L’INDONÉSIE est
un monde à la diversité inégalée : 13
677 îles s'étendent
sur plus de 6 000 km le long de l'Équateur. A
5 000 m d'altitude, les sommets de Nouvelle-Guinée sont couverts
de neiges éternelles. Des plages superbes sont bordées de
cocotiers. Dans les grandes villes comme Jakarta ou Bandoeng,
Medan ou Surabaya règne une atmosphère fiévreuse, colorée,
inimaginable. Des forêts pluviales restent
inexplorées. A Sumatra,
à Java, à Bali, à Sulawesi et dans bien d'autres îles
fument les volcans.
Des
peuples d'origines diverses pratiquent, le plus souvent en bonne
intelligence, un grand nombre de religions. Les extrêmes sontpartout : gratte-ciel
et temples dont les fondations remontent au début de
notre ère, agitation frénétique et paix contemplative. Il
n'est pas facile de lancer
une invitation en Indonésie, la liste de ses séductions n'a
ni commencement ni fin. L'exotisme et l'insolite vous guettent partout,
et leur multiplicité constitue l'un des principaux attraits de l'archipel.
Un
regard sur le passé La
Préhistoire
Au
pléistocène moyen (350000 - 115000), Pithecanthropus
erectus, sans
doute immigré, vivait déjà sur les îles. En
1891, la mise au jour de
ses os sur les rives du fleuve Solo, à Java, fit sensation ;on pensait
sérieusement avoir trouvé le berceau de l'humanité.
Mais les découvertes des
années soixante de ce siècle, dans Lest de l'Afrique, réfutèrent
cette thèse.
D'autres
fouilles ,ont
attesté qu'au mésolithique (10000-2000 av. J.-C.), des
migrations originaires de la province chinoise du Yunnan touchèrent
Sumatra puis toutes les autres îles de la Sonde. Des hachettes,
trouvées un peu partout, témoignent de l'avancée des tribus
malaises. On notera aussi la présence, abondante à Samosir (Sumatra),
Nias, Sulawesi et de nombreuses petites îles de la Sonde, de
mégalithes dont on souligne la similitude avec des exemples aussi éloignés
que ceux de Cuzco, au Pérou, ou de Stonehenge dans le sud de
l'Angleterre.
1000:
civilisations du riz à Java et à Bali. 900-800: début
du travail du bronze.
400-300: utilisation
du fer. Début de notre ère : l'hindouisme conquiert
paisiblement de grandes parties de l'Indonésie.
V.
200-600 apr. J.-C.: implantation
du bouddhisme Hinayâna.
500-600:
plusieurs vagues d'émigrants renforcent l'influence indienne ;constitution
de royaumes éphémères.
V.
650: dans le sud de Sumatra, le royaume bouddhique de Çrivijaya étend
sa puissance maritime jusqu'en Thaïlande méridionale.
V.
700: le bouddhisme Mahâyâna supplante l'Hinayâna.
V.
750: à
Java, la dynastie hindoue des Sanjaya, dont l'influence s'exerce
jusqu'en Indochine, est évincée par les Sailendra.
800-900:
premiers royaumes balinais.
XIe
s.: les
rois de Majapahit prennent le pouvoir aux Sailendra et contrôlent
toutes les côtes indonésiennes à l'exception de la
NouvelleGuinée.
Les îles vivent un « âge d'or ». Les souverains
n'exercent qu'une
autorité spirituelle, laissant le pouvoir aux ministres, dont le plus
puissant fut sans doute Gaja Mada.
XIIe-XIIIe
s : après
des tentatives d'indépendance, Bali devient le siège
de la dynastie des Majapahit qui protège l'hindouisme.
1350-1389: sous
le roi Hayam Wuruk, le royaume de Majapahit brille
de ses derniers feux.
1511: la
prise de Malacca par Alfonso d'Albuquerque amorce les conquêtes européennes
en Asie du Sud-Est.
1513: le
prince musulman Pati Umus conquiert Java. L'élite hindouiste
émigre peu à peu à Bali.
1522 : les
Portugais fondent un comptoir sur la côte ouest de Java et conquièrent
les Moluques dont l'Europe convoite les épices : muscade, poivre,
cannelle et girofle.
XVIe
s.: Portugais,
Anglais, Hollandais et Espagnols se livrent une guerre
économique larvée dont les autochtones font les frais.
1527:
des forces javanaises infligent une sévère défaite
aux Portugais devant
Sunda Kelapa (Jakarta).
1596: la
première flotte hollandaise apparaît dans les eaux indonésiennes
et mouille devant Bali en 1597.
1602:
fondation de la Compagnie hollandaise des Indes orientales.
1619: le
Hollandais Jan Pieterszoon Coen fonde Batavia. La Compagnie
s'engage à assister les princes locaux dans leur lutte contre
Anglais et Portugais en échange d'accords commerciaux.
1770: d'audacieux
Français brisent le monopole hollandais sur le
commerce
de la muscade en s'emparant de muscadiers qu'ils implantent aux Indes
occidentales.
1782:
minée par la corruption, la Compagnie perd le gros de sa flotte
dans la lutte contre les Anglais. Elle est reprise par l'État hollandais
en 1799.
1811 : profitant
de l'emprise napoléonienne sur les Pays-Bas, l'Angleterre s'empare
des possessions hollandaisesdans
l'archipel et nomme gouverneur
sir Stamford Raffles qui réforme l'administration coloniale.
Mais, dès 1814, les îles sont rendues aux Hollandais qui reprennent
leur politique d'exploitation.
1825-1830:
le prince Diponegoro conduit le premier soulèvement général
à Java. Il est soumis mais les troubles subsistent. A Sumatra, les
engagements entre Acehnais et troupes coloniales dureront jusqu'à l'indépendance.
1846:
les Hollandais s'emparent de Bali, puis de Lombok (1894) mais
esquissent une politique de modernisation et de mise en valeur.
1906: insurrection
de Bali. Les Hollandais bombardent Badung (Denpasar)
dont le rajah résiste avec 2 000 courtisans. Le dernier carré
se suicide avec femmes et enfants.
20
mai 1908: création du mouvement de libération Budi-Utomo
par le Dr. Wahidin.
1916:
fondation du Volksraad, première
institution représentative 1
député pour 10 000 Hollandais, 1 pour 300 000 Chinois mais seulement
1 pour 2 000 000 autochtones ! Les activités nationalistes se
poursuivent pendant les années vingt et trente.
8
mars 1942: capitulation
hollandaise; les
Japonais occupent l'archipel
mais ne peuvent s'assurer la coopération des populations. Sukarno
fonde un mouvement de libération.
17
août 1945: proclamation d'une république fédérative,
démocratique
et socialiste que l'ancienne puissance coloniale ne reconnaît pas.
1946-1948:
luttes acharnées entre troupes hollandaises et mouvements de
libération antagonistes. Les communistes proclament une république
soviétique dans l'est de Java.
27
décembre 1949: sous la pression des Nations-Unies (conférence de
La Haye, 23.8 -2.11.1949),
les Pays-Bas accordent l'indépendance aux
« États-Unis d'Indonésie ».
1955:
conférence afro-asiatique de Bandoeng.
1963:
conflit armé avec la Malaysia. Des accords bilatéraux accordent à
l'Indonésie la Nouvelle-Guinée occidentale dont l'indépendance
doit se
décider par référendum en 1969.
30
septembre 1965: une tentative de révolution communiste, noyée dans
le sang, entraîne des règlements de compte interraciaux dont beaucoup
de Chinois font les frais. Le parlement donne le pouvoir réel
au général Suharto. Le pouvoir est fortement centralisé.
1966:
Sukarno cède le pouvoir à Suharto, élu président
en 1968.
16
août 1969: après un référendum contesté,
la Nouvelle-Guinée occidentale,
ou Irian Jaya, est incorporée dans la république, mais sa population
aspire toujours à l'indépendance.
1975:
après l'invasion de la partie occupée par le Portugal, toute l'île
de Timor devient indonésienne en 1976.
Spécialités
et curiosités
Les
produits de la terre
La
puissance coloniale imposa la culture de produits agricoles qui enrichirent
considérablement la métropole, mais semèrent la misère et
la famine dans les populations locales, opprimées et privées
de tous
droits. De vastes zones forestières disparurent au profit de gigantesques
plantations. Après l'indépendance, l'Indonésie n'était pas
en mesure d'exploiter l'infrastructure existante et la situation de la
production agricole ne s'améliore que depuis les années soixante.
Le
caoutchouc brut et les produits à base de caoutchouc représentent un
sixième des exportations. Les plantations existent surtout à
Sumatra. Lors de vos pérégrinations, ne manquez pas d'observer
la récolte et
la collecte, mais évitez les lieux de fumage ! L'arbre
croît en épiphyte,
peut être saigné à partir de 7 ou 8 ans, atteint son
plein rendement - env.
20 kg par an -entre 12 et
16 ans et cesse d'être rentable
à 25.
L'huile
de palme : l'Indonésie
s'est adaptée aux besoins croissants de
graisse végétale (qui représente 1/10e des exportations)
et les plantations envahissent de plus en plus toutes les îles. A
Sumatra, on peut voir d'immenses
pépinières sur la route de Medan à Pematang Siantar
(vers le lac Toba).
Le
cacao ne joue pas un grand rôle, quantitativement, en Indonésie, mais ilest
considéré par les spécialistescomme
le meilleur du monde. Assez
petites, les plantations restent souvent des propriétés familiales. L'arbre
est assez spectaculaire, car il porte
à la fois des fleurs et des fruits
à différents stades de mûrissement. Il peut atteindre
15 m mais, pour faciliter
la cueillette, on l'empêche de dépasser 7 m. Il produit, de
sa 6e à sa 34 ou 40e année, des fruits appelés cabosses, qui contiennent
de 30 à 40 fèves. Le traitement est assuré par les
fabricants de produit final : les chocolatiers. Le cacaoyer
se cultive surtout dans le centre
de Java, le sud des Cèlèbes et aux Moluques.
Le
café, venu d'Abyssinie, est cultivé en Indonésie - Sumatra, Java,
Bali, Timor, depuis 1699. Le caféier est un arbuste à feuilles persistantes
qui produit, pendant 3 à 5 ans, un fruit appelé cerise, dont
la pulpe contient deux fèves. On extrait le grain selon deux méthodes,
sèche ou humide, et c'est cette dernière, considérée
comme donnant la meilleure qualité de café, qui
est utilisée en Indonésie. Ce sont
les Balinais qui préparent le meilleur café, comme vous pourrez vous
en rendre compte dans les restaurants des autochtones (mais pas
dans les hôtels !).
Le
riz, base de l'alimentation quotidienne : c'est
le pain des riches comme
des pauvres. A Java ou à Bali, les lignes des rizières en terrasses
s'harmonisent merveilleusement avec le paysage et fascinent les
touristes. Grâce à la maîtrise parfaite des techniques
de l'irrigation, tout Bali
ressemble à un jardin. Dans la culture du riz, tout dépend de
l'eau et, bien sûr, des dieux, des esprits et des démons.
Aussi, rien ne se fait sans
eux ; prêtres
et anciens déterminent soigneusement les
dates des travaux, dont toutes les étapes font l'objet de cérémonies et
d'offrandes. L'une des fêtes les plus impressionnantes, rarement visible
hélas, est le mariage de Vishnu avec Dewi Sri, la déesse
du riz. Les paysans balinais
sont groupés en communautés appelées subak, dont
chacune travaille selon son propre rythme, aussi peut-on voir
le même jour, dans un espace restreint, tous les stades du cycle de
la culture : irrigation,
labourage, plantation, sarclage, récolte, battage.
11
existe du riz brun, noir ou rouge. Selon les variétés, la
plante atteint
de 70 à 100 cm. Les connaisseurs apprécient par-dessus tout le
riz dit de montagne, qui croît principalement à Bornéo.
Dans certaines régions, on obtient jusqu'à trois récoltes
annuelles. La rizière,
ou sawah, est
le théâtre d'événements étranges et mystérieux.
Des gens dignes de foi parlent de feux follets (leyak)à
des Européens sceptiques
jusqu'à ce qu'eux-mêmes soient témoins de phénomènes inexplicables ! Si
le manège d'un vieillard, gardeur de canards vous étonne,
sachez
que
la perche munie d'un fanion blanc qu'il fiche dans la rizière sert de
mère de substitution aux palmipèdes. Ceux-ci ne s'en éloigneront pas
et ne risquent pas de débarrasser des insectes nuisibles le champ du
voisin et d'en chasser les serpents !
On
appelle padi
ou paddy le
riz non décortiqué, gabah le
riz battu mais
non mondé, beras celui
qui est mondé et nasi le
produit cuisiné. Curieusement,
même les paysans les plus modestes ne mangent jamais de
riz complet qui coûte si cher dans les magasins diététiques d'Europe!
Épices
des îles
Durant
des siècles, la passion de l'Occident pour les épices
détermina le destin politique et économique d'un archipel
aux cent îles. Leur commerce entraîna une misère épouvantable
dans les régions de production
mais fut la source d'enrichissements considérables en Europe,
dont les immenses besoins étaient dus aux mauvaises méthodes
de conservation d'autrefois : les
aromates couvraient maint «
goût ».
Le
poivre passe pour la plus relevée des épices et les Romains,
déjà, en faisaient grand usage (ils poivraient même
le vin !). Originaire
des Indes, il croît
dans les zones de forêts pluviales des tropiques, et particulièrement
à Bornéo, aux Moluques et d'autres îles de la Sonde.
Plante grimpante, le poivrier atteint 4 à 5 m de haut et donne des
fruits sous forme de grappe. La couleur est une affaire de traitement les
grains à demi mûrs, ébouillantés et séchés,
donnent le poivre noir,
les grains mûrs le blanc, et le poivre vert ne le reste que si on le
conserve dans le vinaigre ou la saumure.
La
noix de muscade avait, autrefois, moins d'intérêt gastronomique que
de vertus curatives (jamais prouvées). Pour s'assurer un monopole,
les Hollandais allèrent jusqu'à abattre tous les muscadiers
d'Indonésie, sauf
dans les îles qu'ils contrôlaient bien. Originaires des Moluques, ils
atteignent 16 à 18 m et existent sous les deux sexes, l'ensemencement
étant assuré par les oiseaux qui avalent la graine mais ne peuvent
la digérer. Parfois, un arbre mâle est entouré de 80
femelles. Aujourd'hui,
on a recours souvent à la greffe.
La
cannelle resta longtemps une épice mystérieuse. Personne,
en Europe, ne pouvait vraiment
remonter jusqu'aux origines de son long périple.
Son prix élevé justifiait qu'on l'ajoute à presque
tous les mets, si l'on en avait les moyens. Aujourd'hui, plus
personne n'ignore qu'il s'agit
de l'écorce interne, fermentée et séchée, des
rameaux âgés
de deux ans, environ, d'un arbre atteignant 10 m de haut : le
cannelier, très répandu à Java.
La
cardamome, dont
l'usage tend à se répandre en Europe, assaisonne
le curry ; quelques grains donnent
son piquant au café arabe. L'arbrisseau donne des capsules,
contenant chacune 20 graines que
l'on récolte avant maturité.
Les
clous de girofle ont des utilisations nombreuses et variées ; en Indonésie
leur poussière parfume même les cigarettes. Tout, dans le giroflier,
sent merveilleusement bon : les
fleurs, deux fois par an, les feuilles,
l'écorce, le bois, les bourgeons et l'inflorescence, que l'on récolte
juste avant qu'elle ne s'ouvre, pour la sécher.
Tuak,
le vin de palme : sucrée
et aromatique, la sève que l'on extrait
des tiges des fleurs des palmiers Arèn, Nyiur et Enau, donne un
vin de palme titrant 7° si on le laisse fermenter dans des bambous. D'un
diamètre de 12 à 15 cm, ceux-ci servent également
à sa conservation et à sa vente. Dans certaines
îles, on le boit pour entrer en
transes lors de cérémonies religieuses.
Bétel,
l'autre moyen de parvenir au septième ciel : on
estime que, sous les tropiques,
340 millions de personnes ont recours à ce stimulant. En Indonésie
ils sont 30 millions, reconnaissables à leurs dents, mâchoires
et palais teintés de rouge. L'une des nombreuses préparations
consiste à rouler un fragment de noix de bétel (ou areka, ou
encore pinang) saupoudré de chaux dans une feuille de poivrier. On
met le tout dans la bouche et l'on mastique du soir au matin. On vend les
ingrédients sur tous les marchés, pour quelques rupiahs.
La
musique d'Indonésie
Gamelan,
le monde tonal de Java et de
Bali : le
gamelan est un orchestre, composé
en majeure partie de xylophones métalliques
et de gongs. Les instruments se
répartissent en plusieurs groupes : les saron et
les gambang, composés
de lames métalliques posées sur des caisses
de résonance en bois, donnent la ligne mélodique principale
; les gender, faits
de lames suspendues par des liens au-dessus de tubes
de résonance en bambou, et les bonang, petits
gongs bulbés horizontaux,
ornent la ligne mélodique ; les gongs suspendus
ponctuent et séparent
les phrases mélodiques ;kendang
ciblon (petitstambours)
etkendang
gending (plus grands)
sont les instruments dirigeants, indiquant les variations de temps ; dans
les compositions vocales,
le rebab, vielle
bicorde et la flûte suling accompagnent
la voix. S'y ajoutent des instruments régionaux, comme le tjelem
pung, cithare à
13 doubles cordes... Presque chaque village a son ensemble instrumental
et on en compte quelque 18 000 à Java, 6 000 à Bali. Le
mode de fabrication des instruments, le nombre de musiciens, exclusivement
des hommes à compter de 7 ans, et la composition des gamelan font
qu'aucun ne ressemble à l'autre. Certains ont l'exclusivité
de formes tonales très précises, d'autres musiques sont réservées
à des
cérémonies particulières.
Les
meilleurs instruments proviennent des villages autour de Klungkung,
dans l'est de Bali.
Angklung :
la musique angklung appartient à l'ethnie sundanaise, de l'est de
Java. Elle est exécutée aux moyens d'instruments de bambou
qui, agités par des musiciens, donnent une seule note chacun. Un
orchestre d'angklung peut réunir jusqu'à 60 musiciens.
Les
jeux des marionnettes
Le
wayang revêt une importance particulière pour les Indonésiens et
leurs voisins malais, thaïlandais et birmans. Autant qu'un spectacle éducatif,
il s'agit d'un moyen de communication entre les humains et les
dieux, les esprits, les ancêtres. Les thèmes sont fournis
par les épopées du Ramiiyana et
du Mahâbhârata et
la dramaturgie ne varie guère.
Dans les deux premiers actes, on expose la situation selon l'optique
des parties antagonistes, le troisième voit le triomphe du noble
héros, non sans péripéties destinées à
porter le suspense à son paroxysme.
Wayang-kulit, la
version la plus connue, se joue à l'aide de personnages
en cuir souvent filigrané,
de 30 à 50 cm de haut, fixés sur
des baguettes. Ils sont manipulés par le dalang, qui
narre généralement le sujet en vieux javanais (kawi) accompagné
par un gamelan.
Le traducteur y ajoute souvent des commentaires tirés de l'actualité. Il est
permis de rire. Devant l'écran blanc qui dissimule le dalang,
une lampe à huile projette les ombres des personnages sur le décor,
essentiel, constitué d'un arbre ou d'une montagne célestes (kayonan en
balinais ou gunungan en
javanais). Une représentation peut
durer 3, voire même 8 ou 10 heures.
Dans
le wayang-klitik, les
personnages en bois aux bras de cuir articulés
évoluent sur la scène sans lumière ni écran ; le wayanggolek, typique
de l'ouest de Java, ressemble plus aux jeux de marionnettes
européens - les personnages
portent des vêtements ; plus rare, le wayang-beber narre
le sujet avec beaucoup de passion, à l'aide de personnages dessinés
sur des bandes de papier. Dans le wayang-topeng, des
danseurs masqués miment le sujet commenté par le dalang ; le wayang-wong, fréquent
à Bali et à Java, est interprété par
des acteurs ; singes
et démons portent des semi-masques.
Offrandes
aux dieux, aux esprits et aux démons
La
préparation des offrandes destinées à la purification,
à plaire aux
dieux ou aux ancêtres, à apaiser les démons au-dessus
et audessous de la terre et de la mer, occupe une grande partie des
loisirs. Le riz, avec lequel on
confectionne des gâteaux ou des temples en miniature,
joue un grand rôle, mais aussi des fruits, des feuilles de „ bananier
ou de cocotier, des fleurs, le papier et de petits paniers que l'on
voit jusque dans les taxis. Dans les temples, on voit fréquemment des
menus entiers, qui ne se gâtent jamais :on
les reprend pour les consommer en famille, à l'exclusion
des prêtres et des jeunes filles destinées à entrer
en transes en dansant. En effet, les dieux et les ancêtres
ont extrait des offrandes les « essences », ce qui les rend sans
valeur pour certaines catégories de gens. Les rites des offrandes (pesegehan) sont
si compliqués que seuls des experts en connaissent toutes
les subtilités.
Le
barong met en scène la lutte entre magies blanche et noire. Il oppose
l'animal protecteur du même nom, représenté par deux hommes
masqués et revêtus d'un costume à poil, à Rangda
la sorcière, une veuve qui refusa d'être brûlée
à la mort de son mari. Les danseurs entrent
en transes, Rangda semble invincible mais la victoire reste finalement
à Barong, sans que pour autant la sorcière soit jamais anéantie.
Elle reste de ce monde, bannie dans un cimetière.
Legong, c le
jour céleste des nymphes divines », exécuté
par trois jeunes
filles - de
10 à 14 ans au maximum - est
sans doute la plus gracieuse des danses indonésiennes.
Bien que les personnages jouent toujours
le même rôle : deux legong (princesses royales)
et une jondong (servante), le sujet
peut varier à l'infini.
Les
danses bans sont
l'équivalent masculin du legong et jouent toujours
un grand rôle lors des fêtes rituelles balinaises,. notamment les
incinérations. Elles ont pour thème le service armé
des guerriers pour leur
roi.
Les
danses sanghyang, dont les exécutants entrent en transes, se déroulent
à l'intérieur ou devant un temple. Que leur thème
soit l'exorcisme
ou le sacrifice, elles protègent toujours le village.
Pour sanghyang-dedari (danse
des anges vénérables), des fillettes,
n'ayant
pas atteint la puberté, sont choisies selon leur don. Le prêtre (permangku) les fait
entrer en transes à l'aide d'encens et de prières. Elles
dansent jusqu'à ce que s'arrête la musique et tombent inanimées. Le
prêtre les éveille mais elles ne se souviennent de rien.
Dans
la version djaran, un
jeune homme ou un prêtré en transes danse
autour, puis dans les braises sans se blesser. Un fagot lui sert de
cheval symbolique. Il est libéré lui aussi par un prêtre.
