples austro-mélanésiens déjà établis se sont mélangés avec des Proto­Malais venus du nord, avant que des Deutéro-Malais ne refoulent les tribus sédentarisées. Batacres de Sumatra, Dayaks de Bornéo, Torajas de Célèbes et d'autres groupes se retirèrent dans des contrées isolées où ils purent vivre en autarcie jusqu'au début de ce siècle. Il en est de même des Austro-Négroïdes de Nouvelle-Guinée. Les ethnologues distinguent toujours les deux groupes fondamentaux des Prote, et des Deutéro-Malais, adeptes du bouddisme et de l'hindouisme, dont la majorité passa ensuite à l'islàin. Les plus importants sont les Balinais, les Javanais, les Minangkabaus du sud-ouest de Sumatra, les Buginais et les Macassars de Sulawesi, et les Acehnais du nord-ouest de Sumatra. Partout on observe des distinctions entre habitants des côtes et des montagnes. La couleur de la peau accentue souvent les différences ethniques.

La fin des migrations du paléolithique et du néolithique n'apportèrent aucune stabilité, d'autres mélanges s'effectuèrent d'île à île. Dans les temps modernes, des milliers de Chinois arrivèrent dans l'archipel, partiellement engagés sur les plantations par la puissance coloniale. Leur ténacité et leur sens proverbial du commerce leur assurèrent rapidement une position dominante dans le domaine économique. Cela ne se fit pas sans jalousie, et on assista à une forme de pogrom.

La tentative de coup d'État communiste de 1965 fut partiellement liée à l'agitation chinoise et l'on estime, sans pouvoir donner de chiffre exact, que plusieurs centaines de milliers de Chinois furent victimes des troubles. Mais 3,8 millions d'entre eux contrôlent toujours70 % de l'économie.

L'influence coloniale hollandaise laissa aussi des traces. De nom­breux Européens habitent encore - ou plutôt de nouveau - en Indonésie. Un sur quatre fait un mariage mixte.

De nombreuses langues

Autant de peuples, autant de langues San compter la Nouvelle­Guinée, on distingue quelque 250 langues sur les fies indonésiennes (auxquels s'ajoutent les dialectes !). Sur Java on en parle 9, sur la petite fie d'Alor 70 et en Nouvelle-Guinée occidentale quelque 300.

L'unité politique exigeait la suppression des barrières linguistiques. Au cours des siècles, le malais,originaire de l'archipel de Riau, qui gagna l'Indonésie pour la presqu'île de Malacca, était devenu la langue des relations commerciales. Dans les premières décennies de ce siècle, il donna naissance à une langue artificielle, propagée essentiellement par les indépendantistes, le bahasa indonesia, qui fut élevée à la dignité de langue officielle en 1950. Relativement simple, sans grammaire compliquée, sans conjugaison,elle emprunte à différentes langues des mots compréhensibles par les Européens chauffeur kondektur, restaurant restoran,bière bir, police = polisi, l'influence hollandaise n'est pas loin... Pour former le pluriel, on répète le mot. Utilisée partiellement jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'écriture arabe a définitivement cédé la place aux caractères latins.

La grande originalité des langues de Java et de Bali est que l'on s'exprime différemment selon la classe sociale. La position qu'occupent les interlocuteurs dans la famille et la société détermine le choix du vocabulaire.

Desa, une communauté exemplaire

La culture du riz en terrasses et des méthodes complexes d'irrigation exigent un fort sentiment de solidarité, aussi la communauté villageoi­se,ou desa, était-elle déjà organisée d'une manière exemplaire il y a un millénaire. Sa cellule est la famille, extrêmement unie, dont l'habitat est entouré de murs de terre pour la protéger des esprits. Son chef, kepala keluarga, fait partie du banjar, qui règle les problèmes d'ordre profane la communauté des anciens, ou krama desa, est chargée des affaires religieuses. Bale agung (place des princes) et puni (temple) sont les centres du village. Lorsque ce dernier a quelque importance, il existe plusieurs banjarqui élisent un maire, le perbekel.Le kepala keluarga des familles possédant des rizières fait également partie de la subak, la coopérative d'irrigation.

A Bali, la religiosité constitue l'autre facteur de la solidarité villageoise. Toute maison possède son temple familial, en plus de celui du village, le puni desa, objet de la sollicitude générale. Il en va de même du gamelan, dont les instruments appartiennent généralement à la communauté.

On entoure les enfants, qui ne doivent pas toucher le sol, considéré comme impur, avant l'âge de trois mois, de beaucoup de soins et d'amour. Il n'existe pas de châtiments corporels et on les empêche de se disputer. S'ils manifestent des talents chorégraphiques, on ne recule devant aucun sacrifice pour les faire éduquer par des maîtres.

Régi par le statut social et la richesse des familles, le mariage obéit à des coutumes fort diverses. Selon la tradition, ou mapadik,les parents choisissent les conjoints de leurs enfants. Plus moderne,

l'enlèvement de la fiancée », ou negerorod, « indigne » tout le monde,pendant que roucoulent les jeunes mariés. On estime peu le célibat, qui n'assure pas la pérennité de la communauté.

Source de l'ordre social, l'adat,tradition orale, à l'origine écrite aussi, fixe la loi et le droit coutumier. Sa violation peut entraîner l'exclusion de la communauté.

Astrologues, sorciers et démons

La vie et la mort des Balinais, et partiellement aussi des Javanais, est déterminée par des esprits et des démons, au nombre de 40 000 selon les spécialistes.Sans pouvoir les détruire, l'homme s'efforce de limiter leurs influences néfastes, et maintenir l'équilibre entre le bien et le mal, qui coexistent sur terre, en réjouissant les dieux et en apaisant les démons à l'aide de danse, de musique, de fleurs ou de sacrifices. Partout où le besoin se fait sentir, entrée d'un pont ou carrefour, on place l'effigie d'un kala ou d'un buta, démon montrant les dents, auquel on apporte des sacrifices, et personne ne comprit pourquoi les Européens construisirent hôtels et bungalows sur la plage, c'est-à-dire si près des mauvais génies de l'eau.

A Bali, la lutte contre les démons exige que l'on lime les incisives du maxillaire supérieur, car seule une denture droite garantit contre la prodigalité, la paresse, la luxure et d'autres vices. A défaut, personne ne peut être incinéré, car on ne peut pas se réincarner si l'on est un démon. Tout le village se réunit pour cette procédure, assez désagréable, mais nous vous conseillons de rester discret et de ne pas oublier que certains limages » annoncés publiquement font partie des spectacles pour touristes. Comme les dents font aussi partie de l'âme, on enterre leur poussière.

Démons et esprits jouent également un rôle prépondérant chez les Torajas de Sulawesi et les Batacres de Sumatra. Aucun peuple, aucune tribu ne pratique la conjuration par charlatanerie. Même les chrétiens de Sumatra ont toujours « leurs » esprits. Les chasseurs de tête suspendent la tête de l'» ennemi » au faite de leur maison, l'esprit du mort en éloigne le mal.

Dans la minorité chinoise, l'activité des mauvais démons est plus importante que celle des dieux et des bons génies. Ils proviennent de morts qui ont franchi le pas, pauvres ou insatisfaits, aussi porte-t-on sur les tombes de défunts proches des monceaux de billets d'argent sans valeur, des menus entiers ou des miniatures d'objets qu'ils affectionnaient.

Petit riziculteur de Java ou directeur d'une société de Jakarta, tout le monde connaît une adresse pour déterminer la date de mariage d'une fille ou à quel moment battre la concurrence. Et si le devin se trompe c'est tout simplement que de mauvais esprits s'en sont mêlés !

Sports et distractions

L'archipel n'offre pas beaucoup de possibilités de pratiquer un sport, d'ailleurs les touristes ne viennent généralement pas pour cela. Il est vrai aussi qu'avec 35° C à l'ombre, on n'éprouve pas tellement l'envie de se dépenser physiquement. Néanmoins, si vous tenez à vous détendre quelques jours, il existe, dans le sud de Bali, des plages dotées du confort américano-européen, comme Sanur et Kuta Beach, où l'on peut faire du golf, du tennis, de la voile, du surf, du ski nautique (très cher) ou de la plongée. Ne vous baignez jamais dans des eaux inconnues, il y a des courants dangereux, parfois des écueils, certaines côtes sont infestées de serpents de mer, d'autres polluées. Si la natation est votre sport favori, prenez toutes informations auprès du portier de l'hôtel. II est théoriquement possible d'aller chasser,mais les préparatifs sont très compliqués.

A Kuta, et dans la station voisine de Legian, les boîtes de nuit sont innombrables, mais autant le dire, la vie nocturne n'est pas trépidante en Indonésie. Peu d'établissements peuvent rester ouverts après minuit, les shows n'existent pratiquement qu'à Jakarta, et il ne faut pas oublier que dans un pays majoritairement islamique, on ne fait pas d'excès d'alcool. Le théâtre au sens européen n'existe qu'exceptionnellement dans les grandes villes, mais nous vous recom­mandons les représentations de ballets de Java ou du Ramâyana.

Boire et manger 

Une visite des « cuisines»

Le pluriel s'impose la diversité gastronomique de l'Indonésie équivaut presque à sa composition ethnique. Les connaisseurs affir­ment que si les Malais sont les meilleurs cuisiniers, les Italiens ou les Suédois, accommodent leurs spécialités à la perfection. Mais c'est la cuisine chinoise de toutes les provinces qui atteint des sommets. Nous vous conseillons de varier vos expériences et d'éviter autant que possible la nourriture dite internationale, ne serait-ce que pour des raisons d'hygiène : sous les tropiques, il vaut mieux faire confiance aux habitudes culinaires des autochtones et s'y adapter.

Les ingrédients de base peuvent paraître familiers aux Européens du riz et encore du riz, des crustacés, du poisson, de la viande boeuf et volailles dans les régions musulmanes, porc chez les hindouistes - et légumes : chou, épinards, carottes, céleri, soja, pommes de terre, manioc, bananes. La cuisine indonésienne, représentée surtout par des recettes javanaises et sumatraises, excelle dans les contrastes et les combinaisons gustatives aigre et sucré, épicé et doux, mais utilise le piment avec plus de sobriété que la cuisine indienne, par exemple.

Certains gourmets affirment que de plus en plus de restaurants typiques européanisent leur cuisine. Parions que vous ne vous en rendrez pas compte mais, pour être tout à fait sûr de goûter des plats authentiques, faites confiance aux innombrables cuisines ambulantes appelées warung. Beaucoup de touristes n'osent pas s'y risquer, et ils ont bien tort. Faites l'appoint, on y manque souvent de monnaie.

Quelques plats caractéristiques

Le gado-gado est une salade de légumes assaisonnée d'une sauce épicée aux cacahuètes (si vous aimez très épicé, demandez pedas). Sont considérés comme des plats nationaux, nasi (riz) et mie (nouilles) goreng, frits dans l'huile de coco et accompagnés selon le goût et le portefeuille, de viande, de tomates, d'oeufs, de pâte de crevettes, de piment et d'épices. Istimewa veut dire accompagné d'un oeuf sur le plat. Les brochettes dites sate ou satey sont décrites plus loin.

Les restaurants padang déduisent de votre addition ce que vous laissez. On y sert toutes les viandes sauf le porc, interdit aux musulmans, ainsi que des abats, très appréciés otak (cervelle), paru paru (mou) et usus (boyaux) sont cependant servis à part. L'une de leurs grandes spécialités est le rendang,bceuf cuit presque toute une journée avec du piment et de la noix de coco râpée.

Typiquement indonésienne aussi, est la cuisson à l'étouffée de viandes avec des feuilles de palmier et de bananier. Les krupuk, à base de farine de riz ou de pâte de manioc assaisonnée de pâte de poisson ou de crustacés et servis chauds, servent de succédané de pain. La cuisine change d'île à île. Java ne connaît pas le porc, l'est de l'île épice plus que le centre les îles orientales travaillent énormément la farine de tapioca (cassava) et le sago. Le nord de Sumatra raffole du chien (daging anjing). De nombreux Batacres élèvent une race bien précise et ne cachent pas non plus qu'ils apprécient une variété de souris sylvestre.

Les Indonésiens, même cultivés, mangent avec les doigts, mais on présente aux touristes un couvert, c'est-à-dire une cuillère et une fourchette pour remplir la cuillère. Comme la nourriture est coupée menu, on n'utilise pas de couteau.

Les restaurants chinois

Leur prospérité incite les Chinois à aller au restaurant, aussi trouve­t-on plus de restaurants chinois qu'indonésiens. La présence de viande de porc en éloigne les musulmans. Les cuisines les plus représentées sont celles de Canton, Shanghai, Pékin et Swatow. Elles utilisentabsolument de tout, coupé en petits morceaux, ce qui facilite l'ingestion à l'aide de baguettes, et cuit rapidement, ce qui conserve les vitamines. II faut savoir qu'on ne mange que la peau croustillante du canard à la pékinoise, que le garçon sert d'abord les messieurs et que l'on porte son bol de soupe ou de riz à la bouche sans choquer personne. Par contre, on ne reste pas à table, après le repas, pour boire quelques verres.

Petit glossaire à la carte

Tout d'abord, l'explication d'un terme fréquent :santan. Ils'agit de lait de coco utilisé pour la cuisson des viandes et des légumes.

Plats sambal

Poissons ou viandes préparés dans l'huile d'arachide, le santan et le piment.

Sambal goreng hati ajam foie de volailles goreng udang crevettes frites et épicées ; goreng tempe gâteau de fèves de soja aux crevettes ; goreng kedele potée de fèves de soja au gingembre goreng kempang kubis chou-fleur très épicé goreng dadar omelette au piment.

Soupes

Elles s'inspirent toutes des cuisines chinoise et européenne.

Sap ekor sapi: soupe douce à la queue de boeuf; selada babi: soupe de légumes aigre-douce au porc kangkung :au cresson, gingembre, poulet ou boeuf udang aux crevettes et au gingembre ; kempang kubis bouillon de poule aux nouilles et au chou-fleur ; ajam : soupe de volaille aux nouilles.

OEufs

OEufs de cane et de poule jouent un grand rôle ; une portion d'omelette suffit souvent pour 2 personnes.

Dadar otak omelette à la cervelle dadar isi istimewa omelette aigre-douce farcie de viande de boeuf et de piment dadar isi djawa omelette farcie à la viande, à la Java telur asin oeufs de cane cuits dans l'eau très salée. (Il ne faut manger que des oeufs de cane durs, en raison des risques de salmonellose.)

Saté ou satey

Ces brochettes, populaires dans toute l'Indonésie, sinon dans tout le Sud-Est asiatique, existent en multiples variations viande, poisson, crustacés, volailles, dont les meilleures se trouvent chez les tukang salequi transportent leur gril au charbon de bois de carrefour en carrefour, accompagnées d'une sauce de farine de cacahuètes et de sambal (piment) ou de sauce au soja. Cette dernière s'appelle ketjap, terme malais qui peut prêter à confusion, puisqu'il a légèrement changé de sens en passant à l'anglais sous la forme ketchup !

Sale istimewa rumsteak aux oignons ayam pouletmadura

rumsteak au piment ayam djawa poulet mariné, une spécialité javanaise bermocam macam au moins quatre viandes diverses ; manis boeuf mariné aigre-doux ; hati sapi foie et coeur de beeuf au piment rouge ;kambing mouton mariné dans une sauce au soja ; hati ayam : foie de volaille ; babi porc au piment rouge ou vert. Légumes

Si un plat porte la mention sajur, il est cuit au santan.

Sajur menir haricots verts, tomates, maïs, épinards sajur keri haricots, chou blanc et chou-fleur, poivrons, pommes de terre avec une viande sajur babi chou blanc, crevettes et porc ; sajur buntjis potée de haricots à la viande et beaucoup de piment ; sajur lodeh aubergines et légumes variés ; sajur oblok poisson fumé au chou et aux aubergines ;sajur gudek : salsifis et poivrons au bceuf ; sajur asam istimewa potée de légumes aigre au hachis et aux cacahuètes; gado-gado djawa divers légumes légèrement cuits, crevettes, caca­huètes, pommes de terre, arrosés de sauce de cacahuètes petjelchou et chou-fleur, germes de haricots, pommes de terre et sauce piquante aux cacahuètes ; gulai manis kangkung poivrons, gingem­bre et cresson cuit au santan urap-urap divers légumes à la noix .y de coco ; selada indonesia piment, chou, concombre, cacahuètes, pommes de terre et oeufs selada ikan salade de poisson au concombre cap-cay goreng légumes sautés au poulet ou au boeuf ; kasawi : légumes variés aux veufs et à la viande ; bami goreng potée de chou, de céleri, de germes de haricots, de nouilles, de crevettes et de viande.

Plats de riz (nasi)

Le riz peut être blanc, rouge ou noir, à grains longs ou courts, frit ou cuit, et servi comme plat ou comme accompagnement.

Nasi kuning riz au junjit et à la noix de coco ; goreng : riz frit aux crevettes, aux légumes et au sambal ;uduk riz piquant au poulet rôti et aux légumes megono riz au poulet, légumes, champignons, cacahuètes et santan ; goreng istimewa riz frit à la viande, aux crevettes, aux légumes, avec un oeuf sur le plat.

Poissons et crustacés

Des eaux très poissonneuses font jouer un grand rôle aux fruits de mer dans l'alimentation indonésienne. On ne les trouve pas seulement sur les côtes mais, séchés ou fumés, ils font l'objet, à l'intérieur des terres, de préparations qui ne les distinguent pas des produits frais.

Ikan ketjap filets de poisson à la sauce de soja ;ikan santan filets de poisson au piment rouge cuits à l'étouffée ikan bumbu Bali poisson frit à la sauce au piment et au tamarin ikan pepes poisson sauté à la noix de coco, pâte de piment, tamarin, avec des variantes régionales perkedel kepiting djawa pâté de crabe.

Volaille

Ayam panggang poulet grillé ayam ketjap poulet cuit à la sauce de soja ayam santan poulet cuit à l'étuvée dans le lait de coco ;ayam pelas : poulet à la sauce de crevettes piquante ayam surabajapoulet piquant aux neufs durs soto ayam soupe de poule épicée aux légumes semur ayam poulet rôti à la sauce de soja douce ;bebek panggang canard grillé.

Viandes

Si poisson et volailles sont fréquents, on ne trouve, à Java, de porc que chez les Chinois et peu de boeuf à Bali.

