Invitation au voyage

Comment imaginer la capitale d'un pays de plus d'un milliard d'habitants, à la civilisation plusieurs fois millénaire ? Sitôt franchies les premières enceintes de la cité, les mythes et clichés disparaissent peu à peu pour laisser place au silence d'une .ville-campagne » dont les habitants ne se font entendre que par le tintement des klaxons de bicyclettes, côtoyant le long des immenses avenues, charrettes, ânes et camionnettes de toutes sortes. Pourtant, au-delà de son aspect « rural », Pékin offre le spectacle d'un vaste chantier de HLM, répondant à l'urgence d'une démographie galopante. La capitale chinoise, heurtée par le chaos de ses généra­tions, s'ouvre à nos yeux.

Situé à 390 54' de latitude Nord, soit approximativement à la même latitude que Naples, Pékin se niche au fond d'une cuvette encerclée de montagnes de moyenne altitude (de 500 à 1 000 m), de plus en plus élevées vers le plateau mongol au nord. De tout temps, les Pékinois ont forgé des murailles pour se protéger du froid sibérien des longs hivers secs (la température peut descendre jusqu'à - 20° en janvier, accompagnée d'un soleil généreux et d'un ciel bleu). En revanche, les étés très chauds (souvent 40°) sont arrosés de pluies diluviennes et laissent place à un soleil voilé. Les printemps et automne très courts offrent d'agréables températures que les Pékinois savent goûter au gré de leurs promenades dans les multiples parcs et jardins qui font le charme de la capitale chinoise.

Apparemment, Pékin porte peu de vestiges de son passé. Pourtant, les différentes dynasties y ont construit bon nombre d'édifices dont beaucoup subsistent encore, cachés par des murs ou dans des parcs.

La ville, depuis ses origines, possède une architecture quadrillée parfaite avec trois quartiers principaux : au nord, la ville intérieure ou K ville tartare » qui abritait autrefois les résidences de l'élite (hauts fonctionnaires, notables, etc.) ; au centre, la ville impériale (Cité Interdite) où logeaient l'empereur et la cour, qui côtoie la place Tian An Men, centre géographique de l'actuelle capitale ; au sud, la ville extérieure ou « ville chinoise » qui rassemblait les masses populaires. Aujourd'hui ces « villes » ont perdu leur fonction d'autrefois, mais on distingue encore nettement les trois quartiers.

La capitale chinoise s'organise aujourd'hui en un vaste damier dont les principales artères s'orientent nord-sud/est-ouest. Ses habitants empruntent des M hutong » ou ruelles traditionnelles au charme typiquement pékinois qui relient les grandes avenues entre elles.

L'une des premières impressions ressenties en sillonnant la ville est l'immensité ; la capitale n'a pas de limites (la rue de la Paix­ Éternelle qui traverse Pékin d'est en ouest s'étend sur 40 km). Les dix millions d'habitants que rassemble la ville intra-muros y semblent perdus et la foule n'est dense qu'aux heures de pointe ou dans les quartiers commerçants.

Aujourd'hui, Pékin, centre politique, administratif et culturel de la Chine, est devenu une capitale internationale attirant des touristes du monde entier et des hommes d'affaires à la recherche de nouveaux marchés.

 

Pékin : ville préhistorique

La découverte des ossements du sinanthrope, en 1929 à Zhoukoudian (banlieue sud-ouest de Pékin), prouve que la région fut habitée dès la Préhistoire. Les fossiles déterrés auraient entre 300 000 et 500 000 ans d'âge. La proximité de la rivière Yongding, bordant une riche région alluviale, peut expliquer le choix de ce lieu.

 

Une capitale de conquérants

Sous la dynastie des Zhou, soit de 1122 à 225 av. J.-C., une agglomération appelée ville de Ji ou  « ville de roseaux » fut construite dans l'actuel quartier sud-ouest.

A l'époque des Royaumes combattants (403-221 av. J.-C.), la ville de Ji devint une principauté du nom de Yan dans laquelle de nombreux villages furent édifiés.

L'empire fut enfin unifié par le célèbre Qin shi Huangdi (premier empereur de Chine), à partir de 220 av. J.-C., et la principauté (futur Pékin) connut un essor déterminant sur le plan commercial.

Beaucoup plus tard, sous la dynastie des Tang (618 - 917 après J.-C.), la ville devint un important point de rencontre pour organiser des expéditions (militaires, commerciales, etc.).

Les dynasties barbares (Liao, Jin) qui suivirent, réussirent peu â peu à s'emparer de toute la Chine du nord et à faire diminuer la puissance de la dynastie des Tang. A la fin de cette dynastie, ce qui deviendra Pékin, perdit de sa puissance et devint simplement le point de rencontre nordique de l'empire, menacé de plus en plus par les peuplades du nord (Mongols, Khitans, Jurchen).

L'assaut des peuplades de la steppe

Les Khitans, fondateurs de la dynastie des Liao (947 - 1125) s'emparèrent les premiers de la capitale et la baptisèrent Yanjing (ville des hirondelles). Ils édifièrent des enceintes entourant la ville et établirent des quartiers bien distincts.

Au début du XIIe siècle, les Jurchen s'y imposèrent et créèrent la nouvelle dynastie des Jin dans la capitale du Milieu (Zhong du). La ville fut alors reconstruite à beaucoup plus vaste échelle. De nombreu­ses portes (dont on voit encore des vestiges aujourd'hui) furent édifiées à cette époque : la porte de la Grande Paix (Guang an men) ou encore la porte Hui cheng Men. De très belles maisons furent érigées au cceur de la capitale, et les entrées du Palais Impérial décorées de pierres précieuses. Mais d'autres peuplades de la steppe, jalouses de tout ce faste, firent leur apparition au début du XIIIe siècle : les plus virulents furent les Mongols.

Sous la pression de ces derniers, les Jin déplacèrent leur capitale à Kaifeng, en 1214, pour disparaître complètement en 1234, tandis que Yanjing était devenue mongole dès 1215 et allait devenir un centre cosmopolite de la plus haute importance pour les échanges avec l'Asie centrale et l'Occident.

Malgré ce mélange de différentes dynasties et l'influence des peuplades d'Asie centrale, Pékin fut, sous les Mongols, une vaste ville chinoise, capitale de l'empire céleste. Sur le plan artistique et culturel, le Pékin d'aujourd'hui reste très marqué par l'influence mongole (costumes de l'opéra de Pékin et personnages de théâtre).

 

Khanbalik, la capitale mongole

Après s'être emparé de la région de Pékin en 1215, les Mongols confièrent aux bonnes volontés locales, le soin de se charger de la conquête du reste de l'empire, étant eux-mêmes incapables d'adminis­trer tout le territoire. Ainsi, parvinrent-ils peu à peu à conquérir le pays entier. L'empereur Qubilai décida alors de transférer la capitale mongole de Karakorum à Pékin, en y édifiant une cité totalement neuve. La ville fut baptisée Khanbalik par les Mongols, puis finalement Dadu, c'est-à-dire Grande Capitale, par les Chinois. De nombreuses constructions y furent édifiées.

En 1927, une nouvelle enceinte fut élevée au nord-est de la ville ainsi qu'un nouveau palais impérial. C'est à cette époque que Marco Polo arriva à Pékin. Le célèbre marchand vénitien participa à l'organisation administrative de la ville et se vit confier différentes missions par les Mongols, qui essayaient de réduire l'influence des Chinois. Pourtant, ces derniers se révoltèrent et créèrent une nouvelle capitale à Nankin. La dynastie des Ming était née.

 

Pékin sous les Ming (1368-1644)

Alors que les Ming venaient de s'installer à Nankin pour y établir leur capitale, le peuple de Pékin réussit à se débarrasser de ses envahisseurs. Le premier empereur des Ming, Hongwu, baptisa Pékin « Beiping » : « paix du nord », mais la capitale resta encore à Nankin.

Sous le règne du troisième empereur Yong Le, en 1421, la capitale des Ming fut transférée à Pékin et « Beiping » prit le nom de « Beijing » (le nom chinois de Pékin qui signifie capitale du nord). Ainsi, pour la première fois dans l'histoire de l'empire, la capitale était aux mains d'une dynastie purement chinoise. Peu à peu, tous les services furent transférés à Pékin. Pourtant, vers 1450-1460, les peuplades Jurchen du nord-est de l'empire refirent brusquement surface, et provoquèrent la fin des Ming, Révoltes et insurrections se multiplièrent.

Pékin sous la dynastie mandchoue des Qing

En 1644, Li Zicheng, chef d'une rébellion paysanne, força les enceintes de Pékin, tandis que le dernier empereur Ming se suicidait à la colline de Charbon (colline qui existe toujours au nord de la Cité Interdite). L'assaut fut facile et le nouvel empire très rapidement proclamé. Alors débuta un régime de terreur. Les Mandchous obligè­rent le port de la natte et le crâne rasé sous peine de mort ou d'humiliations publiques. La ville fut divisée en deux parties : au nord, les aristocrates mandchous, au sud, tous les expulsés (peuplades d'Asie centrale, Chinois atteints de maladie, etc.). Au début du XVIIe siècle, tous les pouvoirs furent centralisés à Pékin. La dynastie mandchoue donna son statut officiel à la ville qui fut divisée entre la population chinoise au sud, et la dynastie des Qing au nord.

Les Mandchous restaurèrent le palais impérial des Ming, puis décidèrent d'ériger au nord-ouest de la ville, un nouveau palais d'étéK le Yuan Ming Yuan ».

Le sac du palais d'Eté

A la suite du régime de terreur instauré par les Mandchous, différentes rébellions d'origines raciales ou religieuses éclatèrent, (secte du Lotus Blanc, révolte des Taiping). Même l'Occident décida de lancer des vagues d'agression (guerre de l'opium). Pékin se vit finalement dans l'obligation d'établir de nouveaux consulats étrangers (1858) et d'ouvrir ses portes aux attaques anglo-saxonnes qui saccagè­rent le palais d'été du Yuan Ming Yuan en 1860. Très affaiblie, la dynastie Qing perdit toute sa force et confia le pouvoir à la terrible impératrice douairière Cixi, l'empereur du moment étant hors d'état de gouverner. Pendant le règne de cette dernière, Pékin fut à nouveau pillé par les troupes occidentales envoyées au secours du quartier des légations qui avait été assiégé (mouvement des Boxers en 1900). L'impératrice, en 1905, se vit contrainte de faire quelques réformes. A sa mort, en 1908, elle désigne un enfant de deux ans, Pu Yi, comme son successeur.