Kecak,
la « danse des singes », est une pantomime de conjuration, autrefois
purement exorciste, qui actuellement inclut un épisode du R
m iyana. Des
hommes incarnent l'armée d'Hanuman, le roi des singes, au son de
la voix humaine, sans accompagnement de gamelan.
Les
danses kebiyar existent, elles aussi, en nombreuses versions. Lors
du kebiyar-duduk, l'exécutant
« danse » assis, les jambes croisées, et va de musicien
à musicien, l'un des efforts corporels les plus difficiles
qui soient.
II existe
bien d'autres danses, janger, jack, bedaya,
sempiri, oleg tambulilingan (né en
1952), danses masquées issues du wayangtopeng
ou du wayang-wong, etc. Lors des manifestations touristiques, elles
perdent de leur authenticité, les transes sont facilement simulées, mais
dans les villages, elles gardent leur véracité. En dehors
de Bali et
de Java, les danses traditionnnelles sont moins nombreuses : citons, chez
les Torajas de Célèbes, le passuling (danse
des morts), mangelu, ba-dao-bullan (après
la moisson), ba-bone-balla (consécration
de la maison)
oui parading (danse
guerrière exécutée lors du décès d'un homme) ; dans
le sud des Célèbes, pakurru sumanga (danse
de bienvenue), gaurang
bulo (pour les moissons)
ou pattennung (danse des
tisserands) ; tari lilin des
Minangkabau de Sumatra ou tari payung, danse
dite des parapluies également à Sumatra ; selendang à
Timor et les danses guerrières de Nouvelle-Guinée.
Le
théâtre, à
Bali et à Java, combine harmonieusement mime et musique,
mais montre aussi de réelles qualités dramatiques. Il met en
scène des personnages stéréotypés. Les pièces d'ardjasont
des mélodrames issus des anciens royaumes de l'est de
Java, rédigés dans une
langue superbe, hélas hermétique pour les Occidentaux.
Les
épopées edu Râmâyana et du
Mahâbhârata : ils
fournissent les thèmes,
c'est-à-dire l'éternelle lutte entre le bien et le mal, aux pièces,
mimes et danses. Rédigé sans doute au Ille ou IVe s. av.
J.-C., le R
mîiyana n'a cessé
de s'enrichir en 2 000 ans. Il relate la vie du prince Rima,
élevé à la dignité d'incarnation de Vishnu.
Le Mahâbhiirata, qui
est sans doute l'oeuvre la plus longue de la littérature
mondiale, conte la lutte des descendants du roi Bhârata contre
leurs cousins.
Le
kriss ou criss
II n'existe
sans doute pas d'arme aussi entourée de mythes que le kriss,
né à Java au XIVe s. Plus qu'un couteau, c'est une arme d'estoc portée
dans la ceinture qui, dans le cas critique, est tenue comme un revolver.
Siège de l'âme de leur propriétaire, ils ne rentrent
pas dans leur
gaine avant d'être entrés en contact avec le sang et accomplissent leur
« oeuvre » même sans le secours de la main. Leur lame
sinueuse est forgée
en associant des feuilles des métaux les plus divers, la poignée
ornée de pierres précieuses. Certains modèles de maisons
princières dépassent
le demi-million de livres lors d'enchères londoniennes.
La
production actuelle, florissante, est destinée pour 90 % au tourisme.
Les modèles anciens n'existent pratiquement pas sur le marché
(sauf les faux !) : qui
se débarrasserait d'une arme dans laquelle
réside peut-être une âme ? Ou
alors, il faut y mettre le prix. On
trouve tout au plus des armes purement utilitaires du siècle dernier,
pour quelque quatre ou cinq cents francs.
Le
coq, fortune et fierté de son propriétaire
Le
coq de combat représente souvent la seule fortune de la famille et
les exposer dans des paniers devant la maison est une affaire de prestige.
On les nourrit des meilleurs grains, on les baigne, on les caresse,
on leur applique des pommades, et ceci deux fois par jour ! Rien
n'est trop beau pour eux, sauf les poules qu'ils guignent de l'intérieur
de leur cage.
Un
coq de combat n'est pas destiné à la reproduction, mais uniquement
à la querelle. Dès qu'apparaît le moindre début
de crête, son
propriétaire emploie mille ruses pour l'exciter contre les autres coqs.
Assis sous un banyan, les hommes discutent en mâchant du bétel,'
leur coq sous le bras. De temps en temps, on en lâche deux l'un
contre l'autre, pour constater les fruits d'une bonne éducation,
et le propriétaire du « perdant » intervient d'un geste
téméraire avant que le sang ne coule. Il aura beau jeu de
déclarer chez lui que son coq a gagné, car les femmes ne
sont pas admises lorsque « volent les plumes ». La police non
plus, les combats de coq étant officiellement interdits,
et surtout les luttes à mort, pour lesquelles les coqs portent de
petits couteaux coupant comme des rasoirs, qui donnent lieu à des
paris insensés. Il n'est pas rare qu'un fermier perde non seulement son
coq, mais toute sa propriété. Si vous souhaitez jeter un
coup d'oeil « derrière les coulisses»,
le portier de votre hôtel saura où vous envoyer
pour assister à un combat, sanglant ou non.
Peuples
et langues
Des
peuples nombreux
La
gigantesque étendue de l'archipel implique un grand nombre de
races.
Certaines sont restées homogènes depuis la Préhistoire,
mais la majorité
d'entre elles se sont mélangées au point que l'Indonésie reste
l'un des terrains d'étude les plus
compliqués du monde pour
les anthropologues.
Nous
avons eu connaissance de deux gigantesques migrations de tribus
malaises qui se sont étendues sur deux millénaires, et les fouilles
témoignent des contacts culturels les plus divers. Des peuples austro-mélanésiens
déjà établis se sont mélangés avec des
ProtoMalais
venus du nord, avant que des Deutéro-Malais
ne refoulent les tribus sédentarisées.
Batacres de Sumatra, Dayaks de Bornéo, Torajas de
Célèbes et d'autres groupes se retirèrent dans des
contrées isolées où ils purent vivre en
autarcie jusqu'au début de ce siècle. Il en est de
même des Austro-Négroïdes de Nouvelle-Guinée.
Les ethnologues distinguent toujours les deux groupes fondamentaux
des Prote, et des Deutéro-Malais,
adeptes du bouddisme et de l'hindouisme, dont la majorité passa
ensuite à l'islàin. Les plus importants sont les Balinais, les
Javanais, les Minangkabaus du sud-ouest de Sumatra, les Buginais et
les Macassars de Sulawesi, et les Acehnais du nord-ouest de Sumatra.
Partout on observe des distinctions entre habitants des côtes et
des montagnes. La couleur de la peau accentue souvent les différences
ethniques.
La
fin des migrations du paléolithique et du néolithique n'apportèrent aucune
stabilité, d'autres mélanges s'effectuèrent d'île
à île. Dans les temps
modernes, des milliers de Chinois arrivèrent dans l'archipel, partiellement
engagés sur les plantations par la puissance coloniale. Leur
ténacité et leur sens proverbial du commerce leur assurèrent rapidement
une position dominante dans le domaine économique. Cela ne
se fit pas sans jalousie, et on assista à une forme de pogrom.
La
tentative de coup d'État communiste de 1965 fut partiellement liée
à l'agitation chinoise et l'on estime, sans pouvoir donner de chiffre
exact, que plusieurs centaines de milliers de Chinois furent victimes
des troubles. Mais 3,8 millions d'entre eux contrôlent toujours70
% de l'économie.
L'influence
coloniale hollandaise laissa aussi des traces. De nombreux
Européens habitent encore - ou plutôt de nouveau - en Indonésie.
Un sur quatre fait un mariage mixte.
De
nombreuses langues
Autant
de peuples, autant de langues ! San
compter la NouvelleGuinée,
on distingue quelque 250 langues sur les fies indonésiennes (auxquels
s'ajoutent les dialectes !). Sur
Java on en parle 9, sur la petite
fie d'Alor 70 et en Nouvelle-Guinée occidentale quelque 300.
L'unité
politique exigeait la suppression des barrières linguistiques. Au
cours des siècles, le malais,originaire
de l'archipel de Riau, qui gagna
l'Indonésie pour la presqu'île de Malacca, était devenu
la langue des relations
commerciales. Dans les premières décennies de ce siècle, il
donna naissance à une langue artificielle, propagée essentiellement par
les indépendantistes, le bahasa
indonesia, qui
fut élevée à la dignité
de langue officielle en 1950. Relativement simple, sans grammaire
compliquée, sans conjugaison,elle
emprunte à différentes langues
des mots compréhensibles par les Européens : chauffeur - kondektur, restaurant - restoran,bière - bir, police =
polisi, l'influence
hollandaise n'est
pas loin... Pour former le pluriel, on répète le mot. Utilisée
partiellement jusqu'à la fin de la Seconde Guerre
mondiale, l'écriture arabe a définitivement cédé
la place aux caractères
latins.
La
grande originalité des langues de Java et de Bali est que l'on s'exprime
différemment selon la classe sociale. La position qu'occupent les
interlocuteurs dans la famille et la société détermine
le choix du vocabulaire.
Desa,
une communauté exemplaire
La
culture du riz en terrasses et des méthodes complexes d'irrigation exigent
un fort sentiment de solidarité, aussi la communauté villageoise,ou desa, était-elle
déjà organisée d'une manière exemplaire il
y a un millénaire.
Sa cellule est la famille, extrêmement unie, dont l'habitat est entouré
de murs de terre pour la protéger des esprits. Son
chef, kepala
keluarga, fait
partie du banjar, qui
règle les problèmes
d'ordre profane ; la
communauté des anciens, ou krama desa, est
chargée des affaires religieuses. Bale
agung (place
des princes) et puni (temple)
sont les centres du village. Lorsque ce dernier a quelque importance, il
existe plusieurs banjarqui
élisent un
maire, le perbekel.Le
kepala keluarga des familles possédant des rizières
fait également partie de la subak, la
coopérative d'irrigation.
A
Bali, la religiosité constitue l'autre facteur de la solidarité villageoise.
Toute maison possède son temple familial, en plus de celui
du village, le puni desa, objet
de la sollicitude générale. Il en va de même
du gamelan, dont les instruments appartiennent généralement
à la
communauté.
On
entoure les enfants, qui ne doivent pas toucher le sol, considéré comme
impur, avant l'âge de trois mois, de beaucoup de soins et d'amour.
Il n'existe pas de châtiments corporels et on les empêche de
se disputer. S'ils manifestent des talents chorégraphiques, on ne
recule devant aucun sacrifice pour les faire éduquer par des maîtres.
Régi
par le statut social et la richesse des familles, le mariage obéit à
des coutumes fort diverses. Selon la tradition, ou mapadik,les parents
choisissent les conjoints de leurs enfants. Plus moderne,
l'enlèvement
de la fiancée », ou negerorod,
« indigne
» tout le monde,pendant
que roucoulent les jeunes mariés. On estime peu le célibat, qui
n'assure pas la pérennité de la communauté.
Source
de l'ordre social, l'adat,tradition
orale, à l'origine écrite aussi,
fixe la loi et le droit coutumier. Sa violation peut entraîner l'exclusion
de la communauté.
Astrologues,
sorciers et démons
La
vie et la mort des Balinais, et partiellement aussi des Javanais, est
déterminée par des esprits et des démons, au nombre
de 40 000 selon
les spécialistes.Sans
pouvoir les détruire, l'homme s'efforce de limiter leurs
influences néfastes, et maintenir l'équilibre entre le bien et
le mal, qui coexistent sur terre, en réjouissant les
dieux et en apaisant
les démons à l'aide de danse, de musique, de fleurs ou de sacrifices.
Partout où le besoin se fait sentir, entrée d'un pont ou
carrefour, on place l'effigie d'un kala
ou d'un buta, démon
montrant les
dents, auquel on apporte des sacrifices, et personne ne comprit pourquoi
les Européens construisirent hôtels et bungalows sur la plage,
c'est-à-dire si près des mauvais génies de l'eau.
A
Bali, la lutte contre les démons exige que l'on lime les incisives du
maxillaire supérieur, car seule une denture droite garantit contre la
prodigalité, la paresse, la luxure et d'autres vices. A défaut, personne
ne peut être incinéré, car on ne peut pas se réincarner
si l'on est un démon. Tout
le village se réunit pour cette procédure, assez
désagréable, mais nous vous conseillons de rester discret
et de ne pas oublier que certains c limages
» annoncés publiquement font partie
des spectacles pour touristes. Comme les dents font aussi partie de
l'âme, on enterre leur poussière.
Démons
et esprits jouent également un rôle prépondérant
chez les Torajas
de Sulawesi et les Batacres de Sumatra. Aucun peuple, aucune tribu
ne pratique la conjuration par charlatanerie. Même les chrétiens de
Sumatra ont toujours « leurs » esprits. Les chasseurs de tête suspendent
la tête de l'» ennemi » au faite de leur maison, l'esprit
du mort
en éloigne le mal.
Dans
la minorité chinoise, l'activité des mauvais démons
est plus importante
que celle des dieux et des bons génies. Ils proviennent de morts
qui ont franchi le pas, pauvres ou insatisfaits, aussi porte-t-on sur
les tombes de défunts proches des monceaux de billets d'argent sans
valeur, des menus entiers ou des miniatures d'objets qu'ils affectionnaient.
Petit
riziculteur de Java ou directeur d'une société de Jakarta,
tout le
monde connaît une adresse pour déterminer la date de mariage d'une
fille ou à quel moment battre la concurrence. Et si le devin se trompe
c'est tout simplement que de mauvais esprits s'en sont mêlés !
Sports
et distractions
L'archipel
n'offre pas beaucoup de possibilités de pratiquer un sport,
d'ailleurs les touristes ne viennent généralement pas pour
cela. Il est vrai aussi qu'avec
35° C à l'ombre, on n'éprouve pas tellement l'envie
de se dépenser physiquement. Néanmoins, si vous tenez à vous
détendre quelques jours, il existe, dans le sud de Bali, des plages dotées
du confort américano-européen, comme Sanur et Kuta
Beach, où
l'on peut faire du golf, du tennis, de la voile, du surf, du ski nautique
(très cher) ou de la plongée. Ne vous baignez jamais dans des
eaux inconnues, il y a des courants dangereux, parfois des écueils, certaines
côtes sont infestées de serpents de mer, d'autres polluées. Si
la natation est votre sport favori, prenez toutes informations auprès
du portier de l'hôtel. II
est théoriquement possible d'aller chasser,mais
les préparatifs sont très compliqués.
A
Kuta, et
dans la station voisine de Legian, les boîtes de nuit sont innombrables,
mais autant le dire, la vie nocturne n'est pas trépidante en
Indonésie. Peu d'établissements peuvent rester ouverts après minuit,
les shows n'existent pratiquement qu'à Jakarta, et il ne faut pas
oublier que dans un pays majoritairement islamique, on ne fait
pas d'excès d'alcool. Le théâtre au sens européen
n'existe qu'exceptionnellement
dans les grandes villes, mais nous vous recommandons
les représentations de ballets de Java ou du Ramâyana.
Boire
et manger
Une
visite des « cuisines»
Le
pluriel s'impose : la
diversité gastronomique de l'Indonésie équivaut
presque à sa composition ethnique. Les connaisseurs affirment
que si les Malais sont les meilleurs cuisiniers, les Italiens ou les Suédois,
accommodent leurs spécialités à la perfection. Mais
c'est la cuisine chinoise
de toutes les provinces qui atteint des sommets. Nous vous
conseillons de varier vos expériences et d'éviter autant
que possible la nourriture
dite internationale, ne serait-ce que pour des raisons d'hygiène
: sous les tropiques, il vaut
mieux faire confiance aux
habitudes culinaires des autochtones et s'y adapter.
Les
ingrédients de base peuvent paraître familiers aux Européens du
riz et encore du riz, des crustacés, du poisson, de la viande - boeuf et
volailles dans les régions musulmanes, porc chez les hindouistes -
et légumes : chou, épinards, carottes, céleri, soja,
pommes de terre, manioc, bananes.
La cuisine indonésienne, représentée surtout par des
recettes javanaises et sumatraises, excelle dans les contrastes et les
combinaisons gustatives : aigre
et sucré, épicé et doux, mais utilise le
piment avec plus de sobriété que la cuisine indienne, par
exemple.
Certains
gourmets affirment que de plus en plus de restaurants typiques européanisent
leur cuisine. Parions que vous ne vous en rendrez pas compte mais, pour
être tout à fait sûr de goûter des plats authentiques,
faites confiance aux innombrables cuisines ambulantes appelées warung. Beaucoup
de touristes n'osent pas s'y risquer, et ils
ont bien tort. Faites l'appoint, on y manque souvent de monnaie.
Les
restaurants padang déduisent
de votre addition ce que vous laissez.
On y sert toutes les viandes sauf le porc, interdit aux musulmans,
ainsi que des abats, très appréciés : otak (cervelle), paru paru (mou)
et usus (boyaux)
sont cependant servis à part. L'une de leurs
grandes spécialités est le rendang,bceuf
cuit presque toute une journée
avec du piment et de la noix de coco râpée.
Typiquement
indonésienne aussi, est la cuisson à l'étouffée
de viandes avec des
feuilles de palmier et de bananier. Les krupuk, à base
de farine de riz ou de pâte de manioc assaisonnée de pâte
de poisson ou de crustacés
et servis chauds, servent de succédané de pain.
La cuisine change d'île à île. Java ne connaît
pas le porc, l'est de l'île
épice plus que le centre ; les
îles orientales travaillent énormément
la farine de tapioca (cassava) et
le sago. Le nord de Sumatra raffole du chien (daging
anjing). De
nombreux Batacres élèvent
une race bien précise et ne cachent pas non plus qu'ils apprécient
une variété de souris sylvestre.
Les
Indonésiens, même cultivés, mangent avec les doigts,
mais on présente
aux touristes un couvert, c'est-à-dire une cuillère et une fourchette
pour remplir la cuillère. Comme la nourriture est coupée menu,
on n'utilise pas de couteau.
Les
restaurants chinois
Leur
prospérité incite les Chinois à aller au restaurant,
aussi trouvet-on
plus de restaurants chinois qu'indonésiens. La présence de
viande de porc en éloigne
les musulmans. Les cuisines les plus représentées sont
celles de Canton, Shanghai, Pékin et Swatow. Elles utilisentabsolument
de tout, coupé en petits morceaux, ce qui facilite l'ingestion
à l'aide de baguettes, et cuit rapidement, ce qui conserve les
vitamines. II faut savoir qu'on
ne mange que la peau croustillante du
canard à la pékinoise, que le garçon sert d'abord
les messieurs et que l'on
porte son bol de soupe ou de riz à la bouche sans choquer personne.
Par contre, on ne reste pas à table, après le repas, pour
boire quelques verres.
Petit
glossaire à la carte
Tout
d'abord, l'explication d'un terme fréquent :santan.
Ils'agit de
lait de coco utilisé pour la cuisson des viandes et des légumes.
Plats
sambal
Poissons
ou viandes préparés dans l'huile d'arachide, le santan et le
piment.
Sambal
goreng hati ajam : foie
de volailles ; goreng
udang crevettes
frites et épicées ; goreng
tempe : gâteau
de fèves de soja aux crevettes ; goreng
kedele : potée
de fèves de soja au gingembre ; goreng
kempang kubis : chou-fleur
très épicé ; goreng
dadar : omelette au
piment.
Soupes
Elles
s'inspirent toutes des cuisines chinoise et européenne.
Sap
ekor sapi: soupe
douce à la queue de boeuf; selada
babi: soupe
de légumes aigre-douce au porc ; kangkung :au
cresson, gingembre, poulet
ou boeuf ; udang : aux
crevettes et au gingembre ; kempang
kubis : bouillon
de poule aux nouilles et au chou-fleur ; ajam
: soupe de volaille
aux nouilles.
OEufs
OEufs
de cane et de poule jouent un grand rôle ;
une portion d'omelette suffit souvent pour 2 personnes.
Dadar
otak : omelette
à la cervelle ; dadar
isi istimewa : omelette aigre-douce
farcie de viande de boeuf et de piment ; dadar
isi djawa omelette
farcie à la viande, à la Java ; telur
asin : oeufs
de cane cuits dans l'eau
très salée. (Il ne faut manger que des oeufs de cane durs, en
raison des risques de salmonellose.)
Saté
ou satey
Ces
brochettes, populaires dans toute l'Indonésie, sinon dans tout le
Sud-Est asiatique, existent en multiples variations viande, poisson, crustacés,
volailles, dont les meilleures se trouvent chez les tukang salequi
transportent leur gril au charbon de bois de carrefour en carrefour, accompagnées
d'une sauce de farine de cacahuètes et de sambal (piment)
ou de sauce au soja. Cette dernière s'appelle ketjap, terme
malais qui peut prêter à confusion, puisqu'il a légèrement changé
de sens en passant à l'anglais sous la forme ketchup
!
Sale
istimewa : rumsteak
aux oignons ; ayam : poulet; madura
rumsteak
au piment ; ayam
djawa : poulet
mariné, une spécialité javanaise ; bermocam
macam : au
moins quatre viandes diverses ; manis : boeuf
mariné aigre-doux ; hati
sapi : foie
et coeur de beeuf au piment
rouge ;kambing : mouton
mariné dans une sauce au soja ; hati
ayam : foie de volaille ; babi : porc
au piment rouge ou vert. Légumes
Si
un plat porte la mention sajur,
il est
cuit au santan.
Sajur
menir : haricots
verts, tomates, maïs, épinards ; sajur
keri haricots, chou
blanc et chou-fleur, poivrons, pommes de terre avec une
viande ; sajur
babi : chou
blanc, crevettes et porc ; sajur
buntjis potée de haricots à la viande et
beaucoup de piment ; sajur
lodeh aubergines et
légumes variés ; sajur
oblok : poisson
fumé au chou et aux
aubergines ;sajur gudek
: salsifis et poivrons
au bceuf ; sajur asam
istimewa : potée
de légumes aigre au hachis et aux cacahuètes; gado-gado
djawa : divers
légumes légèrement cuits, crevettes, cacahuètes,
pommes de terre, arrosés de sauce de cacahuètes ; petjelchou
et chou-fleur, germes de haricots, pommes de terre et sauce piquante aux
cacahuètes ; gulai manis
kangkung : poivrons,
gingembre et cresson cuit
au santan ; urap-urap : divers
légumes à la noix .y de
coco ; selada indonesia : piment,
chou, concombre, cacahuètes, pommes
de terre et oeufs ; selada
ikan : salade
de poisson au concombre ; cap-cay
goreng : légumes
sautés au poulet ou au boeuf ; kasawi
: légumes variés
aux veufs et à la viande ; bami
goreng potée de chou, de céleri, de germes
de haricots, de nouilles, de crevettes
et de viande.