Perkedel kubis roulades au chou épicées ; besengek daging viande épicée au santan perkedel java boulettes de viande à la javanaise soto daging boeuf cuit au céleri et aux poireaux dendeng ketjap boeuf mariné dans la sauce au soja puis séché empal djawa boeuf au piment à la javanaisekalobak viandes diverses aux oeufs, concombre, carottes et crème fraîche rusuk babi côtelettes de porc semer ginjal : rognons à l'étuvée aigre-douxdaging keri curry de veau babi ketjap porc à la sauce de soja semur hati foie au jambon.

Pour le dessert, puddings et gâteaux

Au dessert, on mange généralement que des fruits, mais on a adapté de nombreuses recettes de desserts européens.

Inti kacang crème de cacahuètes inti badam k--ring : dessert aux amandes podeng hitam pudding au café sans panili crème à la vanille ou pudding ; roti kukus gâteau au santan ketan gâteau de riz (au santan et au sirop) lontong riz sucré aux feuilles de bananier.

II existe divers desserts au riz avec des cacahuètes et des oeufs, préparés comme un porridge, et de nombreuses soupes sucrées et crèmes glacées à base de litchis ou de durions.

Coup d'oeil dans les caves

La rareté du vin n'est pas dû à la présence musulmane, mais au climat il n'existe pas de vignes. Comme on connaît mal les questions de conservation et de service, délaissez le vin d'importation et buvez de la bière, idéale, par sa lègèreté et son amertume, contre la soif. Mais le moyen le plus économique de calmer celle-ci est le lait de coco et les jus de` fruits frais. Vous trouverez partout vos alcools préférés, mais il faudra y mettre le prix, sauf aux happy hours des bars d'hôtel (17 -19 h 30 50 % de réduction).

Achats et souvenirs

Dans les magasins où les prix figurent en vitrine, vous trouverez "' généralement des produits de qualité,mais sans aucune chance de marchander. Sinon, que ce soit dans les boutiques de luxe, les bazars ou les stands de souvenirs, vous pouvez exercer vos talents. Les marchands repèrent facilement les débutants, aussi consacrez votre première semaine à observer plutôt qu'à acheter. Méfiez-vous des recommandations trop pressantes, des rabatteurs et des endroits bondés où l'on tente de vous « coincer ». Votre agence de voyages ou le portier de l'hôtel sauront vous guider. Et n'oubliez pas que vous ne retrouverez sans doute pas le marchand ambulant chez lequel vous souhaitez changer un article qui ne vous convient pas. Les touristes pressés devraient s'en tenir aux boutiques des hôtels et aux centres commerciaux ils ne pratiquent pas les meilleurs prix, mais donneront le plus de satisfaction.

Bijoux et pierres précieuses

Ils viennent surtout de Thaïlande et de Singapour, et leur prix est relativement avantageux. Pour placer de l'argent, n'achetez pas des pierres brutes, la taille et la monture de même que le titre de l'or, ne correspondent pas aux normes européennes. Remarquez le très beau travail des bracelets, bagues et miniatures en argent filigrané de Kota Gede, au centre de Java, et de Kendari, au sud de Sulawesi.

Le Japon inonde l'Indonésie, comme toute l'Asie, de montres à quartz les Tissot ou les Omega au prix dérisoire sont bien sûr fausses.

Sculptures sur bois

Masques et marionnettes sont fabriqués en quantités massives pour le tourisme et ne valent pas cher à tous les sens du terme : des pièces authentiques ne se trouvent que chez les antiquaires et se payent au prix fort.

Bien qu'ils produisent eux aussi en série, les artistes balinais se signalent par leur qualité, surtout ceux de la localité de Mas. On travaille surtout trois sortes de bois l'ébène noir, le sawo blanc et le tek brun. Le talent de l'artiste prime sur la qualité du bois ou les imensions de l'oeuvre. Attention, les bois jeunes travaillent e peuvent se fendiller sous l'influence du climat européen. Prenez vota temps pour marchander (au moins 40 %).

Batik et soie

Le batik est l'une des spécialités de l'Indonésie, et surtout de Java. Les cotonnades et soieries sont aujourd'hui teintées industriellement mais selon les motifs traditionnels. Pour l'achat d'un sarong, ampli et confortable, ou d'un service de table, n'hésitez pas à dépense quelques rupiahs supplémentaires pour une meilleure qualité.

Les soieries, originaires de tous les pays d'Asie, se vendent surtout dans les boutiques spécialisées et les grands magasins. Les goût s'adaptent à la clientèle locale et plaisent rarement aux Européens, mis à part les brocarts.

Cuirs et personnages de wayang

On trouve partout des cuirs de toute qualité, mais rarement des accessoires comme des sacs ou des ceintures de bon goût. Les articles sont importés donc chers. Évitez le crocodile, l'Asie produit ces imitations difficilement reconnaissables par le profane. Le style, d'ailleurs, reste celui des années soixante-dix. Seule exception les chaussures de dames, très élégantes, fabriquées dan§ des usines à direction européenne (à propos de chaussures, mais pas de cuir, on trouve dans les grandes villes d'excellentes bottes en caoutchouc).

Les figures du wayang-kulit, en peau de buffle diaphane, très expressives, constituent un excellent souvenir d'Indonésie. Les diffé­rences résultent de la qualité de leur peinture.

Peinture

La peinture joue un grand rôle dans deux domaines qu'il ne faut pas confondre l'art et l'artisanat d'art,ce dernier correspondant souvent au goût des touristes exécutés fréquemment par les mêmes artistes. Nous vous conseillons d'éviter la production à la chaîne vendue dans les magasinsde souvenirs et de vous intéresser aux oeuvres élaborées dans deux « citadelles » artistiques Ubud, à Bali, et Yogyakarta, à Java (dans cette dernière, voyez les galeries Saptohoedojo et Affandi). Au début des années trente, une peinture évoquant, avec une fantaisie débordante des figures mystiques, humaines, animales ou botaniques, attira l'attention du monde entier. Si, à l'origine, les sujets furent exclusivement religieux, des artistes, comme le célèbre Jda Bagus Rai, découvrirent le « quotidien » et s'orientèrent vers un réalisme original, et, dans les années cinquante, l'école des « jeunes artistes » sut combiner adroitement des techniques et des thématiques européennes avec la tradition culturelle de leur pays.

Les antiquités et celles qui n'en sont pas

Le faux et l'authentique se trouvent en quantités égales, et aux mêmes prix, qui ne cessent de grimper. Des brocarts chinois aux faïences de Delft et des monnaies de tous les pays du monde aux armes et aux objets cultuels indonésiens l'éventail est immense, comme vous pouvez vous en rendre compte dans Jalan Surabaya à Jakarta, dans les rues au sud et au sud-ouest de Kraton et au pasar Beringharjo de Yogyakarta, ou encore dans Jalan Surapati à Denpasar. Seules les grandes maisons, qui ont des succursales ou des galeries d'exposition dans les hôtels, délivrent des certificats d'authenticité. L'Extrême-Orient excelle dans l'art du faux : le kriss « d'un prince du XVe s. » n'a que quelques mois d'existence, la précieuse miniature en ivoire est en réalité de l'os de buffle et maints bijoux « anciens » n'ont de l'or que la couleur.

Sumatra

qualifiée souvent d'Afrique de l'Asie du Sud-Est en raison de ses superbes paysages de jungles impénétrables, de savanes, d'immenses lacs, de montagnes, de fleuves, où les surfaces cultivées sont relativement restreintes, l'île est la cinquième du monde et la deuxième de l'Indonésie, dont elle représente 25 % de la superficie totale, mais possède la plupart des richesses naturelles. Elle mesure 1 760 km des pointes nord-ouest à sud-est et environ 400 km dans sa plus grande largeur. La densité de population est de 50 au km2contre 632 à Java.

Le réseau des communications n'est pas très dense la plupart des routes se trouvent au sud, les marécages et les mangroves qui recouvrent d'immenses territoires au nord-est des montagnes centrales restant en grande partie inexplorés. Il existe 93 volcans dont 12 en activité. L'île culmine au Kerinci, avec 3 812 m d'altitude. IIfaut deux jours et deux nuits de voiture pour,aller de Banda Aceh, au nord-ouest, à Telukbetung, au sud-est.

Le voyage montre les multiples visages de Sumatra plantations à l'infini, forêt vierge où les arbres atteignent 60 m, plaines et montagnes aux sommets sans noms. Malgré sa mise en valeur, l'île reste largement préservée. Son histoire est l'une des plus intéressantes de l'archipel. Le travail missionnaire peut porter des fruits s'il s'accompagne de tolérance dans la jungle du nord, on trouve des communautés protestantes et, dans les régions côtières isolées, les rites musulmans des Acehnais n'ont pas varié depuis cinq siècles. Les régions aménagées pour le tourisme sont Banda Aceh, Medan, le lac Toba ainsi que Padang et Palembang.

Coup d'oeil sur l'histoire

L'île n'apparaît sur la scène histo­rique qu'au Ve s. apr. J.-C. A l'épo­que, elle payait tribut à la Chine. D'importantes puissances maritimes existaient à Jambi et Palembang au Vile s.Le royaume de Çrivijaya étendait son influence jusqu'en Ma­laisie et à Taiwan vers 650. Au XIIIe, naquirent de nombreuses villes-États, puis Sumatra perdit sa prépondérance au profit de Java. L'influence culturelle et politique de l'Inde dura jusqu'au XVIe s.

Les Batacres

Ils appartiennent au groupe des Proto-Malais et occupent le nord et l'est de Sumatra. On distingue deux groupes importants les Karos et les Tobas. Convertis au christianisme, ces derniers n'en conservent pas moins des pratiques animistes, tout comme les Mandailling musulmans au sud du lac Toba.

Tondi, l'âme, la force vitale, régit la vie des Batacres de toute religion.

Cette force habite en chacun, elle peut voyager pendant le sommeil et établir le contact avec autrui, rési­der dans une amulette ou une im­précation, à bon ou mauvais escient. On pense qu'elle est particulière­ment efficace dans lechien, aussi en consomme-t-on la viande avec délice. Dispensatrice de tout bon­heur, elle exerce encore son pouvoir dans les bâtonnets magiques et les figures des ancêtres, qui jouent tou­jours un grand rôle dans la vie quotidienne.

Les villages sont ceints d'un mur de pierre, de fossés profonds et d'un fourré de bambous. Devant la maison du chef, on trouve une aire de réunion, avec des tables et des sièges en pierre, dont quelques-uns sont toujours réservés aux esprits et aux ancêtres défunts. On peut en voir un superbe exemple à Ambari­ta, sur l'île de Samosir.

Les habitations sont construites sur pilotis, l'espace au sol consti­tuant une sorte d'étable en plein vent. Une trappe permet d'entrer ans le logement, mesurant 22 à 24 m2,où plusieurs générations d'une même famille vivent selon un système patriarcal, sauf les céliba­taires et les veufs, qui habitent dans les maisons des hommes ou des femmes. Parmi les 15 ou 20 maisons d'un village, se distinguent celle du chef ainsi que l'entrepôt, décorés de peintures et des sculptures sur bois. II n'y a que de rares et petites ouvertures et la construction, très soignée, ne fait recours ni aux vis, ni aux clous. Hélas, signe des temps, la tôle ondulée remplace de plus en plus le chaume des toits en bâtière.

Les Minangkabaus

Contrairement aux Batacres, les Minangkabaus vivent dans une so­ciété strictement matriarcale. La propriété appartient à la femme, c'est elle qui transmet l'héritage. C'est le mari qui vient rejoindre son épouse, dans la grande famille de cette dernière, dont le chef est marna, le frère de la mère.

Leurs maisons sur pilotis, assez grandes, imitent, paraît-il, la forme de la corne des buffles d'eau. Chacu­ne d'elles est flanquée d'une petite construction où l'on garde les provi­sions. La plupart des Minangkabaus sont des paysans cultivant le riz, le tabac, des fruits et des légumes. Ils passent aussi pour de remarquables artisans (d'art).

Medan (950 000 hab)

La capitale de Sumatra n'était qu'un petit village lorsque, sous le sultan Mahmud PerkasaAlam (1857-92), le tabac et le caoutchouc provoquèrent le prodigieux essor économique de la région. Expro­priées lors de la décolonisation, Goo­dyearet les autres grandes sociétés peuvent à nouveau exploiter leurs plantations. La ville offre peu de richesses touristiques, mais la pré­sence de 13 consulats témoignent de son important rôle commercial. Situé à 26 km, son port, Belawan, est l'un des plus actifs du pays. Il emploie 3 500 personnes. Construi­te selon des critères modernes et rationnels, Medan possède de super­bes magasins et fascine par sa diver­sité ethnique, égalée seulement par Jakarta Chinois, Arabes, Sikhs, Acehnais, Batacres, Minangkabaus, Malais, Européens s'y activent en une joyeuse confusion, les petites mosquées cohabitent paisiblement avec les églises et les temples. On peut y faire un petit séjour pour explorer le nord de Sumatra, et faire provision de souvenirs typiques au Kesawan shopping centre.

Curiosités

Mosquée Raya ou grande mos­quée construite au XVIe s. à l'aide de pierres granitiques provenant de différents temples bouddhiques et hindouistes détruits à l'époque.

Fort Medan : le premier fort hol­landais, construit en 1873.

Palais Maimoon construit en 1888 pour le sultan de Deli, il intéressera plus les photographes que les histo­riens.

Zoo de Margasatwa, à 4 km de la villeil n'est pas très grand, mais bien pourvu (ouvert de 9 à 17 h).

Prapat (19 000 hab)

Sur le haut plateau du nord de Sumatra, Prapat est le centre touris­tique du pays des Batacres, au bord du lac Toba, sans conteste l'un des plus beaux du monde. Mesurant 50 km de long et 800 km2de superfi­cie, il est aussi l'un des plus pro­fonds :450 m. L'île très allongée de Samosir occupe le centre du lac. Son climat agréable a fait de Prapat l'un des centres de villégiature pré­féré des Indonésiens. Parmi les nombreuses villes, on peut admirer celle de l'ex-président Sukarno.

L’ile de samosir

Sauf à midi, lorsque débarquent des escouades de touristes euro­péens et américains, Samosir (630 kma) est une oasis de tranquilli­té. Il faut néanmoins s'y passer du confort, de l'électricité et de routes bien aménagées où, de toute façon, ne circulent presque pas de voitures et peu de motocyclettes. On peut y résider dans des losmen (pensions) simples et bon marché. Parmi une douzaine de villages, ne manquez pas Tomok, Ambarita et Simanin­do sur leurs marchés, se pratique encore le troc.

Il faut 30 mn de bateau pour rejoindre Tomok ou Ambarita au départ de Prapat, d'où l'on peut faire aussi le tour de l'lie en une heure. Les horaires sont incertains, nous sommes en Asie !

Tomok

En face de Prapat, à 9 km à vol d'oiseau, Tomok est un antique village batacre, pittoresque et ro­mantique si l'on excepte la tôle ondulée sur les toits Il tire sa célébrité des tombes royales de la famille Sidabutar, que l'on atteint au bout d'une interminable allée de boutiques de souvenirs. Ne négligez pas ces dernières, on peut y trouver de beaux bijoux anciens en argent, des copies de Depatu idup (figurines d'ancêtres en bois sculpté), des ca­lendriers rituels et autres antiquités.

Le mausolée se trouve sur une colline, sous d'immenses hararias. Autour d'un imposant sarcophage, recouvert de mousse, qui aurait plus de trois siècles, s'éparpillent les modestes tombes de rois christiani­sés, portant une modeste croix et l'un d'entre eux une curieuse mai­son en miniature.

Sur le sarcophage, une- statue féminine fait l'objet d'une histoire sentimentale à souhait : Antimalei­la, une ravissante jeune fille, était la maîtresse du roi qui ne voulait pas l'épouser. Lorsque, après des années, il s'y résolut, elle ne voulut plus. Apprenant que son seigneur et maître, également magicien, s'ap­prêtait à la tuer « spirituellement », Antimaleila se suicida. Pris de re­mords, le roi fit statufier la jeune fille sur sa tombe, pour témoigner de son amour. Les tombes sont vénérées par les insulaires à l'égal d'un sanctuaire. Les touristes négli­gent généralement un groupe d'an­tiques statues qui s'élèvent dans une clairière, de l'autre côté du chemin, et dont personne ne con­naît l'origine.

Près de l'embarcadère, de petites auberges servent d'excellents repas à prix modéré.

Ambarita

Au nord-est de l'île, à 13 km de Prapat, Ambarita conserve un vieux village royal. Les maisons au toit arqué, disposées en enfilade, possè­dent encore, en partie, leur escalier monolithique. Sur la place de réu­nion, on voit les sièges de pierre, réservés au roi, aux nobles et aux ancêtres défunts.

Près de l'entrée du village, à 50 m du chemin, se trouve, derrière un épais taillis, l'ancien tribunal. La pierre allongée servait à l'exécution des meurtriers, voleurs récidivistes et époux adultères. Pour conjurer le fait qu'ils avaient rompu l'harmonie générale, on consommait certaines parties de leur corps. La dernière « cérémonie » aurait eu lieu en 1900.

Ambarita ne dispose pas de gran­des ressources hôtelières ou gastro­nomiques, mais on peut y manger agréablement dans de petites auber­ges et s'y loger pour quelques dol­lars. Les amateurs peuvent y goûter de la viande de chien.

Bukittinggi

nsoleil­lé en fait une station très fréquen­tée. Comme nous sommes au coeur du pays n-dnangkabau, beaucoup de fonctions traditionnelles masculines sont assumées par des femmes.

A l'époque hollandaise, le fort de Kok était l'un des plus importants ouvrages défensifs de l'ouest de Sumatra. Aujourd'hui, la ville se voue plus paisiblement au commer­ce, et les échoppes du marché enva­hissent ses nombreux escaliers. On y trouve de belles choses anciennes et un artisanat remarquable à des prix dérisoires.

Curiosités

Musée de Bukittinggi intéressan­tes collections d'armes, de vêtements et d'objets cultuels des Mi­nangkabaus ; ouverture irrégulière.

Zoo, sur le Bukit Malambung intéressante vue d'ensemble sur la faune de Sumatra.

Aux environs

Bukittinggi est situé dans un pay­sage délicieux de collines, de lacs, de forêts et de rizières en terrasses. Au village de Kota Gadang travail­lent des orfèvres et des brodeuses, à Pandai Sikat les sculpteurs sur bois, autour des lacs Danau Singa­rak et Danau Maninjau, des che­mins permettent de découvrir une faune et une flore extraordinaires. Au nord de la ville, se trouve aussi le canyon de Ngarai Sianok.