Rébellion Boxer 1900 (boxer)

Mais profitant de l'affaiblissement des Qing, le général Yuan Shikai, chef de la lignée des Boxers, s'imposa sans difficulté dans la capitale. Lorsque la révolution éclata en 1911, ce dernier se fit proclamer chef de la République, après avoir habilement chassé Sun Yat Sen à Nankin (14 février 1912) et s'empara donc du pouvoir. L'empereur Pu Yi fut obligé d'abdiquer.

 

La République chinoise (1912-1949)

 

La mort de Yuan Shikai en 1916 plongea le pays dans le chaos politique. Deux clans s'affrontèrent : ceux qui étaient favorables au conservatisme de Zhang Zuolin (successeur de Yuan Shikai), et de l'autre côté, les universitaires et étudiants marqués par les offensives occidentales pour la liberté...

Le 4 mai 1919 éclata pour la première fois une manifestation étudiante place Tian An Men à la suite du traité de Versailles qui cédait au Japon les concessions allemandes établies en Chine. Finalement, le nouveau gouvernement nationaliste de Chiang Kai­Shek établit sa capitale à Nankin en 1928 tandis que les Japonais s'emparèrent de la Chine du nord en créant l'État du Mandchoukuo. A partir de 1938, le Japon fit de Pékin sa nouvelle capitale jusqu'en 1945. A cette date, elle tomba aux mains des nationalistes du Guomindang (le clan chinois conservateur) et des Américains.

La victoire maoïste

Après vingt-deux ans de lutte, les communistes (qui avaient créé leur parti en 1921) proclamèrent la victoire place Tian An Men, le 1', octobre 1949. Les nationalistes furent chassés durant l'été 1950 et s'installèrent à Taiwan.

En 1950, un accord d'aide économique de l'URSS à la Chine fut signé et d'importants travaux entrepris par des techniciens soviéti­ques. Cette grande amitié durera jusqu'en 1960.

En 1956, Mao, qui avait déjà bien consolidé les bases du régime, lança une vaste campagne d'épuration des intellectuels. Ce fut le « Mouvement des Cent Fleurs ». Des milliers d'artistes et de lettrés furent massacrés.

En 1958, alors que la situation économique du pays n'était pas saine, Mao décida de créer les communes populaires pour collectiviser l'ensemble du secteur agricole et lança le « Grand Bond en avant », vaste projet de surproduction agricole, destiné à lutter contre la famine. En réalité, le travail forcené des paysans mené dans une totale désorganisation plongea le pays dans la misère.

 

Le chaos de la Révolution culturelle (1966-1976)

 

Pour renforcer l'assise du Parti communiste, Mao et ses gardes rouges (Chinois requis pour rechercher les « contre-révolutionnaires ») lan­cèrent un régime de terreur en éliminant leurs adversaires. Toute forme de pensée intellectuelle fut proscrite. Les universités furent fermées. La mort de Mao, en septembre 1976, mit fin à la Révolution culturelle.

L'ère Deng Xiaoping

En 1979, Deng Xiaoping (appartenant au clan des réformistes) chasse Hua Guofeng (réformateur) du pouvoir pour établir le programme des quatre modernisations (agriculture, industrie, sciences et techniques, défense nationale).

Le pays connaît alors une importante ouverture économique. Le niveau de vie s'améliore considérablement grâce à l'apport de capitaux étrangers. Mais, si l'évolution est notable sur le plan économique, elle ne l'est pas sur le.plan politique. Ce déséquilibre est l'une des causes fondamentales des manifestations de mai 1989.

 

Le printemps de Pékin, mai, juin 1989

A la suite de la mort de Hu Yaobang, secrétaire général du parti et homme d'État très populaire pour ses tendances libérales, étudiants et ouvriers ont commencé à se rassembler place Tian An Men pour réclamer plus de libertés. La visite de Mikhael Gorbatchev, référence pour les Chinois, n'a fait qu'amplifier le mouvement.

Désemparés devant de tels mouvements de foule, Deng Xiaoping et Li Peng (président de la République) ont décrété la loi martiale. Intégralement aux mains de l'armée, la ville a basculé le 3 juin 1989 dans un bain de sang. Une nouvelle vague de répression a suivi ces événements.

Les grandes dates

Néolithique (4500 à 1700 av. J. -C.) : découvertes des fossiles du sinanthrope de Pékin. Création de villages et activités agricoles.

Dynastie des Xia (1700-1122 av. J.-C.) : âge du bronze. Premières villes.

Dynastie des Zhou (1122-222 av. J.-C.) : Pékin est une principauté (Yan). Construction des premières murailles de la ville. Période des grands philosophes (Laozi, Confucius, etc.).

Dynastie des Qin (221-206 av. J.-C.) : premier empire unifié par Qin Shi Huangdi. Début de la construction de la Grande Muraille, unification de l'écriture.

Dynastie des Han (206 av. J.-C. à 220 après J.-C.) : second empire. Conquête de toute la Chine : rôle économique mondial très important. Position commerciale stratégique (notamment avec l'Asie centrale).

Royaumes combattants (220 à 580) : morcellement du territoire. Construction des premiers moulins à eau.

Dynastie des Sui (581 à 618) : troisième empire. Poursuite de la construction de la Grande Muraille et des grands canaux (Canal Impérial). L'unité territoriale est retrouvée.

Dynastie des Tang (618 à 907) : quatrième empire. Période très riche pour les arts. Gloire économique, politique et militaire. Cosmopolitisme.

Période des cinq dynasties (907 à 960) : morcellement territorial, invasion puis assujettissement de Pékin et de la Chine du nord par les peuplades de la steppe.

Dynastie des Song (960 à 1279) : cinquième empire. Retour aux vraies valeurs chinoises : littérature, théâtre, musique et poésie. Capitale : Hangzhou (Chine du sud).                                                                            

L'occupation mongole (1279-1368) : sixième empire. Pékin redevient capitale sous le nom de Khanbalik puis de Dadu. Reconstruction de la ville à plus grande échelle. Séjour de Marco Polo. Influences et dominations étrangères.

Dynastie chinoise des Ming (1368-1644) : septième empire. Pékin redevient capitale sous le second empereur, en 1421. Relèvement de la Grande Muraille : aspect actuel. (De 1513 à 1637 : multiples invasions maritimes de troupes occidentales : Portugais, Hollandais et Anglais ; guerres civiles et multiples révoltes.)

Dynastie mandchoue des Qing (1644-1911) : huitième empire. Régime de terreur. Protectorat important sur les pays voisins, contacts directs avec les puissances occidentales qui entraînent de nouvelles révoltes : guerre de l'opium (1840-1842) entre Anglais et Chinois, à la suite de « traités inégaux » où la Chine se vit obligée de céder des parcelles de son territoire aux puissances occidentales, la révolte des Taiping (1850-1865) contre la domination des Mandchous et des colonies étrangères.

La révolution de 1911 : lutte entre les différentes factions du parti révolutionnaire. Pékin devient la capitale d'un gouvernement républicain mené par le général Yuan Shi Kai.

Proclamation de la République chinoise (1912) par Sun Yatsen. Le dernier empereur mandchou abdique. Fin de la monarchie et du système confucianiste.

Mouvement du 4 mai 1919 : première manifestation des étudiants, sur la place Tian An Men, pour protester contre les clauses du traité de Versailles.

1928: le Guomindang (Gouvernement nationaliste de Chiang Kai Shek) choisit Nankin comme capitale. L'occupation japonaise (1937-1945) : création de l'État du Mandchou­

kuo, où les Japonais établissent leur capitale à Pékin.

Proclamation de la République populaire de Chine, le 1- octobre

1949, par les armées communistes de Mao Zédong, place Tian An Men.

Mouvement des Cent Fleurs (1956-1957) visant à éliminer toute forme de pensée intellectuelle.

Grand bond en avant et création des communes populaires : 1958.

1960: rupture de l'assistance économique de l'URSS à la Chine. Révolution culturelle (1966-1967) lancée par Mao pour reprendre le contrôle de l'appareil du parti.

1973: retour de Deng Xiaoping : Vice-premier ministre du Conseil des affaires d'État.

1976: mort de Mao et chute de la Bande des quatre. Deng est écarté.

1978 : Deng revient au pouvoir. Lancement du programme des quatre modernisations (agriculture, industrie, défense nationale, sciences et techniques).

1979 : fin des communes populaires. Politique de l'enfant unique.

Juin 1989 : visite de Gorbatchev. Manifestations étudiantes sur la place Tian An Men.

Pékin aujourd'hui

 

 

Le choc d'une culture

L'arrivée à Pékin provoque une série de sensations insolites. La route de 30 km, bordée d'arbres rectilignes, qui sépare l'aéroport du centre de la capitale, plonge déjà le visiteur dans une douceur monotone et poussiéreuse. Les Pékinois conduisent lentement et dans le plus grand calme leurs charrettes, vélos ou pousse-pousse...

Lorsqu'on se rapproche peu à peu du centre de la ville, la foule commence à se densifier au hasard des petits carrefours et marchés. De nombreux badauds, assis sur leurs talons, contemplent ces rassemblements à l'allure bon enfant, et semblent être là pour l'éternité. La perception du temps n'est pas la même qu'en Occident. Le peuple existe par essence et non à travers un ordre social. L'anonymat apparent, perceptible par l'uniformité physique et vesti­mentaire, déroute parfois le touriste, avide de percevoir dans un regard ou un sourire, l'ébauche d'un contact ou au moins d'un échange. En réalité, les Pékinois (même si leurs attitudes envers les touristes restent plus distantes et plus froides que dans les villes du sud de la Chine) réservent le plus souvent un accueil chaleureux aux étrangers et sont extrêmement fiers de faire découvrir leur culture et leur histoire.

Pékin est une capitale immense et assez austère. Ses constructions, d'architecture stalinienne, bordent ses longues avenues. Mais quelques vieux quartiers aux maisons basses en pierre grise subsistent toujours. L'habitat de Pékin est très hétéroclite, avec à la fois des maisons traditionnelles, des immeubles des années 60, toujours vétustes, et des H.L.M. des années 80. L'ensemble donne une forte impression de tristesse. C'est une ville sans couleur, propre mais poussiéreuse. Les quartiers est et nord, ainsi que la banlieue, sont très laids. Et les nombreux temples et monuments décrits dans ce guide sont, pour la plupart, invisibles de la rue ou cachés entre des murs.

Les quartiers pittoresques (vieilles maisons, quartiers commerçants) se situent principalement dans le centre et au sud.