Plats
de riz (nasi)
Le
riz peut être blanc, rouge ou noir, à grains longs ou courts,
frit ou
cuit, et servi comme plat ou comme accompagnement.
Nasi
kuning : riz
au junjit et à la noix de coco ; goreng
: riz
frit aux
crevettes, aux légumes et au
sambal ;uduk . riz
piquant au poulet rôti
et aux légumes : megono : riz
au poulet, légumes, champignons,
cacahuètes et santan ; goreng
istimewa : riz
frit à la viande,
aux crevettes, aux légumes, avec un oeuf sur le plat.
Poissons
et crustacés
Des
eaux très poissonneuses font jouer un
grand rôle aux fruits de mer
dans l'alimentation indonésienne. On
ne les trouve pas seulement sur les côtes mais, séchés
ou fumés, ils
font l'objet, à l'intérieur des terres,
de préparations qui ne les distinguent pas des produits frais.
Ikan
ketjap filets
de poisson à la sauce de soja ;ikan
santan filets
de poisson au piment rouge cuits
à l'étouffée ; ikan
bumbu Bali : poisson
frit à la sauce au piment et au tamarin ; ikan
pepes poisson
sauté à la noix de coco, pâte de piment, tamarin, avec
des variantes
régionales ; perkedel
kepiting djawa : pâté
de crabe.
Volaille
Ayam
panggang : poulet
grillé ; ayam
ketjap : poulet
cuit à la sauce
de soja ; ayam
santan : poulet
cuit à l'étuvée dans le lait de coco ;ayam
pelas : poulet à la sauce de crevettes piquante ; ayam surabaja: poulet
piquant aux neufs durs ; soto
ayam : soupe de
poule épicée
aux légumes ; semur
ayam : poulet
rôti à la sauce de soja douce ;bebek
panggang : canard
grillé.
Viandes
Si
poisson et volailles sont fréquents, on ne trouve, à Java,
de porc que
chez les Chinois et peu de boeuf à Bali.
Perkedel
kubis . roulades
au chou épicées ;
besengek daging : viande épicée
au santan ; perkedel
java : boulettes
de viande à la javanaise ; soto
daging : boeuf
cuit au céleri et aux poireaux ; dendeng
ketjap boeuf mariné
dans la sauce au soja puis séché ; empal
djawa : boeuf au
piment à la javanaise; kalobak : viandes
diverses aux oeufs, concombre,
carottes et crème fraîche ; rusuk
babi : côtelettes
de porc ; semer
ginjal : rognons à l'étuvée aigre-doux
; daging keri curry
de veau ; babi
ketjap : porc à
la sauce de soja ; semur
hati foie au jambon.
Pour
le dessert, puddings et
gâteaux
Au
dessert, on mange généralement que
des fruits, mais on a adapté de nombreuses recettes de desserts européens.
Inti
kacang : crème
de cacahuètes ; inti
badam k--ring : dessert aux
amandes ; podeng
hitam : pudding
au café ; sans
panili : crème à
la vanille ou pudding ; roti
kukus : gâteau
au santan ; ketan gâteau
de riz (au santan et au sirop) ; lontong : riz
sucré aux feuilles de
bananier.
II existe
divers desserts au riz avec des
cacahuètes et des oeufs, préparés
comme un porridge, et
de nombreuses soupes sucrées et crèmes
glacées à base de litchis ou de durions.
Coup
d'oeil dans les caves
La
rareté du vin n'est pas dû à la présence musulmane,
mais au climat : il
n'existe pas de vignes. Comme on connaît mal
les questions de
conservation et de service, délaissez le
vin d'importation et buvez de
la bière, idéale, par sa lègèreté et
son amertume, contre la soif. Mais
le moyen le plus économique de
calmer celle-ci est le lait de coco
et les jus de` fruits frais. Vous
trouverez partout vos alcools préférés,
mais il faudra y mettre le
prix, sauf aux happy
hours des bars
d'hôtel (17 -19
h 30 ; 50
% de réduction).
Achats
et souvenirs
Dans
les magasins où les prix figurent en
vitrine, vous trouverez "' généralement
des produits de qualité,mais
sans aucune chance de marchander.
Sinon, que ce soit dans les boutiques de luxe, les bazars ou les stands
de souvenirs, vous pouvez
exercer vos talents. Les
marchands repèrent facilement les débutants,
aussi consacrez votre première
semaine à observer plutôt qu'à
acheter. Méfiez-vous des recommandations
trop pressantes, des rabatteurs et
des endroits bondés
où l'on tente de vous « coincer ». Votre
agence de voyages ou le
portier de l'hôtel sauront vous guider.
Et n'oubliez pas que vous ne
retrouverez sans doute pas
le marchand ambulant chez lequel vous
souhaitez changer un article qui ne vous convient pas. Les touristes
pressés devraient s'en tenir aux boutiques des hôtels et aux centres
commerciaux ; ils
ne pratiquent pas les meilleurs prix, mais donneront
le plus de satisfaction.
Bijoux
et pierres précieuses
Ils
viennent surtout de Thaïlande et de Singapour, et leur prix est relativement
avantageux. Pour placer de l'argent, n'achetez pas des pierres
brutes, la taille et la monture de même que le titre de l'or, ne correspondent
pas aux normes européennes. Remarquez le très beau travail
des bracelets, bagues et miniatures en argent filigrané de Kota
Gede, au centre de Java, et de Kendari, au sud de Sulawesi.
Le
Japon inonde l'Indonésie, comme toute l'Asie, de montres à quartz ; les Tissot ou
les Omega au
prix dérisoire sont bien sûr fausses.
Sculptures
sur bois
Masques
et marionnettes sont fabriqués en quantités massives pour le
tourisme et ne valent pas cher à tous les sens du terme :
des pièces authentiques
ne se trouvent que chez les antiquaires et se payent au prix
fort.
Bien
qu'ils produisent eux aussi en série, les artistes balinais se signalent
par leur qualité, surtout ceux de la localité de Mas. On travaille
surtout trois sortes de bois : l'ébène
noir, le sawo blanc et le tek brun. Le talent de l'artiste
prime sur la qualité du bois ou les imensions
de l'oeuvre. Attention, les bois jeunes travaillent e peuvent se fendiller
sous l'influence du climat européen. Prenez vota temps
pour marchander (au moins 40 %).
Batik
et soie
Le
batik est l'une des spécialités de l'Indonésie, et
surtout de Java. Les
cotonnades et soieries sont aujourd'hui teintées industriellement mais
selon les motifs traditionnels. Pour l'achat d'un sarong, ampli et
confortable, ou d'un service de table, n'hésitez pas à dépense quelques
rupiahs supplémentaires pour une meilleure qualité.
Les
soieries, originaires de tous les pays d'Asie, se vendent surtout dans
les boutiques spécialisées et les grands magasins. Les goût s'adaptent
à la clientèle locale et plaisent rarement aux Européens, mis
à part les brocarts.
Cuirs
et personnages de wayang
On
trouve partout des cuirs de toute qualité, mais rarement des accessoires
comme des sacs ou des ceintures de bon goût. Les articles sont
importés donc chers. Évitez le crocodile, l'Asie produit
ces imitations
difficilement reconnaissables par le profane. Le style, d'ailleurs, reste
celui des années soixante-dix. Seule exception : les chaussures
de dames, très élégantes, fabriquées dan§
des usines à direction
européenne (à propos de chaussures, mais pas de cuir, on trouve
dans les grandes villes d'excellentes bottes en caoutchouc).
Les
figures du wayang-kulit, en
peau de buffle diaphane, très expressives, constituent un excellent
souvenir d'Indonésie. Les différences résultent
de la qualité de leur peinture.
Peinture
La
peinture joue un grand rôle dans deux domaines qu'il ne faut pas
confondre : l'art
et l'artisanat d'art,ce dernier
correspondant souvent au
goût des touristes - exécutés
fréquemment par les mêmes artistes.
Nous vous conseillons d'éviter la production à la chaîne vendue
dans les magasinsde
souvenirs et de vous intéresser aux oeuvres
élaborées dans deux « citadelles » artistiques : Ubud,
à Bali, et Yogyakarta, à Java (dans cette dernière,
voyez les galeries Saptohoedojo et Affandi). Au
début des années trente, une peinture évoquant,
avec une fantaisie débordante des figures mystiques, humaines, animales
ou botaniques, attira l'attention du monde entier. Si,
à l'origine, les sujets furent exclusivement religieux, des artistes, comme
le célèbre Jda Bagus Rai, découvrirent le «
quotidien » et s'orientèrent vers un réalisme
original, et, dans les années cinquante, l'école
des « jeunes artistes » sut combiner adroitement des techniques et
des thématiques européennes avec la tradition culturelle
de leur pays.
Les
antiquités et celles qui n'en sont pas
Le
faux et l'authentique se trouvent en quantités égales, et
aux mêmes prix, qui ne cessent
de grimper. Des brocarts chinois aux faïences
de Delft et des monnaies de tous les pays du monde aux armes
et aux objets cultuels indonésiens ; l'éventail
est immense, comme vous
pouvez vous en rendre compte dans Jalan Surabaya à Jakarta,
dans les rues au sud et au sud-ouest de Kraton et au pasar Beringharjo
de Yogyakarta, ou encore dans Jalan Surapati à Denpasar. Seules
les grandes maisons, qui ont des succursales ou des galeries d'exposition
dans les hôtels, délivrent des certificats d'authenticité. L'Extrême-Orient
excelle dans l'art du faux : le kriss « d'un prince du XVe
s. » n'a que quelques mois d'existence, la précieuse miniature
en ivoire est en réalité
de l'os de buffle et maints bijoux « anciens » n'ont de
l'or que la couleur.
Sumatra
qualifiée
souvent d'Afrique de l'Asie du Sud-Est en raison
de ses superbes paysages de jungles impénétrables, de
savanes, d'immenses lacs, de montagnes, de fleuves, où les surfaces
cultivées sont relativement restreintes, l'île
est la cinquième du monde et la deuxième de l'Indonésie, dont
elle représente 25 % de la superficie totale, mais possède
la plupart
des richesses naturelles. Elle mesure 1 760 km des pointes nord-ouest
à sud-est et environ 400 km dans sa plus grande largeur.
La densité de population est de 50 au km2, contre
632 à Java.
Le
réseau des communications n'est pas très dense ; la
plupart des routes se trouvent
au sud, les marécages et les mangroves qui
recouvrent d'immenses territoires au nord-est des montagnes centrales
restant en grande partie inexplorés. Il existe 93 volcans dont
12 en activité. L'île culmine au Kerinci, avec
3 812 m d'altitude. IIfaut
deux jours et deux nuits de voiture pour,aller de Banda
Aceh, au nord-ouest, à Telukbetung,
au sud-est.
Le
voyage montre les multiples visages de Sumatra : plantations à
l'infini, forêt vierge où les arbres atteignent 60 m, plaines
et montagnes aux sommets
sans noms. Malgré sa mise en valeur, l'île
reste largement préservée. Son histoire est l'une des plus intéressantes
de l'archipel. Le travail missionnaire peut porter des
fruits s'il s'accompagne de tolérance : dans
la jungle du nord, on trouve
des communautés protestantes et, dans les régions côtières
isolées, les rites musulmans des Acehnais n'ont pas varié
depuis cinq siècles. Les régions aménagées
pour le tourisme sont Banda
Aceh, Medan, le lac Toba ainsi que Padang et Palembang.
Coup
d'oeil sur l'histoire
L'île
n'apparaît sur la scène historique
qu'au Ve s. apr. J.-C. A
l'époque, elle payait tribut à la Chine. D'importantes
puissances maritimes existaient
à Jambi et Palembang au
Vile s.Le
royaume de Çrivijaya étendait
son influence jusqu'en Malaisie
et à Taiwan vers 650. Au XIIIe, naquirent
de nombreuses villes-États, puis Sumatra perdit sa prépondérance
au profit de Java. L'influence
culturelle et politique de l'Inde
dura jusqu'au XVIe s.
Les
Batacres
Ils
appartiennent au groupe des Proto-Malais
et occupent le nord et l'est
de Sumatra. On distingue deux groupes
importants : les
Karos et les Tobas. Convertis
au christianisme, ces derniers
n'en conservent pas moins
des pratiques animistes, tout comme
les Mandailling musulmans au
sud du lac Toba.
Tondi, l'âme,
la force vitale, régit la
vie des Batacres de toute religion.
Cette
force habite en chacun, elle peut
voyager pendant le sommeil et établir le contact avec
autrui, résider dans une
amulette ou une imprécation,
à bon ou mauvais escient. On
pense qu'elle est particulièrement
efficace dans lechien, aussi en
consomme-t-on la viande avec délice.
Dispensatrice de tout bonheur,
elle exerce encore son pouvoir dans
les bâtonnets magiques et les figures
des ancêtres, qui jouent toujours
un grand rôle dans la vie quotidienne.
Les
villages sont ceints d'un mur de
pierre, de fossés profonds et d'un
fourré de bambous. Devant la maison du chef, on trouve une aire de
réunion, avec des tables et des sièges
en pierre, dont quelques-uns sont
toujours réservés aux esprits et
aux ancêtres défunts. On peut en voir
un superbe exemple à Ambarita,
sur l'île de Samosir.
Les
habitations sont construites sur pilotis, l'espace au sol constituant
une sorte d'étable en plein vent.
Une trappe permet d'entrer ans
le logement, mesurant 22 à 24
m2,où plusieurs
générations d'une même famille vivent selon un système
patriarcal, sauf les célibataires et les veufs, qui
habitent dans les maisons des hommes
ou des femmes. Parmi les
15 ou 20 maisons d'un village,
se distinguent celle du chef
ainsi que l'entrepôt, décorés de peintures et des sculptures
sur bois. II n'y
a que de rares et petites ouvertures et la construction, très soignée,
ne fait recours ni aux vis, ni
aux clous. Hélas, signe des temps, la
tôle ondulée remplace de plus en plus le chaume
des toits en bâtière.
Les
Minangkabaus
Contrairement
aux Batacres, les Minangkabaus
vivent dans une société
strictement matriarcale. La propriété
appartient à la femme, c'est
elle qui transmet l'héritage. C'est
le mari qui vient rejoindre son épouse,
dans la grande famille de cette
dernière, dont le chef est marna, le
frère de la mère.
Leurs
maisons sur pilotis, assez grandes,
imitent, paraît-il, la forme de
la corne des buffles d'eau. Chacune
d'elles est flanquée d'une petite construction
où l'on garde les provisions. La plupart des Minangkabaus sont
des paysans cultivant le riz, le tabac,
des fruits et des légumes. Ils passent
aussi pour de remarquables artisans
(d'art).
Medan
(950 000 hab)
La
capitale de Sumatra n'était qu'un
petit village lorsque, sous le sultan Mahmud PerkasaAlam (1857-92),
le tabac et le caoutchouc provoquèrent
le prodigieux essor économique
de la région. Expropriées
lors de la décolonisation, Goodyearet
les autres grandes sociétés peuvent à nouveau exploiter
leurs plantations. La ville
offre peu de richesses
touristiques, mais la présence de 13 consulats témoignent
de son important rôle commercial. Situé à 26 km, son
port, Belawan,
est l'un des plus actifs du pays. Il emploie
3 500 personnes. Construite
selon des critères modernes et rationnels,
Medan possède de superbes magasins et fascine par sa diversité
ethnique, égalée seulement par Jakarta : Chinois,
Arabes, Sikhs, Acehnais, Batacres, Minangkabaus, Malais,
Européens s'y activent en une joyeuse confusion, les petites mosquées
cohabitent paisiblement avec les églises et les temples. On peut
y faire un petit séjour pour explorer
le nord de Sumatra, et faire provision
de souvenirs typiques au Kesawan
shopping centre.
Curiosités
Mosquée
Raya ou grande mosquée : construite
au XVIe s. à l'aide de
pierres granitiques provenant de différents
temples bouddhiques et hindouistes détruits à
l'époque.
Fort
Medan : le premier fort hollandais,
construit en 1873.
Palais
Maimoon : construit
en 1888 pour le sultan
de Deli, il intéressera plus
les photographes que les historiens.
Zoo
de Margasatwa, à 4 km de la ville; il
n'est pas très grand, mais bien
pourvu (ouvert de 9 à 17 h).
Prapat
(19 000 hab)
Sur
le haut plateau du nord de Sumatra,
Prapat est le centre touristique
du pays des Batacres, au bord du
lac Toba, sans conteste l'un des plus
beaux du monde. Mesurant 50
km de long et 800 km2de
superficie, il est aussi l'un des plus profonds :450
m. L'île très allongée de Samosir occupe le centre
du lac. Son climat agréable
a fait de Prapat l'un des
centres de villégiature préféré
des Indonésiens. Parmi les nombreuses
villes, on peut admirer celle de l'ex-président Sukarno.
L’ile
de samosir
Sauf
à midi, lorsque débarquent des escouades de touristes européens et américains, Samosir (630
kma) est une oasis de tranquillité.
Il faut néanmoins s'y passer du confort,
de l'électricité et de routes bien
aménagées où, de toute façon, ne
circulent presque pas de voitures et
peu de motocyclettes. On peut y résider
dans des losmen (pensions) simples
et bon marché. Parmi une douzaine
de villages, ne manquez pas
Tomok, Ambarita et Simanindo ; sur
leurs marchés, se pratique encore
le troc.
Il faut
30 mn de bateau pour rejoindre
Tomok ou Ambarita au départ
de Prapat, d'où l'on peut faire
aussi le tour de l'lie en une heure. Les horaires sont incertains, nous
sommes en Asie !
Tomok
En face de Prapat,
à 9 km à vol
d'oiseau, Tomok est un antique village
batacre, pittoresque et romantique
si l'on excepte la tôle ondulée
sur les toits ! Il tire
sa célébrité
des tombes royales de la famille
Sidabutar, que l'on atteint au bout d'une interminable allée de boutiques
de souvenirs. Ne négligez pas
ces dernières, on peut y trouver de
beaux bijoux anciens en argent, des
copies de Depatu
idup (figurines d'ancêtres
en bois sculpté), des calendriers
rituels et autres antiquités.
Le
mausolée se trouve sur une colline, sous d'immenses hararias. Autour
d'un imposant sarcophage, recouvert de mousse, qui aurait plus de
trois siècles, s'éparpillent les modestes
tombes de rois christianisés, portant une modeste croix et l'un
d'entre eux une curieuse maison
en miniature.
Sur
le sarcophage, une- statue féminine
fait l'objet d'une histoire sentimentale à souhait : Antimaleila,
une ravissante jeune fille, était la maîtresse du roi qui
ne voulait pas l'épouser.
Lorsque, après des années,
il s'y résolut, elle ne voulut plus. Apprenant que son
seigneur et maître, également
magicien, s'apprêtait
à la tuer « spirituellement », Antimaleila
se suicida. Pris de remords,
le roi fit statufier la jeune fille
sur sa tombe, pour témoigner de
son amour. Les tombes sont vénérées par
les insulaires à l'égal d'un sanctuaire. Les touristes négligent
généralement un groupe d'antiques
statues qui s'élèvent dans une
clairière, de l'autre côté du chemin,
et dont personne ne connaît
l'origine.
Près
de l'embarcadère, de petites auberges
servent d'excellents repas à
prix modéré.
Ambarita
Au
nord-est de l'île, à 13 km de Prapat,
Ambarita conserve un vieux village
royal. Les maisons au toit arqué,
disposées en enfilade, possèdent
encore, en partie, leur escalier monolithique.
Sur la place de réunion, on voit
les sièges de pierre, réservés au roi, aux nobles
et aux ancêtres défunts.
Près
de l'entrée du village,
à 50 m du chemin,
se trouve, derrière un épais taillis,
l'ancien tribunal. La pierre
allongée servait à l'exécution des meurtriers, voleurs
récidivistes et époux adultères. Pour
conjurer le fait qu'ils avaient rompu l'harmonie générale,
on consommait certaines parties
de leur corps. La dernière «
cérémonie » aurait eu lieu en 1900.
Ambarita
ne dispose pas de grandes
ressources hôtelières ou gastronomiques,
mais on peut y manger agréablement
dans de petites auberges
et s'y loger pour quelques dollars.
Les amateurs peuvent y goûter de
la viande de chien.
Bukittinggi
nsoleillé
en fait une station très fréquentée.
Comme nous sommes au coeur du
pays n-dnangkabau,
beaucoup de fonctions
traditionnelles masculines sont
assumées par des femmes.
A
l'époque hollandaise, le fort de Kok
était l'un des plus importants ouvrages
défensifs de l'ouest de Sumatra.
Aujourd'hui, la ville se voue
plus paisiblement au commerce,
et les échoppes du marché envahissent
ses nombreux escaliers. On y
trouve de belles choses anciennes et
un artisanat remarquable à des prix
dérisoires.
Curiosités
Musée
de Bukittinggi intéressantes collections d'armes, de vêtements
et d'objets cultuels des Minangkabaus ;
ouverture irrégulière.
Zoo, sur
le Bukit Malambung intéressante
vue d'ensemble sur la faune
de Sumatra.
Aux
environs
Bukittinggi
est situé dans un paysage
délicieux de collines, de lacs, de
forêts et de rizières en terrasses. Au
village de Kota Gadang travaillent
des orfèvres et des brodeuses, à
Pandai Sikat les
sculpteurs sur bois,
autour des lacs Danau
Singarak et Danau
Maninjau, des
chemins permettent de découvrir une faune et une flore extraordinaires. Au
nord de la ville, se trouve aussi le
canyon de Ngarai
Sianok.
Padang
(220 000 hab)
Très
étendue, la troisième ville de
Sumatra est un important port de
commerce. A part les superbes plages
au sud, Padang n'offre pas beaucoup
d'intérêt pour ses rares touristes,
sauf si l'on a la chance de
pouvoir assister à un
spectacle de danses folkloriques
minangkabau à l'académie
Seni Kera. Mais on peut
faire de belles excursions vers les
montagnes et les lacs des alentours.
Les
ressources de la région
Autour
des sommets du Gunung Merapi (2
890 m)
et du Gunung Singgalang
(2 880 m),
la nature reste vierge
: les orchidées sauvages s'y
épanouissent,
ainsi que les tigres. Solok est
entouré de rizières en
terrasses et de bois de palmiers. Les
imposantes ruines de Muara Takus datent
des XIe et XIle s. L'influence birmane est manifeste.
Palembang
(640 000 hab)
Capitale
et centre économique du sud de Sumatra, Palembang est une ville
portuaire qui ne se trouve pas au
bord de la mer. Les bateaux (jusqu'à
10 000 tonneaux), qui la relient
au vaste monde, remontent sur 200 km
le fleuve Musi, au milieu des
marécages et des mangroves, que
l'on retrouve jusque dans certains
quartiers de la ville, habités en
majorité par des musulmans.
Aux
maisons et aux marchés flottants,
au romantisme des habitations
sur pilotis, répond la technique d'une
ville industrielle.