Padang (220 000 hab)

Très étendue, la troisième ville de Sumatra est un important port de commerce. A part les superbes plages au sud, Padang n'offre pas beaucoup d'intérêt pour ses rares touristes, sauf si l'on a la chance de pouvoir assister à un spectacle de danses folkloriques minangkabau à l'académie Seni Kera. Mais on peut faire de belles excursions vers les montagnes et les lacs des alen­tours.

Les ressources de la région

Autour des sommets du Gunung Merapi (2 890 m) et du Gunung Singgalang (2 880 m), la nature res­te vierge : les orchidées sauvages s'y épanouissent, ainsi que les ti­gres. Solok est entouré de rizières en terrasses et de bois de palmiers. Les imposantes ruines de Muara Takus datent des XIe et XIle s. L'in­fluence birmane est manifeste.

Palembang (640 000 hab)

Capitale et centre économique du sud de Sumatra, Palembang est une ville portuaire qui ne se trouve pas au bord de la mer. Les bateaux (jusqu'à 10 000 tonneaux), qui la relient au vaste monde, remontent sur 200 km le fleuve Musi, au milieu des marécages et des mangroves, que l'on retrouve jusque dans cer­tains quartiers de la ville, habités en majorité par des musulmans.

Aux maisons et aux marchés flot­tants, au romantisme des habita­tions sur pilotis, répond la technique d'une ville industrielle.

Palembang est la ville pétrolière de l'Indonésie, au point que certains l'appellent « Pertamina City », du nom de la compagnie des pétroles nationale.

Coup d'oeil sur l'histoire

Au Vile s., le bouddhisme pénétra à Sumatra par Palembang. Jusqu'au XIIe s., la ville fut la capitale du royaume Çrivijaya, et son importan­ce économique fut immense :jus­qu'à 1000 bateaux y jetaient l'an­cre. Arabes, Perses, Indiens, Grecs et Chinois envahissaient ce mar­ché de l'Asie ». Puis, le royaume Çrivijaya tomba en décadence, écla­ta en huit petits États Palembang tomba alors dans un long sommeil dont elle ne sort qu'aujourd'hui.

Curiosités

Musée Bumah Bari : de dimen­sions réduites, il n'en contient pas moins d'inestimables trésors.

Pasae Mr le quartier chinois, où l'on peut acheter tout, ou presque tout.

Sibolga

Il ne reste pratiquement rien de la splendeur de Sibolga, florissante ville du commerce des épices il y a à peine un siècle. Les méthodes commerciales modernes et les di­mensions des bateaux modernes l'ont réduite au rang d'une petite bourgade de pêcheurs, sale et écra­sée de chaleur. Les seuls touristes qui y font escale, se rendent de Medan au lac Toba.

L’ile de nias

Parmi la demi-douzaine d'îles au large de la côte sud-ouest de Suma­tra, Nias est la plus intéressante en raison de sa civilisation. On ne peut s'y rendre qu'en avion, à partir de Medan, ou en bateau, de Padang ou Sibolga. Il n'existe que deux ou trois liaisons par mois avec Padang, aussi la plupart des touristes prennent-ils, à Sibolga, un ferry qui, une ou deux fois par semaine (horaires irréguliers), dessert Teluk Dalam ou Gunungsitoli. Mais malgré l'incom­modité du voyage, ne manquez pas Nias.

Sur cette île de 128 km sur 50, ne vivent que 150 000 personnes, presque tous des Nias, quasi incon­nus par les Blancs jusqu'à la fin du siècle dernier. Guerriers, chasseurs de tête et marchands d'esclaves, leur origine est inconnue et certai­nes de leurs moeurs ne se retrouvent qu'à Madagascar, d'autres seule­ment dans les hautes vallées del'Himalaya Certains ethnologues pensant qu'ils vinrent des vallées de Khasi, en Assam, vers 3000 avant J.-C.

Leur culture reste largement mé­galithique. La pierre sert à construi­re les maisons, les escaliers, à con­fectionner des outils et, autrefois, même des pièces de monnaie. Les villages, situés en hauteur et acces­sibles généralement par un seul et interminable escalier de pierre, alignent leurs maisons quadrangu­laires le long d'une rue pavée. Dans chacun d'eux, des bancs, également de pierre, sont destinés aux ancê­tres.

Nias est connue pour ses sculptu­res phalliques. Un monument lithi­que honore tout défunt d'un certain rang.

Seules les danses exécutées de­vant les touristes (contre rétribu­tion, bien sur) évoquent le passé guerrier des Nias. Quelques centai­nes d'hommes armés de javelots et de boucliers, aux peintures épous­touflantes et aux costumes chamar­

rés composent un tableau des plus exotiques, pour la plus grande joie des photographes.

Nias offre une autre curiosité, sans doute unique au monde le saut, par-dessus une pierre qui at­teint près de 2 m de haut, exécuté par la jeunesse de Lutawau et d'au­tres villages comme Bawamataluo, particulièrement beau. La coutume remonte à l'entraînement auquel on soumettait autrefois les jeunes pour sauter les palissades des villages ennemis que l'on projetait d'enva­hir. Les pierres étaient hérissées alors de pointes de javelots et de bambous. Le spectacle le plus im­pressionnant a lieu à Hillisimaeta­no, mais une foule de vendeurs de tous âges harcèle les touristes, qui n'ont plus qu'une envie, prendre les jambes à leur cou !

La côte sud et sud-est de Nias possède de superbes plages, mais requins et serpents de mer veni­meux y rendent la baignade dange­reuse. Il faut aller sur la côte ouest, à Lagundi par exemple, pour pouvoirnager en toute sécurité.

Les Nias cultivent surtout le riz, le yam et le sago. Sous leurs mai­sons, ils élèvent volailles et porcs, qui sont une sorte de symbole social et que l'on ne tue qu'à l'occasion des grandes fêtes. Le prestige de leur propriétaire est proportionnel au nombre d'animaux sacrifiés.

On trouve partout de vieux villa­ges, parfois abandonnés, avec de belles places et de nombreux monu­ments de pierre. A proximité de Gunungsitoli, il reste des agglomé­rations de maisons ovales, typiques du nord.

Java

le détroit de la Sonde, large de 12 km, qui sépare Sumatra de Java, forme un fossé entre deux univers. D'un côté, des montagnes et des forêts inexplorées, de l'autre une île de 1 000 km de long qui possède la densité de population la plus élevée du monde. Dans certaines régions vivent jusqu'à 600 personnes par km2.

Les Javanais occupent le centre et l'est, les Sundanais l'ouest de l'île. Parmi les autres ethnies intéressantes, citons les Tengge­rais de la région de Bromo et les Madurais de l'île de Madura. Une cohabitation étroite a engendré des relations sociales subtiles et agréables.

Si les touristes ne quittent pas volontiers Java, les autochtones s'y résignent encore moins. Malgrédes offres séduisantes, les efforts du gouvernement pour inciter les gens à s'installer dans des îles moins surpeuplées comme Sumatra, Bornéo ou la Nouvelle­Guinée occidentale ne furent pas couronnés de succès.

La beauté de l'île est quasi opulente. La capacité d'assimiler l'influence étrangère est aussi ancienne que son histoire. L'hin­douisme, le bouddhisme et l'islamont façonné la vie et la civilisation d'une façon presque aussi indélébile que les volcans déterminent le paysage. On imagine difficilement la variété des paysages javanais avant de les connaître. Les volcans, justement, où la gelée n'est pas rare, des mangroves et des jungles presque impénétrables où subsistent même quelques tigres, plateaux pelés, terrasses couvertes de rizières, savanes, lacs de cratères et plantations d'épices. Un séjour de vacances standard ne suffit nullement à en explorer les richesses.

Coup d'śil sur l'histoire

Lien entre les lies et le continent, Java fut toujours très tolérante et ne ferma jamais ses frontières à personne. Des historiens chinois des premiers siècles apr. J.-C. nous ap­prennent que l'hindouisme impré­gnait déjà toute l'île. La pensée de Bouddha s'introduisit lentement, mais sûrement, et les deux religions s'enrichirent mutuellement. Avec l'extension du commerce apparu­rent les Arabes, qui profitèrent des dissensions entre les nombreux princes de l'fle pour s'implanter économiquement et répandre l'en­seignement de Mahomet. Bien que la chute du royaume Majapahit lais­sât le champ libre à l'islâm, celui­ci ne put pas non plus devenir prépondérant. On honore toujours les héros de l'époque Majapahit et l'organisation villageoise obéit enco­reà l'adat, le droit coutumier ances­tral. Lorsque les Hollandaisarrivè­rent dans l'archipel, la puissance de Java était déjà battue en brèche et l'île ne retrouva sa prépondérance qu'après l'indépendance. Dans les premiers temps, tous les emplois publics étaient tenus par des Java­nais mais, aujourd'hui, on veille à ne favoriser aucune ethnie.

Jakarta (env 7,5 millions d’hab)

La capitale de l'Indonésie occupe une superficie de 70 x 30 km. On peut difficilement estimer le chiffre de sa population, tant sont nom­breux ceux qui y arrivent quotidien­nement pour y chercher du travail (souvent en vain). Jakarta est le siège du pouvoir politique et écono­mique, des académies et universi­tés, de l'édition, du cinéma, des banques et des grandes sociétés industrielles, de 30 % des journaux du pays, la porte de l'Indonésie sur le monde.

L'Orient et l'Occident s'y heur­tent et sont bien obligés de fusion­ner. Aussi les contrastes sont-ils violents hôtels de luxe et tours jouxtent des quartiers misérables comme on ne les imagine qu'en Asie. Dans les larges avenues mo­dernes, une circulation infernale fait oublier que seules 6 personnes sur 10 trouvent du travail. La tradition côtoie la technique de pointe. Tous les problèmes de l'Indonésie s'exa­cerbent à Jakarta qui compte 41 % des intellectuels du pays, mais aussi le plus fort taux d'analphabétisme. Malgré sa fébrilité, la ville ne man­que pas d'atouts et mérite qu'on l'explore. Cela vaut la peine de déambuler dans la vieille Batavia ou d'observer les gens lorsqu'ils passent le week-end à Ancol, au bord de la mer.

Incursion dans le passé

Dès le Ve s. existait, près de l'em­bouchure du fleuve Ciliwung, une bourgade du nom de Sunda Kelapa, mais la véritable date de naissance de Jakarta est le 22 juin 1527, lorsque le roi .de Demak, premier souverain musulman de Java, con­quit Sunda Kelapa et lui donna le nom de Jayakarta. En 1611, fut érigé, à proximité, le fort hollandais de Nassau. Les troubles qui naqui­rent alors entre princes rivaux et puissances coloniales concurrentes ne cessèrent que lorsque les Hollan­dais parvinrent à évincer définitive­ment les Anglais. La ville et le port reçurent en 1619 le nom de Batavia, et devinrent rapidement un impor­tant centre de commerce. La ville s'étenditplutôt vers l'intérieur qu'en bord de mer, pour échapper au paludisme. La ville retrouva son nom originel après la Seconde Guer­re mondiale, d'abord Djakarta, puis sous sa forme actuelle Jakarta.

Curiosités

Marché au poisson de Sunda Kela­pa, appelé Posar Ikan : on y vend toutes sortes de poissons frais et séchés, des tortues, des coquillages et du matériel de pêche. Allez-y de préférence tôt le matin, avant de flâner le long des vieux môles de Kali Besar, où se balancent des centaines de voiliers, qui relient d'innombrables îles de Java. A proximité, l'aquarium présente la faune marine des côtes de Java. Remarquez aussi les vieux entrepôts de la compagnie hollandaise des Indes orientales.

L'église portugaise : elle fut ache­vée en 1696. Il s'agit en fait d'une construction hollandaise destinée aux esclaves indiens capturés lors des raids guerriers contre les Portu­gais en Inde. Libérés, ceux-ci em­brassèrent le protestantisme et gar­dèrent leur sanctuaire.

Quartier chinois de Glodokl'un des endroits les plus turbulents de Jakarta, à visiter de préférence après la tombée de la nuit. N'hésitez pas à dîner dans l'une de ses innom­brables gargotes.

Taman Fatahillah, ancienne place batave avec quelques immeubles reconstitués, le musée municipal ou historique, au sud, dans l'ancien Stadhuis,bâtiment typiquement hollandais du XVIIe s. (Les collec­tions illustrent surtout l'histoire de la ville ouvert de 9 à 14 h, le ven. de 9 à 11 h, le sam. de 9 à 13 h et le dim. de 9 à 15 h.) Sur le côté ouest, le musée du Wayang, et à l'est les collections d'art de Jakarta (mêmes heures d'ouverture que ci­dessus).

Monument national de Medan Mer­deka, obélisque de 128 m couronné par une « flamme éternelle » symbolique de 17 m, qui nécessita 35 kg d'or. Il attire surtout les foules le jour de l'indépendance (17 août).

Palais présidentiel, au nord de la place, ancienne résidence d'un ri­che Hollandais, puis celle du gouver­neur général.

Mosquée Istigll, à côté du palais. Elle est ultramoderne et considérée par maints Indonésiens comme le symbole de la ville. Pas de visite.

Monument aux héros, place Prapa­tan. Cadeau « monumental » de l'Union soviétique.

Hôtel Indonesia, un autre bâtiment de prestige de l'époque de Sukarno. Son intérêt réside dans l'opulentdécor des salons.

Musée national (appelé aussi mu­sée de Jakarta ou musium Pusat), sur Jalan Medam Merdeka Barat, fondé en 1778 par la compagnie royale hollandaise. Installé dans un immeuble de 1862, le musée passe pour le plus grand et le plus riche d'Asie du Sud-Est, surtout pour ses merveilleuses collections ethnogra­phiques. Il ne faut manquer les trésors provenant des maisons prin­cières bijoux, armes, couronnes, ni les fabuleuses porcelaines couvrant tous les styles de la Chine. Certaines pièces ont 2 000 ans. La section préhistorique conserve, parmi de nombreux objets de fouilles, les restes de « l'homme de Java ». Une petite galerie est consacrée au pan­théon hindouiste et bouddhique.

Dans une annexe du musée se trouve aussi une vaste collection de monnaies et de manuscrits ainsi qu'une bibliothèque de 700 000 vo­lumes, la plus grande d'Asie (ouvert le matin seulement, de 8 h 30 à 14 h 30, le ven. de 8 h 30 à 11 h, le sam. de 8 h 30 à 13 h 30, fermé le lun. L'homme de Java n'est visi­ble que le dimanche).

Pasar Baru, quartier commercial proche de la place Lampangan Ban­teng, très animé, bon marché.

Grand magasin Sarinah, sur Jalan Thamrin; offre considérable d'arti­sanat d'art et de maroquinerie.

Jalan Surabaya et son marché aux puces; d'innombrables échoppes et étals vendent à bon marché tout ce que vous pouvez imaginer (ou pas !).

Taman Ismail Marzuki, le centre culturel sur Jalan Cikini Raya représentations de danses et de théâ­tre traditionnels, batik et autres expositions, renouvelés tous les mois. Intéressant surtout en soirée.

Théâtre Bharata, Jalan Kalilio, représentations de wayang-wang et orang horaires dans les journaux.

Centre de distractions d'Ancol, au nord de la ville, près du port de Tanjung Priok : installations sporti­ves du golf au tennis, cinémas et casino, restaurant et fast-foods, aquarium, location de bateaux, hô­tels de luxe et coins discrets pour la baignade, boites de nuit et salons de massage.

Zoo de Ragunan, au sud de la ville aire soignée avec des animaux rares. Ouvert tous les jours de 8 Il 30 à 17Il 30.

Taman Mini Indonesia Indah, 12 km au sud, sur la route de Bogorsur 100 ha, l'Indonésie en mi­niature, avec des maisons de tous les coins du pays, un petit lac avec les îles indonésiennes à l'échelle (ravissant, vu du funiculaire ou­vert de 8 à 17 h).

Hôtels Damai, Salak et une série de petits tosmen.

Bogor

A 60 km au sud de Jakarta, le gouverneur général hollandaiss'était fait construire, dans un su­perbe paysage de rizières, de monta­gnes couvertes de forêts et de cours d'eau, une résidence d'été pour fuir les marécages de Batavia et le paludisme.

Au pied du mont Salak (2 211 m), Bogor reste un petit paradis climati­que entre les deux volcans Gede et Pangrango qui dépassent tous deux 3 000 m. Une température moyen­ne de 25° C par an change agréable­ment de la canicule de Jakarta. Résidence officielle du gouverneur hollandais de 1870 à 1942, puis villégiature d'été de la présidence, la ville s'est acquis une réputation mondiale pour son jardin botanique et son centre d'études pour l'exploi­tation agricole et forestière. La hau­te société, les diplomates et les nantis y séjournent dans de somp­tueuses villas.

Curiosités

Jardin botanique « Kebun Raya » aménagé modestement en 1817, il n'a cessé de s'étendre depuis lors et atteint 111 ha. Ses milliers d'es­pèces botaniques font l'objet de soins assidus selon les procédés scientifiques et techniques les plus éprouvés. Il compte notamment 10 000 sortes d'arbres, plus de 400 espèces de palmiers et plus de 3 000 orchidées les plus diverses.

Il faut le voir surtout en octobre, lorsque s'épanouit la rafflesia, la plus grande fleur du monde (plus d'un mètre !). Si vous vous intéres­sez particulièrement à la botanique, la Biblioteca bogoriensis compte 75 000 volumes.

Le petit Musée zoologique ne man­que pas d'intérêt non plus. (ouvert tous les jours de 8 à 18 h, la section des orchidées de 8 à 13 h, le musée zoologique de 8 à 12 h évitez le week-end, lorsque tout Jakarta pique-nique sous les frondaisons)

Palais présidentiel prestigieux édifice de style colonial, reconstruit après un tremblement de terre en 1834, à côté du jardin zoologique. Dans son superbe jardin s'ébat du gibier à poils.

Les heures de visite sont variables aussi, pour être sûr de voir la résidence et ses trésors d'art (plus de 200 peintures et 140 sculptures), on a intérêt à contacter l'office du tourisme (Bogor Tourist Office, 38 Jalan Juanda) ou alors la réception de l'hôtel Salak.

Excursions dans les environs de Bogor

Cibodas, une annexe du jardin botanique, à 5 km de la ville, se voue aux plantes des zones tempé­rées. On peut y entreprendre une expédition de 8 heures vers le cratè­re du Gede.

Col de Puncak (1500 m), à quel­que 40 km de Bogor, est un lieu de villégiature restaurants et hôtels nombreux, équipements sportifs, nombreuses chutes d'eau, et vue fantastique par temps clair.