La meilleure approche de la capitale consiste à circuler en vélo et à observer les Chinois dans leur vie quotidienne. La capitale regorge de petits carrefours où ses habitants s'éparpillent au hasard des multiples échoppes et marchés en tous genres. En circulant en vélo, le contact avec la population est beaucoup plus immédiat. Les Chinois sont très sensibles au fait que les étrangers puissent vivre dans les mêmes conditions qu'eux. Ils se sentent ainsi d'égal à égal, alors qu'un car de touristes, confortable et climatisé, aura tendance à les faire fuir.

Pékin est une ville entièrement plate, qui offre quelques lieux de promenade privilégiés. Les espaces verts disséminés partout dans la capitale en font une sorte de « ville-campagne ». On observe encore des ânes traînant charrettes, carrioles et autres voitures en tous genres.

A Pékin, le rythme de vie est très lent (ce qui n'est pas le cas des villes trépidantes du sud de la Chine). Les habitants, habitués à la rigueur du climat et aux distances souvent considérables, appréhen­dent la vie avec douceur et patience. Le Chinois du Nord est quelqu'un de réservé, prudent et lent dans ses activités. La sieste est une notion essentielle dans le rythme de la journée.

L'activité de la rue est réglée à peu près comme chez nous. Les magasins ferment en général vers 19 h. En revanche, la vie nocturne est inexistante. Après 20 h, les rues sont sombres et désertes. Seuls les hôtels pour étrangers ouvrent leurs portes aux touristes, très tard dans la nuit.

Le dimanche ressemble beaucoup à un jour de semaine. Tous les magasins sont ouverts et beaucoup de gens travaillent (ils prennent leur congé un autre jour).

 

Sous l'empire d'un régime fort

Aujourd'hui, les attributions gouvernementales sont partagées entre l'Assemblée nationale populaire qui exerce le pouvoir législatif et désigne un comité permanent, et le Conseil des affaires d'État qui exerce le pouvoir exécutif. Derrière cet appareil étatique, le Parti communiste prend en réalité la responsabilité de toutes les décisions.

Le parti comprend un congrès national élu pour 5 ans, un comité central et un bureau politique qui possède un comité permanent. Tous ces organes se réunissent régulièrement et ont tout pouvoir. Les organismes locaux reproduisent à petite échelle les mêmes principes d'organisation au sein des entreprises, villages, etc.

L'armée chinoise, appelée armée populaire de libération est divisée en quatre secteurs : l'armée de terre, de l'air, la marine et la sécurité publique qui joue un rôle essentiel de contrôle et de surveillance à tous les niveaux de la société.

 

L'évolution du niveau de vie

Depuis les réformes économiques de 1979 entreprises par Deng Xiaoping, le pays a connu une grande ouverture économique visible ces dix dernières années dans la vie quotidienne des gens. Les foyers pékinois possèdent de plus en plus d'appareils électroménagers (télévision, réfrigérateur) ; on trouve davantage de produits sur les marchés et dans les magasins. La ville a pris de plus en plus d'importance sur le plan économique, notamment avec les échanges commerciaux entre la Chine et les pays occidentaux.

En dépit de l'attrait considérable du marché chinois pour les hommes d'affaires étrangers, le système politique qui ne s'est jamais réellement développé malgré l'élan économique des années 80, est une entrave par le poids de ses structures (les récents événements de Tian An Men en sont la preuve) à une réelle ouverture de la Chine.

 

Pékin, capitale de l'autorité

Pékin, contrairement aux autres villes chinoises, subit directement l'autorité du pouvoir. La Chine d'aujourd'hui est nettement bipartite le nord, sous l'emprise du régime, respecte à la lettre les décisions du pouvoir central ; le sud qui a toujours été plus libéral et plus ouvert, échappe dans une plus large mesure à l'autorité. La politique de l'enfant unique, adoptée par Deng Xiaoping en 1979, est dans l'ensemble très strictement respectée dans la région du nord tandis que les lointaines provinces frontalières et les campagnes du sud en ignorent parfois l'existence. Aujourd'hui, l'ensemble de la population apprécie cette ouverture économique, et la présence de nombreux "' étrangers sur son territoire, avide de souplesse, d'esprit d'initiative et d'entreprise, de nouveauté et de liberté d'échange.

 

 

La vie quotidienne

 

La vie pékinoise au quotidien

Les Pékinois sont des gens rigoureux avec une existence bien réglée, qui recherchent un équilibre basé sur l'harmonie. L'originalité par rapport au voisin n'est jamais une bonne chose en soi. L'idéal est d'atteindre des normes familiales, professionnelles, sociales parfaite­ment bien définies. L'adhérence à un ensemble de lois est avant tout un critère de réussite.

Les parents sont toujours un modèle. Tout Pékinois cherche à s'établir le plus tôt possible dans la vie. Il se marie jeune ; le simple fait de rester célibataire pourrait nuire à une embauche professionnelle éventuelle, ou plus simplement à ses rapports de bon voisinage. A Pékin, la plupart du temps, on choisit son partenaire, mais si cette tâche est trop ardue, la famille ou les amis peuvent intervenir. Le mariage donne lieu à une petite fête (la mariée porte une robe rouge, symbole de bonheur et de richesse) où la famille proche et les bons amis se réunissent, le plus souvent dans un restaurant (la taille des logements ne permettant pas de telles manifestations).

Les contraintes du logement

Soumise à la présence d'un exode rural massif, la municipalité de Pékin doit depuis plusieurs années, résoudre le problème d'un habitat beaucoup trop concentré. C'est pourquoi les jeunes mariés sont obligés, la plupart du temps, de s'installer chez les parents ou beaux­parents. Le logement est souvent très modeste (parfois une seule pièce pour deux couples), avec un point d'eau commun à plusieurs foyers. La possibilité de s'isoler est quasiment inexistante et mal perçue par l'entourage. La vie à la maison n'est vue que sous l'angle collectif et dans un intérêt communautaire. Chacun met la main à la pâte et l'existence est ainsi bien réglée.

 

Un rythme de vie régulier

Le Pékinois (homme ou femme) calque toujours ses journées sur le même modèle. Il se lève tôt le matin (vers 5 h 30 ou 6 h) et pratique le tai ji quan (tai chi chuan), sorte de boxe chinoise, avec ses voisins de quartier. Cette activité relaxante marque ainsi le début de la journée dans la plénitude du soleil levant. De retour à la maison, le petit déjeuner est rapide (composé de légumes, galettes, riz et parfois viande). Ensuite, chacun enfourche sa bicyclette pour aller au travail, en général vers 9 h.

 

Le travail : organisation politique

Que ce soit l'usine, la petite entreprise ou l'université, le milieu professionnel organise la vie de chacun et prend toute forme de décision. Les horaires et les tâches à accomplir relèvent bien évidem­ment de l'autorité supérieure. Ainsi, chacun peut se voir muter en banlieue, voire en province pour une durée indéterminée, sans avoir à demander une quelconque explication.

Le repas de midi est pris en charge par l'usine ou l'entreprise. Chacun déjeune rapidement avec ses collègues, toujours au même endroit. Personne n'aurait l'idée de rentrer chez soi (les distances sont souvent longues) ou de manger ailleurs. Les enfants des salariés en bas âge sont placés dans des crèches ou des écoles maternelles d'usines. Ainsi, à la sortie des bureaux vers 18 h, les parents ramènent leur enfant à la maison.

 

 

La vie à la maison

Les parents (l'un ou l'autre) préparent le repas du soir qui se prend vers 18 h. Les Chinois ne mangent pas beaucoup et s'invitent rarement les uns chez les autres pour des dîners conventionnels comme en Occident. On ne s'attarde pas à table (dans le quotidien). Dès le repas fini, vient le moment de vaquer à des tâches matérielles, de s'occuper de son enfant, de faire un brin de causette avec son voisin. Les soirées sont longues et la famille (si elle est proche géographiquement) ou les amis viennent volontiers à l'improviste prendre une tasse de thé ou une bière pour parler des dernières nouvelles des. uns ou des autres. A la belle saison, on discute au bord des trottoirs et sur les petites places.

La vie nocturne n'existe pas. Pendant les jours fériés, les gargotes (de plus en plus nombreuses aujourd'hui) attirent les foules qui ne peuvent pas s'y attarder ; le service est rapide et peu complaisant et les stocks, encore limités, ne permettent pas d'y accueillir du monde

très tard.

Les loisirs à la pékinoise

Le temps libre dont dispose les habitants de Pékin se limite au dimanche (ou à un autre jour car les usines font souvent un roulement pour les congés des salariés), et quelquefois au samedi dans certaines professions (c'est le cas des universitaires), aux jours fériés (trois ou quatre dans l'année) et parfois à quelques jours de vacances (très

rares) accordés par l'entreprise.

Contrairement à l'Occidental, le Pékinois n'a pas un besoin impératif de pratiquer une activité précise pendant ses temps de loisirs. Son bonheur consiste le plus souvent à déambuler avec son conjoint et son enfant dans un jardin, à louer pour une modique somme un petit bateau lui permettant de naviguer sur les multiples lacs de la capitale chinoise. L'hiver, toutes ces étendues d'eau sont gelées et le patinage à glace constitue un enchantement pour les Pékinois : c'est l'une des activités les plus pittoresques de la capitale.

 

L'attrait des quartiers commerçants

Depuis quelques années, les petits magasins et échoppes foisonnent au coeur des hutong ou ruelles commerçantes du centre de Pékin. Chacun prend plaisir à contempler les devantures de vêtements colorés, objets usuels en tous genres sans pouvoir nécessairement acheter ces marchandises qui restent chères pour le « Pékinois moyen ». Les Chinois ont toujours leur curiosité émoustillée, à l'affût de la moindre nouveauté (particulièrement si elle vient d'un pays étranger).

Les habitants de Pékin gardent pourtant un côté sobre et résigné dans leur manière de vivre. Même s'ils sont curieux, les envies et surtout les besoins sont extrêmement modestes (il est vrai que cette tendance semble disparaître chez les jeunes, friands de posséder toutes sortes de gadgets « à l'occidentale »). De toutes façons, leurs salaires (surtout depuis l'inflation galopante des trois dernières années) ne leur permettent aucun excès.

L'utilisation de l'argent chez les Pékinois

Le salaire moyen (même si cela ne signifie pas grand-chose) est d'environ 200 francs par mois. Le loyer est inexistant et ce salaire n'a à tenir compte que des dépenses indispensables (nourriture, quelques vêtements de première nécessité). L'entreprise ou l'usine prend en charge toute forme d'assurance, maladie, retraite ou allocation.