Palembang
est la ville pétrolière de l'Indonésie, au point que
certains l'appellent
« Pertamina City », du nom
de la compagnie des pétroles nationale.
Coup
d'oeil sur l'histoire
Au
Vile s., le bouddhisme pénétra à
Sumatra par Palembang. Jusqu'au XIIe
s., la ville fut la capitale du royaume
Çrivijaya, et son importance économique fut immense :jusqu'à
1000 bateaux y jetaient l'ancre.
Arabes, Perses, Indiens, Grecs et Chinois envahissaient ce c marché
de l'Asie ». Puis, le royaume Çrivijaya tomba en décadence,
éclata
en huit petits États ; Palembang
tomba alors dans un long sommeil dont
elle ne sort qu'aujourd'hui.
Curiosités
Musée
Bumah Bari : de
dimensions réduites, il n'en contient pas moins d'inestimables
trésors.
Pasae
Mr : le
quartier chinois, où l'on
peut acheter tout, ou presque tout.
Sibolga
Il ne
reste pratiquement rien de la
splendeur de Sibolga, florissante ville
du commerce des épices il y a à
peine un siècle. Les méthodes commerciales
modernes et les dimensions
des bateaux modernes l'ont
réduite au rang d'une petite bourgade
de pêcheurs, sale et écrasée
de chaleur. Les seuls touristes qui
y font escale, se rendent de Medan
au lac Toba.
L’ile
de nias
Parmi
la demi-douzaine d'îles au large
de la côte sud-ouest de Sumatra,
Nias est la plus intéressante en raison
de sa civilisation. On ne peut s'y
rendre qu'en avion, à partir
de Medan, ou en bateau, de Padang
ou Sibolga. Il n'existe
que deux ou trois liaisons par mois avec Padang, aussi la
plupart des touristes prennent-ils,
à Sibolga, un ferry qui, une ou
deux fois par semaine (horaires irréguliers),
dessert Teluk Dalam ou Gunungsitoli.
Mais malgré l'incommodité
du voyage, ne manquez pas Nias.
Sur
cette île de 128 km sur 50, ne
vivent que 150 000 personnes, presque
tous des Nias, quasi inconnus
par les Blancs jusqu'à la fin du siècle
dernier. Guerriers, chasseurs de
tête et marchands d'esclaves, leur
origine est inconnue et certaines
de leurs moeurs ne se retrouvent qu'à
Madagascar, d'autres seulement
dans les hautes vallées del'Himalaya ! Certains
ethnologues pensant qu'ils vinrent des vallées de
Khasi, en Assam, vers 3000 avant J.-C.
Leur
culture reste largement mégalithique.
La pierre sert à construire
les maisons, les escaliers, à confectionner
des outils et, autrefois, même
des pièces de monnaie. Les villages,
situés en hauteur et accessibles
généralement par un seul et
interminable escalier de pierre, alignent
leurs maisons quadrangulaires
le long d'une rue pavée. Dans chacun d'eux, des bancs,
également de pierre, sont destinés aux ancêtres.
Nias
est connue pour ses sculptures
phalliques. Un monument lithique
honore tout défunt d'un certain rang.
Seules
les danses exécutées devant
les touristes (contre rétribution,
bien sur) évoquent le passé guerrier
des Nias. Quelques centaines
d'hommes armés de javelots et de
boucliers, aux peintures époustouflantes
et aux costumes chamar
rés
composent un tableau des plus exotiques, pour la plus grande joie des
photographes.
Nias
offre une autre curiosité, sans
doute unique au monde : le saut,
par-dessus une pierre qui atteint
près de 2 m de haut, exécuté par la jeunesse
de Lutawau et
d'autres
villages comme Bawamataluo, particulièrement
beau. La coutume remonte
à l'entraînement auquel on soumettait
autrefois les jeunes pour sauter
les palissades des villages ennemis
que l'on projetait d'envahir.
Les pierres étaient hérissées alors
de pointes de javelots et de bambous.
Le spectacle le plus impressionnant
a lieu à Hillisimaetano, mais une foule
de vendeurs de tous
âges harcèle les touristes, qui n'ont
plus qu'une envie, prendre les
jambes à leur cou !
La
côte sud et sud-est de Nias possède
de superbes plages, mais requins
et serpents de mer venimeux y rendent la baignade dangereuse.
Il faut aller sur la côte ouest, à Lagundi par
exemple, pour pouvoirnager
en toute sécurité.
Les
Nias cultivent surtout le riz, le yam et le sago. Sous leurs maisons,
ils élèvent volailles et porcs, qui sont une sorte de symbole
social et
que l'on ne tue qu'à l'occasion des grandes fêtes. Le prestige
de leur
propriétaire est proportionnel au
nombre d'animaux sacrifiés.
On
trouve partout de vieux villages,
parfois abandonnés, avec de belles
places et de nombreux monuments
de pierre. A proximité de Gunungsitoli,
il reste
des agglomérations
de maisons ovales, typiques du
nord.
Java
le détroit
de la Sonde, large de 12 km, qui sépare Sumatra de
Java, forme un fossé entre deux univers. D'un côté,
des montagnes et des forêts inexplorées, de l'autre une île
de 1 000 km de long qui possède la densité de population la
plus élevée du monde. Dans certaines régions vivent
jusqu'à 600
personnes par km2.
Les
Javanais occupent le centre et l'est, les Sundanais l'ouest de
l'île. Parmi les autres ethnies intéressantes, citons les
Tenggerais
de la région de Bromo et les Madurais de l'île de Madura. Une
cohabitation étroite a engendré des relations sociales subtiles et
agréables.
Si
les touristes ne quittent pas volontiers Java, les autochtones s'y
résignent encore moins. Malgrédes
offres séduisantes, les efforts
du gouvernement pour inciter les gens à s'installer dans des
îles moins surpeuplées comme Sumatra, Bornéo ou la
NouvelleGuinée occidentale
ne furent pas couronnés de succès.
La
beauté de l'île est quasi opulente. La capacité d'assimiler l'influence
étrangère est aussi ancienne que son histoire. L'hindouisme,
le bouddhisme et l'islamont
façonné la vie et la civilisation
d'une façon presque aussi indélébile que les volcans
déterminent le paysage. On imagine difficilement la variété
des paysages javanais avant de les connaître. Les volcans, justement, où
la gelée n'est pas rare, des mangroves et des jungles presque impénétrables
où subsistent même quelques tigres, plateaux pelés, terrasses
couvertes de rizières, savanes, lacs de cratères et plantations
d'épices. Un séjour de vacances standard ne suffit nullement
à en explorer les richesses.
Coup
d'śil sur
l'histoire
Lien
entre les lies et le continent, Java
fut toujours très tolérante et ne
ferma jamais ses frontières à personne.
Des historiens chinois des premiers
siècles apr. J.-C. nous
apprennent que l'hindouisme
imprégnait déjà
toute l'île. La pensée de
Bouddha s'introduisit lentement, mais sûrement, et les deux religions s'enrichirent
mutuellement. Avec l'extension
du commerce apparurent
les Arabes, qui profitèrent des dissensions
entre les nombreux princes
de l'fle pour s'implanter économiquement
et répandre l'enseignement
de Mahomet. Bien que la
chute du royaume Majapahit laissât
le champ libre à l'islâm, celuici
ne put pas non plus devenir prépondérant.
On honore toujours les
héros de l'époque Majapahit et l'organisation
villageoise obéit encoreà
l'adat, le droit coutumier ancestral.
Lorsque les Hollandaisarrivèrent
dans l'archipel, la puissance de Java
était déjà battue en brèche et l'île
ne retrouva sa prépondérance qu'après
l'indépendance. Dans les premiers
temps, tous les emplois publics
étaient tenus par des Javanais
mais, aujourd'hui, on veille à ne
favoriser aucune ethnie.
Jakarta
(env 7,5 millions d’hab)
La
capitale de l'Indonésie occupe une
superficie de 70 x 30 km. On peut
difficilement estimer le chiffre de
sa population, tant sont nombreux
ceux qui y arrivent quotidiennement pour y chercher du travail (souvent
en vain). Jakarta est le siège
du pouvoir politique et économique, des académies et
universités, de l'édition,
du cinéma, des banques
et des grandes sociétés industrielles,
de 30 % des journaux du
pays, la porte de l'Indonésie sur le
monde.
L'Orient
et l'Occident s'y heurtent
et sont bien obligés de fusionner.
Aussi les contrastes sont-ils violents : hôtels
de luxe et tours jouxtent
des quartiers misérables comme
on ne les imagine qu'en Asie.
Dans les larges avenues modernes,
une circulation infernale fait oublier
que seules 6 personnes sur 10 trouvent du travail. La tradition côtoie
la technique de pointe. Tous les
problèmes de l'Indonésie s'exacerbent
à Jakarta qui compte 41 % des
intellectuels du pays, mais aussi le plus fort taux d'analphabétisme.
Malgré sa fébrilité, la ville ne manque
pas d'atouts et mérite qu'on l'explore.
Cela vaut la peine de déambuler
dans la vieille Batavia ou
d'observer les gens lorsqu'ils passent
le week-end à
Ancol, au bord
de la mer.
Incursion
dans le passé
Dès
le Ve s. existait, près de l'embouchure du fleuve Ciliwung,
une bourgade du nom de Sunda Kelapa, mais
la véritable date de naissance de
Jakarta est le 22 juin 1527, lorsque
le roi .de Demak, premier souverain
musulman de Java, conquit
Sunda Kelapa et lui donna le nom
de Jayakarta. En 1611, fut érigé,
à proximité, le fort hollandais de
Nassau. Les troubles qui naquirent
alors entre princes rivaux et puissances
coloniales concurrentes ne
cessèrent que lorsque les Hollandais parvinrent à évincer
définitivement les Anglais. La ville et le port reçurent
en 1619 le nom de Batavia, et
devinrent rapidement un important
centre de commerce. La ville s'étenditplutôt
vers l'intérieur qu'en
bord de mer, pour échapper au paludisme. La ville retrouva
son nom originel après
la Seconde Guerre mondiale,
d'abord Djakarta, puis sous
sa forme actuelle : Jakarta.
Curiosités
Marché
au poisson de Sunda Kelapa, appelé
Posar Ikan : on y vend toutes
sortes de poissons frais et séchés,
des tortues, des coquillages et du matériel de pêche.
Allez-y de préférence
tôt le matin, avant de flâner
le long des vieux môles de Kali
Besar, où se balancent des centaines
de voiliers, qui relient d'innombrables
îles de Java. A proximité,
l'aquarium présente la faune
marine des côtes de Java. Remarquez
aussi les vieux entrepôts de
la compagnie hollandaise des Indes
orientales.
L'église
portugaise : elle fut achevée
en 1696. Il s'agit en fait d'une construction
hollandaise destinée aux esclaves indiens capturés lors des
raids guerriers contre les Portugais
en Inde. Libérés, ceux-ci embrassèrent
le protestantisme et gardèrent leur sanctuaire.
Quartier
chinois de Glodok: l'un des
endroits les plus turbulents
de Jakarta, à
visiter de préférence après
la tombée de la nuit. N'hésitez pas à dîner
dans l'une de ses innombrables
gargotes.
Taman
Fatahillah, ancienne place batave
avec quelques immeubles reconstitués,
le musée municipal ou
historique, au sud, dans l'ancien
Stadhuis,bâtiment typiquement hollandais
du XVIIe s. (Les collections
illustrent surtout l'histoire de la
ville : ouvert de 9
à 14 h, le ven. de
9 à 11 h, le sam. de 9 à 13
h et le
dim. de 9 à 15 h.) Sur le côté ouest,
le musée
du Wayang, et
à l'est les collections d'art de Jakarta (mêmes heures d'ouverture
que cidessus).
Monument
national de Medan Merdeka,
obélisque de 128 m couronné par
une « flamme éternelle » symbolique
de 17 m, qui nécessita
35 kg d'or. Il attire surtout les foules le jour
de l'indépendance (17 août).
Palais
présidentiel, au nord de la place,
ancienne résidence d'un riche
Hollandais, puis celle du gouverneur
général.
Mosquée
Istigll, à côté du palais. Elle
est ultramoderne et considérée par
maints Indonésiens comme le symbole
de la ville. Pas de visite.
Monument
aux héros, place Prapatan. Cadeau
« monumental » de l'Union
soviétique.
Hôtel
Indonesia, un autre bâtiment de
prestige de l'époque de Sukarno. Son
intérêt réside dans l'opulentdécor
des salons.
Musée
national (appelé aussi musée
de Jakarta ou musium Pusat), sur
Jalan Medam Merdeka Barat, fondé
en 1778 par la compagnie royale
hollandaise. Installé dans un immeuble de
1862, le musée
passe pour le plus grand et le
plus riche d'Asie du Sud-Est,
surtout pour ses merveilleuses collections ethnographiques.
Il ne faut manquer les trésors
provenant des maisons princières : bijoux,
armes, couronnes, ni les fabuleuses porcelaines couvrant tous
les styles de la Chine. Certaines pièces
ont 2 000 ans. La section préhistorique
conserve, parmi de nombreux
objets de fouilles, les restes de « l'homme de Java ».
Une petite galerie est consacrée
au panthéon hindouiste
et bouddhique.
Dans
une annexe du musée se trouve
aussi une vaste collection de monnaies
et de manuscrits ainsi qu'une
bibliothèque de 700 000 volumes, la plus grande d'Asie (ouvert le
matin seulement, de 8 h 30 à 14
h 30, le ven. de 8 h 30 à 11 h, le
sam. de 8 h 30 à 13 h 30, fermé le
lun. L'homme de Java n'est visible que le dimanche).
Pasar
Baru, quartier
commercial proche
de la place Lampangan Banteng,
très animé, bon marché.
Grand
magasin Sarinah, sur Jalan Thamrin;
offre considérable d'artisanat
d'art et de maroquinerie.
Jalan
Surabaya et son marché aux puces;
d'innombrables échoppes et étals vendent à bon marché
tout ce que vous pouvez imaginer
(ou pas !).
Taman
Ismail Marzuki, le
centre culturel
sur Jalan Cikini Raya : représentations
de danses et de théâtre
traditionnels, batik et autres expositions,
renouvelés tous les mois. Intéressant surtout en soirée.
Théâtre
Bharata, Jalan
Kalilio, représentations
de wayang-wang et orang ; horaires
dans les journaux.
Centre
de distractions d'Ancol, au nord
de la ville, près du port de Tanjung
Priok : installations
sportives
du golf au tennis, cinémas et casino,
restaurant et fast-foods, aquarium,
location de bateaux, hôtels
de luxe et coins discrets pour la
baignade, boites de nuit et salons de
massage.
Zoo
de Ragunan, au
sud de la ville : aire
soignée avec des animaux rares.
Ouvert tous les jours de 8
Il 30 à 17Il 30.
Taman Mini
Indonesia Indah, 12
km au sud, sur la route de Bogor: sur
100 ha, l'Indonésie en miniature,
avec des maisons de tous les coins du pays, un petit lac avec les îles
indonésiennes à l'échelle (ravissant,
vu du funiculaire ; ouvert
de 8 à 17 h).
Hôtels Damai,
Salak et
une série de petits tosmen.
Bogor
A
60 km au sud de Jakarta, le gouverneur
général hollandaiss'était
fait construire, dans un superbe paysage de rizières, de montagnes
couvertes de forêts et de cours d'eau,
une résidence d'été pour fuir les marécages
de Batavia et le paludisme.
Au
pied du mont Salak (2 211 m), Bogor
reste un petit paradis climatique
entre les deux volcans Gede et Pangrango qui
dépassent tous deux 3
000 m. Une température moyenne
de 25° C par an change agréablement
de la canicule de Jakarta. Résidence
officielle du gouverneur hollandais
de 1870 à 1942, puis villégiature
d'été de la présidence, la
ville s'est acquis une réputation mondiale
pour son jardin botanique et son centre d'études pour l'exploitation
agricole et forestière. La haute
société, les diplomates et les nantis
y séjournent dans de somptueuses
villas.
Curiosités
Jardin
botanique « Kebun Raya » aménagé
modestement en 1817, il n'a
cessé de s'étendre depuis lors et
atteint 111 ha. Ses milliers d'espèces
botaniques font l'objet de soins
assidus selon les procédés scientifiques
et techniques les plus éprouvés.
Il compte notamment 10
000 sortes d'arbres, plus de 400 espèces
de palmiers et plus de 3 000 orchidées
les plus diverses.
Il
faut le voir surtout en octobre, lorsque
s'épanouit la rafflesia, la
plus grande fleur du monde (plus d'un
mètre !). Si
vous vous intéressez
particulièrement à la botanique, la Biblioteca bogoriensis compte 75
000 volumes.
Le
petit Musée
zoologique ne
manque
pas d'intérêt non plus. (ouvert tous
les jours de 8 à 18 h, la section des
orchidées de 8 à 13 h, le musée zoologique
de 8 à 12 h ; évitez
le week-end,
lorsque tout Jakarta pique-nique
sous les frondaisons)
Palais
présidentiel : prestigieux édifice
de style colonial, reconstruit après
un tremblement de terre en 1834,
à côté du jardin zoologique. Dans
son superbe jardin s'ébat du gibier à poils.
Les
heures de visite sont variables aussi,
pour être sûr de voir la résidence
et ses trésors d'art (plus de
200 peintures et 140 sculptures), on
a intérêt à contacter l'office du tourisme
(Bogor Tourist Office, 38 Jalan
Juanda) ou alors la réception de l'hôtel Salak.
Excursions dans
les environs de Bogor
Cibodas, une
annexe du jardin botanique,
à 5 km de la ville, se voue
aux plantes des zones tempérées.
On peut y entreprendre une expédition
de 8 heures vers le cratère du Gede.
Col
de Puncak (1500 m), à quelque
40 km de Bogor, est un lieu de villégiature : restaurants
et hôtels nombreux,
équipements sportifs, nombreuses
chutes d'eau, et vue fantastique
par temps clair.
Pelabuhan
Ratu est un village de pêcheurs
typique du sud de Java, à 90
km de,Bogor ; l'ambiance
est pittoresque, surtout
tôt le matin, lorsque les pêcheurs ramènent
leur butin, plus spectaculaire
par la variété que
par la quantité : du
requinau thon et du homard à
la tortue !
Si
vous tenez à lier le pittoresque au
confort, louez une chambre au Samudra
Beach hotel, un
établissement
de luxe entouré de forêt vierge sur
la plage de sable. Méfiez-vous cependant
des vagues déferlantes (on
peut s'y rendre depuis Jakarta, par
les avions de Pertamina).
A
proximité se trouve un village « précieux
» : Cikotok,qui
possède l'une des plus importantes mines d'or
et d'argent de Java. On peut assister
à l'extraction, qui se fait selon
des procédés encore primitifs. Si
vous avez du temps, visitez aussi la
réserve animale d' Ujung
Gen teng, mais
l'accès n'est pas facile.
Bandung
ou bandoeng (plus d’1.8 million d’hab)
Tout
imprégnée encore de fastes de
l'époque coloniale, l'une des plus jeunes
villes de Java - moins
de cent ans - est
aussi l'une des plus ravissantes.
Sur un haut plateau entouré
de cimes et de crêtes, le paysage
environnant est tout aussi superbe.
Si
tout le monde ne connaît pas l'importance
économique de Bandoeng, capitale de l'ouest de Java
et important centre de commerce et de production, personne n'ignore son
intérêt politique : en 1955, la conférence
afro-asiatique y réunit vingt-neuf
pays du tiers monde qui tentèrent de concrétiser
une collaboration économique,
culturelle et politique.
La
ville possède une industrie aéronautique,
un centre de recherches
nucléaires, une école technique supérieure,
une série d'institutions culturelles
et de nombreux théâtres, mais
très peu de richesses touristiques,
mis à part un zoo, un petit Musée
géologique et
un musée de l'Armée. Pourtant,
l'ambiance y est agréable,
voire dynamique, les nombreux becak qui
constellent la circulation
de leurs couleurs vives constituent, à eux seuls, un
plaisir pour les yeux.
Promenez-vous
dans Jalan Braga, pour
découvrir l'offre éblouissante d'antiquités
et de maroquinerie, de bijoux
et de souvenirs typiquement javanais.
Bandoeng se prête particulièrement
à la découverte de l'art sundanais,
auquel se vouent de nombreuses
galeries. Le soir, allez assister
à un spectacle de wayang golek, théâtre
de marionnettes en bois,
ou à un concert de musique angklung.Le
portier de l'hôtel vous donnera
tous les renseignements. Il vous apprendra certainement aussi comment
et où voir un combat de coqs.
Excursions dans
les environs
Les
paysages des environs de Bandoeng comptent parmi les plus beaux
et les plus variés de Java. Près
de Garut, au sud-est, ils se font
sublimes, et la côte de Pamanukan,
au nord, est féerique.
Tangkuban
Prahu, à quelque 30
km au nord, un volcan de 2 084 m avec plusieurs cratères, environné
de légendes. On peut s'approcher
du bord pour voir le bouillonnement
infernal.
Maribaya, des
sources chaudes à 20 km de Bandoeng et 4 à l'est de Lembang,
dans une vallée romantique.
Dans le village proche de Sukarandeng on
peut voir, le dimanche à
partir de 10 heures, un spectacle assez
rare : des combats
de béliers. Les animaux
combattent jusqu'à épuisement
total die l'un d'eux, mais aucun
n'est jamais blessé sérieusement.
Cirebon, à
130 km, ex-capitale d'un
important État musulman au Moyen
Age et autrefois grand port de
pêche. Les palais des sultans ne manquent
pas d'allure, malgré leur délabrement; au Kraton
Kesepuhan, on
a aménagé un petit musée.
Surakarta
ou solo (env 500 000 hab)
Curieusement,
peu de touristes visitent cette
ville, connue sous les deux noms, et située à 65 km à
l'est de Yogyakarta. C'est
pourtant le plus ancien
témoin de la civilisation à
Java. Solo fut d'abord la capitale du
royaume Mataram puis, après la chute
de ce dernier, la résidence d'un sultanat qui dura jusqu'en 1950.
Sans grande influence politique, les souverains de Solo furent respectés
par les Hollandais et purent
préserver la culture javanaise de
toute influence extérieure. Ils payèrent à
des architectes, des orfèvres,
des peintres et des sculpteurs l'argent que d'autres consacraient à la
guerre. Célèbre pour ses batiks, la
ville est un important centre d'artisanat
d'art.
Curiosités
Kraton
Hadinigrat (palais du sultan),
au centre de la ville, une vaste demeure endommagée
par un incendie en 1985. La grande
salle d'audience, avec ses
colonnes sculptées
et dorées, est particulièrement somptueuse. La plupart des
décors datent du
sultan Pakubuwono X (1893-1939).