Pelabuhan Ratu est un village de pêcheurs typique du sud de Java, à 90 km de,Bogor l'ambiance est pittoresque, surtout tôt le matin, lorsque les pêcheurs ramènent leur butin, plus spectaculaire par la va­riété que par la quantité du requinau thon et du homard à la tortue !

Si vous tenez à lier le pittoresque au confort, louez une chambre au Samudra Beach hotel, un établisse­ment de luxe entouré de forêt vierge sur la plage de sable. Méfiez-vous cependant des vagues déferlantes (on peut s'y rendre depuis Jakarta, par les avions de Pertamina).

A proximité se trouve un village « précieux » Cikotok,qui possède l'une des plus importantes mines d'or et d'argent de Java. On peut assister à l'extraction, qui se fait selon des procédés encore primitifs. Si vous avez du temps, visitez aussi la réserve animale d' Ujung Gen teng, mais l'accès n'est pas facile.

Bandung ou bandoeng (plus d’1.8 million d’hab)

Tout imprégnée encore de fastes de l'époque coloniale, l'une des plus jeunes villes de Java moins de cent ans est aussi l'une des plus ravissantes. Sur un haut plateau entouré de cimes et de crêtes, le paysage environnant est tout aussi superbe.

Si tout le monde ne connaît pas l'importance économique de Ban­doeng, capitale de l'ouest de Java et important centre de commerce et de production, personne n'ignore son intérêt politique : en 1955, la conférence afro-asiatique y réunit vingt-neuf pays du tiers monde qui tentèrent de concrétiser une colla­boration économique, culturelle et politique.

La ville possède une industrie aéronautique, un centre de recher­ches nucléaires, une école technique supérieure, une série d'institutions culturelles et de nombreux théâtres, mais très peu de richesses touristi­ques, mis à part un zoo, un petit Musée géologique et un musée de l'Armée. Pourtant, l'ambiance y est agréable, voire dynamique, les nom­breux becak qui constellent la circu­lation de leurs couleurs vives consti­tuent, à eux seuls, un plaisir pour les yeux.

Promenez-vous dans Jalan Braga, pour découvrir l'offre éblouissante d'antiquités et de maroquinerie, de bijoux et de souvenirs typiquement javanais. Bandoeng se prête particu­lièrement à la découverte de l'art sundanais, auquel se vouent de nombreuses galeries. Le soir, allez assister à un spectacle de wayang golek, théâtre de marionnettes en bois, ou à un concert de musique angklung.Le portier de l'hôtel vous donnera tous les renseignements. Il vous apprendra certainement aussi comment et où voir un combat de coqs.

Excursions dans les environs

Les paysages des environs de Bandoeng comptent parmi les plus beaux et les plus variés de Java. Près de Garut, au sud-est, ils se font sublimes, et la côte de Pamanu­kan, au nord, est féerique.

Tangkuban Prahu, à quelque 30 km au nord, un volcan de 2 084 m avec plusieurs cratères, environné de légendes. On peut s'ap­procher du bord pour voir le bouil­lonnement infernal.

Maribaya, des sources chaudes à 20 km de Bandoeng et 4 à l'est de Lembang, dans une vallée romanti­que. Dans le village proche de Suka­randeng on peut voir, le dimanche à partir de 10 heures, un spectacle assez rare des combats de béliers. Les animaux combattent jusqu'à épuisement total die l'un d'eux, mais aucun n'est jamais blessé sérieuse­ment.

Cirebon, à 130 km, ex-capitale d'un important État musulman au Moyen Age et autrefois grand port de pêche. Les palais des sultans ne manquent pas d'allure, malgré leur délabrementau Kraton Kesepu­han, on a aménagé un petit musée.

Surakarta ou solo (env 500 000 hab)

Curieusement, peu de touristes visitent cette ville, connue sous les deux noms, et située à 65 km à l'est de Yogyakarta. C'est pourtant le plus ancien témoin de la civilisation à Java. Solo fut d'abord la capitale du royaume Mataram puis, après la chute de ce dernier, la résidence d'un sultanat qui dura jusqu'en 1950. Sans grande influence politi­que, les souverains de Solo furent respectés par les Hollandais et pu­rent préserver la culture javanaise de toute influence extérieure. Ils payèrent à des architectes, des orfè­vres, des peintres et des sculpteurs l'argent que d'autres consacraient à la guerre. Célèbre pour ses batiks, la ville est un important centre d'artisanat d'art.

Curiosités

Kraton Hadinigrat (palais du sul­tan), au centre de la ville, une vaste demeure endommagée par un incendie en 1985. La grande salle d'audience, avec ses colonnes sculp­tées et dorées, est particulièrement somptueuse. La plupart des décors datent du sultan Pakubuwono X (1893-1939). Jetez aussi un coup d'ceil au pavillon de Pagelaran car­relé de marbre et, derrière lui, au large escalier aux rampes de fer, garni d'antiques canons (ouvert de 9 à 12 h 30).

Musée Kraton rattaché au palais, c'est l'un des plus intéressants de Java, avec des collections de bronzes (influence hindoue), de porcelai­nes de Chine, des kriss, des carros­ses et des décors de bateaux royaux.

Musée du palais Mangkunegaran, au bout de Jalan Diponegoro, cons­truit en 1787 pour le sultan Mangku­negaran N. Carrosses, meubles en miniature filigranés et laqués, ga­melan. La collection de masques Wayang n'est pas toujours visible (ouvert en semaine de 9 à 12 h).

Musée Radyapustaka, Jalan Sla­met (près du parc Sriwedari), livres anciens, kriss, monnaies, sculptu­res, figures du wayang-kulit, objets rituels et costumes (tous les jours sauf lundi de 8 à 12 h, ven. de 8 à 11 h).

Pasar Trivindu, entre le palais Mangkunegaran et Jalan Slamet Riyadi, le marché aux puces de Solo. Là aussi, on trouve absolument tout. A ne pas manquer !

Marché des jouets, devant le mu­sée de Solo tous les jours.

Pasar Klewer, à l'extrémité orien­tale de Jalan Secoyudan sur deux étages, d'innombrables étals ven­dent des batiks et des étoffes de toutes les couleurs.

Aux environs

Candi Sukuh, à 910 m, sur la pente orientale du Gunung Lawu (3 265 m), ce temple impressionne moins par ses représentations éroti­ques que son atmosphère un peu mystérieuse et la vue époustouflante qu'il offre sur les pentes couver­tes de pins. Peuplé d'une étrange faune sculptée, il ne ressemble à aucun autre temple javanais. II rem­plaça, au XVe s., un temple plus ancien, construit par un peuple dont on ignore tout.

Yogyakarta (400 000 hab)

Le cceur de Java bat à Yogya, comme l'appellent familièrement ses habitants. Capitale de la région centrale de l'île, elle symbolise Java plus qu'aucune autre ville, bien qu'elle ne soit pas très ancienne. Son importance culturelle se reflète non seulement dans de nombreuses écoles de musique et de danse et des ateliers d'artisanat, mais dans l'une des plus importantes universi­tés du pays, Gajah Mada, ainsi qu'une école islamique et une aca­démie d'art. Politiquement aussi, elle bénéficie d'un statut particu­lier : soumise directement au gou­vernement central, à Jakarta, elle est toujours dirigée par un sultan, Çri Hamengko Buwono X, qui monta sur le trône en 1989.

L'ascension de Yogya date de 1755, lorsque l'administration hol­landaise partagea le royaume de Mataram en deux États Yogyakarta et Surakarta. La ville se situa tou­jours à la pointe du combat de libération nationale. Le soulève­ment du prince Diponegoro (1825­1830) força la Hollande à changer décisivement sa politique coloniale. Elle reprit la lutte après la Seconde Guerre mondiale et devint, en 1946, la capitale provisoire de la jeune république.

Yogya cultive les traditions ga­melan,wayang-kulit et wayang­wong sont représentés tous les jours au parc du peuple .

Il est difficile aussi, de trouver un autre endroit où l'artisanat est d'aussi bonne qualité pour des prix aussi dérisoires : bijoux en argent, batik, peintures modernes et an­ciennes, maroquinerie, marionnet­tes, masques et antiquités.

Curiosités

Kraton, le palais du sultan, situé sur le Jalan Kemit Bumen (entrée par la porte Keben). Il fut édifié de 1755 à 1795, la grande mosquée datant de 1773, la grande muraille (4 km !) de 1772 et le pavillon d'or de 1792.

Une grande partie des bâtiments est aujourd'hui à la disposition de l'université Gajah Mada. Le palais abrite quelques collections intéres­santes, comme les litières sculptées et dorées et les ustensiles des pavil­lons de la courÇri Manganti, ou les objets précieux, meubles, armes des membres de la famille régnante, du musée du palais. Pour voir le palais, il faut suivre une visite gui­dée (de 8 h à 12 h 30, ven. et sam. 8 à 11 h 30). Le dimanche, il y a souvent des répétitions publiques de danse (11 12 h 30) et les lundi et mercredi de la musique gamelan (10h30-12h).

On peut constater le respect des traditions lors de l'anniversaire du sultan et à l'occasion des fêtes mu­sulmanes (dates dans le programme annuel).

Taman Sari (« le château entouré d'eau ») est situé à l'ouest du Kra­ton. Le tremblement de terre de 1865 n'a laissé que des ruines de ce parc de plaisance aménagé en 1758. Le lierre et la mousse recou­vrent maintenant les vestiges de pavillons, sculptures, portails, etc. Quelques ateliers de batik créent un peu d'animation. Sur la place Alun Alun Lor, devant le Kraton, le mu­sée Sono Budoyo donne un excellent aperçu de l'art javanais, dont un Bouddha doré, découvert en 1956 et de superbes kriss (mar.-jeu. deà 13 h 30, ven. jusqu'à 10 h 30, sam. et dim. 11 h 30).

Centre de recherche sur le batik, Jalan Kusumanegara exposition permanente sur le développement historique de cet art.

Musée Angkatan Darat (de l'ar­mée), Jalan Bintaran Wetan : docu­ments sur la lutte de libération (tous les jours de 8 à 13 h, ven. de 8 à 11 h).

Marché aux oiseaux, au nord de Taman Sari des oiseaux souvent rares proposés dans d'amusants pa­niers.

Pasar Beringhardjo, au bout de Jalan Malioboro : un immense mar­ché à l'offre illimitée.

Jardin zoologique, à 4 km de la ville dans la vallée d'un fleuve de nombreux singes et des dragons de Komodo (ouvert de 8 à 18 h).

Excursions autour de Yogya

Kota Gede, petite ville romantique à 6 km au sud-est de Yogyo, main­tient une tradition de l'orfèvrerie remontant à l'époque où les sultans y possédaient un palais. Dans un cimetière-jardin, reposent la plupart des membres de la famille régnante.

Parantritis, 20 km au sud de To­gya, est un village de pêcheurs au milieu des dunes et des récifs. On y honore Raden Loro Kidul, la « rei­ne des mers du sud ».

Gunung Merapi (2 911 m). C'est l'un des volcans-emblèmes de Java. Il faut 3-4 heures pour faire l'escala­de, très pénible, au départ du village de Selo (prévoir le ravitaillement et des vêtements adéquats). Par temps clair, la vue est fabuleuse. Les plus audacieux se risquent au bord du cratère lorsqu'il n'y a pas de brouil­lard. Comme les guides sont chers, ne les engagez pas dans la vallée, mais au poste de vulcanologie de Pas Selo

Les temples du centre de java 

Borobudur ou Barabudur

A 42 km de Yogya, Borobudur est l'un des plus grands temples bouddhiques du monde. Il fut cons­truit en 778-842, lorsque le boud­dhisme Mahayana était en pleine

apogée, sous la dynastie des Sailen­dra. Enseveli pendant des siècles, après la conquête musulmane, il fut redécouvert en 1814, dégagé de 1907 à 1911 et restauré en 1973­1983. 10 000 architectes, ouvriers, esclaves et artistes travaillèrent à ce gigantesque édifice de 55 000 m3de pierres non cimentées, revêtu d'un habit de sculptures.

L'aspect général est celui d'un stûpa. Aumilieu de chacun des quatre côtés, un escalier, dont celui de l'est est l'entrée principale. Trois plans, passant imperceptiblement de l'un à l'autre, symbolisent les trois sphères cosmographiques. De bas en haut Kamadhatu, le monde quotidien, Rupadhatu, la sphère de la forme, supérieure aux aspirations du monde matériel, et Arupadhatu, la sphère sans forme, celle de la sublimation et du détachement du monde. Les sculptures montrent es­sentiellement des scènes de la vie et des incarnations de Bouddha. Sur

des terrasses circulaires se trouvent 72 petits stûpas ajourés abritant chacun un Bouddha-Dhyana. Les quatre galeries du Rupadhatu sont ornées de sculptures sur un total de 2,5 kmL'ensemble est couronné par le stûpa, haut de 8 m, de l'Aru­padhatu.Les intempéries ont sé­rieusement endommagé Borobudur qui, à l'origine, était entièrement peint en blanc. Le temple revit lors des anniversaires de la naissance et de la mort de Bouddha, quand des milliers de prêtres et de moines en robes safran envahissent les nom­breuses terrasses.

Temple de Mendut

3 km de Borobudur et nette­ment plus modeste, le temple funé­raire de Mendut date de la même époque. Il se compose de trois par­ties : un socle, le sanctuaire propre­ment dit, de forme quadrangulaire, surmonté de la troisième partie, un édifice pyramidal. Dans la cella, un superbe bouddha de 3 m est flanqué des statues des boddhisattva Lokes­vara et Vajarapani.

Plateau de Dieng

Ce haut plateau (1095 m) de 5,8 km, au nord de Magelang ou de Wonosobo, recèle quelques vestiges de temples, presque exclusivement consacrés à Çiva. Des lacs tourbeux, des crevasses de boues bouillonnan­tes et des sources chaudes pren­nent, dans le brouillard, des aspects fantastiques et rendent le paysage propice à l'adoration des dieux. Mais l'activité volcanique ruine les tem­ples il en existait encore 140 il y a un siècle et demi, il n'en reste aujourd'hui que 8 d'une certaine importance. Il faut visiter le plateau de bon matin car les nuages en prennent possession l'après-midi. Le principal groupe de temples, nommés d'après des personnages du Mah7zbhârata,se trouve au nord. Candi Gatotkaca et Candi Bima portent d'étranges têtes sculptées.

Prambanan

Près du village de Prambanan, à 16 km au nord-est de Yogya, le groupe des temples de Çiva fut construit aux Vfe-Xe s. Un tremble­ment de terre les détruisit presque entièrement en'1549, le vandalisme fit le reste. L'énsemble a fait l'objet d'une restauration en 1937-1986. Les huit temples principaux, dont celui de Vishnu au nord et celui deBrahmâ au sud, sont dominés par le Lara Jonggrang, haut de 46 m, remarquable par sa symétrie. Les murs sont décorés de superbes scè­nes du I~amciyana, dont on organise des représentations les nuits de plei­ne lune, de juin à octobre.

Une profusion de temples

Autour de Yogya, il en existe tellement que beaucoup d'entre eux ne figurent sur aucun guide de voyage et ne reçoivent pratique­ment pas de visiteurs. Certains sont signalés par des plaques indicatrices au bord des routes, les réceptions d'hôtels vous en indiqueront d'au­tres. En voici quelques-uns qui mé­ritent le détour pour la qualité de leurs sculptures : Candi Sambisari (à 131ande Yogya),Kalasan (14 km), Sari (15 km), Plaosan et Sewu (près de Prambanan).

Surabaya (2,9 million d’hab)

Grouillant et surpeuplé,Tanjung Perak, le port de Surabaya, est le deuxième de l'Indonésie, mais une certaine mythologie marins dé­chaînés, piratant les quais dans les senteurs d'épices et dé poisson salé appartient à un passé qu'évo­quent, seules, les goélettes à voile noire d'Udung Padang (Macassar) qui jettent l'ancre dans le fleuve Kali Mas.

Ville industrielle (automobile,textiles, cigarettes, pétrochimie, verre et sucre), Surabaya offre peu d'attractions aux touristes, sinon d'excellentes communications pour visiter les monuments de l'est de Java. L'agitation est intense, la circulation frénétique, mais 40 000 cyclo-taxis s, les becak, bleus le jour, blancs la nuit, sont à votre disposition.

Le zoo (Kebun Bianatang), au sud de la ville, permet de faire connaissance avec quelques espèces rares babi rusa,, un sanglier de Sulewasi, muni de deux défenses de part et d'autre de la bouche et de deux sur le nez, tapir, tigre de Sumatra, varan de Komodo, etc. Le marché aux fleurs n'a aucun intérêt, quoi qu'en disent certains guides mercantiles, mais Surabaya se prête merveilleusement au shop­ping.

Excursions dans les environs

L'île de Madura

A 15 km de ferry de Surabaya,l'fle de Madura, longue de 130 km et large de 40, peu de curiosités, à part quelques villages de pêcheurs, comme Tanjung,au sud, de vastes plages de sable et un intéressant musée provincial à Sumenep. Elle est cependant connue bien au-delà des frontières indonésiennes pour les troupeaux de bovins qui paissent dans ses steppes, et surtout de spectaculaires courses de taureaux, Kerapan sapi. Elles ont lieu par­tout, à Bangkalan, par exemple, ou à Pamekasan, où les finalistes participent aux grands éliminatoires de septembre. L'ambiance est sur­voltée, les paris importants, quoique interditsSoigneusement sélection­nées, de pelage fauve, basses sur pattes, les bêtes pèsent jusqu'à 600 kg et sont attelées par deux. La course est disputée par deux attelages, menés par un « jockey », suant et hurlant, qui s'efforce sur­tout de maintenir sur la piste ses bêtes récalcitrantes et folles de rage. Évitez les courses trop chaudement recommandées par les agences de voyages, elles sont généralement organisées à l'usage des touristes.

A quelque 55 km de Surabaya, une « station climatique » très fré­quentée le week-end.

Les temples de l’est de java

Singosari

A 13 km au nord de Malang. Consacré à Çiva vers 1300, il ne fut jamais achevé. Un peu à l'écart, se tiennent deux superbes gardiens de pierre.

Panataran

A 80 km au sud-ouest de Malang. Si vous fermez les yeux aux appro­ches de l'entrée en tôle ondulée, vous découvrirez un temple magi­que, aux détailsmerveilleusement sculptés, notamment les illustra­tions du R-amciyana. Les travaux, commencés en 1200, durèrent 250 ans.

Tumpang

A 17 km à l'est de Malang. L'un des temples les plus harmonieux de l'est, avec des décors célébrant Krishna.