Certains Pékinois réussissent à faire des économies très importantes (pendant plusieurs mois voire plusieurs années) qui permettent d'acheter un poste de télévision, un réfrigérateur, ou un vélo pour un autre membre de la famille.

Malheureusement, ils se plaignent aujourd'hui (à cause de l'inflation) de dépenser près de 90 % de leur salaire dans la nourriture. (Ce fut, entre autres, un motif important de mécontentement durant les manifestations de mai 1989.)

 

Un emploi pour chacun

Pékin connaît encore très peu le problème du chômage. Tout homme (ou femme), quelle que soit son origine, travaille dans un secteur qui lui a été désigné d'avance. La notion du choix est inexistante (sauf cas exceptionnel de relations privilégiées) mais chacun peut vivre avec son salaire minimum. Il n'y a pas de clochard dans les rues de Pékin. Même s'il s'agit d'un emploi très modeste (et pas nécessairement très utile), chacun est sûr de pouvoir se nourrir aujourd'hui à Pékin. Chaque habitant est également minutieusement répertorié dans les fichiers des bureaux de la sécurité publique, continuellement remis à jour.

Les fêtes

 

La vie des chinois est depuis toujours marquée par le rythme des fêtes et des saisons. Chaque fête donne lieu à une petite manifestation et à des traditions (culinaires, religieuses). Même si l'usage du calendrier solaire à l'occidentale a été adopté depuis 1912, leurs fêtes traditionnelles sont restées réglées d'après le calendrier lunaire.

L'une des plus importantes est celle du Nouvel An chinois, fête du printemps ou Chunjie que les Chinois célèbrent en général au début du mois de février. L'animation est faite grâce à des éclairages spéciaux dans la ville, des décorations, des pétards, de la musique... C'est avant tout une fête familiale où les quelques jours de congé accordés pour la circonstance permettent de se retrouver en famille.

La fête des morts qui a lieu en général début avril reste encore très importante dans l'esprit des Chinois. Bien que les cimetières soient absents dans la ville (il en existait autrefois mais ils ont été détruits pendant la révolution ou par les tremblements de terre successifs), les Pékinois viennent déposer des gerbes de fleurs sur les fosses communes ou dans des lieux (parfois plus lointains de la grande banlieue en bordure des champs) où l'on est venu inhumer un proche. La tradition veut aussi que l'on vienne brûler des objets de valeur ou de l'argent sur le lieu de la dépouille.

La fête des dragons est célébrée fin mai et annonce le début de l'été. C'est l'occasion d'une petite réunion chaleureuse où chacun peut manger les célèbres zong zi (sorte de galette en forme de triangle faite avec du riz glutineux consommée exclusivement pour la

circonstance).

La fête de la mi-automne (Zhong Qiujie) coincide généralement avec l'équinoxe d'automne (soit environ la mi-septembre). Cette fête est l'occasion d'admirer l'éclat de la pleine lune et de manger des gâteaux de lune (galette fourrées à la viande, aux légumes ou à la pâte d'amande). Ces gâteaux ne se mangent que ce soir-là.

 

Toutes les fêtes et traditions du calendrier lunaire prennent leur source dans diverses religions (notamment le bouddhisme) et restent très vivaces dans l'équilibre annuel des Pékinois. L'adoption du calendrier solaire dans la vie courante a également favorisé l'essor de célébrations à l'occidentale telles que : le Nouvel An (let janvier), la fête internationale des femmes (le 8 mai), la fête du travail (l" mai), la fête de la jeunesse (4 mai) en souvenir du mouvement étudiant du 4 mai 1919, la fête des enfants (à laquelle les Chinois accordent une importance primordiale depuis la politique de l'enfant unique) qui se célèbre le l «juin : la fête de l'armée de libération nationale (le i août) depuis 1927, et, bien sûr, la fête nationale, le le' octobre (depuis la proclamation de la République populaire par Mao en 1949). Toutes ces fêtes donnent lieu à des manifestations (feux d'artifices, éclairages, etc.).

Les religions

Les trois religions les plus importantes sont le confucianisme (d'abord une philosophie avant d'être une religion) dont la bible est le Lun Yu et les Entretiens familiers et dont la principale direction vise à épanouir l'homme dans la piété et l'harmonie familiale. La deuxième est le taoïsme (inspirée du livre de « la Voie et de la Vertu » de Laozi) qui prend ses sources dans l'équilibre universel du cosmos pour atteindre l'harmonie de l'être avec l'espace, et enfin le bouddhis­me (venu d'Inde).

Plus récemment, le christianisme et l'islam ont fait leur apparition dans le pays.

Officiellement interdites pendant les dix années de Révolution culturelle, ces religions sont aujourd'hui réhabilitées et l'on voit de nombreux adeptes dans les temples, églises (il y a un archevêché à Pékin) et mosquées (il y en a une au sud-ouest de la ville). Pour les Pékinois, quelles que soient les religions, elles sont davantage une manière de vivre (ce peut être à travers l'art, la littérature, la cuisine) qu'une véritable pratique dans les lieux de prières. Il y a toujours un rapport au concret de la vie quotidienne par instinct de survie, mais qui est toujours empreint de philosophie.

La culture

 

Après les années de Révolution culturelle, où la plupart des formes de cultures (sauf purement révolutionnaires) furent prohibées, Pékin a peu à peu diversifié ses modes d'expression parallèlement à l'ouverture économique. Il est possible d'alterner ses soirées entre l'opéra, le cinéma, le théâtre traditionnel ou les concerts, dont les Pékinois sont très friands. Les salles de spectacle ne désemplissent pas. L'étranger qui vient découvrir cette culture extrême-orientale, est surpris de l'ambiance aussi chaleureuse et bon enfant dans la salle que sur scène.

 

L'Opéra de Pékin : le plus traditionnel des spectacles

Les représentations « à l'ancienne » de l'opéra classique chinois (c'est-à-dire d'avant 1949) trop fastueuses et empreintes de féodalisme, n'ont guère réussi à franchir les étapes de la censure du régime maoïste. Elles ne sont jouées aujourd'hui que très rarement et font l'objet d'un contrôle très strict. En revanche, les thèmes contempo­rains (davantage imprégnés du vent occidental) trouvent largement leur place sur les scènes de la capitale. Si les décors ont été très simplifiés, la musique a gardé sa forme traditionnelle (l'orchestre est toujours présent sur le côté de la scène). On y voit généralement des chanteurs, percussionnistes et des joueurs de pipa.

Les sonorités variées, surprenantes pour une oreille occidentale, ponctuent des paroles gaiement déclamées, souvent incompréhensibles pour les Chinois eux-mêmes.

L'opéra est écrit dans la langue la plus pure de Pékin : le putonghua.

De ce fait, des bandes de caractères sont projetées des deux côtés de la scène. Le texte y défile simultanément à la représentation. Les histoires sont souvent difficiles à comprendre, et les intrigues s'entremêlent indéfiniment.

L'opéra Pékin ou jingju prend ses racines durant la dynastie mongole. Les thèmes principaux de ces pièces s'inspirent de légendes mythologiques chinoises. Les couleurs vives des visages peints et des masques répondent toujours à une signification bien précise. Le rouge symbolise la loyauté, le bleu la cruauté, le jaune la ruse et le blanc la perversité. L'extravagance de ces coloris se substitue à la quasi­absence de décor. Le jeu des acteurs prend alors toute son importance la plupart d'entre eux sont des acrobates, d'une agilité rarement égalable en Occident. Leurs visages toujours peints révèlent un art du maquillage très subtil. Ils portent fréquemment sur la tête plumes et chapeaux à antennes.

D'une façon générale, l'opéra traditionnel fait intervenir quatre personnages principaux : le premier rôle, celui du héros, est confié au Sheng, homme aux mille talents, délicat, capable de s'exprimer d'une belle voix. Le deuxième rôle, celui du Tan, est féminin bien qu'il fût longtemps interdit aux femmes, car celles-ci ne faisaient pas toujours preuve de bonne conduite sur scène...

Ce personnage est raffiné, beau, fin dans ses gestes et son expression corporelle. Le troisième rôle - c'est sans doute le plus célèbre - est celui du Jing. Ce personnage grandiose est souvent général des armées, un parfait guerrier vêtu d'un costume clinquant, pour mener l'essentiel de l'intrigue. Enfin, le Zhou est une sorte de clown un peu gauche qui ne parle que la langue populaire et dont les yeux et le nez sont cerclés de blanc. Il improvise souvent, fait rire avec ses culbutes, et cherche avant tout à s'attirer la sympathie du public. Il est gai, vivant mais n'a pas l'élégance des autres personnages.

Le spectacle dans la salle

Les Pékinois sont là pour le plaisir des yeux, occupés à ponctuer à haute voix, siffler et applaudir dès qu'ils en ont envie, manger des cacahuètes et discuter avec leurs voisins. La tenue de rigueur à l'opéra reste le costume le plus quotidien qui puisse' exister. On arrive en bleu de travail, avec enfants, personnes âgées et quelques victuailles pour K remplir les petits creux ». Les salles de spectacles sont très simples, équipées de quelques sièges généralement crevés. Les places, non limitées, permettent aux spectateurs de s'entasser volontiers sur les côtés ou dans le fond de la salle. Les représentations sont souvent longues (parfois trois heures) avec un entracte au milieu. L'opéra, très populaire, n'appelle aucun élitisme social ; il faut donc s'adapter à l'ambiance de la salle, et, tout en restant correct, ne porter aucune tenue de soirée particulière, qui ne manquerait pas de détourner certains regards...

Deux compagnies de ballet et d'opéra proposent régulièrement des spectacles à Pékin : la Compagnie de Chine d'Opéra et de Ballet retrace des danses dramatiques inspirées de thèmes légendaires chinois ; et la Compagnie centrale d'Opéra et de Ballet donne des représentations à l'occidentale, mais interprétées par des artistes chinois. Des troupes venant de lointaines régions donnent également des représentations régulières dans la capitale.

Les concerts

De nombreux joueurs d'instruments traditionnels tels que le pipa (sorte de luth chinois) interprètent de vieux airs populaires. Aujour­d'hui, le Conservatoire national de Musique de Pékin forme de jeunes artistes, heureux de charmer l'oreille des spectateurs étrangers par des couvres de compositeurs chinois.

Le cinéma

lies affiches de films font sourire les touristes : souvent un peu désuètes, ces images ressemblent à des dessins d'enfant (ce ne sont jamais des photos). Les films portés à l'écran sont encore largement d'inspiration révolutionnaire. Les héros, dont les histoires d'amour sont brisées par la guerre, témoignent toujours d'un courage exemplai­re pour maintenir la grandeur de la nation. Les films occidentaux connaissent un succès croissant d'année en année. Ils sont bien sûr sélectionnés par le parti qui n'accepte que les films -sans sexe ni violence.