Jetez aussi un coup d'ceil
au pavillon de Pagelaran carrelé
de marbre et, derrière lui, au large
escalier aux rampes de fer, garni
d'antiques canons (ouvert de 9 à 12 h 30).
Musée
Kraton : rattaché
au palais, c'est
l'un des plus intéressants de Java,
avec des collections de bronzes
(influence hindoue), de porcelaines
de Chine, des kriss, des carrosses
et des décors de bateaux royaux.
Musée
du palais Mangkunegaran, au bout
de Jalan Diponegoro, construit
en 1787 pour le sultan Mangkunegaran N. Carrosses, meubles
en miniature filigranés
et laqués, gamelan. La
collection de masques Wayang
n'est pas toujours visible (ouvert
en semaine de 9 à 12 h).
Musée
Radyapustaka, Jalan
Slamet (près du parc Sriwedari), livres anciens,
kriss, monnaies, sculptures,
figures du wayang-kulit, objets rituels
et costumes (tous les jours sauf
lundi de 8 à 12 h, ven. de 8 à 11
h).
Pasar
Trivindu, entre
le palais Mangkunegaran
et Jalan Slamet Riyadi,
le marché aux puces de Solo. Là
aussi, on trouve absolument tout. A
ne pas manquer !
Marché
des jouets, devant le musée
de Solo ; tous
les jours.
Pasar
Klewer, à l'extrémité orientale
de Jalan Secoyudan : sur
deux étages, d'innombrables
étals vendent des
batiks et des étoffes de toutes
les couleurs.
Aux environs
Candi
Sukuh, à
910 m, sur la pente
orientale du Gunung
Lawu (3
265 m), ce temple impressionne moins
par ses représentations érotiques
que son atmosphère un peu mystérieuse
et la vue époustouflante
qu'il offre sur les pentes couvertes
de pins. Peuplé d'une étrange faune
sculptée, il ne ressemble à aucun
autre temple javanais. II remplaça,
au XVe s., un temple plus ancien,
construit par un peuple dont on ignore tout.
Yogyakarta
(400 000 hab)
Le
cceur de Java bat à Yogya, comme
l'appellent familièrement ses
habitants. Capitale de la région centrale
de l'île, elle symbolise Java plus
qu'aucune autre ville, bien qu'elle ne soit pas très ancienne. Son
importance culturelle se reflète non seulement dans de nombreuses écoles
de musique et de danse et des ateliers d'artisanat, mais dans l'une des
plus importantes universités
du pays, Gajah
Mada, ainsi qu'une
école islamique et une académie d'art. Politiquement
aussi, elle bénéficie
d'un statut particulier : soumise
directement au gouvernement
central, à Jakarta, elle est toujours dirigée
par un sultan, Çri Hamengko
Buwono X, qui monta sur le
trône en 1989.
L'ascension
de Yogya date de 1755, lorsque l'administration hollandaise
partagea le royaume de Mataram
en deux États : Yogyakarta et
Surakarta. La ville se situa toujours à la pointe du combat
de libération nationale.
Le soulèvement du prince Diponegoro (18251830) força
la Hollande à changer décisivement
sa politique coloniale. Elle
reprit la lutte après la Seconde Guerre mondiale et
devint, en 1946, la capitale provisoire
de la jeune république.
Yogya
cultive les traditions : gamelan,wayang-kulit et wayangwong sont
représentés tous les jours au parc
du peuple .
Il
est difficile aussi, de trouver un
autre endroit où l'artisanat est d'aussi
bonne qualité pour des prix aussi
dérisoires :
bijoux en argent, batik, peintures modernes et anciennes,
maroquinerie, marionnettes, masques et antiquités.
Curiosités
Kraton,
le palais du sultan, situé sur
le Jalan Kemit Bumen (entrée par
la porte Keben). Il fut édifié de 1755
à 1795, la grande mosquée datant
de 1773, la grande muraille (4
km !) de 1772 et le
pavillon d'or de 1792.
Une
grande partie des bâtiments est aujourd'hui à la disposition
de l'université Gajah
Mada. Le palais abrite
quelques collections intéressantes, comme les litières
sculptées et dorées et les ustensiles des pavillons
de la courÇri Manganti, ou les
objets précieux, meubles, armes des
membres de la famille régnante, du
musée du palais. Pour voir le palais,
il faut suivre une visite guidée
(de 8 h à 12 h 30,
ven. et sam. 8
à 11 h 30). Le dimanche, il y a souvent
des répétitions publiques de
danse (11 - 12 h 30)
et les lundi et mercredi
de la musique gamelan (10h30-12h).
On
peut constater le respect des traditions
lors de l'anniversaire du sultan et à l'occasion des fêtes
musulmanes (dates dans
le programme annuel).
Taman
Sari (« le château entouré d'eau
») est situé à l'ouest du Kraton.
Le tremblement de terre de 1865
n'a laissé que des ruines de ce parc de plaisance aménagé
en 1758. Le lierre et la
mousse recouvrent maintenant les vestiges de pavillons,
sculptures, portails, etc. Quelques ateliers de batik créent un peu
d'animation. Sur la place Alun Alun Lor, devant le Kraton,
le musée
Sono Budoyo donne
un excellent aperçu
de l'art javanais, dont un Bouddha
doré, découvert en 1956 et
de superbes kriss (mar.-jeu. de 8 à
13 h 30, ven. jusqu'à 10 h 30, sam.
et
dim. 11 h 30).
Centre
de recherche sur le batik, Jalan
Kusumanegara : exposition permanente
sur le développement historique de cet art.
Musée
Angkatan Darat (de
l'armée), Jalan
Bintaran Wetan : documents
sur la lutte de libération (tous les
jours de 8 à 13 h, ven. de 8 à 11
h).
Marché
aux oiseaux, au
nord de Taman
Sari : des
oiseaux souvent rares proposés dans d'amusants paniers.
Pasar
Beringhardjo, au
bout de Jalan
Malioboro : un immense
marché à l'offre
illimitée.
Jardin
zoologique, à
4 km de la ville
dans la vallée d'un fleuve : de
nombreux singes et des dragons de Komodo
(ouvert de 8 à 18 h).
Excursions
autour de Yogya
Kota
Gede, petite ville romantique à
6 km au sud-est de Yogyo, maintient
une tradition de l'orfèvrerie remontant
à l'époque où les sultans y
possédaient un palais. Dans un cimetière-jardin,
reposent la plupart des membres de la famille régnante.
Parantritis, 20
km au sud de Togya,
est un village de pêcheurs au milieu
des dunes et des récifs. On y
honore Raden Loro Kidul, la « reine des mers du sud ».
Gunung
Merapi (2 911 m). C'est l'un
des volcans-emblèmes de Java. Il
faut 3-4 heures pour faire l'escalade,
très pénible, au départ du village de
Selo (prévoir le ravitaillement et des vêtements
adéquats). Par temps clair,
la vue est fabuleuse. Les plus audacieux se risquent au bord
du cratère lorsqu'il n'y
a pas de brouillard. Comme les guides sont chers, ne
les engagez pas dans la vallée, mais
au poste de vulcanologie de Pas
Selo
Les
temples du centre de java
Borobudur
ou Barabudur
A
42 km de Yogya, Borobudur est
l'un des plus grands temples bouddhiques
du monde. Il fut construit en
778-842, lorsque le bouddhisme
Mahayana était en pleine
apogée,
sous la dynastie des Sailendra. Enseveli pendant des siècles,
après la conquête musulmane, il fut
redécouvert en 1814, dégagé de 1907
à 1911 et restauré en 19731983. 10 000 architectes,
ouvriers, esclaves et artistes
travaillèrent à ce
gigantesque édifice de 55 000 m3de
pierres non cimentées, revêtu d'un habit de sculptures.
L'aspect
général est celui d'un stûpa. Aumilieu
de chacun des quatre côtés,
un escalier, dont celui de
l'est est l'entrée principale. Trois plans, passant imperceptiblement de
l'un à l'autre, symbolisent les trois sphères
cosmographiques. De bas en haut : Kamadhatu, le
monde quotidien, Rupadhatu, la
sphère de la forme,
supérieure aux aspirations du
monde matériel, et Arupadhatu, la
sphère sans forme, celle de la sublimation
et du détachement du monde. Les sculptures montrent essentiellement
des scènes de la vie et des incarnations de Bouddha. Sur
des
terrasses circulaires se trouvent 72
petits stûpas ajourés abritant chacun
un Bouddha-Dhyana. Les quatre galeries du Rupadhatu sont ornées
de sculptures sur un total de 2,5
km! L'ensemble est couronné par
le stûpa, haut
de 8 m, de l'Arupadhatu.Les
intempéries ont sérieusement
endommagé Borobudur qui,
à l'origine, était entièrement peint
en blanc. Le temple revit lors des anniversaires de la naissance et de
la mort de Bouddha, quand des milliers
de prêtres et de moines en robes safran envahissent les
nombreuses terrasses.
Temple
de Mendut
A 3
km de Borobudur et nettement plus
modeste, le temple funéraire de Mendut date de la même époque.
Il se compose de trois parties :
un socle, le sanctuaire proprement
dit, de forme quadrangulaire, surmonté de la troisième partie,
un édifice pyramidal.
Dans la cella, un superbe
bouddha de 3 m est flanqué des statues des boddhisattva Lokesvara
et Vajarapani.
Plateau
de Dieng
Ce
haut plateau (1095 m) de 5,8
km, au nord de Magelang
ou de Wonosobo, recèle
quelques vestiges de temples, presque exclusivement consacrés
à Çiva. Des lacs tourbeux, des
crevasses de boues bouillonnantes
et des sources chaudes prennent,
dans le brouillard, des aspects fantastiques et rendent le paysage propice
à l'adoration des dieux. Mais l'activité
volcanique ruine les temples : il
en existait encore 140 il y a
un siècle et demi, il n'en reste aujourd'hui
que 8 d'une certaine importance.
Il faut visiter le plateau de
bon matin car les nuages en prennent
possession l'après-midi. Le
principal groupe de temples, nommés d'après des
personnages du Mah7zbhârata,se
trouve au nord. Candi
Gatotkaca et Candi
Bima portent d'étranges
têtes sculptées.
Prambanan
Près
du village de Prambanan, à 16
km au nord-est de Yogya, le groupe
des temples de Çiva fut construit aux Vfe-Xe s. Un tremblement
de terre les détruisit presque entièrement
en'1549, le vandalisme fit le reste.
L'énsemble a fait l'objet d'une restauration en 1937-1986. Les
huit temples principaux, dont celui
de Vishnu au
nord et celui deBrahmâ au
sud, sont dominés par le Lara
Jonggrang, haut de 46 m, remarquable
par sa symétrie. Les murs
sont décorés de superbes scènes
du I~amciyana, dont
on organise des représentations les nuits de pleine
lune, de juin à octobre.
Une
profusion de
temples
Autour
de Yogya, il en existe tellement
que beaucoup d'entre eux ne figurent
sur aucun guide de voyage
et ne reçoivent pratiquement pas de visiteurs. Certains
sont signalés par des plaques
indicatrices au bord des
routes, les réceptions d'hôtels
vous en indiqueront d'autres.
En voici quelques-uns qui méritent
le détour pour la qualité de leurs sculptures
: Candi Sambisari (à 131ande Yogya),Kalasan (14
km), Sari (15
km), Plaosan et Sewu (près
de Prambanan).
Surabaya
(2,9 million d’hab)
Grouillant
et surpeuplé,Tanjung Perak, le
port de Surabaya, est le deuxième
de l'Indonésie, mais une certaine mythologie - marins
déchaînés,
piratant les quais dans les senteurs
d'épices et dé poisson salé - appartient
à un passé qu'évoquent,
seules, les goélettes à voile noire
d'Udung Padang (Macassar) qui
jettent l'ancre dans le fleuve Kali
Mas.
Ville industrielle (automobile,textiles,
cigarettes, pétrochimie, verre
et sucre), Surabaya offre peu d'attractions
aux touristes, sinon d'excellentes
communications pour visiter
les monuments de l'est de Java.
L'agitation est intense, la circulation
frénétique, mais 40 000 . cyclo-taxis s, les becak, bleus
le jour, blancs la nuit, sont
à votre disposition.
Le
zoo (Kebun Bianatang), au sud
de la ville, permet de faire connaissance
avec quelques espèces rares : babi
rusa,, un sanglier de Sulewasi,
muni de deux défenses de
part et d'autre de la bouche et de
deux sur le nez, tapir, tigre de Sumatra,
varan de Komodo, etc. Le marché
aux fleurs n'a aucun intérêt,
quoi qu'en disent certains guides
mercantiles, mais Surabaya se prête merveilleusement au shopping.
Excursions dans
les environs
L'île
de Madura
A
15 km de ferry de Surabaya,l'fle
de Madura, longue de 130 km et
large de 40, peu de curiosités, à part quelques villages
de pêcheurs, comme Tanjung,au
sud, de vastes plages de sable et un intéressant musée
provincial à Sumenep. Elle est
cependant connue bien au-delà des frontières indonésiennes
pour les troupeaux de bovins qui paissent dans
ses steppes, et surtout de spectaculaires
courses de taureaux, Kerapan
sapi. Elles ont lieu
partout, à
Bangkalan, par exemple, ou
à Pamekasan, où les
finalistes participent aux grands éliminatoires de
septembre. L'ambiance est survoltée,
les paris importants, quoique interdits! Soigneusement
sélectionnées, de pelage fauve, basses sur pattes,
les bêtes pèsent jusqu'à 600 kg et sont attelées
par deux. La course est
disputée par deux attelages,
menés par un « jockey », suant
et hurlant, qui s'efforce surtout de maintenir sur la piste
ses bêtes récalcitrantes
et folles de rage. Évitez
les courses trop chaudement recommandées par les agences de voyages,
elles sont généralement organisées à l'usage
des touristes.
A
quelque 55 km de Surabaya, une
« station climatique » très fréquentée
le week-end.
Les
temples de l’est de java
Singosari
A
13 km au nord de Malang. Consacré à Çiva
vers 1300, il ne fut jamais
achevé. Un peu à l'écart, se tiennent
deux superbes gardiens de pierre.
Panataran
A
80 km au sud-ouest de Malang. Si
vous fermez les yeux aux approches
de l'entrée en tôle ondulée, vous
découvrirez un temple magique,
aux détailsmerveilleusement sculptés,
notamment les illustrations du R-amciyana. Les
travaux, commencés en 1200, durèrent 250 ans.
Tumpang
A
17 km à l'est de Malang. L'un des
temples les plus harmonieux de
l'est, avec des décors célébrant Krishna.
Jago
A
18 km à l'est de Malang : superbes
sculptures dans le style wayang-kulit.
Candi
Kida
A
22 km à l'est de Malang. Dans un
superbe paysage, ce temple est coiffé d'une pyramide (vers 1248).
Si
la quête des temples vous intéresse,
il en existe beaucoup d'autres que
vous indiqueront les hôtels et les agences de tourisme de Surabaya
ou de Malang,assez
bien informés.
Bromo
Le
Bromo n'est pas le plus haut, mais
sûrement l'un des plus beaux sommets
de Java. Pour s'y rendre, on
peut, à Surabaya, prendre
un bus
à correspondance pour Ngadisari, où
se louent des guides et éventuellement des chevaux. L'ascension
dure quatre heures. Il faut partir
suffisamment tôt pour voir le soleil
se lever en arrivant. L'ascension
au départ de Tosari, par
le col de
Munggal, est
plus difficile mais plus
fascinante, et prend 8 heures.
Le
massif du Bromo est un paysage
impressionnant de pierres, de sable
et de cendre où s'élèvent plusieurs
volcans, dont celui, en activité,
du Bromo. Les derniers cent mètres s'effectuent à pied, pour
jeter un coup d'ceil dans l'enfer fumant, bouillonnant et nauséabond du
cratère.
Si
vous avez du temps, consacrezle
au plateau entourant le Bromo, où
une tribu non touchée par l'islam vit
en communautés villageoises strictement
collectivistes.
Les Tenggerais se
prétendent bouddhistes,
ne possèdent pas de temples, font leurs dévotions devant les
autels domestiques et célèbrent leurs
cérémonies d'offrandes dans la
nature.
Bali,
île des dieux et des démons
Bali
ne déçoit pas nos conceptions d'un paradis des mers du
sud : plages
de sable blanc bordées de palmiers, volcans
fumant à l'horizon, rizières en terrasses et buffles d'eau,
temples et figures de démons grimaçants, danseuses à
la grâce infinie, évoluant aux sons d'une musique étrange.
Son évolution
fut bien différente de celle de Java, sa voisine, dont 3 km à
peine la séparent. L'isl7aam
ne put jamais s'y établir, et les Hollandais
arrivèrent assez tard, si bien que l'île a su préserver ses
traditions culturelles et religieuses. Ses habitants pratiquent l'hindouisme,
vouent une passion à l'art, peinture ou sculpture et,
loin de se replier sur le passé, savent évoluer lorsqu'ils
en ressentent
le besoin.
Leurs
connaissances en agriculture sont éminentes : des
experts chinois,
birmans et même japonais font le pèlerinage aux rizières
balinaises. S'il existe, comme ailleurs, des riches et des pauvres,
aucun des 2,5 millions d'habitants ne souffre de la faim. Ce qui frappe
le nouvel arrivant, c'est le nombre des temples. Il en existerait
plus de 3 000, du simple temple familial au sanctuaire richement
décoré. Les Balinais partagent avec leurs voisins javanais
l'amour de la danse, dont les formes trouvent leur origine dans
les mêmes légendes et mythes. Ils n'ont jamais cessé
de croire
aux forces omniprésentes de la nature. Malgré leur unité culturelle,
ils ne constituent pas une ethnie homogène, comme en témoignent
leurs diversités morphologiques. Seuls les Bali
Aga, aborigènes
qui pratiquent strictement l'endogamie et ne demeurent
que dans quelques villages de la région du Gunung Batur,
comte Trunyan,ne
se sont pratiquement pas mélangés.
La
géologie de l'île (5 800 long) est déterminée
par une chaîne volcanique
qui s'étend d'est en ouest. Fumées et grondements du Gunung
Agung, montagne sainte et point culminant de Bali (3 142 m) dont la dernière
éruption remonte à 1963, du Gunung Batur
(1717 m) ou du Gunung Catur (2 096 m), prouvent leur vitalité. Sièges
des divinités, ils peuvent détruire toute vie par le feu
et le soufre, mais produisent aussi des sols d'une grande fertilité.
La
crémation
C'est
l'un des rites les plus marquants
des Balinais, qui ne considèrent
la vie que comme une étape dans
le voyage de l'âme vers le ciel. La
mort est donc matière à tristesse, mais
aussi à réjouissance, du moins pour le défunt qui,
sous réserve de
certaines observances rituelles, pourra
se réincarner d'autant plus vite
qu'il sera débarrassé des choses d'ici-bas, et notamment
de sa dépouille.
Les
riches font l'objet d'une incinération
individuelle, les pauvres doivent se contenter d'une cérémonie
collective. Certains sont enterrés
jusqu'à ce que soit réunie la somme
nécessaire à la crémation. Le
jour fixé par les prêtres, on organise
un festin, avant qu'une procession
bruyante et animée ne porte
le cercueil vers la tour de crémation,
constituée de bambous et
ornée de papiers multicolores, non
sans le tourner et le retourner, afin
de confondre l'âme et l'empêcher
de retrouver son ancienne demeure.
Lorsque les flammes se sont éteintes,
la procession emporte les cendres
vers la mer ou le fleuve pour
les jeter à l'eau : le
dernier rite de purification
pour la mort.
Le
limage des dents
Il
intervient pour les garçons et les
filles à la fin de leur puberté et
montre que, selon les croyances balinaises,
les démons peuvent aussi
posséder les vivants.
Le
sud de bali
Denpasar
(env 100 000 hab)
Capitale
de l'île depuis quelques décennies
à peine, cette petite bourgade
paisible est devenue, grâce au tourisme,
une grande ville dispensatrice
d'emploi. Hélas, ses rues beau coup trop étroites
souffrent d'une circulation bruyante
et des gaz d'échappement.
Il faut tout de même
lui consacrer une journée, ne serait-ce
que pour fouiner chez les antiquaires
de Jalan Gajah Mafa et les
magasins d'étoffe de Jalan Sulawesi.
On s'y rend aisément de Sanur
Beach ou de Kuta Beach en bemo ou
en autocar.
Curiosités
Statue
de Guru, le dieu à quatre faces
et huit bras des points cardinaux,
au carrefour Jalan Gajah Mada et
Veteran.
Puri Pemecutan, reconstitution (1907)
de l'ancien palais. Certains pavillons servent encore de résidence
à la famille des rajahs de Badung, d'autres abritent
des collections d'instruments de
musique, d'armes et d'objets
sauvés des flammes. A proximité,
on peut voir des combats de
coqs (du ven. au lun.
de 11 à 16 h).
Temple
de Jaganatha, à l'est de la place
Puputan, construit en 1906 pour
le dieu Sanghyang Widi. Le sarcophage
repose sur le dos de la tortue Bedawang, entourée de deux serpents,
symboles de la création. Offrandes
se font les nuits de pleine lune.
Musée
de Bali, à côté du temple. Construit en 1932, fi imite
les styles d'architecture
des régions balinaises.
Les collections illustrent la création artistique des
origines au tournant du siècle : outils
de pierre, orfèvrerie, instruments de gamelan, armes,
masques de cérémonie, etc. (mar.-dim.
de 8 à 14 h, ven. jusqu'à 11
h)
Le
marché du pont de Jalan Gajah Mada,
très intéressant aux heures matinales,
possède un petit temple pour
les commerçants. Le centre commercial
se trouve de l'autre côté du fleuve.
Centre
touristique, près de Bali, Sanur
reçoit le monde entier dans ses
villes et hôtels de luxe avec piscine
et air conditionné. Sous les palmiers,
la belle plage de sables'étend
à l'infini.
A
marée basse, on se promène jusqu'aux
récifs de corail. Un môle sépare
la plage de sable jaune des touristes,
de celle des Balinais, qui attribuent
des vertus thérapeutiques
à son sable volcanique noir, dans
lequel s'enterrent avec enthousiasme grands et petits.
Si
vous souhaitez échapper aux clichés
touristiques, aux gamelan et
au legong des
hôtels, il existe, tout
autour de ces derniers, de nombreux
petits établissements typiques.
Allez
voir la maison du peintre belge
Le Mayeur et sa collection de peintures
conservée par sa veuve indonésienne,
ou les 15 000 coquillages
du pavillon d'exposition proche
d'Alit's beach bungalows.
Autour
de leurs pittoresques vieilles
maisons les pêcheurs s'activent et
des jeunes filles viennent apporter
de petites offrandes aux génies marins.
Kuta beach
Sur
la côte sud-ouest, à 9 km de Denpasar,
Kuta répond aux aubes superbes de Sanur par de magnifiques
couchers de soleil.