Jago

A 18 km à l'est de Malang su­perbes sculptures dans le style wayang-kulit.

Candi Kida

A 22 km à l'est de Malang. Dans un superbe paysage, ce temple est coiffé d'une pyramide (vers 1248).

Si la quête des temples vous inté­resse, il en existe beaucoup d'autres que vous indiqueront les hôtels et les agences de tourisme de Sura­baya ou de Malang,assez bien informés.

Bromo

Le Bromo n'est pas le plus haut, mais sûrement l'un des plus beaux sommets de Java. Pour s'y rendre, on peut, à Surabaya, prendre un bus à correspondance pour Ngadisa­ri, où se louent des guides et éven­tuellement des chevaux. L'ascen­sion dure quatre heures. Il faut partir suffisamment tôt pour voir le soleil se lever en arrivant. L'ascen­sion au départ de Tosari, par le col de Munggal, est plus difficile mais plus fascinante, et prend 8 heures.

Le massif du Bromo est un paysa­ge impressionnant de pierres, de sable et de cendre où s'élèvent plusieurs volcans, dont celui, en activité, du Bromo. Les derniers cent mètres s'effectuent à pied, pour jeter un coup d'ceil dans l'enfer fumant, bouillonnant et nauséabond du cratère.

Si vous avez du temps, consacrez­le au plateau entourant le Bromo, où une tribu non touchée par l'islam vit en communautés villageoises strictement collectivistes.

Les Tenggerais se prétendent bouddhistes, ne possèdent pas de temples, font leurs dévotions devant les autels domestiques et célèbrent leurs cérémonies d'offrandes dans la nature.

Bali, île des dieux et des démons

Bali ne déçoit pas nos conceptions d'un paradis des mers du sud plages de sable blanc bordées de palmiers, volcans fumant à l'horizon, rizières en terrasses et buffles d'eau, temples et figures de démons grimaçants, danseuses à la grâce infinie, évoluant aux sons d'une musique étrange. Son évolution fut bien différente de celle de Java, sa voisine, dont 3 km à peine la séparent. L'isl7aam ne put jamais s'y établir, et les Hollandais arrivèrent assez tard, si bien que l'île a su préserver ses traditions culturelles et religieuses. Ses habitants pratiquent l'hindouisme, vouent une passion à l'art, peinture ou sculpture et, loin de se replier sur le passé, savent évoluer lorsqu'ils en ressentent le besoin.

Leurs connaissances en agriculture sont éminentes des experts chinois, birmans et même japonais font le pèlerinage aux rizières balinaises. S'il existe, comme ailleurs, des riches et des pauvres, aucun des 2,5 millions d'habitants ne souffre de la faim. Ce qui frappe le nouvel arrivant, c'est le nombre des temples. Il en existerait plus de 3 000, du simple temple familial au sanctuaire richement décoré. Les Balinais partagent avec leurs voisins javanais l'amour de la danse, dont les formes trouvent leur origine dans les mêmes légendes et mythes. Ils n'ont jamais cessé de croire aux forces omniprésentes de la nature. Malgré leur unité culturelle, ils ne constituent pas une ethnie homogène, comme en témoignent leurs diversités morphologiques. Seuls les Bali Aga, aborigènes qui pratiquent strictement l'endogamie et ne demeurent que dans quelques villages de la région du Gunung Batur, comte Trunyan,ne se sont pratiquement pas mélangés.

La géologie de l'île (5 800 long) est déterminée par une chaîne volcanique qui s'étend d'est en ouest. Fumées et grondements du Gunung Agung, montagne sainte et point culminant de Bali (3 142 m) dont la dernière éruption remonte à 1963, du Gunung Batur (1717 m) ou du Gunung Catur (2 096 m), prouvent leur vitalité. Sièges des divinités, ils peuvent détruire toute vie par le feu et le soufre, mais produisent aussi des sols d'une grande fertilité.

La crémation

C'est l'un des rites les plus mar­quants des Balinais, qui ne considè­rent la vie que comme une étape dans le voyage de l'âme vers le ciel. La mort est donc matière à tristesse, mais aussi à réjouissance, du moins pour le défunt qui, sous réserve de certaines observances rituelles, pourra se réincarner d'autant plus vite qu'il sera débarrassé des choses d'ici-bas, et notamment de sa dé­pouille.

Les riches font l'objet d'une inci­nération individuelle, les pauvres doivent se contenter d'une cérémo­nie collective. Certains sont enterrés jusqu'à ce que soit réunie la somme nécessaire à la crémation. Le jour fixé par les prêtres, on organise un festin, avant qu'une procession bruyante et animée ne porte le cercueil vers la tour de crémation, constituée de bambous et ornée de papiers multicolores, non sans le tourner et le retourner, afin de confondre l'âme et l'empê­cher de retrouver son ancienne de­meure. Lorsque les flammes se sont éteintes, la procession emporte les cendres vers la mer ou le fleuve pour les jeter à l'eau le dernier rite de purification pour la mort.

Le limage des dents

Il intervient pour les garçons et les filles à la fin de leur puberté et montre que, selon les croyances balinaises, les démons peuvent aus­si posséder les vivants.

Le sud de bali

Denpasar (env 100 000 hab)

Capitale de l'île depuis quelques décennies à peine, cette petite bour­gade paisible est devenue, grâce au tourisme, une grande ville dispensa­trice d'emploi. Hélas, ses rues beau coup trop étroites souffrent d'une circulation bruyante et des gaz d'échappement. Il faut tout de mê­me lui consacrer une journée, ne serait-ce que pour fouiner chez les antiquaires de Jalan Gajah Mafa et les magasins d'étoffe de Jalan Sulawesi. On s'y rend aisément de Sanur Beach ou de Kuta Beach en bemo ou en autocar.

Curiosités

Statue de Guru, le dieu à quatre faces et huit bras des points cardi­naux, au carrefour Jalan Gajah Mada et Veteran.

Puri Pemecutan, reconstitution (1907) de l'ancien palais. Certains pavillons servent encore de résiden­ce à la famille des rajahs de Badung, d'autres abritent des collections d'instruments de musique, d'armes et d'objets sauvés des flammes. A proximité, on peut voir des combats de coqs (du ven. au lun. de 11 à 16 h).

Temple de Jaganatha, à l'est de la place Puputan, construit en 1906 pour le dieu Sanghyang Widi. Le sarcophage repose sur le dos de la tortue Bedawang, entourée de deux serpents, symboles de la création. Offrandes se font les nuits de pleine lune.

Musée de Bali, à côté du temple. Construit en 1932, fi imite les styles d'architecture des régions balinai­ses. Les collections illustrent la créa­tion artistique des origines au tour­nant du siècle : outils de pierre, orfèvrerie, instruments de gamelan, armes, masques de cérémonie, etc. (mar.-dim. de 8 à 14 h, ven. jusqu'à 11 h)

Le marché du pont de Jalan Gajah Mada, très intéressant aux heures matinales, possède un petit temple pour les commerçants. Le centre commercial se trouve de l'autre côté du fleuve.

Centre touristique, près de Bali, Sanur reçoit le monde entier dans ses villes et hôtels de luxe avec piscine et air conditionné. Sous les palmiers, la belle plage de sables'étend à l'infini.

A marée basse, on se promène jusqu'aux récifs de corail. Un môle sépare la plage de sable jaune des touristes, de celle des Balinais, qui attribuent des vertus thérapeuti­ques à son sable volcanique noir, dans lequel s'enterrent avec en­thousiasme grands et petits.

Si vous souhaitez échapper aux clichés touristiques, aux gamelan et au legong des hôtels, il existe, tout autour de ces derniers, de nombreux petits établissements ty­piques.

Allez voir la maison du peintre belge Le Mayeur et sa collection de peintures conservée par sa veuve indonésienne, ou les 15 000 coquil­lages du pavillon d'exposition pro­che d'Alit's beach bungalows.

Autour de leurs pittoresques vieil­les maisons les pêcheurs s'activent et des jeunes filles viennent appor­ter de petites offrandes aux génies marins.

Kuta beach

Sur la côte sud-ouest, à 9 km de Denpasar, Kuta répond aux aubes superbes de Sanur par de magnifi­ques couchers de soleil.

Tout aussi internationale que sa voisine, la station est néanmoins plus décontractée, fréquentée en majorité par des jeunes.

La plage est si vaste qu'elle ne pourra jamais être surpeuplée. On peut y surfer, mais attention aux courants traltres qui provoquent des accidents.

LES RICHESSES TOURISTIQUES DU SUD DE BALI

L'ile de Serangan des tortues

Elle est accessible de Sanur en perahu (barque des pêcheurs) ou en bateau à moteur (20 mn). Dans ses eaux, on attrape énormément de tortues que l'on gave avec des algues avant de les mettre à la poêle. Il y a aussi de beaux temples, Pura Sakenan ou Pura Susunan Wadon.,

Temple d'Ulu Watu

Situé sur la presqu'île de Bukit, tout au sud, ce petit temple, l'un des six plus importants de Bali, fut construit au Xe s. pour Dewi Danu, divinité protectrice de la mer, au bord d'une falaise de 90 m. Sur la route de Benoa, le complexe touristique de Nusa Dua dispose d'un golf, d'un casino, de magasins, d'hôtels de premier ordre, etc.

Tanah Lot est un petit temple 30 km à l'ouest de Denpasar, sur une île que l'on rejoint à pied sec à marée basse. Il est consacré, lui aussi, aux divinités marines.

Celuk, à 11 km de Denpasar, est le village des orfèvres. On peut les voir au travail et acheter leurs oeuvres.

Kutri, 20 km de Denpasar un sentier escarpé monte au temple de Bukit Dharma et la célèbre sculpture de Durga tuant un démon à ses pieds (Xle s.).

A Batubulan (8 km de Denpasar), des sculpteurs exécutent des statues de dieux et de démons pour les temples des villages et des particu­liers de tout Bali. Au temple de Pura Puseh figure tout le panthéon hindouiste.

Mas (21 km au nord-est de Denpa­sar) est célèbre par le brahmane Nirartha, qui marqua l'hindouisme balinais de son empreinte. Le tem­ple de Pura Taman Pule lui est consacré. Les touristes sont surtout attirés à Mas par ses sculpteurs.

Ubud, un peu à l'écart de la route du nord, est la Mecque des peintres balinais, attirés par ses beaux pay­sages. Certaines de leurs maisons sont de purs chefs-d'oeuvre. On peut se faire une idée d'ensemble au musée Puri Lukisan (dit aussi Ratma Wartha).

Mengwi, 16 km au nord de Denpa­sar fut, jusqu'en 1891, la capitale d'un royaume de la dynastie des Gelgel. Le Pura Taman Ayun, deuxième temple de Bali, est aussi l'un des plus beaux. Sur une hau­teur, ses dix menu, neuf sanctuaires et sept pavillons, sont entourés d'un fossé ou s'épanouissent des lotus. On peut admirer l'ensemble du haut du clocher. Remarquez les sièges vides, destinés aux divinités. Cons­truit en 1634 et détruit en 1917, le temple fut restauré en 1937.

Sangeh, la forêt des singes, près de Mengwi, recèle un temple de paysans du XVIIe s. Dans les 10 ha de bois, aux nombreux muscadiers, s'ébattent d'innombrables singes quémandeurs, qui savent poser pour les photographes dans l'attente de cacahuètes. Mais attention, ils peuvent mordre et vous piquent jusqu'à vos lunettes !

Tampaksiring (37 km de Denpasar) est un lieu de pèlerinage aux sources sacrées de Tirtha Empul depuis 962. De tous les coins de Bali, on vient y prendre un bain rituel. Ne prenez surtout pas de photogra­phies.

unung Kawi, les tombes royales, à proximité de Tampaksiring. Selon la légende, le géant Kebo Iwa creusa dans le roc, en une nuit, les niches de 7 m des candi et des tombeaux à l'aide de ses ongles. Il s'agit des temples funéraires du roi Udayana, de la reine son épouse, de sa concu­bine et de ses fils. Les candi de l'autre côté du fleuve sont voués aux concubines d'Anak Wungsu, l'un des fils.

A Pejeng, entre Bedulu et Tampak­siring,il faut visiter le temple de Pura Panataran Sasih, où l'on peut voir un gigantesque tambour de bronze, vieux de plus de 2 000 ans la lune de Pejeng. C'est une importante antiquité de l'Indonésie.

Bangli, petite localité sur la route de Gianyar vers le nord, est célèbre pour le temple de Para Kehen, aménagé en terrasses. Des escaliers très raides montent aux cours, à l'atmosphère étrange et impression­nante, du temple qui remonterait à1200. Dans la cour extérieure, un gigantesque banyan a été transfor­mé en tour d'alarme.

Goa Gajah, la grotte des éléphants, se trouve à quelques kilomètres de Bedulu et de Mas. Un escalier des­cend de la route vers l'entrée, où Borna, le fils de Vishnu, domine tout un peuple de sculptures. L'inté­rieur de la grotte (découverte en 1923) déçoit quelque peu :19 niches taillées dans la pierre, méditaient sans doute des ermites, et trois lingam (symboles phalliques).

Près de Goa Gajah, le temple de Yeh Pulu possède un mur remar­quable : un rocher sculpté de 2 m de haut et 25 m de long. On ne sait rien sur la signification des sculptures, même si certains pen­sent qu'il s'agit de scènes de la vie de Krishna.

L'EST DE BALI ET SES MERVEILLES

Klungkung

40 km à l'est de Denpasar, cette ville de province affairée fut la résidence de rajahs les plus impor­tants de Bali. Au XVIIIe s., on en­courageait toutes les formes d'art dans les palais de Klungkung. Au­delà des douves, ilreste une partie de l'ancien palais, mais surtout une superbe salle de justice (Kerta Gosa), édifiée vers 1800, où la Kerta jugeait les conflits des familles ou des communautés villageoises. On peut la considérer comme un exem­ple type du style de Klungkung. La ville est souvent le théâtre de processions de purification.

Kusamba

Les eaux entre Bali et l'île de Nusa Penida (très belles plages !) sont très poissonneuses, aussi les habitants de Kusamba vivent-ils de la mer. On recueille le sel que la mer dépose sur le sable de la plage, on le lessive dans des cuves dont on fait ensuite évaporer l'eau. A proximité on travaille les coraux pétrifiés.

Grotte de chauves-souris de Goa Lawah

Située entre Kusamba et Padang­bai, la grotte est sacrée, moins pour les milliers de chauves-souris suspendues à la voûte que pour sa connexion légendaire avec le sanctuaire national de Besakih. On y vénère aussi un serpent.

Padangbai

Cette petite baie possède un mi­nuscule port d'où partent les ferries de Lombok.

Dans les environs, il y a de super­bes plages, avec vue sur le mont sacré de Gunung Agung.

Amlapura (ex-Karangasem)

A 80 lan de Denpasar, Amlapura était, depuis la fin du XVIIIe s., la capitale d'un puissant royaume, dont les souverains n'inquiétaient pas les Hollandais.Il faut voir leur superbe palais, Puri Agung Karan­gasem (ou Kangianan) et la maison dite de Londres.

Tenganan

5lun à l'écart de la route de Padangbai-Amlapura,ce village, l'un des plus singuliers de Bali, est habité par des Bali Aga. Ils possèdent d'immenses terres agrico­les, qu'en véritables aristocrates ils ne travaillent pas eux-mêmes. Ten­ganan tisse, selon des méthodes originales de doubles ikat, dont le prix dépasse nettement l'offre habi­tuelle.

Le château d'Ujung

5 km d'Amlapura, le dernier roi régnant, Anak Agung Anglurah Ketut fit construire, dans les années vingt, un château entouré de douves et d'étangs au bord de la mer. En 1963, l'éruption du volcan Gunung Agung détruisit Ujung, dont il ne reste que des ruines. Le domaine sert actuellement à la riziculture et à la pêche.

Besakih

Pura Panataran Agung, le plus grand sanctuaire national de Bali, est sans doute le plus vieux temple de l'île. Il fut construit voici mille ans, à 900 m d'altitude (42 km env. de Klungkung), sur des terrasses au pied du Gunung Agung. Depuis quelques années, il est fermé aux non-hindouistes, aussi faut-il se con­tenter de longer les murs pour aper­cevoir, à travers les portails, les 20 pavillons, les plates-formes sacrifi­cielles, les nombreux sanctuaires et le clocher. Le temple s'anime lors des fêtes, lorsque des milliers de pèlerins viennent apporter leurs of­frandes.

Meru et sanctuaires sont décorés du rouge de Brahmâ, du blanc de Çiva et du noir de Vishnu, plus 8 autres couleurs, qui, ensemble, symbolisent l'univers. L'atmosphè­re est féerique.

On ne manquera pas d'évoquer, devant les étrangers, le tremble­ment de terre de 1963 qui sema la panique parmi les pèlerins, mais ne fit pas de victimes et épargna le temple, alors que les laves incandes­centes recouvrirent de larges parties de l'est de Bali.

LES MONTAGNES CENTRALES
ET LE NORD DE BALI

Bedugul

Si l'on prend la route nord-sud passant par Mengwi, on arrive dans les montagnes humides et fertiles de Bali, autour de Begudul, dont le marché, très animé, propose orchi­dées sauvages, légumes et papayes. Une petite.mosquée signale l'exis­tence d'une communauté musulma­ne. Sur une petite presqu'île, le petit temple d' Ulu Danu, aux belles sculptures, est consacré à Dewi Da­nu, déesse des eaux. On peut se promener en bateau sur le lac Bra­tan, romantique à souhait. Aproximité, le jardin botanique de Kebun Raya Cabang Eka Konga Bali impressionne par sa richesse botanique et sa sérénité.

Singaraja

La « capitale » de la côte nord vit de la pêche et du commerce des produits agricoles. Les touristes sont rares et l'atmosphère reste quelque peu coloniale. La bibliothèque de la fondation Gedong Kirtya conserve quelque 3 000 manuscrits sur feuil­les de palmes. Dans les environs, les plages s'étendent à l'infini.

Sangsit

Ce petit village à quelques kilomè­tres au nord-est de Singaraja est célèbre pour le temple de Pura Beji, consacré à Dewi Çri, déesse des rizières. Typique de l'architecture du nord, il vous surprendra par l'exubérance baroque des sculptu­res. Pour goûter la magie des lieux, embaumés par les frangipaniers, évitez les autocars de touristes.

Air Sanih

Il s'agit seulement d'un restau­rant, à 16 km de Singaraja. On y mange pour pas très cher, et l'on peut s'y baigner dans un bassin naturel d'eau douce, devant des kilomètres de plages de sable gris. De l'autre côté de la rue, un escalier monte à un petit temple qui offre une belle vue panoramique.