 

La littérature chinoise

Puisant ses racines très loin dans le temps, la littérature chinoise est extrêmement riche. Le genre le plus marquant est la poésie. Dès la dynastie des Tang, le grand Li Bai écrivit des poèmes que tout Chinois apprend aujourd'hui à l'école, dès son jeune âge. La poésie servit, à toutes les époques, de moyen de communication indirecte à travers lequel toute forme d'émotion s'exprimait assez librement. Ainsi, durant toute la dynastie des Tang, la poésie lyrique prédomina largement sur les autres genres poétiques.

Le développement du roman a connu une forme d'expression beaucoup plus tardive que la poésie. Le roman est né sous des auspices révolutionnaires, c'est pourquoi il a pris son essor à travers des histoires tragiques de héros luttant pour l'ordre de la nation (Hong Loumeng : le rêve dans le pavillon rouge en est l'exemple le plus illustre). Depuis une dizaine d'années, les genres romanesques se sont diversifiés, faisant apparaître sur les comptoirs des librairies pékinoises, des romans policiers et de multiples oeuvres étrangères traduites en chinois.

Le conte fantastique apparaît avec les oeuvres de Pu Songling ainsi que des romans érotiques et des satires de la société ironisant très délicatement mais parfaitement les abus des hauts fonctionnaires lettrés. Les Chinois aiment se délecter de ce genre de lectures dont la fine subtilité n'échappe à aucun.

Pendant les années de régime maoïste et notamment pendant la Révolution culturelle (de 1966 à 1976), la littérature autorisée n'avait pour but que de servir le régime. En 1957, un grand nombre d'intellectuels et d'artistes furent massacrés ; certaines de leurs oeuvres réapparaissent aujourd'hui.

Même s'il n'est pas encore possible de franchir certaines limites, les moyens d'expression ont tout de même trouvé une forme de liberté de plus en plus ouverte. La littérature étrangère (et notamment la littérature classique française) a été largement traduite en chinois. Ainsi, il est faux de s'imaginer que ce peuple, longtemps refermé sur lui-même, ne connaît rien à notre vie occidentale, bien au contraire.

La presse

Deux grands journaux offrent l'essentiel de l'information dans les kiosques de la capitale : le quotidien du peuple ou le Renmin Ribao, et le Pékin soir ou Beijing Wanbao édités par l'agence de presse nationale Xinhua (Chine Nouvelle). Ces quotidiens relatent les informations nationales et internationales (plus difficilement achemi­nées lorsqu'elles viennent de lointaines provinces).

D'autres journaux locaux (édités en province) se trouvent également

dans les kiosques de la capitale. Il existe aussi des hebdomadaires, des revues spécialisées ou professionnelles (petits journaux d'usine ou d'université, etc.), ainsi que de nombreux ma_azines étrangers (les quotidiens étrangers ne se trouvent que dans les ambassades des pays concernés, avec quelques jours de retard).

La radio : un outil de travail

Radio-Pékin, qui émet aujourd'hui dans le monde entier, offre d'intéressants programmes culturels, ainsi que des informations nationales et internationales. Certaines ondes émettent des program­mes culturels, d'autres proposent des émissions professionnelles. L'usage de la publicité à la radio est très largement répandu.

La télévision : symbole social

Tout Pékinois qui a atteint un niveau de vie respectable se doit de posséder un téléviseur. Même si le prix (équivalent à un an de salaire) reste très élevé, chacun fait d'importantes économies pour obtenir au moins un poste par foyer. Les chaînes de télévision proposent des films (chinois et étrangers), des documentaires, de la publicité, des journaux télévisés et des émissions politiques. Mais, elle offre également aux Pékinois la possibilité d'apprendre des langues, de suivre une formation technique, commerciale ou médicale en complément des études ou de l'activité professionnelle, grâce à des programmes spécialisés.

Loin d'être à la hauteur de notre culture occidentale, la culture K à la pékinoise » a bien évolué depuis le début des années 80. Même si Pékin connaît encore une forme archaïque de développement culturel, les nouveaux modes de pensée, d'expression et de connaissance sont en train d'éveiller la curiosité de toute une population urbaine.

 

Quelques adresses pour vous distraire L'Opéra de Pékin

- Théâtre de La Capitale - Shoudu, rue Wangfujing. - Théâtre Qingyi, rue Dong Chang'an.

- Théâtre Xidan, rue Xi Chang'an.

(Le moyen le plus sûr est d'aller sur place la veille pour acheter votre billet. On n'est jamais sûr d'obtenir une place au dernier moment.)

Le Cinéma

- Cinéma Shoudu, rue Xi Chang'an.

- Cinéma Ertong, rue Dong Chang'an.

Il faut compter entre 3 et 5 yuans environ pour une place de spectacle.

La table

 

 

Une renommée mondiale

Un proverbe dit : « Les deux meilleures cuisines au monde sont la cuisine chinoise et la cuisine française.. Il faut signaler que la cuisine chinoise est citée en premier ! Parler de la « cuisine chinoise » d'une façon générale ne signifie pas grand-chose lorsqu'on connaît l'immense variété des mets selon les régions. La cuisine pékinoise (disons plutôt la cuisine du nord) répond à des traditions spécifiques de cette région.

Les repas au quotidien

. Les Chinois, prennent leur petit déjeuner très tôt. Après la gymnastique du matin, ils mangent des légumes, du riz, quelques galettes et parfois de la viande. Le repas de midi est composé des mêmes aliments et se prend entre 11 h 30 et 12 h et celui du soir est servi entre 17 h 30 et 18 h environ. D'une façon générale, les Pékinois consomment les mêmes aliments aux trois repas.

Comme dans de nombreux concepts de la vie chinoise, la table fait appel au sens de la collectivité. Chacun dispose d'un bol pour le riz et d'une paire de baguettes (l'usage des fourchettes et couteau est inconnu dans les lieux spécifiquement chinois). Seule la soupe se consomme à la cuillère. Le bol de riz est individuel, alors que les légumes et les viandes (toujours coupés en menus morceaux) sont servis dans un grand plat qui est placé au centre de la table et dans lequel chacun se sert.

Tous les mets sont apportés en même temps et ne font appel à aucun ordre chronologique précis. Pour les repas un peu plus sophistiqués, une soupe indique qu'aucun autre plat ne suivra.

Pour pouvoir consommer aisément les plats apportés sur la table, il est nécessaire de couper la viande et les légumes en fines lamelles, de façon à les saisir sans difficultés avec les baguettes. La préparation des sauces savantes (épicées, aigres-douces) répond à des connaissan­ces culinaires très précises.

Les plats se cuisent à « la vapeur » dans le Nord, par opposition aux régions du sud qui possèdent une cuisine frite ou grillée. Ainsi, les plats consommés au nord ont la réputation d'être plus digestes mais aussi moins épicés. Les Pékinois utilisent de petits paniers en osier qu'ils empilent les uns sur les autres et font cuire l'intégralité du repas en même temps.

Le riz

Le riz constitue la base de l'alimentation des Chinois aussi bien à Pékin qu'à travers toute la Chine. Il est toujours servi nature et se mélange par la suite avec les autres aliments. C'est l'équivalent de notre pain. On le consomme en accomapagnement. Il est souvent non décortiqué et gluant. Un repas chinois sans riz serait inconcevable. Le blé, que l'on cultive beaucoup dans le nord de la Chine permet la confection des pâtes (les raviolis à la vapeur sont l'une des grandes spécialités pékinoises : les jiaozi).

 

La viande, un luxe

Les Pékinois apprécient la consommation de viande qui symbolise la richesse d'un repas. Aujourd'hui, avec l'inflation galopante que connaît la Chine, la viande est devenue l'une des denrées les plus onéreuses. Les volailles, le mouton, le porc se trouvent assez facilement sur les marchés. La viande de boeuf est quasiment inexistante, et les produits laitiers font défaut. Pour remplacer cette carence, particulièrement chez les bébés et jeunes enfants, les Chinois consomment du soja qui possède les mêmes vitamines que le lait.

 

Les légumes et les fruits : l'aléa des saisons

Hormis le chou long et la patate douce (principaux légumes d'hiver à Pékin), on trouve occasionnellement d'autres légumes tels que les racines de lotus, des concombres, épinards, navets et oignons plus faciles à trouver à la belle saison. Les fruits sont rares l'hiver en dehors des pommes et de quelques agrumes peu juteux. L'été en revanche, les marchés foisonnent de fruits frais (litchis, fraises de Chine, cerises, etc.). Les stocks ne sont pas régulièrement approvisionnés, c'est pourquoi il faut avoir de la chance pour trouver ce que l'on désire.

Les fruits, tout comme les biscuits, sucrés et galettes, ne se mangent­guère pendant les repas. Les Pékinois préfèrent les grignoter à toute heure du jour. Parfois, dans les restaurants renommés, les serveurs apportent comme dessert du riz caramélisé ou des petites boulettes de pain sucré.

 

Les boissons

Le thé, connu depuis toujours pour ses vertus bienfaisantes, ne se boit jamais pendant les repas, mais de préférence au travail, à l'université, à la maison ou le soir entre amis. Ainsi, le petit godet à couvercle fait partie des objets indispensables que tout Chinois possède constamment sur lui. L'image du Chinois et de son godet est très typique. Il existe une très grande variété de thé à travers la Chine, mais à Pékin, on boit plus volontiers le thé au jasmin. Considérée par les Chinois comme une philosophie de la boisson, la consommation du thé apporte sagesse de l'âme et du corps, ainsi que vertu et longévité.

Les autres boissons, celles que les Chinois consomment à table sont la bière (faiblement alcoolisée) et les sodas. L'hiver, au moment des grands froids, les Pékinois boivent de l'eau bouillante. La consomma­tion d'eau $aiche est inconnue en Chine.

La Chine du nord cultive la vigne dans certaines régions. Le vin rouge de fabrication chinoise ressemble à un vin cuit. Il existe également du vin blanc assez sucré et du champagne que les Pékinois servent dans les grands restaurants. Mais la consommation de vin reste réservée aux circonstances exceptionnelles.

On trouve aussi des digestifs très appréciés dans les familles pékinoises. Le plus connu est le maotai (alcool très fort, fait à base de sorgho). De nombreux vins et alcools étrangers sont aujourd'hui faciles à trouver dans les grands hôtels ou les magasins pour touristes de la capitale.