Tout
aussi internationale que sa voisine,
la station est néanmoins plus décontractée,
fréquentée en majorité
par des jeunes.
La
plage est si vaste qu'elle ne pourra
jamais être surpeuplée. On peut
y surfer, mais attention aux courants
traltres qui provoquent des accidents.
LES
RICHESSES TOURISTIQUES DU SUD DE BALI
L'ile
de Serangan des tortues
Elle
est accessible de Sanur en perahu (barque
des pêcheurs) ou en bateau à moteur (20 mn). Dans ses
eaux, on attrape énormément de tortues que l'on gave avec
des algues avant de les
mettre à la poêle.
Il y a aussi de beaux temples, Pura
Sakenan ou Pura Susunan Wadon.,
Temple
d'Ulu Watu
Situé
sur la presqu'île de Bukit, tout
au sud, ce petit temple, l'un des
six plus importants de Bali, fut construit
au Xe s. pour Dewi Danu, divinité protectrice de la
mer, au bord d'une falaise de 90
m. Sur la route de Benoa,
le complexe touristique
de Nusa
Dua dispose d'un
golf, d'un casino, de magasins, d'hôtels
de premier ordre, etc.
Tanah
Lot est
un petit temple 30
km à l'ouest de Denpasar, sur une
île que l'on rejoint à pied sec à marée
basse. Il est consacré, lui aussi,
aux divinités marines.
Celuk,
à 11 km de Denpasar, est le
village des orfèvres. On peut les voir au travail et
acheter leurs oeuvres.
Kutri, 20
km de Denpasar : un sentier
escarpé monte au temple de Bukit
Dharma et la célèbre
sculpture de Durga tuant
un démon à ses pieds
(Xle s.).
A
Batubulan (8 km de Denpasar), des sculpteurs exécutent des statues de
dieux et de démons pour les temples
des villages et des particuliers
de tout Bali. Au temple de Pura
Puseh figure
tout le panthéon hindouiste.
Mas
(21 km au nord-est de Denpasar)
est célèbre par le brahmane Nirartha,
qui marqua l'hindouisme balinais
de son empreinte. Le temple
de Pura
Taman Pule lui est consacré.
Les touristes sont surtout attirés
à Mas par ses sculpteurs.
Ubud,
un peu à l'écart de la route du
nord, est la Mecque des peintres balinais,
attirés par ses beaux paysages.
Certaines de leurs maisons sont
de purs chefs-d'oeuvre. On peut se faire une idée d'ensemble au
musée Puri Lukisan (dit
aussi Ratma
Wartha).
Mengwi,
16 km au nord de Denpasar fut, jusqu'en 1891, la capitale d'un
royaume de la dynastie des Gelgel.
Le Pura
Taman Ayun, deuxième
temple de Bali, est aussi l'un
des plus beaux. Sur une hauteur,
ses dix menu, neuf
sanctuaires et sept pavillons,
sont entourés d'un fossé ou s'épanouissent
des lotus. On peut admirer l'ensemble
du haut du clocher. Remarquez
les sièges vides, destinés aux divinités.
Construit en 1634 et détruit
en 1917, le temple fut restauré en 1937.
Sangeh, la forêt
des singes, près de
Mengwi, recèle un temple de paysans
du XVIIe s. Dans les 10 ha de bois, aux nombreux muscadiers, s'ébattent
d'innombrables singes quémandeurs,
qui savent poser pour les photographes
dans l'attente de cacahuètes.
Mais attention, ils peuvent
mordre et vous piquent jusqu'à
vos lunettes !
Tampaksiring
(37 km de Denpasar) est
un lieu de pèlerinage aux sources sacrées
de Tirtha
Empul depuis 962.
De tous les coins de Bali, on vient
y prendre un bain rituel. Ne prenez
surtout pas de photographies.
unung
Kawi, les tombes royales, à
proximité de Tampaksiring. Selon la
légende, le géant Kebo Iwa creusa dans
le roc, en une nuit, les niches de 7 m des candi et
des tombeaux à l'aide de
ses ongles. Il s'agit des temples funéraires du roi
Udayana, de la reine son épouse, de sa concubine
et de ses fils. Les candi de l'autre
côté du fleuve sont voués aux
concubines d'Anak Wungsu, l'un
des fils.
A
Pejeng, entre Bedulu et Tampaksiring,il
faut visiter le temple de Pura
Panataran Sasih, où l'on
peut voir un gigantesque
tambour de bronze, vieux
de plus de 2 000 ans : la lune
de Pejeng. C'est une importante
antiquité de l'Indonésie.
Bangli,
petite localité sur la route de
Gianyar vers le nord, est célèbre pour le temple de Para
Kehen, aménagé en terrasses. Des escaliers très
raides montent aux cours, à l'atmosphère étrange
et impressionnante, du temple qui
remonterait à1200. Dans
la cour extérieure, un gigantesque banyan a été
transformé en tour d'alarme.
Goa
Gajah, la grotte des éléphants, se
trouve à quelques kilomètres de Bedulu
et de Mas. Un escalier descend
de la route vers l'entrée, où Borna, le fils de Vishnu, domine tout
un peuple de sculptures. L'intérieur
de la grotte (découverte en 1923)
déçoit quelque peu :19
niches taillées
dans la pierre, oùméditaient sans
doute des ermites, et trois lingam (symboles
phalliques).
Près
de Goa Gajah, le temple de Yeh
Pulu possède
un mur remarquable :
un rocher sculpté de 2 m de
haut et 25 m de long. On ne sait
rien sur la signification des sculptures,
même si certains pensent qu'il s'agit de scènes de la
vie de Krishna.
L'EST
DE BALI ET SES MERVEILLES
Klungkung
40
km à l'est de Denpasar, cette ville
de province affairée fut la résidence de rajahs les plus
importants de Bali. Au XVIIIe
s., on encourageait toutes
les formes d'art dans les
palais de Klungkung. Audelà
des douves, ilreste une partie de l'ancien
palais, mais surtout une superbe salle
de justice (Kerta Gosa),
édifiée vers 1800, où la Kerta jugeait
les conflits des familles ou des
communautés villageoises. On peut
la considérer comme un exemple
type du style de Klungkung. La
ville est souvent le théâtre de processions
de purification.
Kusamba
Les
eaux entre Bali et l'île de Nusa
Penida (très belles plages !) sont
très poissonneuses, aussi les habitants
de Kusamba vivent-ils de la
mer. On recueille le sel que la mer dépose sur le sable de la plage,
on le lessive dans des cuves dont on
fait ensuite évaporer l'eau. A proximité
on travaille les coraux pétrifiés.
Grotte
de chauves-souris de
Goa Lawah
Située
entre Kusamba et Padangbai, la grotte est sacrée, moins pour
les milliers de chauves-souris suspendues
à la voûte que pour sa
connexion légendaire avec le sanctuaire national de
Besakih. On y vénère
aussi un serpent.
Padangbai
Cette
petite baie possède un minuscule
port d'où partent les ferries de
Lombok.
Dans
les environs, il y a de superbes
plages, avec vue sur le mont sacré de Gunung
Agung.
Amlapura
(ex-Karangasem)
A
80 lan de Denpasar, Amlapura était,
depuis la fin du XVIIIe s., la capitale d'un puissant royaume,
dont les souverains n'inquiétaient pas
les Hollandais.Il
faut voir leur superbe palais, Puri Agung
Karangasem (ou Kangianan) et la maison dite de
Londres.
Tenganan
5lun
à l'écart de la route de Padangbai-Amlapura,ce village, l'un
des plus singuliers de Bali, est
habité par des Bali
Aga. Ils possèdent
d'immenses terres agricoles, qu'en véritables aristocrates
ils ne travaillent pas eux-mêmes.
Tenganan tisse, selon des
méthodes originales
de doubles ikat, dont
le prix dépasse nettement
l'offre habituelle.
Le
château d'Ujung
A 5
km d'Amlapura, le dernier roi
régnant, Anak Agung Anglurah Ketut
fit construire, dans les années vingt, un château entouré
de douves et d'étangs
au bord de la mer. En 1963,
l'éruption du volcan Gunung Agung
détruisit Ujung, dont il ne reste que des ruines. Le
domaine sert actuellement à
la riziculture et à
la pêche.
Besakih
Pura
Panataran Agung, le
plus grand sanctuaire
national de Bali, est sans doute
le plus vieux temple de
l'île. Il fut construit voici mille ans,
à 900 m d'altitude (42 km env. de
Klungkung), sur des terrasses au pied
du Gunung Agung. Depuis quelques
années, il est fermé aux non-hindouistes,
aussi faut-il se contenter de longer les murs pour apercevoir,
à travers les portails, les 20 pavillons,
les plates-formes sacrificielles,
les nombreux sanctuaires et le clocher. Le temple s'anime lors des
fêtes, lorsque des milliers de pèlerins viennent
apporter leurs offrandes.
Meru
et sanctuaires sont décorés du
rouge de Brahmâ, du blanc de Çiva
et du noir de Vishnu, plus 8
autres couleurs, qui, ensemble, symbolisent l'univers. L'atmosphère
est féerique.
On
ne manquera pas d'évoquer, devant
les étrangers, le tremblement
de terre de 1963 qui sema la panique parmi les pèlerins,
mais ne fit pas de victimes et épargna
le temple, alors que les
laves incandescentes recouvrirent
de larges parties de l'est de Bali.
LES
MONTAGNES CENTRALES
ET LE NORD DE
BALI
Bedugul
Si
l'on prend la route nord-sud passant
par Mengwi, on arrive dans les
montagnes humides et fertiles de
Bali, autour de Begudul, dont le marché,
très animé, propose orchidées
sauvages, légumes et papayes. Une petite.mosquée signale
l'existence d'une communauté musulmane.
Sur une petite presqu'île, le petit
temple d'
Ulu Danu, aux
belles sculptures,
est consacré à Dewi Danu,
déesse des eaux. On peut se promener
en bateau sur le lac Bratan, romantique à souhait. Aproximité,
le jardin botanique de Kebun
Raya Cabang Eka Konga Bali impressionne
par sa richesse botanique et sa
sérénité.
Singaraja
La
« capitale » de la côte nord vit de
la pêche et du commerce des produits
agricoles. Les touristes sont rares
et l'atmosphère reste quelque peu
coloniale. La bibliothèque
de la fondation Gedong
Kirtya conserve quelque
3 000 manuscrits sur feuilles
de palmes. Dans les environs, les
plages s'étendent à l'infini.
Sangsit
Ce
petit village à quelques kilomètres
au nord-est de Singaraja est célèbre
pour le temple de Pura Beji, consacré
à Dewi Çri, déesse des rizières.
Typique de l'architecture du nord,
il vous surprendra par l'exubérance baroque des sculptures.
Pour goûter la magie des lieux, embaumés par les frangipaniers, évitez
les autocars de touristes.
Air
Sanih
Il
s'agit seulement d'un restaurant,
à 16 km de Singaraja. On y mange
pour pas très cher, et l'on peut s'y baigner dans un bassin naturel
d'eau douce, devant des kilomètres
de plages de sable gris. De
l'autre côté de la rue, un escalier monte à un petit
temple qui offre une
belle vue panoramique.
Kubutambahan
Quelques
kilomètres à l'est de Sangsit,Pura
Meduwe Karang, le «
temple du Seigneur auquel appartient
la terre... » est l'un des plus beaux
du nord. Entouré de frangipaniers,
à la sortie est de Kubutambahan,
il est fréquenté par les paysans qui
sollicitent de bonnes récoltes de riz
et de café. 34 ravissantes petites sculptures relatent
des épisodes du R rn
yana. Remarquez aussi
la sculpture d'un Balinais
à bicyclette ! Un
toit de tôle ondulé nuit quelque peu à la beauté
du bâtiment principal.
Kintamani
A
proximité de Penelokan, cette bourgade
s'anime deux ou trois fois par
semaine, lors du marché qui alimente
toute la région.
Penulisan
Le
temple de Pura Tegen
Koripan est
le plus haut de Bali (1745 m d'altitude).
Son origine se perd dans la nuit des temps, on sait simplement
que certaines sculptures datent
du Xle s. Lorsque le ciel se dégage, on peut voir tout
Bali.
Penelokan
Au
sud de la caldeira du Batur, le
village est à la fois très ancien et
très jeune : reconstruit
après l'éruption
de 1917, qui détruisit 6
000 maisons et 250 temples dans la région, il fut dévasté
à nouveau en 1926. Quelques
boutiques et, surtout,
des restaurants passables sont
envahis à l'heure du déjeuner. La
vue est très belle sur le lac Batur, et,
lorsque les nuages ne le cachent pas, sur le Batur avec
son panache de fumée.
L'ÂPRE
BEAUTÉ DE L'OUEST DE BALI
Trunyan
On
n'accède à ce village de la côte
nord-est du lac
Batur qu'en bateau
ou par une ascension pénible au
départ de Tianyar. Ses habitants sont
des aborigènes Bali Aga qui ont
conservé des mceurs bien particulières.
Ainsi, ils n'enterrent pas leurs
morts, mais installent les cadavres
à des endroits précis jusqu'à putréfaction.
Ne comptez pas voir la
statue de leur dieu Ratu Pancering Jagat,
que l'on cache aux étrangers. Le
paysage autour de Trunyan est l'un
des plus grandioses de Bali.
L'abondance
des beautés naturelles et
culturelles du sud et de l'est de
Bali fait que les touristes négligent
les montagnes occidentales et c'est bien dommage. L'absence
de routes favorise l'épanouissement des derniers animaux sauvages
de Bali : aigles, • singes,crocodiles,porcs-épics,
iguanes. Le tigre, par contre,
a disparu depuis le début des
années soixante-dix.
Tabanan
A
21 km de Denpasar, Tabanan est
une importante foire au bétail. Cette
ancienne résidence royale s'enorgueillit
aussi d'un célèbre orchestre de gamelan et
d'une excellente
troupe chorégraphique. Les magasins
sont de très bonne qualité.
Gunung
Batukau (2
276 m)
Après
le Gunung Agung, le Batukau
est la plus haute cime de Bali. Mais
ni lui, ni le Pura Luhur, à ses
pieds, ne suscitent, auprès des touristes,
l'intérêt qu'ils méritent, une jungle impénétrable
entourant le temple. Le menu à
sept étages est
consacré au dieu Mahadewa, les sanctuaires évoquent les stûpa thaï. A
proximité, on vénère aussi une source
d'eau chaude : Air
Panas.
L’île
de lombok
Les
touristes connaissent peu cette
île fascinante, séparée de Bali par
un détroit de 1200 m de profondeur,
qui marque la frontière botanique
et zoologique entre les plaques continentales
asiatique et australienne.
A
l'ouest vivent des hindous mais les
aborigènes de Lombok, les Sasaks,sont
tous musulmans. Si tout le
monde suit l'appel à la prière que lance
le muezzin du haut du minaret de
la mosquée de Mataram, la
capitale,
on ne continue pas moins de croire
également aux esprits.
Les
2 millions d'habitants de cette fie-province
(5 435 km2) connaissent
une relative aisance, la chaleur, les pluies et une terre fertile permettant
trois récoltes par an. Les Européens ont laissé
peu de traces. En 1843, le prince de Mataram conclut un
traité de commerce et de protection
avec les Hollandais, qui n'occupèrent
l'île qu'en 1894.
Lombok
est dominé par un puissant
volcan, le Rinjani (3
726 m). Le
panache de fumée qu'émet le cône
situé dans un lac de cratère de
230 m de profondeur, signale qu'une
éruption est possible à tout moment,
si telle est la volonté des dieux
(ascension au départ de Bayan ou
Sapiat, avec des guides).
Contrairement
à l'opinion reçue, on
accède facilement à Lombok, soit en
avion de Bali ou Jakarta, soit en bateau
de Padangbai (Bali).
Sulawesi
(celebes)
située
entre Bornéo et les Moluques, Célèbes, ou Sulawesi, possède
la particularité d'être une île originelle qu'aucune langue
de terre ne relia jamais à l'Asie ou à l'Australie. Essentiellement
montagneuse, elle est couverte de forêts pluviales
en grande partie inexplorées, qui cèdent la place, dans les
régions côtières, à de fertiles plaines alluviales.
Sur les hauts plateaux,
faiblement peuplés, on trouve de beaux lacs comme le Poso
ou le Towuti. Les
volcans de la presqu'île septentrionale, ,, aux
alentours de Manado, restent actifs, contrairement à ceux du sud,
près d'Ujung Pandang, tous éteints.
Sur
189 035 km2vivent
9 millions de personnes d'ascendance variée.
A côté de peuples proto et deutéro-malais, il existe
des tribus
weddide, comme les Saluans de l'est ou les Toalas du sudouest,
ces derniers n'étant connus que depuis 80 ans à peine. Dans
le sud, Buginais et Macassars donnent le ton. Ils parlent des langues
différentes mais partagent la même foi dans l'islam et peignent
souvent leurs maisons en vert, en l'honneur du Prophète.
Ce
sont des marins qui autrefois comptaient parmi les pirates les
plus redoutables de l'archipel. Au nord, quelque 500 000 Minhasas, majoritairement
chrétiens, parlent une langue proche du
tagalog.
Le
sud mis à part, l'infrastructure de l'île reste rudimentaire
et le
tourisme se limite à Ujung
Pandang (autrefois
Macassar), la capitale, Manado et
le pays toraja, où existent les seuls hôtels conformes
aux critères européens. Dans les localités de quelque
importance, on trouve aussi quelques losmen assez
rudimentaires.
Ujung
pandang (macassar)
Macassar
fut, dès le Moyen Age, un
important centre de commerce entre
Java et Bornéo. Les goélettesà
voiles noires du port
de Paotere et
des fortifications rappellent l'âge d'or
du royaume de Goa. Portugais et
Anglais disputèrent la place aux Hollandais, qui débarquèrent
en 1625 et mirent 40
ans pour soumettre Sulawesi. On
voit toujours leurs entrepôts
et l'architecture néerlandaise
marque la vieille ville de son empreinte.
Plusieurs marchés de produits
agricoles se signalent par la
beauté des fleurs.
Curiosités
Port
Rotterdam, au
centre de la ville,
fut construit en 1545 par le roi
de Goa. Il héberge un petit musée nostalgique,
ouvert de 8 h 30 à 12 h
(sauf lun.).
Musée
des Coquillages, sur Jalan Mochtar,
avec des pièces rares et précieuses,
ainsi qu'un jardin d'orchidées.
Dans
les environs, on devrait visiter
aussi le village de Malino,les chutes
de Bantimurung, les
petites fies comme Boletambu ; baignade sur
les plages très belles de Borombong et
surtout PasanggroMn.
Tana
toraja, le pays des torajas
Dans
les montagnes centrales, à 340 km d'Ujung Pandang, quelque 700 000
Torajas vivent sur un territoire
de 3 597 km occupant trois larges
vallées fluviales. Le voyage en
autocar sans suspension, sur des routes
défoncées, dure plus de dix heures,
aussi peut-on préférer une jeep ou une land-rover, même
si cela coûte 14 fois plus
cher.
De
somptueux paysages font oublier
l'inconfort du trajet : mangroves
et rizières travaillées à l'aide de buffles
d'eau, villages pittoresques, cours d'eau sillonnés
de pirogues et de radeaux de bambou.
Derrière la petite
ville côtière de Pare
Pare, la route
gagne les collines couvertes de forêts
et de pâturages. Les petits villages
des Torajas s'élèvent sur des éminences.
Les principaux centres sont Rantepao et Makale.
Vie
et moeurs des Torajas Comme
les Dayaks de Kalimantan et
les Batacres du nord de Sumatra, les
Torajas appartiennent aux plu anciens peuples d'Indonésie. O. pense
qu'ils vinrent de Chine vei 2000
av. J.-C. et furent
refoulé vers l'intérieur
par de nouveau arrivants. Le village le plus anciei s'appelle Enrekang (- le
premie pas). Comme leurs voisins
Posos au nord, ils étaient
encore chasseur de têtes voici quelques décennies Les
Torajas sont fiers, avenants e gais,
et s'adaptent facilement. ILoccupent
fréquemment des poste gouvernementaux
à Jakarta. Pa rieurs acharnés, ils engageaient vo lontiers
fermes et esclaves sur ur coup
de dé avant que l'État ne l'interdise.
Basée
sur l'opposition entre possédants
et non-possédants, la structure
sociale établit une hiérarchie assez
compliquée, mais où l'on peut essentiellement
distinguer 5 % de nobles, Tokapua, 25% de
bourgeois aisés, Tomakaka et
70 % de travailleurs, Tobuda. Jusqu'aux
années vingt de
ce siècle, l'esclavage était à l'ordre
du jour. Les anciens esclaves (Tanakuakua) n'ont
toujours pas beaucoup de
droits, et doivent se placer
pour gagner les quelques
rupiahs nécessaires à leur vie.
Femmes et hommes sont égaux et
aucune tâche n'est rigoureusement
assignée à un sexe ou à l'autre.
L'autorité est assumée par le conseil
du village, dirigé par le plus ancien, l'Ambe
Tonduk, le sorcier ou
guérisseur, Tominaa, étant
maftre des cérémonies.
L'ordre successoral est assez étrange
: l'héritage n'échoit
pas aux descendants, mais au parent qui assura
au mieux le bien-être du défunt,
ou qui sacrifia le plus de taureaux lors des funérailles.
Les
maisons sur pilotis, aux toits de
bambou arqués, ressembleraient aux
bateaux sur lesquels les Torajas arrivèrent
à Sulawesi. Leur riche décoration
reflète la position sociale des
propriétaires. Sur la façade, on cloue les cornes
des bêtes abattues. Les plus belles
se voient à Palawa.
Environ
45 % des Torajas confessent
le christianisme, 5 % l'islâm, mais
50 % pratiquent toujours l'antique
animisme de l'Aluk Todolo, basé
sur le culte des ancêtres. Le créateur de toute
chose tolère l'activité
des âmes des morts, c'est-à-dire
d'esprits dont l'influence peut être
désagréable et qu'il s'agit d'amadouer
à l'aide d'offrandes nombreuses.
Les
rites funéraires des
Torajas
Les
croyances diffèrent de village en
village, mais on admet généralement
que si le cérémonial s'est déroulé
selon les règles, l'âme, Anitu, se
rend à Puya, la « région de la
félicité », accompagnée de celle des
animaux sacrifiés, dont l'importance
détermine le bien-être dans l'au-delà.
On
célèbre les funérailles en deux temps. La première
cérémonie est une
sorte de reconnaissance officielle
du décès. Pour la deuxième, que le
mort embaumé attend parfois des mois
ou des années en fonction des oracles, on construit
un village destiné à
accueillir les invités autour des
pierres sur lesquelles sont sacrifiés les taureaux.
Vraiment
mort à présent, le défunt
peut être enterré. Les plus pauvres
sont simplement enterrés, les
plus riches portés dans une niche tailléedans une paroi rocheuse. lis
sont accompagnés du Tau-Tau,statue
en bois revêtue des habitsdu
mort, qui fera fonction de gardiendu
tombeau.