Kubutambahan

Quelques kilomètres à l'est de Sangsit,Pura Meduwe Karang, le « temple du Seigneur auquel appar­tient la terre... » est l'un des plus beaux du nord. Entouré de frangipa­niers, à la sortie est de Kubutamba­han, il est fréquenté par les paysans qui sollicitent de bonnes récoltes de riz et de café. 34 ravissantes petites sculptures relatent des épisodes du R rn yana. Remarquez aussi la sculpture d'un Balinais à bicyclette Un toit de tôle ondulé nuit quelque peu à la beauté du bâtiment princi­pal.

Kintamani

A proximité de Penelokan, cette bourgade s'anime deux ou trois fois par semaine, lors du marché qui alimente toute la région.

Penulisan

Le temple de Pura Tegen Koripan est le plus haut de Bali (1745 m d'altitude). Son origine se perd dans la nuit des temps, on sait simple­ment que certaines sculptures da­tent du Xle s. Lorsque le ciel se dégage, on peut voir tout Bali.

Penelokan

Au sud de la caldeira du Batur, le village est à la fois très ancien et très jeune : reconstruit après l'éruption de 1917, qui détruisit 6 000 maisons et 250 temples dans la région, il fut dévasté à nouveau en 1926. Quelques boutiques et, surtout, des restaurants passables sont envahis à l'heure du déjeuner. La vue est très belle sur le lac Batur, et, lorsque les nuages ne le cachent pas, sur le Batur avec son panache de fumée.

L'ÂPRE BEAUTÉ DE L'OUEST DE BALI

Trunyan

On n'accède à ce village de la côte nord-est du lac Batur qu'en bateau ou par une ascension pénible au départ de Tianyar. Ses habitants sont des aborigènes Bali Aga qui ont conservé des mceurs bien parti­culières. Ainsi, ils n'enterrent pas leurs morts, mais installent les cada­vres à des endroits précis jusqu'à putréfaction. Ne comptez pas voir la statue de leur dieu Ratu Pancering Jagat, que l'on cache aux étrangers. Le paysage autour de Trunyan est l'un des plus grandioses de Bali.

L'abondance des beautés naturel­les et culturelles du sud et de l'est de Bali fait que les touristes négli­gent les montagnes occidentales et c'est bien dommage. L'absence de routes favorise l'épanouissement des derniers animaux sauvages de Bali aigles, • singes,crocodiles,porcs-épics, iguanes. Le tigre, par contre, a disparu depuis le début des années soixante-dix.

Tabanan

A 21 km de Denpasar, Tabanan est une importante foire au bétail. Cette ancienne résidence royale s'enorgueillit aussi d'un célèbre or­chestre de gamelan et d'une excel­lente troupe chorégraphique. Les magasins sont de très bonne qualité.

Gunung Batukau (2 276 m)

Après le Gunung Agung, le Batu­kau est la plus haute cime de Bali. Mais ni lui, ni le Pura Luhur, à ses pieds, ne suscitent, auprès des touristes, l'intérêt qu'ils méritent, une jungle impénétrable entourant le temple. Le menu à sept étages est consacré au dieu Mahadewa, les sanctuaires évoquent les stûpa thaï. A proximité, on vénère aussi une source d'eau chaude Air Panas.

L’île de lombok

Les touristes connaissent peu cet­te île fascinante, séparée de Bali par un détroit de 1200 m de profon­deur, qui marque la frontière botani­que et zoologique entre les plaques continentales asiatique et austra­lienne.

A l'ouest vivent des hindous mais les aborigènes de Lombok, les Sa­saks,sont tous musulmans. Si tout le monde suit l'appel à la prière que lance le muezzin du haut du minaret de la mosquée de Mataram, la capi­tale, on ne continue pas moins de croire également aux esprits.

Les 2 millions d'habitants de cette fie-province (5 435 km2connais­sent une relative aisance, la chaleur, les pluies et une terre fertile permet­tant trois récoltes par an. Les Euro­péens ont laissé peu de traces. En 1843, le prince de Mataram conclut un traité de commerce et de protec­tion avec les Hollandais, qui n'occu­pèrent l'île qu'en 1894.

Lombok est dominé par un puis­sant volcan, le Rinjani (3 726 m). Le panache de fumée qu'émet le cône situé dans un lac de cratère de 230 m de profondeur, signale qu'une éruption est possible à tout moment, si telle est la volonté des dieux (ascension au départ de Bayan ou Sapiat, avec des guides).

Contrairement à l'opinion reçue, on accède facilement à Lombok, soit en avion de Bali ou Jakarta, soit en bateau de Padangbai (Bali).

Sulawesi (celebes)

située entre Bornéo et les Moluques, Célèbes, ou Sulawesi, possède la particularité d'être une île originelle qu'aucune langue de terre ne relia jamais à l'Asie ou à l'Australie. Essentiellement montagneuse, elle est couverte de forêts pluviales en grande partie inexplorées, qui cèdent la place, dans les régions côtières, à de fertiles plaines alluviales. Sur les hauts plateaux, faiblement peuplés, on trouve de beaux lacs comme le Poso ou le Towuti. Les volcans de la presqu'île septentrionale, ,, aux alentours de Manado, restent actifs, contrairement à ceux du sud, près d'Ujung Pandang, tous éteints.

Sur 189 035 km2vivent 9 millions de personnes d'ascendance variée. A côté de peuples proto et deutéro-malais, il existe des tribus weddide, comme les Saluans de l'est ou les Toalas du sud­ouest, ces derniers n'étant connus que depuis 80 ans à peine. Dans le sud, Buginais et Macassars donnent le ton. Ils parlent des langues différentes mais partagent la même foi dans l'islam et peignent souvent leurs maisons en vert, en l'honneur du Prophète.

Ce sont des marins qui autrefois comptaient parmi les pirates les plus redoutables de l'archipel. Au nord, quelque 500 000 Minhasas, majoritairement chrétiens, parlent une langue proche du tagalog.

Le sud mis à part, l'infrastructure de l'île reste rudimentaire et le tourisme se limite à Ujung Pandang (autrefois Macassar), la capitale, Manado et le pays toraja, où existent les seuls hôtels conformes aux critères européens. Dans les localités de quelque importance, on trouve aussi quelques losmen assez rudimentaires.

Ujung pandang (macassar)

Macassar fut, dès le Moyen Age, un important centre de commerce entre Java et Bornéo. Les goélettesà voiles noires du port de Paotere et des fortifications rappellent l'âge d'or du royaume de Goa. Portugais et Anglais disputèrent la place aux Hollandais, qui débarquèrent en 1625 et mirent 40 ans pour soumet­tre Sulawesi. On voit toujours leurs entrepôts et l'architecture néerlan­daise marque la vieille ville de son empreinte. Plusieurs marchés de produits agricoles se signalent par la beauté des fleurs.

Curiosités

Port Rotterdam, au centre de la ville, fut construit en 1545 par le roi de Goa. Il héberge un petit musée nostalgique, ouvert de 8 h 30 à 12 h (sauf lun.).

Musée des Coquillages, sur Jalan Mochtar, avec des pièces rares et précieuses, ainsi qu'un jardin d'or­chidées.

Dans les environs, on devrait visi­ter aussi le village de Malino,les chutes de Bantimurung, les petites fies comme Boletambu baignade sur les plages très belles de Borom­bong et surtout PasanggroMn.

Tana toraja, le pays des torajas

Dans les montagnes centrales, à 340 km d'Ujung Pandang, quelque 700 000 Torajas vivent sur un terri­toire de 3 597 km occupant trois larges vallées fluviales. Le voyage en autocar sans suspension, sur des routes défoncées, dure plus de dix heures, aussi peut-on préférer une jeep ou une land-rover, même si cela coûte 14 fois plus cher.

De somptueux paysages font ou­blier l'inconfort du trajet : mangro­ves et rizières travaillées à l'aide de buffles d'eau, villages pittoresques, cours d'eau sillonnés de pirogues et de radeaux de bambou. Derrière la petite ville côtière de Pare Pare, la route gagne les collines couvertes de forêts et de pâturages. Les petits vil­lages des Torajas s'élèvent sur des éminences. Les principaux centres sont Rantepao et Makale.

Vie et moeurs des Torajas Comme les Dayaks de Kalimantan et les Batacres du nord de Sumatra, les Torajas appartiennent aux plu anciens peuples d'Indonésie. O. pense qu'ils vinrent de Chine vei 2000 av. J.-C. et furent refoulé vers l'intérieur par de nouveau arrivants. Le village le plus anciei s'appelle Enrekang (- le premie pas). Comme leurs voisins Posos au nord, ils étaient encore chasseur de têtes voici quelques décennies Les Torajas sont fiers, avenants e gais, et s'adaptent facilement. ILoccupent fréquemment des poste gouvernementaux à Jakarta. Pa rieurs acharnés, ils engageaient vo lontiers fermes et esclaves sur ur coup de dé avant que l'État ne l'interdise.

Basée sur l'opposition entre pos­sédants et non-possédants, la struc­ture sociale établit une hiérarchie assez compliquée, mais où l'on peut essentiellement distinguer 5 % de nobles, Tokapua, 25de bour­geois aisés, Tomakaka et 70 % de travailleurs, Tobuda. Jusqu'aux an­nées vingt de ce siècle, l'esclavage était à l'ordre du jour. Les anciens esclaves (Tanakuakua) n'ont tou­jours pas beaucoup de droits, et doivent se placer pour gagner les quelques rupiahs nécessaires à leur vie. Femmes et hommes sont égaux et aucune tâche n'est rigoureuse­ment assignée à un sexe ou à l'au­tre. L'autorité est assumée par le conseil du village, dirigé par le plus ancien, l'Ambe Tonduk, le sorcier ou guérisseur, Tominaa, étant maf­tre des cérémonies.

L'ordre successoral est assez étrange : l'héritage n'échoit pas aux descendants, mais au parent qui assura au mieux le bien-être du défunt, ou qui sacrifia le plus de taureaux lors des funérailles.

Les maisons sur pilotis, aux toits de bambou arqués, ressembleraient aux bateaux sur lesquels les Torajas arrivèrent à Sulawesi. Leur riche décoration reflète la position sociale des propriétaires. Sur la façade, on cloue les cornes des bêtes abattues. Les plus belles se voient à Palawa.

Environ 45 % des Torajas confes­sent le christianisme, 5 % l'islâm, mais 50 % pratiquent toujours l'an­tique animisme de l'Aluk Todolo, basé sur le culte des ancêtres. Le créateur de toute chose tolère l'acti­vité des âmes des morts, c'est-à­-dire d'esprits dont l'influence peut être désagréable et qu'il s'agit d'amadouer à l'aide d'offrandes nombreuses.

Les rites funéraires des Torajas

Les croyances diffèrent de village en village, mais on admet générale­ment que si le cérémonial s'est déroulé selon les règles, l'âme, Ani­tu, se rend à Puya, la « région de la félicité », accompagnée de celle des animaux sacrifiés, dont l'impor­tance détermine le bien-être dans l'au-delà.

On célèbre les funérailles en deux temps. La première cérémonie est une sorte de reconnaissance officiel­le du décès. Pour la deuxième, que le mort embaumé attend parfois des mois ou des années en fonction des oracles, on construit un village destiné à accueillir les invités autour des pierres sur lesquelles sont sacri­fiés les taureaux.

Vraiment mort à présent, le dé­funt peut être enterré. Les plus pauvres sont simplement enterrés, les plus riches portés dans une niche tailléedans une paroi rocheuse. lis sont accompagnés du Tau-Tau,statue en bois revêtue des habitsdu mort, qui fera fonction de gardiendu tombeau.

Près du village de Lemo, on peut en voir des groupes entiers, qui fixent l'éternité de leurs yeux de coquillages. Dans d'autres lieux, on place les morts dans des maisons en miniature, comme on le constate près de Marante.

Curiosités du pays des Torajas

Sigundu, Mendoe et Maranta vil­lages caractéristiques aux maisons superbes.

Kaburan Batu : impressionnants tombeaux taillés dans le roc.

Londa Tau-Tauinstallés sur des balcons ;on peut visiter les cryptes.

Lemo tombes du XVIIe s.

Manggala la maison de l'ancien est particulièrement belle, ainsi que les greniers à riz. Visite possible d'un intérieur.

Tobarana village de tisserands.

Tondon belles tombes, dont l'une remonterait à 7 siècles.

Tambolang : également de super­bes tombes.

Pangli, Palawa deux beaux villa­ges distants de 2 lun. Pierres levées dans les bois proches.

To Karau et Rantepao marchés fréquentés par les habitants de la jungle.

Marante village de morts près de Rantepao. Droit d'entrée.

Batutumonga on rejoint ce village d'altitude, au-dessus de Rantepao, à pied ou en jeep. Panorama superbe sur le pays des Torajas.

Pana vieilles tombes dans un bois de bambous, sur le chemin pédestre de Rantepao à Batutumonga.

L'hospitalité en pays toraja

Il existe une série d'hôtels sédui­sants et relativement confortables à Rantepao (22 000 hab.), notamment Toraja Cottage,etMakale (hôtel Batupapan) et une douzaine de losmen et de wisma, simples mais propres. Ils servent une cuisine mi­européenne, mi-indonésienne, mais on trouve des plats plus typiques dans les petits restaurants. Une ou deux fois par semaine, on peut voir des spectacles de danses torajas organisés dans les hôtels pour les visiteurs.

Les molusques

LES fabuleuses à l'époque où les épices valaient « leur pesant d'or », où les Portugais établirent leur base commerciale en 1522, les Moluques font partie des régions les moins dévelop­pées de l'Indonésie. La superficie des terres et des eaux correspond à une fois et demie celle de Kalimantan, mais les quelque 1 000 îles de taille inégale, dont de nombreuses sont inhabitées, ne représentent que 4 % du territoire. Entourées de récifs de corail, beaucoup d'entre elles sont d'origine volcanique certains volcans sont d'ailleurs toujours en activité. .

La population, au nombre d'1,2 million, vit de l'agriculture girofle, muscade, café, cacao, sago et de la pêche :les eaux sont riches en thon et en crustacés. Les mois les plus favorables pour le riz sont mars et septembre, lorsqu'il pleut moins. La mer est aussi plus calme à ce moment-là, ce qui favorise la navi­gation, quasiment le seul mode de communication entre les îles.

Couvert en grande partie de jun­gle et de forêt pluviale, l'archipel ne possède au total que 2 000 kmde routes, généralement non stabili­sées et inconfortables. Pour y sé­journer, il faut aimer marcher, se passer de tout confort et partager la cuisine des autochtones, ce qui ne va pas sans poser de problèmes d'hygiène. Halmahera, Ceram et Amboncommencent à s'équiper,mais il faudra attendre encore 10 ou 20 ans avant que les Moluques ne s'ouvrent vraiment au touristique.

L'archipel se divise en Moluques du Nord, dont les principales îles sont Ternate, Tidore, Halmahera, et Moluques du Sud, avec Ambon, Ceram, Banda, Buru, Aru, Kai et Tanimbar. La capitale administrati­ve est la ville d'Ambon, autrefois Amboine.

La plupart des grandes îles sont montagneuses, et les éruptions vol­caniques fréquentes. Le climat est humide, avec une saison sèche d'août à mars et une saison de pluies abondantes d'avril à juillet. Des cargos relient plusieurs lies de l'archipel des Moluques à Java, Cé­lèbes et Irian Jaya.

Ambon, île d'une superficie de 480 km2est à 2 389 km de Jakarta (3 h 30 de vol). II y a aussi des liaisons aériennes avec Surabaya, Ujung Pandang,Denpasar et Jayapura, capitale de l'Irian Jaya, et des bateaux de Jakarta, Surabaya et Ujung Pandang.

L'île est constituée de deux par­ties, Hitu, au nord, et Leitinor, au sud, réunies par l'isthme de Paso, la capitale administrative.

La terre, fertile et verdoyante, produit le clou de girofle (1/5e des terres cultivées), vendu aux manu­factures de cigarettes de Java, et le sagoutier, dont on extrait la farine de sagou pour cuire le pain.

De magnifiques plages désertes de sable blanc entourent l'île, avec de remarquables récifs et atolls de corail Natsepa, Amahusu, Toisa­pu, Latuhalat, où l'on pêche la langouste.

Attirés par le commerce des épi­ces, les Portugais s'installent dans l'île au XVIe s. et sont chassés par les Néerlandais dès le début du XVIIe. En 1648, un soulèvement se termina dans une répression san­glante. Après l'indépendance, une sécession créa la république des Moluques du Sud à Ambon. Le gouvernement indonésien mata la résistance et des milliers de Molu­quois durent s'exiler aux Pays-Bas, mais les mouvements de guérilla durèrent jusqu'à la fin des années soixante.

La population est à 50 % chrétien­ne et à 50 % musulmane.

Fondée le 17 septembre 1575, la ville d'Ambon fut, pendant des siè­cles, le port le plus important de Sulawesi à l'Irian Jaya. Il y a plu­sieurs hôtels, dont le plus sympathi­que, Halong Inn Seaside Cottage, est situé sur la plage, à 6 km de la ville (accès en bemo). En passant tôt le matin sur pasar ikart, lemarché aux poissons, on se rend compte de la richesse de la mer tortues géantes, seiches, crabes, que l'on déguste dans les petits restaurants du centre.

Au musée Siwalima, on peut voir des costumes traditionnels, des to­tems et des statuettes en bois des îles Tanimbar, et des instruments de musique (ouvert jusqu'à 14 h).

On se déplace dans l'fle en bemo, dont la gare se trouve derrière le marché. Les destinations sont ins­crites sur la carrosserie.

Soya est un village à 2 heures de marche au-dessus d'Ambon, à travers forêts et hautes herbes. On peut continuer, toujours à pied, vers le village d'Emma, en passant par le Gunung Seriman,d'où la vue est magnifique sur toute la côte méridionale de l'île.

Le village d'Hila se trouve sur la côte nord d'Hitu, à 42 km d'Ambon. La route est mauvaise mais la pro-, menade superbe, à travers les plan­tations de muscadiers et de giro­fliers. Il y a des vestiges d'un fort portugais, où pousse un énorme banyan, une église construite en 1780 et une mosquée du XIVe.

Ambon est le point de départ des visites vers les différentes îles de l'archipel.

Ceram est la plus grande des Molu­ques du Sud. L'île est montagneuse (point culminant 3 000 m) et cou­verte de forêts où abondent les perroquets.