 

Les spécialités pékinoises le canard laqué Kaoya »)

Le fameux canard de Pékin se consomme dans différents restaurants de la capitale qu'on appelle canard laqué » car on n'y sert que ce plat. Généralement construit sur deux étages, ces bâtiments réservent le rez-de-chaussée aux Chinois et l'étage supérieur aux touristes. Pour les étrangers, le décor est grandiose : nappes brodées, moquette, vaisselle d'époque, etc.

Le rituel veut que le serveur, élégamment vêtu, apporte sur un plat le canard entier, pour le montrer aux convives avant de le découper. C'est alors l'occasion d'applaudir et de prendre de belles photos. Le canard est ensuite intégralement consommé : peau, morceaux de chair, foies et gésiers, bouillon de pattes. Le tout est agrémenté de sauces variées et largement arrosé d'excellents vins rouges et blancs. Pour les Chinois, ce faste n'existe pas, mais ils consomment le canard de la même manière.

 

La recette du canard :  Ingrédients: un gros canard, sirop de soja, sauce de soja, petites crêpes de riz, échalotes, sel, poivre, vin blanc de cuisine. Prendre le canard, lui couper la tête et le plonger quelques instants dans l'eau bouillante. Le ressortir et le suspendre par les pattes quelques heures pour le laisser sécher. Puis l'enduire de sirop de soja. Gonfler ensuite d'air le volatile, de façon à bien séparer la peau de la couche de graisse intermé­diaire. Retirer ensuite les foies et gésiers et les faire mariner dans du vin blanc.

Les faire revenir à feu très doux, et les couper en fines lamelles.

Couper ensuite les pattes, les faire tremper dans l'eau chaude salée et ajouter des échalotes finement taillées en petits dés. Faire rôtir le canard à la broche jusqu'à ce que la chair soit tendre et la peau couleur caramel. Sépa­rer ensuite la peau de la chair en enlevant éventuellement la graisse intermédiaire. Couper la chair en fines lamelles. Disposer dans de petites , coupelles les échalotes, la sauce de soja et les crêpes. Servir dans l'ordre : la peau laquée, la chair (que l'on place dans une crêpe avec les échalotes, le tout trempé dans la sauce de soja), les foies et gésiers, et le bouillon de pattes.

 

D'autres spécialités pékinoises

D'une façon générale, elles rassemblent une importante variété de petits pains à la vapeur (mantou fourrés à la viande) et de pâtes (hundun ou jiaozi, sorte de raviolis pékinois). Il est possible à Pékin de consommer la cuisine chinoise de toutes les autres provinces de Chine. Voici une liste, non exhaustive, de quelques fameux restaurants de Pékin.

Pour le canard laqué

- Quanjude (1) (Qianmenkaoyadian), rue Qianmen. Tél : 75 13 79. - Quanjude (2) Hepingmen Kaoyadian, rue Hepingmen. Tél : 33 44 22.

Cuisine impériale

- Restaurant Fangshan (Parc Beikai). Tél : 44 25 73.

- Restaurant Tingliguan (Palais d'Été). Tél : 28 12 76.

Au cours de vos promenades dans les quartiers commerçants de la

ville, vous tomberez toujours sur de multiples gargotes qui vous

serviront unè cuisine simple (soupe de raviolis et petits pains farcis à

la viande) pour quelques yuans seulement.

 

Les quartiers e Pékin

LE centre historique de la ville comprend deux secteurs la première cité est enclose de murs, contenant dans sa partie nord la cité impériale qui renferme à son tour la Cité Interdite. La cité extérieure est composée des quartiers commerçants et populaires.

 

la place Tian An Men , centre de tous les symboles

 

Majestueuse et grandiose avec ses quarante hectares, la place Tian An Men (littéralement, place de la Paix­Céleste) nargue toutes les autres places de la planète par ses dimen­sions. Elle est le centre géographi­que de la capitale. Toutes les princi­pales artères s'orientent autour d'el le en un vaste échiquier. Depuis toujours, elle symbolise les grands rassemblements populaires de l'his­toire et peut, en effet, contenir plusieurs milliers de personnes.

Avec ses différents monuments édifiés au cours de l'histoire, elle n'a plus guère l'allure d'une place. Il faut du temps au promeneur pour la parcourir de part en part et apprécier les effets d'ombre et de lumière jouant sur les sommets des édifices qui la bordent, quelle que soit l'heure de la journée.

La place, dans ses dimensions actuelles, est en réalité très récente. Sous les différentes dynasties, l'ave­nue Chang'an (avenue de la Paix ­Éternelle) qui passe au nord de la place, sous le portrait de Mao Ze­dong, n'existait pas. Il fallait donc contourner Tian An Men par le sud. Seuls, les bâtiments administratifs alignés dans un axe nord-sud lais­saient place à une sorte d'avenue large qui poursuivait la symétrie du Palais Impérial jusqu'à la porte Qianmen.

Les grands moments de Tian An Men

Après la chute de l'empire en 1912, lorsque fut instaurée la Répu­blique, se tinrent les premiers grands rassemblements populaires devant la porte de la Paix Céleste le premier événement marquant fut le Mouvement du 4 mai 1919, pro­testation contre les clauses du traité de Versailles rendant au Japon les concessions allemandes du territoire chinois.

D'autres grands rassemblements eurent lieu par la suite : la marche patriotique du 18 mars 1926, la ma­nifestation anti japonaise du 9 dé­cembre 1935 qui conduisit à la guerre de résistance contre le Ja­pon. Enfin, le les octobre 1949, Mao et ses troupes brandissaient le drapeau rouge pour procla­mer la République populaire de Chine.

Plus tard, la place fut embellie à plusieurs reprises (notamment à la suite d'un grand projet, dans les années 1958-1959). Elle fut, ces dernières années, le théâtre de ras­semblements importants avec les manifestations étudiantes de décem bre 1986, et surtout celles du prin­temps 1989 où Tian An Men fut le lieu d'espoir d'un peuple pendant plus de deux mois...

 

Un lieu traditionnel

La place rassemble tous les Péki­nois à l'occasion des grandes fêtes c'est avec beaucoup de faste que l'on célèbre la fête nationale, le 1e` octobre, avec des éclairages en guirlandes sur tous les grands monu­ments de la place, et sur les plus hauts bâtiments bordant l'avenue Chang'an (gare de Pékin, club inter­national, hôtel de Pékin, Institut des minorités, etc.).

Les Pékinois viennent également sur la place avec leurs enfants, le ler mai, pour lancer des ballons à l'occasion de la fête du travail.

En outre, des festivals de cerfs­volants attirant des artistes du mon­de entier (le plus important a lieu à Weifang, dans la province du Shandong au mois d'avril) s'y tien­nent régulièrement. L'immensité de l'esplanade de Tian An Men ainsi. que les vents violents qui la ba­layent en hiver et au printemps, favorisent ce loisir dont les enfants pékinois sont très friands.

Tian An Men est aussi un symbole de fierté pour le peuple chinois. C'est en général le premier endroit de la capitale que les Pékinois ai­ment faire découvrir à leurs amis étrangers. Que l'on apprécie ou non le style architectural, personne ne reste indifférent à la majestuosité des lieux.

Les principaux édifices de Tian An Men

 

La porte Qian Men

(ou porte du devant)

Elle se dresse au sud de la place et s'appelait autrefois la c porte face au soleil » oie Zheng Yangmen. Elle est composée de deux tourelles à étages et fut reconstruite, en 1900, à la suite d'un incendie. Cette porte symbolisait autrefois la frontière en­tre la ville tartare au nord (ville des seigneurs de la guerre, des divers dirigeants et d'une façon générale de l'élite), et la ville chinoise au sud (où se concentraient les masses populaires). La porte du devant était en permanence fermée, sauf deux fois par an, à l'occasion du passage du fils du Ciel (c'est-à-dire de l'Em­pereur). Son rôle symbolique de barrage fut longtemps maintenu. Aujourd'hui, cette large porte aux formes harmonieuses laisse déam­buler sous son porche les prome­neurs tranquilles.

La porte

de la Paix Céleste

Au nord de Tian An Men, soit symétriquement en face de la porte Qian Men, apparaît le mur pourpre d'entrée sud du Palais Impérial aux toits d'or. Cette voûte d'entrée n'est pas encore l'accès direct à la Cité Interdite qui se trouve en réalité plus au nord. Mais, sur ce mur aux couleurs flamboyantes se dresse un gigantesque portrait du président Mao où l'on peut lire de part et d'autre : à gauche :. Vive la Répu­blique populaire de Chine », et à droite : . Vive l'amitié entre les peuples du monde. »

Cette enceinte fut édifiée sous les Ming en 1420, puis reconstruite sous les Mandchous (Qing) en 1651. Pour y accéder, il faut franchir l'un des cinq ponts finement sculptés de marbre blanc qui permettent de traverser .la rivière aux eaux d'or , se prolongeant au-delà, à l'in­térieur de la Cité Interdite. Un dra gon de pierre (symbole de l'empe­reur) est posté à l'entrée, en gardien du palais.

Le palais de l'Assemblée du Peuple

Situé à l'ouest de la place, il es immense, massif et d'architecture totalement soviétique. Il comprend un auditorium de 10 000 places et une salle de réunion pouvant ac­cueillir 5 000 convives. C'est là que siège l'assemblée législative, où les députés élus par les provinces et les trois municipalités (Pékin, Shanghai et Tianjin) et l'armée populaire de libération viennent débattre. Son allure très officielle lui permet de recevoir avec faste des hôtes de marque et des hommes d'État étran-' gers. Ce palais comprend plus de 30 salles de réception portant cha­

cune le nom d'une province chinoi­se. On peut visiter les lieux, les lundi, mercredi et vendredi de 9 h à midi ; le billet coûte 5 yuans.

 

Le palais des Musées

Situé symétriquement en face du palais de l'Assemblée du Peuple, le palais des Musées borde la ceinture orientale de Tian An Men. Construit en 1959, au moment de la grande amitié sino-soviétique, il offre des proportions majestueuses et gigan­tesques. Ce palais fut ouvert au public en 1961, mais il est resté fermé pendant les dix années de révolution culturelle, de 1966 à 1976.

A l'intérieur, le musée d'histoire de la Chine retrace l'intégralité de l'histoire de l'empire (c'est un chef d'œuvre du genre). Les explications ne sont données qu'en chinois. Il est donc nécessaire de vous faire accompagner d'un interprète. Mal­heureusement, une faible propor­tion des salles est aujourd'hui ou­verte au public. La majorité des objets exposés sont des copies, faute d'avoir réussi à les centraliser au cours des siècles.