Près
du village de Lemo, on
peut en voir des groupes
entiers, qui fixent l'éternité
de leurs yeux de coquillages.
Dans d'autres lieux, on place
les morts dans des maisons en miniature, comme on le constate près
de Marante.
Curiosités
du pays des
Torajas
Sigundu,
Mendoe et Maranta : villages
caractéristiques aux maisons superbes.
Kaburan
Batu : impressionnants tombeaux
taillés dans le roc.
Londa : Tau-Tauinstallés
sur des balcons ;on
peut visiter les cryptes.
Lemo : tombes
du XVIIe s.
Manggala : la
maison de l'ancien est particulièrement belle, ainsi
que les greniers à riz.
Visite possible d'un intérieur.
Tobarana : village
de tisserands.
Tondon : belles
tombes, dont l'une remonterait à 7 siècles.
Tambolang :
également de superbes
tombes.
Pangli,
Palawa : deux
beaux villages distants de 2 lun. Pierres levées dans
les bois proches.
To
Karau et Rantepao : marchés fréquentés
par les habitants de la jungle.
Marante : village
de morts près de Rantepao.
Droit d'entrée.
Batutumonga : on
rejoint ce village d'altitude, au-dessus de Rantepao, à
pied ou en jeep. Panorama superbe sur
le pays des Torajas.
Pana : vieilles
tombes dans un bois de bambous,
sur le chemin pédestre de
Rantepao à Batutumonga.
L'hospitalité
en pays toraja
Il
existe une série d'hôtels séduisants
et relativement confortables à Rantepao (22 000
hab.), notamment Toraja Cottage,etMakale (hôtel Batupapan) et
une douzaine de losmen et
de wisma, simples
mais propres.
Ils servent une cuisine mieuropéenne,
mi-indonésienne, mais on
trouve des plats plus typiques dans
les petits restaurants. Une ou deux fois par semaine, on peut voir des
spectacles de danses torajas organisés
dans les hôtels pour les visiteurs.
Les
molusques
LES
fabuleuses à l'époque où les épices valaient
« leur pesant d'or
», où les Portugais établirent leur base commerciale
en 1522,
les Moluques font partie des régions les moins développées
de l'Indonésie. La superficie des terres et des eaux correspond
à une fois et demie celle de Kalimantan, mais les quelque
1 000 îles de taille inégale, dont de nombreuses sont inhabitées,
ne représentent que 4 % du territoire. Entourées de récifs
de corail, beaucoup d'entre elles sont d'origine volcanique ; certains
volcans sont d'ailleurs toujours en activité. .
La
population, au nombre d'1,2 million,
vit de l'agriculture : girofle, muscade,
café, cacao, sago et de la pêche :les
eaux sont riches en thon et
en crustacés. Les mois les plus favorables
pour le riz sont mars et septembre, lorsqu'il pleut moins. La
mer est aussi plus calme à ce moment-là,
ce qui favorise la navigation,
quasiment le seul mode de communication
entre les îles.
Couvert
en grande partie de jungle
et de forêt pluviale, l'archipel ne
possède au total que 2 000 kmde routes, généralement
non stabilisées et inconfortables.
Pour y séjourner, il faut aimer marcher, se passer
de tout confort et partager la cuisine des autochtones, ce
qui ne va pas sans poser de problèmes d'hygiène. Halmahera, Ceram et Amboncommencent
à s'équiper,mais
il faudra attendre encore 10 ou
20 ans avant que les Moluques ne s'ouvrent
vraiment au touristique.
L'archipel
se divise en Moluques du
Nord, dont les principales îles sont
Ternate, Tidore, Halmahera, et Moluques
du Sud, avec Ambon, Ceram, Banda, Buru, Aru, Kai et Tanimbar.
La capitale administrative est la
ville d'Ambon, autrefois Amboine.
La
plupart des grandes îles sont montagneuses,
et les éruptions volcaniques
fréquentes. Le climat est humide,
avec une saison sèche d'août
à mars et une saison de pluies
abondantes d'avril à juillet. Des
cargos relient plusieurs lies de l'archipel
des Moluques à Java, Célèbes et Irian
Jaya.
Ambon,
île d'une superficie de 480
km2, est à
2 389 km de Jakarta (3
h 30 de vol). II y a
aussi des liaisons aériennes
avec Surabaya, Ujung Pandang,Denpasar et Jayapura,
capitale de l'Irian Jaya, et
des bateaux de Jakarta, Surabaya et
Ujung Pandang.
L'île
est constituée de deux parties, Hitu, au nord, et Leitinor,
au sud, réunies par l'isthme
de Paso, la capitale administrative.
La
terre, fertile et verdoyante, produit
le clou de girofle (1/5e des terres cultivées), vendu
aux manufactures de cigarettes de
Java, et le sagoutier, dont on extrait la farine de
sagou pour cuire le pain.
De
magnifiques plages désertes de
sable blanc entourent l'île, avec de
remarquables récifs et atolls de corail : Natsepa,
Amahusu, Toisapu, Latuhalat, où
l'on pêche la langouste.
Attirés
par le commerce des épices,
les Portugais s'installent dans l'île
au XVIe s. et sont chassés par les
Néerlandais dès le début du XVIIe.
En 1648, un soulèvement se termina
dans une répression sanglante.
Après l'indépendance, une sécession
créa la république des Moluques
du Sud à Ambon. Le gouvernement
indonésien mata la résistance
et des milliers de Moluquois
durent s'exiler aux Pays-Bas, mais
les mouvements de guérilla durèrent
jusqu'à la fin des années soixante.
La
population est à 50 % chrétienne
et à 50 % musulmane.
Fondée
le 17 septembre 1575, la ville
d'Ambon fut, pendant des siècles,
le port le plus important de Sulawesi
à l'Irian Jaya. Il y a plusieurs hôtels, dont le plus
sympathique, Halong
Inn Seaside Cottage, est
situé sur la plage, à 6 km de la ville
(accès en bemo). En
passant tôt le
matin sur pasar ikart, lemarché
aux poissons, on se rend compte
de la richesse de la mer tortues
géantes, seiches, crabes, que
l'on déguste dans les petits restaurants
du centre.
Au musée
Siwalima, on
peut voir des
costumes traditionnels, des totems
et des statuettes en bois des îles
Tanimbar, et des instruments de
musique (ouvert jusqu'à 14 h).
On
se déplace dans l'fle en bemo, dont
la gare se trouve derrière le marché.
Les destinations sont inscrites
sur la carrosserie.
Soya
est un village à 2 heures de
marche au-dessus d'Ambon, à travers
forêts et hautes herbes. On peut
continuer, toujours à pied, vers le
village d'Emma, en
passant par le Gunung Seriman,d'où
la vue est magnifique sur toute la côte méridionale
de l'île.
Le
village d'Hila se
trouve sur la côte
nord d'Hitu, à 42 km d'Ambon. La
route est mauvaise mais la pro-, menade
superbe, à travers les plantations
de muscadiers et de girofliers.
Il y a des vestiges d'un fort portugais,
où pousse un énorme banyan,
une église construite en 1780
et une mosquée du XIVe.
Ambon
est le point de départ des visites
vers les différentes îles de l'archipel.
Ceram
est la plus grande des Moluques
du Sud. L'île est montagneuse (point
culminant : 3
000 m) et couverte de forêts
où abondent les perroquets.
Il
y a aussi des plantations de girofliers
et de muscadiers. Pour s'y rendre,
on peut prendre l'avion d'Ambon
à la ville d'Amahai, le ferry
à Tulehu, au nord de l'île d'Ambon, ou louer un bateau à Tulehu.
Il y a peu de bemo pour circuler
sur l'île, mais on peut faire de
merveilleuses promenades en bateau,
le prahu, d'un
village à l'autre de
la côte.
Saparua,
à 3 heures de bateau à l'est d'Ambon, a un marché
aux poissons
très coloré le mercredi et le
samedi, une forteresse en bon état
défendue par des canons et une belle
plage à Waisisil.
Situées
à 130 miles d'Ambon à laquelle elles sont reliées
par avion, les îles Kei possèdent
des plages de sable blanc
et des jardins de coraux. II y
a un centre de culture des perles à
Difur. On peut loger
dans les missions catholiques
hollandaises près
de l'aéroport. Il y a peu de moyens
de communication sur les fies.
L'archipel
Banda, à 160 km au sud d'Ambon
(avion), est composé de 9
petites îles aux volcans actifs. Le plus haut, Gunung Api, dresse
ses 600 m au-dessus du port
de Bandanaira.
Les
îles Kai, Aru et Tanimbar, au sud
des Moluques, -sont à l'écart des
circuits touristiques. On attend souvent des semaines pour
trouver un bateau au départ
d'Ambon, mais il y
a quelques vols vers Tuai, sur
les Kai, une poussière d'îles et d'îlots
de 900 km2. Les
îles Ara sont peuplées de casoars, d'oiseaux de paradis
et de kangourous. Logement dans
les missions.
Ternate,
île de 9 km de diamètre et
de 40 km2
de superficie, est le centre administratif
des Moluques du Nord, avec
400 000 habitants environ
sur 353 îles. Il y a des liaisons
quotidiennes avec Ambon et
plusieurs fois par semaine avec Ujung
Pandang.
Les
sites naturels sont grandioses. L'île
compte une dizaine d'importants
cratères, dont le Mamuja etle Gamalama, encore
en activité. On y accède
à pied depuis la ville de
Ternate, construite sur ses flancs.
Les tremblements de terre sont
nombreux.
Il
y a des plantations de cocotiers et
de girofliers. On peut visiter de nombreuses
forteresses, dont Kastella, construite
par Magellan luimême
en 1522.
A
Ternate ville, qui compte plusieurs hôtels, la population est
musulmane
à 90 %. On peut y voir une
mosquée du XIIIe s., un petit musée
d'armes européennes du XVIe
s. et plusieurs forts, dont les plus
importants sont Benteng Oranje
et Tolokom Kayu Merah.
De
3 à 7 km de la ville, il y a de superbes
plages où l'on peut pêcher en
eau transparente et poissonneuse: Bastion beach, Ngade
beach et Sulamendaha. A
Batu Hangus, 4 km de
la ville, on peut voir une rivière de lave séchée
et un giroflier de 350
ans et de plus de 30 m de haut. Laguna, à
7 km, et Tolire, à 24
km, sont deux lacs où poussent des
lotus.
Makian,
à quelques
heures de bateau
au sud de Ternate, est une jolie île dominée, elle aussi,
par un volcan
de 1000 m aux éruptions fréquentes.
La population vit surtout
sur la côte. Aux environs, se trouvent plusieurs îles coralliennes.
Tidore,
la voisine de Ternate, que l'on
atteint par bateau à moteur, a deux
grands marchés à Rum et à Sao
Siu. Son volcan de 1 730 m est
le plus souvent caché dans les nuages.
On peut résider au Government guest house.
Halmahera,
la plus grande des Moluques,
accessible depuis Ternate, est
couverte de montagnes et de forêts
qui regorgent de perroquets, de
cacatoès, de papillons et d'orchidées.
Deux sommets culminent à 1500 m. Au nord, on peut atteindre le
volcan Mamuja (930
m) par 3 km de route puis 3 km de sentiers. Il y a
peu de transports sur l'île, mais on
peut faire du cabotage d'un village à l'autre.
A
troisième fle du monde est partagée entre l'Indonésie
et la
Malaysia, au nord, où se trouve également l'enclave dusultanat
de Brunei. Les communications se font principalement
par voie fluviale, mais les routes, encore rares et
limitées principalement aux alentours des grandes villes : Pontianak,
Ketapang, Palanka Raya, Banjarmasin, Balikpapan et Samarinda, se
développent pour contribuer à l'essor économique.
L'exploitation des immenses richesses naturelles se fera hélas au
détriment de la forêt pluviale.
Jungle
et chasseurs de tête
Pour
les Européens, Bornéo reste synonyme de forêts vierges
inexplorées
et de Dayaks chasseurs de tête.
Mais les touristes aventureux s'apercevront
rapidement que les habitants vivent paisiblement en s'adonnant
à l'agriculture et chassent
un rare gibier à la sarbacane. On peut aujourd'hui explorer des régions
comme celle du fleuve Mahakam, au
centre de l'lie, alors qu'il
y a dix ans à peine, on ne savait
pas trop si la chasse aux têtes était abandonnée. Certains
indigènes
croient toujours qu'un fiancé doit
se procurer une « tête » dans un
village éloigné avant de pouvoir se
marier. Symboles de l'affirmation de
soi et du courage des Dayaks, par
ailleurs accueillants et serviables,
ces trophées, macabres, qui
ornent
toujours le faîte de leurs maisons
allongées, ne choquaient pas
leurs hautes conceptions morales
et leur sens aigu de l'organisation
sociale.
Les
Dayaks vivent en communautés familiales, dans des maisons en
bambou très allongées, certaines dépassent
100 m, pour 15 m de large,
construites au bord de cours d'eau,
sur pilotis pour les préserver des inondations. Le long
d'un couloir central se trouvent,
à gauche les compartiments
communautaires, à
droite les cellules pour les époux. Quelque
120 personnes ou 10 à 20 familles
vivent dans une maison, véritable
refuge contre la jungle environnante,
sous l'autorité d'un chef
» élu démocratiquement.
Les
Dayaks sont serviables et extrêmement accueillants, et une nuit ou
deux passées sous leur toit ne présentent
qu'un inconvénient : le bruit.
Lorsque enfin les hommes cessent
de palabrer, les coqs ne tardent
pas à chanter ! Séjourner quelques
jours chez eux, les voir travailler dans les cultures de maïs ou de
riz des montagnes selon des méthodes ancestrales, ou danser dans
leurs costumes brodés de pièces
d'argent, sont une expérience inoubliable
et aussi peu dangereuse que
le voyage à travers la jungle secrète et mystérieuse.
Seuls
les voyageurs, ayant suffisamment
d'expérience et sachant organiser
une expédition, devraient s'aventurer
seuls à Kalimantan, où l'équipement
touristique est quasi inexistant et les hôtels aussi rares que
les restaurants. Aussi les organisateurs
de voyages proposent-ils quelques
circuits sous la conduite de
guides locaux.
Banjarmasin : reliée
par des vols quotidiens
à Jakarta, Surabaya et Balikpapan,
Banjarmasin, capitale du Kalimantan méridional, dispose d'un
port et d'un aéroport importants.
On peut également venir en bateau de Surabaya et Balikpapan. Hôtels
et losmen, peu
chers, y sont nombreux.
C'est
une cité lacustre construite sur
des marais. On s'y déplace en pirogues,
les klotok, sur
de petits canaux
où se tient un merveilleux marché
flottant. La ville est le centre de la production de pierres précieuses,
dont on peut visiter les lieux
d'extraction. Elle compte quelque
300 000 habitants, à majorité musulmane.
Balikpapan,
construite sur pilotis dans
des marécages de la côte orientale,
a connu un grand développement
grâce à la découverte "de champs
de pétrole. Une importante colonie
occidentale y travaille pour la Pertamina et
des compagnies occidentales.
La ville est reliée par des
vols quotidiens à Jakarta, Surabaya,
Ujung Pandang, Denpasar, Ambon
et Samarinda. L'infrastructure
hôtelière est assez importante, etil existe
même quelques boites de
nuit. La vie est plus authentique et moins chère, notamment
l'hébergement, dans le port de Kampong Baru. On
se déplace en taxis collectifs.
Il y a une belle vue sur la ville et
le portde
la colline de Pasar Sisir.
Samarinda
est située à 115 km au nord
de Balikpapan, à laquelle elle est
reliée par avion et par bemo, sur
les rives de la rivière Mahakam. On
peut remonter cette dernière sur
600 km en pays dayak, jusqu'à Tanjong
Isui (un jour et une nuit), Muarakaman, Longiram et Longbagun.
La ville vit de l'exploitation forestière,
et l'on peut voir de nombreux
tl ottages de bois et cargos sur la
rivière. Des bateaux-taxis relient la
vieille ville, Sebarang, sur
larive droite, à la ville
moderne-,et administrative,
sur la rive gauche.Il existe plusieurs
hôtels.
De
Samarinda on peut se rendre, en
pirogue ou en bemo, à Tenggarong
(40 km
au nord), centre culturel
des Dayaks qui s'y réunissent pour
une fête qui dure une semaine à
la fin du mois de septembre. La route,
très étroite, longe la rivière et traverse
de pittoresques villages construits
sur pilotis. Capitale de l'ancien
royaume de Kutai, Tenggarong,
construite en bois, conserve le
palais d'un sultan, reconstruit dans
les années trente et transformé en musée. On peut
y voir, notamment, une intéressante collection de porcelaines
et de faïences chinoises ainsi
que des statuettes en bronze des
dieux Brahma et Vishnou.
Pontianak,
capitale du Kalimantan occidental,
compte 230 000 hab. en majorité
chinois. Sillonnée de canaux,
la ville est située de part et d'autre de l'estuaire de la rivière
Landak. Elle est reliée par air et mer
à Jakarta et dispose d'une infrastructure hôtelière
moyenne. L'économie repose
sur l'exploitation forestière et l'agriculture. Pontianak
exporte le caoutchouc provenant des
plantations d'hévéa.
La
nouvelle-guinee occidentale (irian jaya)
la
partie occidentale de la deuxième île du monde appartient,
depuis 1963, à l'Indonésie dont elle représente, avec 400
000 km2, 22
% du territoire national. Le nom remonte à
un capitaine espagnol qui, en 1545, trouva que le paysage
et la population ressemblaient à ceux de l'Afrique.
Quelque
600 000 immigrants sont venus
s'ajouter aux 800 000 autochtones.
La capitale est Jayapura (30
000 hab.). Les forêts couvrent 80
% de la superficie de ce pays contrasté
: immenses plages de sable
bordées de bois de palmiers, mais
aussi 10 cimes qui dépassent 4 900 m, dominées
par les 5 030 m du Gunung
Puncak. De vastes
régions de l'île restent inexplorées. La mise
en valeur exige des fortunes, aussi
la Nouvelle-Guinée restera-telle
pour longtemps l'une des terres vierges
de notre planète.
Des
peuples nombreux parlent plus de 900 langues différentes. Les Mélanésiens
prédominent dans les zones
côtières, à l'intérieur vivent plusieurs
centaines de tribus papoues
parlant eux-mêmes 200 langues différentes. La discrimination en
matière d'éducation et d'emploi, notamment,
a suscité des mouvements
d'indépendance ou de rattachement
à la Papouasie NouvelleGuinée,
l'est de l'île indépendant depuis
1975. En raison de l'insécurité politique, il
faut un visa spécial, délivré
en Indonésie, pour visiter Irian
Jaya.
Le tourisme, tant individuel qu'organisé,
est rare. Les villes de Biak et Jayapura,
ou quelques
localités
plus petites, sont desservies par la compagnie aérienne Garuda et
disposent de bons hôtels fréquentés
surtout par des hommes d'affaire.
Informations
utiles
Le
pays et ses habitants
Géographie
physique : située
entre 6° de latitude
nord et 11° de latitude sud,
le 95e et le 141e degré de longitude est, l'Indonésie
s'étend sur 5 700 km de Breueh, à la pointe nord-ouest de
Sumatra, à la frontière d'Irian
Jaya et plus de 2 000 km du nord au sud. Elle fait partie de
l'archipel malais, et
compte 13 677 îles
qui possèdent, au total, 61000 kilomètres de
côtes. Le territoirenationalmesure
2 027 087 km', les eaux territoriales 3
166 163 km2. Une
chaîne volcanique
traverse les îles de la Sonde de Sumatra
aux Philippines. Il existe plus
de 400 volcans sur les seules îles indonésiennes,
dont 70 restent
en
activité (Java en a 113, dont 15 en activité). L'éruption
la plus célèbre et
la plus violente fut celle du
Krakatoa, ou Krakatau, dans le détroit de la Sonde, le 27 août
1883, détruisant
les deux tiers de l'île. Le nuage de cendres, haut de
30 km, fit douze fois le tour de
la terre. Le plus haut volcan
est le Kerinci, à Sumatra
(3 812 m), le point culminant
de l'Indonésie le Puncak Jaya (5
030 m), dans la jungle
de Nouvelle-Guinée.
L'activité
volcanique ne produit pas seulement des destructions catastrophiques,
elle dote aussi les nombreux
peuples des îles d'une fertile
terre agricole, idéale pour la culture du riz. Les forêts
couvrent 56
% des terres.
La
population : dans
un pays dont d'énormes
territoires restent inexplorés,
l'explosion démographique (taux
d'accroissement : 2,2
%) pose de grands problèmes
à Bali, et surtout
à Java qui, sur 7 % de
la superficietotale,
compte 60 % d'une
population totale estimée à 165
millions de personnes. Le gouvernement essaye de déplacer
la population vers d'autres îles,
mais la plupart des gens
retournent dans leur patrie
au bout de quelques années.
L'État
L'unité
dans la diversité » : cette devise
nationale illustre les difficultés
de grouper dans un seul État, une nation, des peuples si divers. Le
préambule de la constitution démocratiqueet
républicaine de 1945
énonce les 5 principes de l'idéologie,
la Pancasila : foi
dans la
toute-puissance de Dieu, l'humanité,
l'unité, la démocratie et la justice
sociale. Le président de la République,
à pouvoirs étendus, le Parlement,
la haute Assemblée consultative,
la Cour des comptes et la haute
Cour de justice sont responsables
devant l'Assemblée consultati
ve.
Trois grands partis représenter le
peuple : Golkar(groupe
fonction nel
à caractère corporatif), PPP (pa ti
du développement unitaire/difff rents groupes musulmans) et Pl (parti démocratique indonésien 73
% des parlementaires appartier nent
au Golkar.Le
parti commun: te
est interdit depuis la tentative d coup
d'État de 1965.
Les
25 provinces et les deux ré gions
à statut particulier de Jakart et
Aceh disposent d'une grand autonomie
administrative, mais 1 concept
fédératif originel n'a pa trop
fait ses preuves. L'influent militaire
est très sensible, mais 1 gouvernement
réfute le terme d dictature
militaire, au profit de cela de
« démocratie dirigée ».
Économie
et exportation
Pays
agraire, l'Indonésie doit de venir
une puissance industrielle Elle possède de nombreuses riches ses
naturelles, et se situe au premie. rang
mondial pour l'exportation df bois
tropicaux. Elle détient la plugrande
superficie de forêt pluvial( après
le Brésil, mais 52 million d'hectares ont été abattus er20
ans. Personne ne connaît l'ira portance
des réserves pétrolières, mais
la production journalière at teint
1,9 million de barils, soit 302
millions de litres (l0° rang mondial).