Il y a aussi des plantations de girofliers et de muscadiers. Pour s'y rendre, on peut prendre l'avion d'Ambon à la ville d'Amahai, le ferry à Tulehu, au nord de l'île d'Ambon, ou louer un bateau à Tulehu. Il y a peu de bemo pour circuler sur l'île, mais on peut faire de merveilleuses promenades en ba­teau, le prahu, d'un village à l'autre de la côte.

Saparua, à 3 heures de bateau à l'est d'Ambon, a un marché aux poissons très coloré le mercredi et le samedi, une forteresse en bon état défendue par des canons et une belle plage à Waisisil.

Situées à 130 miles d'Ambon à laquelle elles sont reliées par avion, les îles Kei possèdent des plages de sable blanc et des jardins de coraux. II y a un centre de culture des perles à Difur. On peut loger dans les missions catholiques hollandaises près de l'aéroport. Il y a peu de moyens de communication sur les fies.

L'archipel Banda, à 160 km au sud d'Ambon (avion), est composé de 9 petites îles aux volcans actifs. Le plus haut, Gunung Api, dresse ses 600 m au-dessus du port de Banda­naira.

Les îles Kai, Aru et Tanimbar, au sud des Moluques, -sont à l'écart des circuits touristiques. On attend souvent des semaines pour trouver un bateau au départ d'Ambon, mais il y a quelques vols vers Tuai, sur les Kai, une poussière d'îles et d'îlots de 900 km2Les îles Ara sont peuplées de casoars, d'oiseaux de paradis et de kangourous. Logement dans les missions.

Ternate, île de 9 km de diamètre et de 40 km2 de superficie, est le centre administratif des Moluques du Nord, avec 400 000 habitants environ sur 353 îles. Il y a des liaisons quotidiennes avec Ambon et plusieurs fois par semaine avec Ujung Pandang.

Les sites naturels sont grandioses. L'île compte une dizaine d'impor­tants cratères, dont le Mamuja etle Gamalama, encore en activité. On y accède à pied depuis la ville de Ternate, construite sur ses flancs. Les tremblements de terre sont nombreux.

Il y a des plantations de cocotiers et de girofliers. On peut visiter de nombreuses forteresses, dont Kas­tella, construite par Magellan lui­même en 1522.

A Ternate ville, qui compte plu­sieurs hôtels, la population est mu­sulmane à 90 %. On peut y voir une mosquée du XIIIe s., un petit musée d'armes européennes du XVIe s. et plusieurs forts, dont les plus importants sont Benteng Oran­je et Tolokom Kayu Merah.

De 3 à 7 km de la ville, il y a de superbes plages où l'on peut pêcher en eau transparente et poissonneu­seBastion beach, Ngade beach et Sulamendaha. A Batu Hangus, 4 km de la ville, on peut voir une rivière de lave séchée et un giroflier de 350 ans et de plus de 30 m de haut. Laguna, à 7 km, et Tolire, à 24 km, sont deux lacs où poussent des lotus.

Makian, à quelques heures de bateau au sud de Ternate, est une jolie île dominée, elle aussi, par un volcan de 1000 m aux éruptions fréquentes. La population vit sur­tout sur la côte. Aux environs, se trouvent plusieurs îles coralliennes.

Tidore, la voisine de Ternate, que l'on atteint par bateau à moteur, a deux grands marchés à Rum et à Sao Siu. Son volcan de 1 730 m est le plus souvent caché dans les nuages. On peut résider au Go­vernment guest house.

Halmahera, la plus grande des Mo­luques, accessible depuis Ternate, est couverte de montagnes et de forêts qui regorgent de perroquets, de cacatoès, de papillons et d'orchi­dées. Deux sommets culminent à 1500 m. Au nord, on peut atteindre le volcan Mamuja (930 m) par 3 km de route puis 3 km de sentiers. Il y a peu de transports sur l'île, mais on peut faire du cabotage d'un village à l'autre.

A troisième fle du monde est partagée entre l'Indonésie et la Malaysia, au nord, où se trouve également l'enclave dusultanat de Brunei. Les communications se font principale­ment par voie fluviale, mais les routes, encore rares et limitées principalement aux alentours des grandes villes Pontianak, Ketapang, Palanka Raya, Banjarmasin, Balikpapan et Samarinda, se développent pour contribuer à l'essor économi­que. L'exploitation des immenses richesses naturelles se fera hélas au détriment de la forêt pluviale.

Jungle et chasseurs de tête

Pour les Européens, Bornéo reste synonyme de forêts vierges inexplo­rées et de Dayaks chasseurs de tête. Mais les touristes aventureux s'apercevront rapidement que les habitants vivent paisiblement en s'adonnant à l'agriculture et chas­sent un rare gibier à la sarbacane. On peut aujourd'hui explorer des régions comme celle du fleuve Ma­hakam, au centre de l'lie, alors qu'il y a dix ans à peine, on ne savait pas trop si la chasse aux têtes était abandonnée. Certains indigè­nes croient toujours qu'un fiancé doit se procurer une « tête » dans un village éloigné avant de pouvoir se marier. Symboles de l'affirmation de soi et du courage des Dayaks, par ailleurs accueillants et servia­bles, ces trophées, macabres, qui

ornent toujours le faîte de leurs maisons allongées, ne choquaient pas leurs hautes conceptions mora­les et leur sens aigu de l'organisa­tion sociale.

Les Dayaks vivent en communau­tés familiales, dans des maisons en bambou très allongées, certaines dépassent 100 m, pour 15 m de large, construites au bord de cours d'eau, sur pilotis pour les préserver des inondations. Le long d'un cou­loir central se trouvent, à gauche les compartiments communautaires, à droite les cellules pour les époux. Quelque 120 personnes ou 10 à 20 familles vivent dans une maison, véritable refuge contre la jungle environnante, sous l'autorité d'un chef » élu démocratiquement.

Les Dayaks sont serviables et ex­trêmement accueillants, et une nuit ou deux passées sous leur toit ne présentent qu'un inconvénient le bruit. Lorsque enfin les hommes cessent de palabrer, les coqs ne tardent pas à chanter ! Séjourner quelques jours chez eux, les voir travailler dans les cultures de maïs ou de riz des montagnes selon des méthodes ancestrales, ou danser dans leurs costumes brodés de piè­ces d'argent, sont une expérience inoubliable et aussi peu dangereuse que le voyage à travers la jungle secrète et mystérieuse.

Seuls les voyageurs, ayant suffi­samment d'expérience et sachant organiser une expédition, devraient s'aventurer seuls à Kalimantan, où l'équipement touristique est quasi inexistant et les hôtels aussi rares que les restaurants. Aussi les orga­nisateurs de voyages proposent-ils quelques circuits sous la conduite de guides locaux.

Banjarmasin reliée par des vols quotidiens à Jakarta, Surabaya et Balikpapan, Banjarmasin, capitale du Kalimantan méridional, dispose d'un port et d'un aéroport impor­tants. On peut également venir en bateau de Surabaya et Balikpapan. Hôtels et losmen, peu chers, y sont nombreux.

C'est une cité lacustre construite sur des marais. On s'y déplace en pirogues, les klotok, sur de petits canaux où se tient un merveilleux marché flottant. La ville est le cen­tre de la production de pierres pré­cieuses, dont on peut visiter les lieux d'extraction. Elle compte quel­que 300 000 habitants, à majorité musulmane.

Balikpapan, construite sur pilotis dans des marécages de la côte orien­tale, a connu un grand développe­ment grâce à la découverte "de champs de pétrole. Une importante colonie occidentale y travaille pour la Pertamina et des compagnies occidentales. La ville est reliée par des vols quotidiens à Jakarta, Sura­baya, Ujung Pandang, Denpasar, Ambon et Samarinda. L'infrastruc­ture hôtelière est assez importante, etil existe même quelques boites de nuit. La vie est plus authentique et moins chère, notamment l'héber­gement, dans le port de Kampong Baru. On se déplace en taxis collec­tifs. Il y a une belle vue sur la ville et le portde la colline de Pasar Sisir.

Samarinda est située à 115 km au nord de Balikpapan, à laquelle elle est reliée par avion et par bemo, sur les rives de la rivière Mahakam. On peut remonter cette dernière sur 600 km en pays dayak, jusqu'à Tanjong Isui (un jour et une nuit), Muarakaman, Longiram et Longba­gun. La ville vit de l'exploitation forestière, et l'on peut voir de nom­breux tl ottages de bois et cargos sur la rivière. Des bateaux-taxis relient la vieille ville, Sebarang, sur larive droite, à la ville moderne-,et administrative, sur la rive gauche.Il existe plusieurs hôtels.

De Samarinda on peut se rendre, en pirogue ou en bemo, à Tengga­rong (40 km au nord), centre cultu­rel des Dayaks qui s'y réunissent pour une fête qui dure une semaine à la fin du mois de septembre. La route, très étroite, longe la rivière et traverse de pittoresques villages construits sur pilotis. Capitale de l'ancien royaume de Kutai, Tengga­rong, construite en bois, conserve le palais d'un sultan, reconstruit dans les années trente et transformé en musée. On peut y voir, notam­ment, une intéressante collection de porcelaines et de faïences chinoises ainsi que des statuettes en bronze des dieux Brahma et Vishnou.

Pontianak, capitale du Kalimantan occidental, compte 230 000 hab. en majorité chinois. Sillonnée de ca­naux, la ville est située de part et d'autre de l'estuaire de la rivière Landak. Elle est reliée par air et mer à Jakarta et dispose d'une infrastructure hôtelière moyenne. L'économie repose sur l'exploitation forestière et l'agriculture. Pontianak exporte le caoutchouc provenant des plantations d'hévéa.

La nouvelle-guinee occidentale (irian jaya)

la partie occidentale de la deuxième île du monde appar­tient, depuis 1963, à l'Indonésie dont elle représente, avec 400 000 km222 % du territoire national. Le nom remonte à un capitaine espagnol qui, en 1545, trouva que le paysage et la population ressemblaient à ceux de l'Afrique.

Quelque 600 000 immigrants sont venus s'ajouter aux 800 000 autoch­tones. La capitale est Jayapura (30 000 hab.). Les forêts couvrent 80 % de la superficie de ce pays contrasté : immenses plages de sa­ble bordées de bois de palmiers, mais aussi 10 cimes qui dépassent 4 900 m, dominées par les 5 030 m du Gunung Puncak. De vastes ré­gions de l'île restent inexplorées. La mise en valeur exige des fortunes, aussi la Nouvelle-Guinée restera-t­elle pour longtemps l'une des terres vierges de notre planète.

Des peuples nombreux parlent plus de 900 langues différentes. Les Mélanésiens prédominent dans les zones côtières, à l'intérieur vivent plusieurs centaines de tribus pa­poues parlant eux-mêmes 200 lan­gues différentes. La discrimination en matière d'éducation et d'emploi, notamment, a suscité des mouve­ments d'indépendance ou de ratta­chement à la Papouasie Nouvelle­Guinée, l'est de l'île indépendant depuis 1975. En raison de l'insécuri­té politique, il faut un visa spécial, délivré en Indonésie, pour visiter Irian Jaya.

Le tourisme, tant individuel qu'organisé, est rare. Les villes de Biak et Jayapura, ou quelques loca­lités plus petites, sont desservies par la compagnie aérienne Garuda et disposent de bons hôtels fréquen­tés surtout par des hommes d'af­faire.

Informations utiles

Le pays et ses habitants

Géographie physique située en­tre 6° de latitude nord et 11° de latitude sud, le 95e et le 141e degré de longitude est, l'Indonésie s'étend sur 5 700 km de Breueh, à la pointe nord-ouest de Sumatra, à la frontiè­re d'Irian Jaya et plus de 2 000 km du nord au sud. Elle fait partie de l'archipel malais, et compte 13 677 îles qui possèdent, au total, 61000 kilomètres de côtes. Le territoirenationalmesure 2 027 087 km', les eaux territoriales 3 166 163 km2Une chaîne volcani­que traverse les îles de la Sonde de Sumatra aux Philippines. Il existe plus de 400 volcans sur les seules îles indonésiennes, dont 70 restent

en activité (Java en a 113, dont 15 en activité). L'éruption la plus célèbre et la plus violente fut celle du Krakatoa, ou Krakatau, dans le détroit de la Sonde, le 27 août 1883, détruisant les deux tiers de l'île. Le nuage de cendres, haut de 30 km, fit douze fois le tour de la terre. Le plus haut volcan est le Kerinci, à Sumatra (3 812 m), le point culmi­nant de l'Indonésie le Puncak Jaya (5 030 m), dans la jungle de Nouvelle-Guinée.

L'activité volcanique ne produit pas seulement des destructions ca­tastrophiques, elle dote aussi les nombreux peuples des îles d'une fertile terre agricole, idéale pour la culture du riz. Les forêts couvrent 56 % des terres.

La population dans un pays dont d'énormes territoires restent inex­plorés, l'explosion démographique (taux d'accroissement 2,2 %) pose de grands problèmes à Bali, et sur­tout à Java qui, sur 7 % de la superficietotale, compte 60 % d'une population totale estimée à 165 millions de personnes. Le gou­vernement essaye de déplacer la population vers d'autres îles, mais la plupart des gens retournent dans leur patrie au bout de quelques années.

L'État

L'unité dans la diversité » : cette devise nationale illustre les difficul­tés de grouper dans un seul État, une nation, des peuples si divers. Le préambule de la constitution démocratiqueet républicaine de 1945 énonce les 5 principes de l'idéologie, la Pancasila foi dans la toute-puissance de Dieu, l'huma­nité, l'unité, la démocratie et la justice sociale. Le président de la République, à pouvoirs étendus, le Parlement, la haute Assemblée con­sultative, la Cour des comptes et la haute Cour de justice sont responsa­bles devant l'Assemblée consultati­

ve. Trois grands partis représenter le peuple : Golkar(groupe fonction nel à caractère corporatif), PPP (pa ti du développement unitaire/difff rents groupes musulmans) et Pl (parti démocratique indonésien 73 % des parlementaires appartier nent au Golkar.Le parti commun: te est interdit depuis la tentative d coup d'État de 1965.

Les 25 provinces et les deux ré gions à statut particulier de Jakart et Aceh disposent d'une grand autonomie administrative, mais 1 concept fédératif originel n'a pa trop fait ses preuves. L'influent militaire est très sensible, mais 1 gouvernement réfute le terme d dictature militaire, au profit de cela de « démocratie dirigée ».

Économie et exportation

Pays agraire, l'Indonésie doit de venir une puissance industrielle Elle possède de nombreuses riches ses naturelles, et se situe au premie. rang mondial pour l'exportation df bois tropicaux. Elle détient la plu­grande superficie de forêt pluvial( après le Brésil, mais 52 million d'hectares ont été abattus er20 ans. Personne ne connaît l'ira portance des réserves pétrolières, mais la production journalière at teint 1,9 million de barils, soit 302 millions de litres (l0° rang mon­dial). A Sumatra, Java et Kaliman. tan on exploite des mines de char­bon, -à Billiton et Bangka l'étain, à Sulawesi le nickel. Le cuivre existe en grande quantité en Nouvelle­Guinée, l'or et l'argent à Java et Sumatra. La bauxite de l'île de Bintau permettrait même la création d'une industrie de l'aluminium.

Les années 1965/1966 virent la naissance de mesures pour relancer l'économie comme la lutte contre l'inflation et la corruption, l'encou­ragement à l'exportation et aux investissements étrangers. Les pro­grammes quinquennaux furent te­nus et même dépassés.

L'Indonésie exporte surtout du pétrole, desproduits agraires (caoutchouc, tabac, café, huile de palme, le poivre et d'autres épices), des machines, des produits non ma­nufacturés et de l'acier. Les matiè­res premières doivent céder la place aux produits semi-finis et finis.

Le climat équatorial détermine ® une chaleur humide et guère de différence entre le jour et la nuit. Le début des saisons chaudes et humides diffère de région en région. Il pleut moins de mai à octobre que de novembre à mars/avril, saison humide et un peu moins chaude. Lesprécipitationsatteignent 4 000 mm à Kalimantan, 2 000 dans le nord de Java et 2 700 à Bali. Le thermomètre peut tomber à 24° C, mais monte fréquemment au-delà de 33° C. Les températures diminuent surtout en montagne (compter un degré par 100 m d'altitude). L'hu­midité de l'air atteint presque par­tout 80 à 90 % !Comme partout en Asie du Sud-Est, le temps dépend de la mousson.

Pour voyager die en île, et sur­tout pour visiter les régions monta­gneuses ou forestières, à l'infra­structure rudimentaire, choisissez la saison sèche, d'avril à septembre.

La flore

En raison des pluies et de la structure du sol, l'Indonésie possède une flore plus nombreuse et plus diversifiée que toute autre région équatoriale ou tropicale on recense plus de 42 000 espèces, dont 20 000 orchidées différentes, qu'une com­mission internationale et la British Horticultural Society s'efforcent de classer.

Plus ou moins importantes selon les îles 10 % seulement à Java et 18 % dans les petites îles de-la Sonde, mais 40 % à Sumatra et 60 à 70 % à Kalimantan et en Nouvelle­Guinée, les forêts sont très diver­ses pluviale, de conifères, de mousson, à l'est de Java même des exploitations sylvicoles de tek. Sur les côtes de Sulawesi et de Sumatra, la mangrove agrandit les terres émergées. Sur les îles proches de l'Australie règne la savane. En Nouvelle-Guinée, la zone alpine, qui s'étend de 3 000 m à la limite des neiges éternelles, ressemble à celles d'Asie continentale et d'Europe.

Parmi les arbres les plus impor­tants,citons le palissandre, lecamphrier, le marronnier, le tek, le banyan, la casuarina, l'ashoka, le frangipanier, le caroubier, le tuli­pier, toutes sortes de bambous et de bananiers, les fougères arbores­centes. Dyns les montagnes de Java croissent 'les pins, les lauriers, la myrte et une espèce locale d'edel­weiss. Les fleurs prennent des for­mes et des couleurs inimaginables. Dans les vallées abondent cytise, jasmin, rhododendron, hortensia, eucalyptus, bougainvillée, hibiscus et bien d'autres. Rdfflesia arnoldii, qui atteint 1 m de diamètre et un poids de 7 kg à Sumatra, est la plus grande fleur du monde. Sans feuilles ni racines, elle parasite la liane GLçsus. Il faudrait nommer aussi d'innombrables plantes carnivores, herbes et mousses. La liste des plantes cultivées est elle aussi, très longue : nombreuses variétés de fruits et de riz, caoutchouc, girofle, cannelle, poivre, muscade, café, ca­cao, gingembre, vanille, soja, igna­me, tabac, manioc, mais, piment, cajou et arachide, canne à sucre, etc.