Sur deux étages, se succèdent des fossiles du néolithique, puis des objets usuels en bronze et des pote­ries qui illustrent les dynasties res­pectives des Shang et des Zhou (soit approximativement jusqu'en 222 av. J.-C.).

Toute la longue période allant des Royaumes combattants jusqu'à la dynastie mandchoue des Qing (1840) est évoquée par l'incroyable richesse des objets décoratifs (porce­laines, bijoux, tissus, etc.) ainsi que des armes.

Enfin, la dernière période (1840­1919) révèle principalement le mili­tarisme de l'époque (artillerie, vête­ments militaires, canons, armes à feu, etc.).

Le musée de la Révolution chi­noise jouxte le musée d'Histoire et occupe l'aile nord du bâtiment (c'est-à-dire la partie de gauche lors­qu'on se trouve au centre de la place). Ce musée évoque l'histoire du Parti communiste chinois depuis ses origines, jusqu'à la proclamation de la République populaire de Chine par Mao le 1" octobre 1949. Des photos relatent les faits les plus marquants de l'histoire du parti avec ses quatre principales étapes la fondation du Parti communiste chinois en 1921 à Shanghai, 'la Révolution agraire de 1927 à 1935, la guerre de résistance contre l'inva­sion japonaise (1936-1945) et la guerre civile (1945-1949) entre les armées communistes de Mao et les troupes nationalistes de Chiang Kai Shek. (Les musées sont ouverts de 8 h 30 à 17 h sauf le lundi. On y rentre jusqu'à 15 h seulement.)

Le mausolée

du président Mao

Cet imposant édifice prend place dans la partie sud de Tian An Men, devant la porte Qian Men. Il fut construit très rapidement par des équipes de volontaires et inauguré en septembre 1977, pratiquement un an jour pour jour, après la mort du Grand Timonier.

D'une hauteur de 33 mètres, il couvre une surface de plus de 20 000 mètres carrés. Quarante­quatre colonnes de granit suppor­tent un grand toit plat de tuiles vernissées. Trois salles en enfilade composent cet ensemble majes­tueux. Les visiteurs ne sont pas autorisés à s'arrêter devant le'cer­cueil en verre, mais doivent défiler lentement dans un silence absolu. Les contrôles sont très stricts à l'entrée, et les trois salles sont bien entendu soigneusement gardées.

L'entrée s'effectue côté nord : la première salle montre une statue en marbre blanc du président, assis, le visage sévère. En toile de fond, s'étend un paysage chinois tradi­tionnel. Les deux rangées de visi­teurs se séparent pour défiler de part et d'autre de la salle.

La seconde salle est celle de la dépouille mortelle du Grand Timo­nier, reposant dans un cercueil de cristal sur un drapeau rouge du Parti communiste chinois. Les dates (1893-1976) sont gravées dans l'or.

Dans la dernière salle (la plus au sud) figure un poème de Mao Zedong (il en a beaucoup écrit), joliment inscrit en lettres d'or.

La sortie s'effectue par le sud, face à la porte Qian Men (les visites sont autorisées les lundi, mercredi et vendredi de 8 h 30 à 11 h sur demande préalable dans le hall d'entrée).

Le monument

aux héros du peuple

Situé au centre géographique de la place, un obélisque de granit, érigé en 1958, s'élève à une hauteur de 38 mètres. Orientés vers le nord, des bas-reliefs sculptés dans le mar­bre blanc représentent la lutte du peuple chinois contre les agres­seurs, tandis que sur le côté nord de l'obélisque est calligraphiée une citation du président Mao : « Les héros du peuple sont immortels. » Autour de cet obélisque, un petit tapis d'herbes et de fleurs est soi­gneusement entretenu par la muni­cipalité de Pékin.

L'ensemble de ces édifices répond aux formes d'une architecture stali­nienne bien caractéristique et s'aligne dans une symétrie parfaite, quel que soit le point de la place sur lequel on se trouve.

L'histoire a prouvé que Tian An Men reste le lieu d'expression sym­bolique du peuple chinois.

 

La cite interdite

 

Connue par les Chinois sous le nom de . Gugong » (vieux palais), la Cité Interdite offre une architecture traditionnelle, où scintillent les tuiles des toits dorés (le jaune est la couleur de l'empereur) relevés aux extrémi­tés et habités à leurs sommets par des petits dragons (symbole de l'em­pereur). L'ensemble est d'une ma­jestueuse harmonie dans la succes­sion de ses différents pavillons.

La Cité Interdite (autrefois inac­cessible au peuple) était une vérita­ble ville dans la ville, entourée de dépendances, où habitait l'ensem­ble de la cour (eunuques, domesti­ques, concubines). Vieille de plus de 500 ans, elle a d'abord abrité les empereurs de la dynastie des Ming;' puis ceux des Qing (entre les deux dynasties, on peut en dénombrer vingt-quatre) jusqu'au dernier em­pereur Pu Yi, qui était âgé de deux ans lorsqu'il monta sur le trône.

L'histoire de la Cité

Construite en 1420 sous le règne de Yongle (dernier empereur de la dynastie des Ming) par de très nombreux artisans, elle fut dès l'ori­gine, bâtie avec une symétrie parfai­te, suivant un axe nord-sud. (Les monuments de Tian An Men ont parfaitement suivi cet alignement.) Bien que gravement incendiée en 1644 au moment de l'invasion mandchoue, elle a toujours conservé son harmonie d'origine.

 

Des dimensions impériales

La Cité Interdite intra-muros cou­vre une superficie totale de 72 hec­tares. Un mur pourpre (le rouge est symbole de puissance) la ceint de toute part. Haut de 70 mètres, il laisse apparaître sur ses quatre côtés une porte symbolisant les quatre

points cardinaux. Au sud, la porte Wumen, au nord la porte de la Fierté Céleste (Shenwumen), à l'est la porte Donghuamen et à l'ouest la porte Xihuamen. Un cinquième point cardinal, le centre, est essen­tiel aux yeux des Chinois.

Tout autour de cette enceinte pourpre, un fossé large de 50 mètres, au fond duquel coule de l'eau, empê­chait autrefois le peuple de pénétrer dans la cité (d'où son nom de Cité Interdite). Aujourd'hui, lorsque ces douves sont gelées en hiver, les en­fants farts pékinois adorent y patiner.

Aux quatre coins de la ville impé­riale, quatre tours de guet permet­taient autrefois une surveillance ab­solue des abords de la Cité. Elles sont surmontées de tuiles vernies jaunes et sont visibles de l'extérieur au-delà du grand mur d'enceinte.

 

L'accès à la Cité Interdite

II est possible de pénétrer dans le palais par l'une des quatre portes correspondant aux quatre points cardinaux ; cependant, il existe un sens logique pour effectuer une visi­te plus grandiose des lieux.

Le mieux est d'y pénétrer par la porte de la Paix-Céleste sous le portrait de Mao Zedong. Là, après avoir franchi une large voûte aux portes pourpres, on arrive dans une première grande cour où l'on aper­çoit à l'ouest (sur la gauche) le parc Sun Yatsen, et à l'est (sur la droite), le parc de la Culture du peuple et le temple des Ancêtres Impériaux.

Promenade dans la Cité Interdite

 

Le parc Sun Yatsen

Célèbre pour la couleur de ses pivoines, ce parc a été dédié au docteur Sun Yatsen, fondateur de la Chine d'aujourd'hui et père de la révolution de 1911. C'était autrefois un lieu consacré aux oraisons funè­bres. Dans ce parc, s'élevait l'autel du Dieu du Sol et des Moissons. On venait implorer le ciel pour obtenir de bonnes récoltes. Cet autel était divisé en cinq parties symbolisant les cinq points cardinaux ; le point central étant toujours destiné à l'empereur,, et de couleur jaune ; le nord était 'noir, l'est vert, le sud rouge et l'ouest blanc.

En revenant vers la place, on remarquera un bâtiment qui a la forme d'une croix et qui rassemblait des joueurs de baguettes (il s'agis­sait d'un jeu d'adresse qui favorisait les orages et les pluies pour la récolte).

Le parc de la Culture du peuple

Situé à l'est de la grande allée centrale, ce parc entourait le temple des Ancêtres Impériaux. Construit par l'empereur Yongle de la dynas­tie des Ming en 1406, il fut incendié et reconstruit à maintes reprises, et servait de lieux d'offrandes aux empereurs. Aujourd'hui, ce parc est un important lieu de loisirs où les Pékinois jouent au ping-pong et font de la gymnastique. Une librairie a également ouvert ses portes à cet emplacement. Au fond d'une pre­mière grande cour, se dresse une porte majestueuse qui marque l'ac­cès au Palais Impérial.

La porte Wumen l'entrée dans la Cité proprement dite

Édifiée en 1420, cette porte est la plus ancienne et la plus grande de tout l'ensemble. Deux bâtiments en aile bouclent la façade sud, lon­gue de plus de 100 m. De cette porte, l'empereur proclamait de grands discours durant les cérémo­nies militaires. Une fois cette large entrée franchie, on pénètre dans une grande cour pavée à travers laquelle coule la rivière aux eaux d'or (Jinshuihe). Pour la traverser, il faut emprunter l'un des cinq ponts en marbre (symbole des cinq vertus). En se retournant, on peut admirer la façade nord de la porte Wumen, sur laquelle ont été édifiés cinq pavillons surmontés chacun d'une toiture clinquante de tuiles vernissées jaune. De part et d'autre de la cour, la Porte fleurie de l'ouest et la Porte f leurie de l'est permettent également l'accès à la Cité.

La porte

de l'Harmonie Suprême (Taihemen)

Toujours dans l'axe de la porte Wumen au nord, on franchit en enfilade rectiligne la majestueuse porte de l'Harmonie Suprême. Elle était l'entrée de la résidence de l'empereur.

Un nombre très réduit des membres de la cour avait accès à cette entrée gardée par des lions en bronze. Elle repose sur des piliers rouges laqués. Une galerie couverte, l'en­tourant de part et d'autre vers le nord, était destinée aux magasins impériaux où l'empereur et son en­tourage immédiat qui le conseillait, venaient déambuler pour faire ses achats.

Au centre, entre la porte de la Pureté Céleste et le pavillon de l'Harmonie Universelle, la plus grande cour pavée du palais (on l'appelle « mer de pavés ») offre, dans sa partie centrale, une petite terrasse soulevée de trois grandes dalles où se tiennent les trois grands pavillons réservés autrefois aux ré­ceptions officielles de l'empereur.