A Sumatra, Java et Kaliman. tan on exploite des mines de charbon, -à
Billiton et Bangka l'étain, à Sulawesi
le nickel. Le cuivre existe en
grande quantité en NouvelleGuinée,
l'or et l'argent à Java et Sumatra.
La bauxite de l'île de Bintau
permettrait même la création d'une
industrie de l'aluminium.
Les
années 1965/1966 virent la naissance
de mesures pour relancer l'économie
comme la lutte contre l'inflation
et la corruption, l'encouragement
à l'exportation et aux investissements
étrangers. Les programmes
quinquennaux furent tenus et même dépassés.
L'Indonésie
exporte surtout du pétrole, desproduits agraires (caoutchouc,
tabac, café, huile de palme, le poivre et d'autres épices), des
machines, des produits non manufacturés et de l'acier. Les
matières premières doivent céder la place aux
produits semi-finis et finis.
Le
climat équatorial détermine ®
une chaleur humide et guère de
différence entre le jour et la nuit. Le début des saisons
chaudes et humides
diffère de région en région. Il
pleut moins de mai à octobre que de
novembre à mars/avril, saison humide
et un peu moins chaude. Lesprécipitationsatteignent 4
000 mm à Kalimantan, 2 000 dans le
nord de Java et 2 700 à Bali. Le thermomètre
peut tomber à 24° C, mais
monte fréquemment au-delà de 33°
C. Les températures diminuent surtout
en montagne (compter un degré
par 100 m d'altitude). L'humidité de l'air atteint presque
partout 80 à 90 % !Comme
partout en Asie du Sud-Est, le temps dépend de
la mousson.
Pour
voyager die en île, et surtout
pour visiter les régions montagneuses
ou forestières, à l'infrastructure
rudimentaire, choisissez la saison
sèche, d'avril à septembre.
La
flore
En
raison des pluies et de la structure
du sol, l'Indonésie possède une
flore plus nombreuse et plus diversifiée
que toute autre région équatoriale
ou tropicale : on
recense plus de 42 000
espèces, dont 20 000 orchidées
différentes, qu'une commission internationale et la
British Horticultural Society
s'efforcent de classer.
Plus
ou moins importantes selon les
îles : 10
% seulement à Java et 18
% dans les petites îles de-la
Sonde, mais 40 % à Sumatra et 60 à
70 % à Kalimantan et en NouvelleGuinée,
les forêts sont très diverses : pluviale,
de conifères, de mousson, à l'est de Java même
des exploitations sylvicoles
de tek. Sur les côtes
de Sulawesi et de Sumatra, la
mangrove agrandit les terres émergées.
Sur les îles proches de l'Australie
règne la savane. En Nouvelle-Guinée,
la zone alpine, qui s'étend
de 3 000 m à la limite des neiges
éternelles, ressemble à celles d'Asie
continentale et d'Europe.
Parmi
les arbres les plus importants,citons
le palissandre, lecamphrier,
le marronnier, le tek, le banyan,
la casuarina, l'ashoka, le frangipanier,
le caroubier, le tulipier,
toutes sortes de bambous et de
bananiers, les fougères arborescentes.
Dyns les montagnes de Java croissent
'les pins, les lauriers, la myrte et une espèce locale d'edelweiss.
Les fleurs prennent des formes
et des couleurs inimaginables. Dans
les vallées abondent cytise, jasmin,
rhododendron, hortensia, eucalyptus,
bougainvillée, hibiscus et
bien d'autres. Rdfflesia arnoldii, qui
atteint 1 m de diamètre et un poids
de 7 kg à Sumatra, est la plus grande
fleur du monde. Sans feuilles ni
racines, elle parasite la liane GLçsus.
Il faudrait nommer aussi d'innombrables
plantes carnivores, herbes et
mousses. La liste des plantes
cultivées est elle aussi, très longue :
nombreuses variétés de fruits et de riz, caoutchouc, girofle, cannelle,
poivre, muscade, café, cacao,
gingembre, vanille, soja, igname,
tabac, manioc, mais, piment, cajou
et arachide, canne à sucre, etc.
La
faune
Comme
pour la flore, la fameuse ligne
tracée par le géologue Wallace isole
la flore des îles jadis reliées à
l'Asie ou à l'Australie, la zone occidentale
étant la plus riche en espèces.
Il reste quelque 600 tigres dans
les jungles de Sumatra, beaucoup
moins à Java, l'éléphant ne subsiste
qu'à Kalimantan et Sumatra, le rhinocéros sans corne
à Java, le crocodile dans
les marécages et les
mangroves. II y a des
ours, de nombreuses espèces
de singes dont de rares orangs-outangs à Kalimantan
et Sumatra, où vit aussi le tapir, des
cerfs, et même un cerf nain de 30 cm de haut, kancil, des
chevreuils,
des sangliers et des porcsépics, des bceufs sauvages, et une multiplicité
de serpents, dont le cobra
et le python, auxquels on est d'ailleurs
rarement confronté si l'on ne
s'aventure pas loin des chemins. Autour de l'île de Serangan
vivent les tortues de mer, à
Komodo le varan, lézard géant qui compte parmi
les animaux les plus anciens du
globe. Chaque île possède des oiseaux spécifiques
: en NouvelleGuinée,
par exemple, s'ébattent les oiseaux
de paradis et plus de 400 espèces de casoars. Les plus beaux sont
peut-être les perroquets, les cacatoès,
les loriots, les hérons et les méliphagidés.
Parmi les chauvessouris,
il existe une espèce dont l'envergure
atteint 1,50 m.
Comme
on peut le constater sur les marchés, les eaux abondent en poissons
et crustacés : langoustes et crevettes, thons, soles, maquereaux,
barbues, etc. Les requins ne s'aventurent que rarement entre les récifs
de corail et la plage ; dans cette
zone-là, il faut plutôt redouter les venimeux
serpents de mer. Dans les eaux
douces, on élève poissons rouges,
carpes et grenouilles. Très célèbres
aussi, sont les guramis, dont
font partie les macropodes et les combattants.
L'Indonésie
compte déjà 150 réserves
pour protéger les espèces menacées.
La plus grande est le parc
national de Gunung Leuser, au nord
de Sumatra (tigre, éléphant, rhinocéros,
orang-outang), suivi de la
réserve de Baluran, dans l'est de
Java, le parc d'Ujung Kulon, à l'ouest
de Java (panthères, buffles), l'île
de Komodo et la réserve ornithologique
de Pulau Dua au nord ouest
de Java.
Les
animaux domestiques les plus importants
sont l'indispensable buffle d'eau,
dont il existe plusieurs variétés,
le zébu, de petits bovins laitiers,
des porcs aux ventres pendants
qui déambulent parmi les chiens, les poules, les canards,
et les cicaks et
les tokés, des
sortes de petits
lézards qui débarrassent maisons de leurs insectes.
Tous
les étrangers ont besoin d'un passeport valable encore six
mois, les enfants devant posseder
le leur ou figurer sur celuide
leurs parents. Depuis 1983, voyageurs
originaires de certains pays
occidentaux, dont la Belgique, la
Suisse et la France, sont dispensés
de visa pour un séjour touristique n'excédant
pas 2 mois, à condition
d'entrer par les ports ou aéroports
de Jakarta, Medan, batam,
Pekanbaru, Bali, Menado, Ambon
et Biak. Il faut aussi présent un
billet de retour.
Pour
les affaires, le visa est indispensable.Il faut
en indiquer nature, joindre un certificat de bonnes vie et meurs et une
enveloppe timbrée
pour un envoi recommandé si
l'on ne vient pas chercher soi-même le
visa. Pour un séjour de plus de trois mois, il faut
un visa semi-permanent
». Pour un prolongement, une seule solution voyage
vers un consulat indonésien à
l'étranger. Seuls les services d'immigration
de Bandoeng, Ujung Pat dang,
Lombok et Surabaya accordent
parfois un prolongement jusqu'à
4 mois. Ne dépassez jamais la
date d'expiration, vous pourriez attendre l'étude de votre «
cas » e prison !
L'hôtel
ou la pension se charge généralement
de la déclaration obligatoire
de votre séjour mais, si vous résidez
chez des particuliers, vous ne couperez pas à la visite au commissariat.
Vaccinations
obligatoires
Seul
le vaccin contre la fièvre jauneest impératif pour les voyageurs
ayant séjourné dans une zone
infectée dans les 6 jours précédant
l'arrivée en Indonésie. Nous vous
conseillons également de vous immuniser contre le typhus, le choléra,
le tétanos et le paludisme, dont
la prophylaxie est imposée aux Indonésiens.
Votre médecin saura vous
conseiller le vaccin adéquat.
L'infrastructure
touristique est © nulle ou
luxueuse selon les endroits,
et il ne faut pas s'attendre partout
au confort hôtelier de Bali. Dans
les lieux « d'intérêt touristique
» on trouve toutes sortes d'hébergement.
Dans les dormitories, on
dort en salle commune. Dans les penginapans,
ou peng-x, le confort et
les prix, toujours modérés, varient
d'île en île. Les wisma,sortes de
maisons d'hôtes et les losmen, pensions de familles
correspondant aux critères européens, ne coûtent pas
cher non plus. Enfin, la gamme des
hôtels s'étend de l'établissement
modeste au palace international,
dont le prix dépasse nettement les normes asiatiques.
S'il faut réserver suffisamment
à l'avance des chambres
dans les villes, on trouve toujours
à se loger dans les losmen, sauf
à Sanur et Kuta. Ne négligez pas les mesures
de sécurité : verrou et
coffre pour les objets de valeur.
La
monnaie officielle est la rupiah (Rp), qui
suit les fluctuations
du dollar américain. 1 $ env.
1 730 Rp actuellement. Elle est subdivisée
en 100 sens, dont vous n'entendrez
parler qu'au marché des
villages les plus reculés. Il existe des billets de
100, 500, 1000, 5 000 et 10 000,
ainsi que des pièces de 5,
25, 50 et 100 rupiahs.
On
accepte quelques monnaies européennes, mais il vaut mieux voyager
avec de l'argent américain ou
des chèques de voyage en dollars (pratiquement
inconnus, les eurochèques sont rarement acceptés). Aux
heures de fermeture des banques,
on peut changer des dollars en
petites coupures (1, 2 ou 5) chez les
changeurs « du coin ». Munissezvous de patience
à la banque, car on y calculera
scrupuleusement ce que l'on
vous doit, alors que les hôtels
et les magasins pratiquent souvent
le « change forfaitaire » de 1
$ = 1 000 rupiahs.
Les cartes
de crédit sont
acceptées dans tous les
grands hôtels, mais pas toujours chez les commerçants,
dont la vitrine prétend le contraire ! Le
cas échéant, ils s'y résignent, si l'on
peut dire, en vous demandant de
5 à 10 % de plus que le prix annoncé.
On
peut importer et exporter les devises
sous toutes formes sans limitation,
mais la monnaie nationale ne
peut franchir la douane qu'à concurrence de 50 000 Rp.
Conservez les quittances de change
pour pouvoir la reconvertir.
Les
objets d'usage personnel -appareils
photographiques ou caméras,
postes de radio, jumelles, machine
à écrire, matériel de sport ou de pêche
- ne font l'objet d'aucun
droit. Si leur nombre est important,
faites-les inscrire sur votre passeport
à l'arrivée. Vous pouvez importer
aussi 200 cigarettes ou 50 cigares et deux litres d'alcool. N'essayez
jamais de soudoyer un douanier.
Les
armes, les explosifs, les narcotiques
et les drogues ainsi que les
textes et images à caractère pornographique
et tout livre ou journal
qui « menacent l'ordre public, la sécurité ou la morale
» sont strictement
interdits. Comme en Malaisie
et à Singapour, le trafic de drogue encourt la peine de mort sans
recours. Vérifiez vos bagages avant
l'arrivée ou le départ, pour vous
assurer que vous n'êtes pas la victime
inconsciente de contrebandiers
sans scrupules.
Aucun
problème pour les souve
nirs. Pour les gros achats, conservez la
facture. Cependant, l'exportation d'antiquités est limitée
aux objets de
moins de 100 ans. Dans le doute, demandez
conseil à l'hôtel.
Les
prix
La
vie coûte plus cher à Kalimantan.
et en Nouvelle-Guinée (20 à 30 %) et aux Moluques (10 à
15 %) qu'à
Java, Bali, Sumatra ou les petites
îles de la Sonde. L'alcool coûte
généralement très cher. Les restaurants
les plus avantageux sont ceux
fréquentés par les autochtones.
Vérifiez si le service de 10 à 11 % figure sur l'addition,
il n'existe
pas de règle dans ce domaine.
Le
marchandage fait partie de la vie quotidienne. Le montant de la «
contre-proposition » - 25,
40 ou50 % - dépend
des circonstances, de l'importance de l'achat et de critères
qui ne se laissent pas aisément
définir.
Du
bemo au becak : mi-taxi,
mi-autobus de ligne, le bemo, camionnette
munie de deux bancs,constitue un moyen
de transport très
économique. Il peut charger 10
personnes, mais le receveur, le bemo-boy, en
accepte souvent jusqu'à 16 avec leurs bagages. Ce virtuose
recrute la clientèle, annonce la destination, vous dira
obliga toirement où descendre
et calculera scrupuleusement votre part. Il décide
de tout, sauf de l'itinéraire et de l'heure
de départ, qui sont à la discrétion
du chauffeur. Nous vous déconseillons
de louer un bemo pour vos
excursions, ce qui revient moins cher
qu'un taxi ou un autocar touristique,
car, si vous mesurez plus d'1,50
m, le toit vous empêchera de
voir le paysage. L'oplet ne
se distingue de bemo que par un itinénaire
rigoureusement précis.
Dans
les petites villes le bécak,
ou pedicab, détermine
le paysage urbain et le rythme
de la circulation. II s'agit
de tricycles offrant un siège pour
deux passagers indonésiens aux
hanches étroites ou un Européen.
Sa version motorisée, l'helicak, coûte
plus cher.
Une
voiture hippomobile s'appelle dokar en
indonésien, andong à Java
et bendi à
Sumatra.
Taxis
et voitures de location dans
toutes les localités de quelque importance, devant les hôtels,
aux carrefours, on trouve deux
sortes de taxis : les
uns, portant la mention
sur le toit, possèdent un compteur, c'est-à-dire
un tarif fixe (env. 1000 Rp le
km), les autres ne se reconnaissent que par le cri guttural
lancé par le chauffeur, avec lequel il
faut débattre le prix de la course. Informez-vous
des usages à l'hôtel et munissez-vous de patience :
avant le départ le chauffeur doit faire
le plein, ou de la monnaie, ou conjurer les esprits...
Loués
à la journée, ils coûtent moins cher que les voitures
de louage,
plus pratiques et dont le chauffeur
parle souvent l'anglais (comptez
100 000 Rp pour une journée). Pour
vous sentir en toute confiance, effectuez la location par l'intermédiaire
de l'hôtel ou de l'organisation officielle Nitour, même
si le prix est légèrement
plus élevé. Emportez toujours une carte de votre
hôtel.
Autobus
et autocars circulent en ville
et entre les agglomérations selon
un horaire fixe qui, cependant,
n'est pas toujours respecté. Ils
sont très économiques, mais souvent
sales, bruyants et chauds. Le voyage
de Medan à Jakarta par exemple, soit 2 000 km, dure 4 jours.
II existe
2 000 km de chemins ®
de fer à Sumatra, une petite ligne à Madura et
6 650 km à Java. Les express
de jour et de nuit entre Jakarta
et Yogyakarta (11 h) ainsi que Surabaya (16 h et demie) correspondent
aux normes européennes.
Billets et réservation dans les gares
(Kota ou Gambir à Jakarta), les agences de voyages ou
par l'hôtel.
Des
liaisons aériennes entre ®
toutes les îles de quelque importance
sont assurées, en direct ou avec
correspondance, par Merpati, Zamrud Mandala ou Bouraqu
Airline, ainsi que Garuda Indonesian Airways, de
10 à 15 % plus chère mais
la plus digne de confiance, qui
utilise
des appareils du type DC 9 ou
Fokker F 27. Pelita
Airline, filiale
de la compagnie pétrolière nationale Pertamina, dessert
les petites îles et les
champs de forage aux moyens d'hélicoptères et
de petits avions en acceptant les
touristes.
La taxe d'aéroport est de 9
000 Rp pour les vols internationaux,
4 000 Rp à Jakarta, Denpasar et
Medan et 1 000 à 2 000 Rp dans les
autres aéroports, pour les vols intérieurs. Sont dispensés
les voyageurs en transit et les enfants de
moins de 2 ans.
La
compagnie nationale Peini assure
d'excellentes liaisons régulières
entre tous les ports d'une certaine
importance de l'archipel, avec
des bateaux confortables et des horaires précis. Les plus aventureux préféreront
les voiliers de Sea Trek qui
choisissent des itinéraires à l'écart des circuits
touristiques.
Pour
emprunter les bateaux circulant
sur les grands fleuves, il faut assurer
soi-même son ravitaillement et
accepter de dormir sur une natte.
Voitures
et motocyclettes de ®
location: le
réseau reste à construire.
A Jakarta, Avis assure
la location de voitures
japonaises, à Bali on peut louer des jeeps, dans les
autres grandes iles des motocyclettes.
Pour conduire, il faut un permis
international. Le carburant de Pertamina est
très cher, les postes
d'essence peu nombreux en ville
et très rares à la campagne. Les
routes sont fréquemment mauvaises,
certains tronçons ne sont utilisables
qu'en tout-terrain. Tout ceci
pour vous conseiller de laisser les
autos et les motos aux Indonésiens
qui, d'ailleurs, conduisent comme
des fous. Bali bat tous les records
en matière d'accidents. Et l'assurance est largement inconnue. Unique
point fort : une bonne
signalisation ;on
ne peut pas se perdre. Louez
donc une voiture avec chauffeur !
On
roule à gauche (les véhicules lents
au milieu de la chaussée !), donc : priorité
à gauche mais dépassement
à droite. Les panneaux de signalisation routière correspondent
aux normes internationales. La vitesse est limitée à
80 km et à 40 dans les agglomérations.
Dans
les grandes villes et les ©
hôtels d'importance, courant alternatif
de 220 V, dans les petites localités le plus fréquemment 110
V. Vérifiez au préalable et munissez-vous
également d'unadaptateur.
Prévoyez aussi un rasoir mécanique à cause des coupures
de courant.
Banques
: en semainede 7
h 30 à 13 h 30, le samedi jusqu'à 10 h 30. Musées: de
8 h à 16
h ou 17 h, le vendredi jusqu'à 11
h, sauf lundi. Magasins : pas
de règle générale, les horaires s'inscrivent
entre 8 h et 22 h, avec une pause
entre 12 et 13 h ou 13 h 30 - 16
h). Administrations : lun.-jeu. de
7 h 30 à 14 h, ven. de 7 h à 11
h 30, sam. de 7 à 13 h. Dans tous
les cash informez-vous.
si
vous tenez à vous informer, consultez
les quotidiens locaux de
langue anglaise comme Indonesia
Times à
Jakarta ou Indonesia Daily News à
Surabaya, les rares journaux
français des hôtels internationaux sont déjà
des pièces de musée.
La
radio nationale diffuse quelques
émissions en anglais, de l'est de
Java à Timor, on peut également capter les stations
australiennes. La télévision
émet presque exclusivement en bahasa indonesia. -
A
part les remèdes courants comme l'aspirine, on trouve peu
de médicaments européens,
emportez donc votre réserve si vous suivez
un traitement, ainsi que des moyens
prophylactiques contre les maladies
tropicales, des calmants, analgésiques ou sédatifs, etc.
Leur effet sera influencé
par le décalage horaire
qui bouleverse .l'horloge astronomique à du
corps (comptez un jour
d'adaptation pour 2 heures de décalage).
Pour les mêmes raisons,
ne vous surmenez pas dans les
premiers jours, évitez les repas trop
copieux et l'alcool.
Sur
le chapitre de l'alimentation ne
mangez pas de fruits non lavés, ni
de salade crue, même dans un palace,
ni de glace, ni de poisson cru
ou de mayonnaise, ne buvez pas
l'eau du robinet, ni directement à
la bouteille (les bactéries affectionnent
le goulot) mais avec une paille. Renoncez
aux glaçons dans le whisky
ou le Coca-Cola, sauf dans les très
bons établissements. L'hépatite guette les imprudents.
Le
soleil tropical est redoutable, protégez
votre peau du dessèchement.
A l'heure la plus chaude, imitez
les Indonésiens, faites la sieste.
Contre les moustiques, utilisez une
bombe, un gel ou le moscitorepeller à
pile. Les hautes températures
exigent l'absorption de 2 à 3
litres de boisson. La cuisine locale est
la plus adaptée au climat, ne l'oubliez
pas.
Pour demander un médecin, adressez-vous
à la direction de l'hôtel
ou une représentation consulaire.
On le, règle en argent liquide. Peut-être
feriez-vous bien de contracter une assurance maladie avant votre
départ. Pour appeler une ambulance,
composez le 118 ou le 110 pour
la police et le 113 pour les pompiers.
Les
vêtements
II fait
chaud jour et nuit et en toute
saison, aussi faut-il se munir de
vêtements légers, en coton ou en
lin (pas de tissus synthétiques, non
absorbants). Prévoyez des chaussures
adaptées aux excursions,
d'autres faciles à mettre et à enlever pour les
visites de temples et des souliers de bain contre les coraux
et les oursins. Pour de nombreuses
raisons, évitez le casque colonial,
mais prévoyez un couvrechef et, pour les séjours
en altitude, vestes et chandails.
Inutile de vous encombrer
d'habits et de robes du soir,
mais le short est mal vu (sauf à
la plage). Et n'oubliez pas votre parapluie
ou un imperméable léger et
vos lunettes de soleil.
Le
service ne figure pas tou®
jours sur les notes de bars ou de
restaurants. Dans la négative, laissez
10 à 15 %. Les chauffeurs de taxi
n'attendent pas de pourboire, mais
arrondissez le prix de la cour se.
On donne 300 à 500 Rp ai chauffeur
d'autobus après une excursion,
de 500 à 1 000 Rp à celui de
la voiture de location qui vous a promené
toute une journée, 300 Rr par
jour à la femme de chambre et 300
à 500 Rp par bagage au boy qui vient
de les porter. Les milieux officiels
pensent que les pourboires corrompent, aussi voit-on fréquemment
la mention no
tips.
Il
est d'usage de laisser une offrande
dans les petits temples, dans les
grands on demande de toute façon
une entrée.
La
mendicité
Ignorez les enfants qui mendient, ils chercheront très vite une autre victime et ne vous engagez pas dans des affaires s'ils sont plus de trois, vous seriez vite débordé. Ne leur jetez pas non plus de bonbons pour réussir une belle photographie. D'une manière générale ne donnez d'argent qu'aux lépreux ou aux invalides. Une dernière chose à éviter : en Extrême-Orient, la tête>est le siège de l'âme, ne la touchez donc jamais.