La faune

Comme pour la flore, la fameuse ligne tracée par le géologue Wallace isole la flore des îles jadis reliées à l'Asie ou à l'Australie, la zone occidentale étant la plus riche en espèces. Il reste quelque 600 tigres dans les jungles de Sumatra, beau­coup moins à Java, l'éléphant ne subsiste qu'à Kalimantan et Suma­tra, le rhinocéros sans corne à Java, le crocodile dans les marécages et les mangroves. II y a des ours, de nombreuses espèces de singes dont de rares orangs-outangs à Kaliman­tan et Sumatra, où vit aussi le tapir, des cerfs, et même un cerf nain de 30 cm de haut, kancil, des che­vreuils, des sangliers et des porcs­épics, des bceufs sauvages, et une multiplicité de serpents, dont le cobra et le python, auxquels on est d'ailleurs rarement confronté si l'on ne s'aventure pas loin des chemins. Autour de l'île de Serangan vivent les tortues de mer, à Komodo le varan, lézard géant qui compte par­mi les animaux les plus anciens du globe. Chaque île possède des oiseaux spécifiques : en Nouvelle­Guinée, par exemple, s'ébattent les oiseaux de paradis et plus de 400 espèces de casoars. Les plus beaux sont peut-être les perroquets, les cacatoès, les loriots, les hérons et les méliphagidés. Parmi les chauves­souris, il existe une espèce dont l'envergure atteint 1,50 m.

Comme on peut le constater sur les marchés, les eaux abondent en poissons et crustacés : langoustes et crevettes, thons, soles, maque­reaux, barbues, etc. Les requins ne s'aventurent que rarement entre les récifs de corail et la plage dans cette zone-là, il faut plutôt redouter les venimeux serpents de mer. Dans les eaux douces, on élève poissons rouges, carpes et grenouilles. Très célèbres aussi, sont les guramis, dont font partie les macropodes et les combattants.

L'Indonésie compte déjà 150 ré­serves pour protéger les espèces menacées. La plus grande est le parc national de Gunung Leuser, au nord de Sumatra (tigre, éléphant, rhinocéros, orang-outang), suivi de la réserve de Baluran, dans l'est de Java, le parc d'Ujung Kulon, à l'ouest de Java (panthères, buffles), l'île de Komodo et la réserve orni­thologique de Pulau Dua au nord ­ouest de Java.

Les animaux domestiques les plus importants sont l'indispensable buf­fle d'eau, dont il existe plusieurs variétés, le zébu, de petits bovins laitiers, des porcs aux ventres pen­dants qui déambulent parmi les chiens, les poules, les canards, et les cicaks et les tokés, des sortes de petits lézards qui débarrassent maisons de leurs insectes.

Tous les étrangers ont besoin d'un passeport valable encore six mois, les enfants devant posseder le leur ou figurer sur celuide leurs parents. Depuis 1983, voyageurs originaires de certains pays occidentaux, dont la Belgique, la Suisse et la France, sont dispensés de visa pour un séjour touristique n'excédant pas 2 mois, à condition d'entrer par les ports ou aéroports de Jakarta, Medan, batam, Pekanbaru, Bali, Menado, Ambon et Biak. Il faut aussi présent un billet de retour.

Pour les affaires, le visa est indispensable.Il faut en indiquer nature, joindre un certificat de bonnes vie et meurs et une enveloppe timbrée pour un envoi recommandé si l'on ne vient pas chercher soi-même le visa. Pour un séjour de plus de trois mois, il faut un visa semi-permanent ». Pour un prolongement, une seule solution voyage vers un consulat indonésien à l'étranger. Seuls les services d'immigration de Bandoeng, Ujung Pat dang, Lombok et Surabaya accordent parfois un prolongement jusqu'à 4 mois. Ne dépassez jamais la date d'expiration, vous pourriez attendre l'étude de votre « cas » e prison !

L'hôtel ou la pension se charge généralement de la déclaration obligatoire de votre séjour mais, si vous résidez chez des particuliers, vous ne couperez pas à la visite au com­missariat.

Vaccinations obligatoires

Seul le vaccin contre la fièvre jauneest impératif pour les voyageurs ayant séjourné dans une zone infectée dans les 6 jours précé­dant l'arrivée en Indonésie. Nous vous conseillons également de vous immuniser contre le typhus, le cho­léra, le tétanos et le paludisme, dont la prophylaxie est imposée aux Indonésiens. Votre médecin saura vous conseiller le vaccin adéquat.

L'infrastructure touristique est © nulle ou luxueuse selon les en­droits, et il ne faut pas s'attendre partout au confort hôtelier de Bali. Dans les lieux « d'intérêt touristi­que » on trouve toutes sortes d'hé­bergement. Dans les dormitories, on dort en salle commune. Dans les penginapans, ou peng-x, le confort et les prix, toujours modérés, va­rient d'île en île. Les wisma,sortes de maisons d'hôtes et les losmen, pensions de familles correspondant aux critères européens, ne coûtent pas cher non plus. Enfin, la gamme des hôtels s'étend de l'établisse­ment modeste au palace internatio­nal, dont le prix dépasse nettement les normes asiatiques. S'il faut ré­server suffisamment à l'avance des chambres dans les villes, on trouve toujours à se loger dans les losmen, sauf à Sanur et Kuta. Ne négligez pas les mesures de sécurité : verrou et coffre pour les objets de valeur.

La monnaie officielle est la ru­piah (Rp), qui suit les fluctua­tions du dollar américain. 1 $ env. 1 730 Rp actuellement. Elle est subdivisée en 100 sens, dont vous n'entendrez parler qu'au marché des villages les plus reculés. Il existe des billets de 100, 500, 1000, 5 000 et 10 000, ainsi que des pièces de 5, 25, 50 et 100 rupiahs.

On accepte quelques monnaies européennes, mais il vaut mieux voyager avec de l'argent américain ou des chèques de voyage en dollars (pratiquement inconnus, les euro­chèques sont rarement acceptés). Aux heures de fermeture des ban­ques, on peut changer des dollars en petites coupures (1, 2 ou 5) chez les changeurs « du coin ». Munissez­vous de patience à la banque, car on y calculera scrupuleusement ce que l'on vous doit, alors que les hôtels et les magasins pratiquent souvent le « change forfaitaire » de 1 $ = 1 000 rupiahs.

Les cartes de crédit sont acceptées dans tous les grands hôtels, mais pas toujours chez les commerçants, dont la vitrine prétend le contraire ! Le cas échéant, ils s'y résignent, si l'on peut dire, en vous demandant de 5 à 10 % de plus que le prix annoncé.

On peut importer et exporter les devises sous toutes formes sans limi­tation, mais la monnaie nationale ne peut franchir la douane qu'à concurrence de 50 000 Rp. Conser­vez les quittances de change pour pouvoir la reconvertir.

Les objets d'usage personnel -appareils photographiques ou caméras, postes de radio, jumelles, machine à écrire, matériel de sport ou de pêche - ne font l'objet d'au­cun droit. Si leur nombre est impor­tant, faites-les inscrire sur votre passeport à l'arrivée. Vous pouvez importer aussi 200 cigarettes ou 50 cigares et deux litres d'alcool. N'essayez jamais de soudoyer un douanier.

Les armes, les explosifs, les nar­cotiques et les drogues ainsi que les textes et images à caractère pornographique et tout livre ou jour­nal qui « menacent l'ordre public, la sécurité ou la morale » sont stric­tement interdits. Comme en Malai­sie et à Singapour, le trafic de drogue encourt la peine de mort sans recours. Vérifiez vos bagages avant l'arrivée ou le départ, pour vous assurer que vous n'êtes pas la victime inconsciente de contreban­diers sans scrupules.

Aucun problème pour les souve­ nirs. Pour les gros achats, conservez la facture. Cependant, l'exportation d'antiquités est limitée aux objets de moins de 100 ans. Dans le doute, demandez conseil à l'hôtel.

Les prix

La vie coûte plus cher à Kaliman­tan. et en Nouvelle-Guinée (20 à 30 %) et aux Moluques (10 à 15 %) qu'à Java, Bali, Sumatra ou les petites îles de la Sonde. L'alcool coûte généralement très cher. Les restaurants les plus avantageux sont ceux fréquentés par les autochto­nes. Vérifiez si le service de 10 à 11 % figure sur l'addition, il n'exis­te pas de règle dans ce domaine.

Le marchandage fait partie de la vie quotidienne. Le montant de la « contre-proposition » 25, 40 ou50 % dépend des circonstances, de l'importance de l'achat et de critères qui ne se laissent pas aisé­ment définir.

Du bemo au becak mi-taxi, mi-autobus de ligne, le bemo, camionnette munie de deux bancs,constitue un moyen de transport très économique. Il peut charger 10 personnes, mais le receveur, le bemo-boy, en accepte souvent jusqu'à 16 avec leurs bagages. Ce virtuose recrute la clientèle, annon­ce la destination, vous dira obliga toirement où descendre et calculera scrupuleusement votre part. Il déci­de de tout, sauf de l'itinéraire et de l'heure de départ, qui sont à la discrétion du chauffeur. Nous vous déconseillons de louer un bemo pour vos excursions, ce qui revient moins cher qu'un taxi ou un autocar touris­tique, car, si vous mesurez plus d'1,50 m, le toit vous empêchera de voir le paysage. L'oplet ne se distingue de bemo que par un itiné­naire rigoureusement précis.

Dans les petites villes le bécak, ou pedicab, détermine le paysage urbain et le rythme de la circulation. II s'agit de tricycles offrant un siège pour deux passagers indonésiens aux hanches étroites ou un Euro­péen. Sa version motorisée, l'heli­cak, coûte plus cher.

Une voiture hippomobile s'appel­le dokar en indonésien, andong à Java et bendi à Sumatra.

Taxis et voitures de location dans toutes les localités de quelque importance, devant les hôtels, aux carrefours, on trouve deux sortes de taxis les uns, portant la men­tion sur le toit, possèdent un comp­teur, c'est-à-dire un tarif fixe (env. 1000 Rp le km), les autres ne se reconnaissent que par le cri guttural lancé par le chauffeur, avec lequel il faut débattre le prix de la course. Informez-vous des usages à l'hôtel et munissez-vous de patience : avant le départ le chauffeur doit faire le plein, ou de la monnaie, ou conjurer les esprits...

Loués à la journée, ils coûtent moins cher que les voitures de loua­ge, plus pratiques et dont le chauf­feur parle souvent l'anglais (comp­tez 100 000 Rp pour une journée). Pour vous sentir en toute confiance, effectuez la location par l'intermé­diaire de l'hôtel ou de l'organisation officielle Nitour, même si le prix est légèrement plus élevé. Emportez toujours une carte de votre hôtel.

Autobus et autocars circulent en ville et entre les agglomérations selon un horaire fixe qui, cepen­dant, n'est pas toujours respecté. Ils sont très économiques, mais sou­vent sales, bruyants et chauds. Le voyage de Medan à Jakarta par exemple, soit 2 000 km, dure 4 jours.

II existe 2 000 km de chemins ® de fer à Sumatra, une petite ligne à Madura et 6 650 km à Java. Les express de jour et de nuit entre Jakarta et Yogyakarta (11 h) ainsi que Surabaya (16 h et demie) cor­respondent aux normes européen­nes. Billets et réservation dans les gares (Kota ou Gambir à Jakarta), les agences de voyages ou par l'hôtel.

Des liaisons aériennes entre ® toutes les îles de quelque im­portance sont assurées, en direct ou avec correspondance, par Merpati, Zamrud Mandala ou Bouraqu Air­line, ainsi que Garuda Indonesian Airways, de 10 à 15 % plus chère mais la plus digne de confiance, qui

utilise des appareils du type DC 9 ou Fokker F 27. Pelita Airline, filia­le de la compagnie pétrolière natio­nale Pertamina, dessert les petites îles et les champs de forage aux moyens d'hélicoptères et de petits avions en acceptant les touristes.

La taxe d'aéroport est de 9 000 Rp pour les vols internatio­naux, 4 000 Rp à Jakarta, Denpasar et Medan et 1 000 à 2 000 Rp dans les autres aéroports, pour les vols intérieurs. Sont dispensés les voyageurs en transit et les enfants de moins de 2 ans.

La compagnie nationale Peini assure d'excellentes liaisons ré­gulières entre tous les ports d'une certaine importance de l'archipel, avec des bateaux confortables et des horaires précis. Les plus aventureux préféreront les voiliers de Sea Trek qui choisissent des itinéraires à l'écart des circuits touristiques.

Pour emprunter les bateaux circu­lant sur les grands fleuves, il faut assurer soi-même son ravitaillement et accepter de dormir sur une natte.

Voitures et motocyclettes de ® locationle réseau reste à cons­truire. A Jakarta, Avis assure la location de voitures japonaises, à Bali on peut louer des jeeps, dans les autres grandes iles des motocy­clettes. Pour conduire, il faut un permis international. Le carburant de Pertamina est très cher, les postes d'essence peu nombreux en ville et très rares à la campagne. Les routes sont fréquemment mau­vaises, certains tronçons ne sont utilisables qu'en tout-terrain. Tout ceci pour vous conseiller de laisser les autos et les motos aux Indoné­siens qui, d'ailleurs, conduisent comme des fous. Bali bat tous les records en matière d'accidents. Et l'assurance est largement inconnue. Unique point fort une bonne signa­lisation ;on ne peut pas se perdre. Louez donc une voiture avec chauf­feur !

On roule à gauche (les véhicules lents au milieu de la chaussée !), donc priorité à gauche mais dépas­sement à droite. Les panneaux de signalisation routière correspondent aux normes internationales. La vi­tesse est limitée à 80 km et à 40 dans les agglomérations.

Dans les grandes villes et les © hôtels d'importance, courant alternatif de 220 V, dans les petites localités le plus fréquemment 110 V. Vérifiez au préalable et munissez-vous également d'unadaptateur. Prévoyez aussi un rasoir mécanique à cause des coupures de courant.

Banques : en semainede 7 h 30 à 13 h 30, le samedi jusqu'à 10 h 30. Musées: de 8 h à 16 h ou 17 h, le vendredi jusqu'à 11 h, sauf lundi. Magasins pas de règle générale, les horaires s'inscri­vent entre 8 h et 22 h, avec une pause entre 12 et 13 h ou 13 h 30 16 h). Administrations lun.-jeu. de 7 h 30 à 14 h, ven. de 7 h à 11 h 30, sam. de 7 à 13 h. Dans tous les cash informez-vous.

si vous tenez à vous informer, consultez les quotidiens locaux de langue anglaise comme Indone­sia Times à Jakarta ou Indonesia Daily News à Surabaya, les rares journaux français des hôtels inter­nationaux sont déjà des pièces de musée.

La radio nationale diffuse quel­ques émissions en anglais, de l'est de Java à Timor, on peut également capter les stations australiennes. La télévision émet presque exclusive­ment en bahasa indonesia. -

A part les remèdes courants comme l'aspirine, on trouve peu de médicaments européens,
emportez donc votre réserve si vous 
suivez un traitement, ainsi que des moyens prophylactiques contre les maladies tropicales, des calmants, analgésiques ou sédatifs, etc. Leur effet sera influencé par le décalage horaire qui bouleverse .l'horloge astronomique 
à du corps (comptez un jour d'adaptation pour 2 heures de décalage). Pour les mêmes rai­sons, ne vous surmenez pas dans les premiers jours, évitez les repas trop copieux et l'alcool.

Sur le chapitre de l'alimentation ne mangez pas de fruits non lavés, ni de salade crue, même dans un palace, ni de glace, ni de poisson cru ou de mayonnaise, ne buvez pas l'eau du robinet, ni directement à la bouteille (les bactéries affection­nent le goulot) mais avec une paille. Renoncez aux glaçons dans le whis­ky ou le Coca-Cola, sauf dans les très bons établissements. L'hépatite guette les imprudents.

Le soleil tropical est redoutable, protégez votre peau du dessèche­ment. A l'heure la plus chaude, imitez les Indonésiens, faites la sies­te. Contre les moustiques, utilisez une bombe, un gel ou le moscito­repeller à pile. Les hautes tempéra­tures exigent l'absorption de 2 à 3 litres de boisson. La cuisine locale est la plus adaptée au climat, ne l'oubliez pas.

Pour demander un médecin, adressez-vous à la direction de l'hô­tel ou une représentation consulai­re. On le, règle en argent liquide. Peut-être feriez-vous bien de con­tracter une assurance maladie avant votre départ. Pour appeler une am­bulance, composez le 118 ou le 110 pour la police et le 113 pour les pompiers.

Les vêtements

II fait chaud jour et nuit et en toute saison, aussi faut-il se munir de vêtements légers, en coton ou en lin (pas de tissus synthétiques, non absorbants). Prévoyez des chaussures adaptées aux excur­sions, d'autres faciles à mettre et à enlever pour les visites de temples et des souliers de bain contre les coraux et les oursins. Pour de nom­breuses raisons, évitez le casque colonial, mais prévoyez un couvre­chef et, pour les séjours en altitude, vestes et chandails. Inutile de vous encombrer d'habits et de robes du soir, mais le short est mal vu (sauf à la plage). Et n'oubliez pas votre parapluie ou un imperméable léger et vos lunettes de soleil.

Le service ne figure pas tou­® jours sur les notes de bars ou de restaurants. Dans la négative, laissez 10 à 15 %. Les chauffeurs de taxi n'attendent pas de pourboire, mais arrondissez le prix de la cour se. On donne 300 à 500 Rp ai chauffeur d'autobus après une excursion, de 500 à 1 000 Rp à celui de la voiture de location qui vous a promené toute une journée, 300 Rr par jour à la femme de chambre et 300 à 500 Rp par bagage au boy qui vient de les porter. Les milieux officiels pensent que les pourboires corrompent, aussi voit-on fréquem­ment la mention no tips.

Il est d'usage de laisser une of­frande dans les petits temples, dans les grands on demande de toute façon une entrée.

La mendicité

Ignorez les enfants qui mendient, ils chercheront très vite une autre victime et ne vous engagez pas dans des affaires s'ils sont plus de trois, vous seriez vite débordé. Ne leur jetez pas non plus de bonbons pour réussir une belle photographie. D'une manière générale ne donnez d'argent qu'aux lépreux ou aux invalides. Une dernière chose à évi­ter en Extrême-Orient, la tête>est le siège de l'âme, ne la touchez donc jamais.