 

Les trois pavillons

Es s'alignent avec élégance les uns derrière les autres. Le premier (toujours dans le sens sud-nord) est le pavillon de l'Harmonie Univer­selle ; trois escaliers de façade en permettent l'accès. L'escalier cen­tral, le plus large, est équipé d'une rampe qui favorisait la montée de l'empereur sur son palanquin. A l'intérieur de ce pavillon se trouve le trône. D'une décoration extrême­ment riche, le plafond, dans sa partie centrale, est orné de couleurs vives, tandis que les six colonnes intérieures sont finement sculptées de dragons ; les vingt-quatre colon­nes extérieures supportent une large toiture aux tuiles arrondies et relevées aux extrémités en forme de pagode. Des brûle-parfum, carillons en jade et autres objets précieux font de ce trône un lieu grandiose.

Le deuxième édifice qui s'aligne immédiatement derrière est le par Villon de l'Harmonie Parfaite (Zhonghedian). Il suffit de contour­ner le pavillon de l'Harmonie Uni­verselle pour y pénétrer. Ce pavil­lon servait d'antichambre à l'empe­reur pour se vêtir et vaquer à des occupations secondaires avant de monter sur le trône.

Enfin, le troisième pavillon est celui de l'Harmonie Préservée (Bao­hedian) dans lequel les candidats aux examens impériaux venaient passer leurs dernières épreuves. On peut remarquer dans cette salle un autre trône. Durant la dynastie des Qing, on y organisait des banquets. Aujourd'hui, une importante collec­tion d'objets d'art y est exposée. Juste à l'arrière, un magnifique dra­gon est sculpté sur un bloc de marbre de 200 tonnes.

Ces trois pavillons formaient la partie officielle des lieux impériaux. En poursuivant la visite de la Cité vers le nord, on pénètre dans les appartements privés de la résidence impériale.

Le Palais privé

On accède à la résidence privée de l'empereur par une large porte, la porte de la Pureté Céleste qui offre trois passages dont seul celui du centre peut être aujourd'hui em­prunté. De nouveau, une cour aligne trois pavillons du sud au nord. Ils sont, aux yeux des Chinois, la partie la plus intéressante de la cité sur le plan architectural. La résidence privée est d'ailleurs la partie la plus ancienne de l'ensemble de la Cité.

Le pavillon le plus important dans ses dimensions est celui de la Pureté Céleste (Qian Qing Gong). Ce pavil­lon est également posé sur une grande dalle. De grands pots en bronze contenant des grenadiers l'entourent, ainsi que des tortues, grues et brûle-parfum en bronze. A l'intérieur, sur l'estrade, un trône est entouré de deux petits sanctuai­res ; l'un, à gauche, symbolise l'em­pire du Milieu et l'autre, à droite, symbolise le temple des Ancêtres Impériaux. Le mobilier, tout en ébè­ne sculpté, comprend différents ob­jets datant de la dynastie des Qing (grands miroirs, braseros, brûle-par­fum). Dans ce pavillon, l'empereur organisait des banquets pour les ambassadeurs étrangers.

Le pavillon de l'Union (Jiaotai­dian) abritait le trône de l'impéra­trice. (Cixi s'y est d'ailleurs installée lorsqu'elle' prit les rênes du pou­voir.) Aujourd'hui, ce pavillon ras­semble une magnifique collection de pendules datant des XVIIIe et XIXe siècles.

Le troisième pavillon, celui de la Tranquillité Terrestre (Kunning Gong) était réservé à l'empereur et l'impératrice pour leur nuit de noces. Il est intégralement peint en rouge (couleur du bonheur).

Après avoir traversé ce dernier pavillon, on pénètre dans les jardins impériaux et dans une succession de dépendances où logeait le per­sonnel de la cour.

La porte de la Tranquillité Terres­tre (Kunningmen) permet d'accé­der au jardin. Ce dernier a été créé sous la dynastie des Ming et est entouré de murs. Il comprend une succession de petits palais.

Le palais

de la Paix Impériale

C'est une sorte de grotte fermée, gardée par un couple d'éléphants dorés, qui servait de lieu d'offrandes aux ancêtres. Pour quitter le jardin impérial, il faut emprunter la majes­tueuse porte du Génie Militaire (Shenwumen), qui permettait autre­fois le passage des généraux convo­qués sur ordre de l'empereur. Mais cette porte était aussi un lieu de fuite (l'empereur Ming Chongzhen l'emprunta secrètement lorsqu'il al­la se pendre à la colline de Charbon, au moment où les troupes man­choues envahirent Pékin).

Le palais

des Elégances Accumulées

En quittant la porte du Génie Militaire et en se dirigeant vers la partie nord-ouest de la Cité, surgit le palais des Elégances Accumulées, ainsi baptisé parce que c'était la résidence des femmes des différen­tes générations impériales. Aujour­d'hui, des objets y sont exposés (bijoux, robes, accessoires de mai­son, etc.). C'était un haut lieu de commérages et d'intrigues.

Les ailes est et ouest de l'arrière de la Cité Impériale contiennent une succession de petites cours, jardins, pavillons et palais dans lesquels vivait tout le personnel de la cour. Certains de ces édifices étaient mê­me des lieux de prière (la salle du Grand Bouddha ou encore le jardin de la Paix et de la Tranquillité). Ces lieux sont aujourd'hui, pour la plupart d'entre eux, fermés au public.

 

Le palais de l'Eternel Printemps

II fait suite à ce bloc de pavillons et abritait la résidence de l'impéra­trice Cixi. Cet édifice majestueux renferme de remarquables fresques retraçant des scènes du roman de Cao Xueqin :

Le Rêve dans le Pavil­lon rouge.

 

Le palais de la Nourriture de l'Esprit

 

Il côtoie le palais de l'Eternel ­Printemps (vers le sud) et rassemble un grand nombre d'appartements impériaux. Il doit son nom à l'exis­tence d'une superbe bibliothèque impériale (les empereurs n'avaient pourtant pas la réputation d'y con­sulter des ouvrages bien souvent !). Un trône siège au milieu de très beaux objets en bois laqué. Ce lieu servait autrefois de « trône secondai­re » à l'empereur. Une porte relie ce palais à la partie centrale de la Cité où se trouve le trône principal.

La partie orientale et ses dépendances

 

De l'autre côté de cet ensemble de pavillons et jardins se trouvent d'autres palais. En se dirigeant au fond à droite de la Cité Interdite, on pénètre rapidement dans le jar­din de Qianlong. Ravissant petit coin isolé, ce jardin fut construit pour la retraite de l'empereur Qian­long (qui régna de 1736 à 1795). Au centre, s'élève un magnifique pavillon taillé dans des bois venus' des provinces du Yunnan et du Sichuan (au sud-ouest de la Chine). Un autre petit pavillon latéral était autrefois destiné aux plaisirs du jeu et de l'alcool (que les empereurs consommaient avec générosité).

En revenant vers le sud, apparaît le pavillon des Sons Agréables (Chongyingye) qui était le théâtre favori de l'impératrice Cixi. Haut de trois étages, il pouvait contenir un  nombre important de convives de la cour. Sur scène, se trémoussaient  les personnages de la troupe impériale vêtus de costumes aux couleurs flamboyantes .Les représentations de l'époque duraient fréquemment plusieurs jours.

Les différentes collections impériales

 

Elles sont présentées dans les galeries latérales qui bordent les trois principaux palais (de l'Harmo­nie Suprême), de l'Harmonie Parfai­te et de l'Harmonie Préservée), de chaque côté de la grande cour prin­cipale.

A l'est, des collections d'objets retracent l'histoire de l'art chinois depuis les Royaumes combattants (475 av. J.-C.) jusqu'à la fin de la dynastie des Song (1279 apr. J.-C.), en passant par les sculptures des Han, les peintures murales des Tang, et les peintures sur rouleaux des Song.

A l'ouest, défile chronologique­ment l'histoire de l'art chinois, avec les peintures murales des Mongols. Puis on trouve toute une série d'ob­jets des dynasties Ming et Qing tels que papiers calligraphiés, éventails, tapis et différents costumes d'épo­que.

Vers le sud, le pavillon des Flè­ches renferme une splendide collec­tion de tambours sculptés en pierre, datant de la dynastie des Zhou (770­256 av. J.-C.) sur lesquels on peut lire des inscriptions et poèmes d'époque. Puis on franchit la porte de la Suprématie Impériale en face de laquelle se trouve un mur en faience de la dynastie des Qing représentant neuf dragons destinés à chasser les mauvais esprits sus­ceptibles de pénétrer dans la Cité. Après avoir traversé une petite cour carrée, on atteint la porte de la Quiétude et de la Longévité, gardée par deux superbes lions en bronze doré.

Dans la succession de ces édifices, toujours en revenant vers le sud, se dresse le palais de la Suprématie Impériale, où le corps de l'impéra­trice Cixi fut déposé en attendant le jour de ses funérailles.

Aujourd'hui, on peut y admirer un superbe cadran solaire qu'utili­sait l'empereur Qian Long. Des deux côtés de ce palais, des galeries de peintures renferment les plus belles collections des empereurs.

Le palais de la Nourriture du Caractère, le porche du Mélange des Harmonies et le pavillon du Grand Bonheur abritent, à travers de lon­gues galeries en enfilade, des objets précieux en or et en jade, des épées, des vêtements de l'époque Qing, ainsi que des imitations de plantes en pierre dure, dans de grands vases en or.

Les musées de la Cité Interdite

Le musée des Arts décoratifs comprend une première salle qui rassemble une collection d'objets précieux en jade, or, laque, cloison­né et cristal. Les deux autres pavil­lons du musée (palais de la Ferveur Céleste et palais de l'Eternelle Har­monie) offrent des objets destinés à l'usage des grands calligraphes (ivoires, plaques de bambou, pin­ceaux et papiers fins).

Le musée des Poteries et Porce­laines présente des collections qui recouvrent toute l'histoire de la porcelaine en Chine, de l'époque préhistorique à la dynastie des Qing en passant par les très célèbres faïences « blanc de Chine » et « bleu et blanc » de la dynastie des Ming.

Le musée des Bronzes, dans les palais de l'Abstinence et de la Pros­périté, retrace toute l'histoire chi­noise des bronzes.

Près du palais de l'Abstinence se trouve la salle du Culte des Ancê­tres, lieu traditionnel d'offrandes des empereurs. Aujourd'hui, cette salle est utilisée pour des exposi­tions temporaires.

Le musée des Horloges et des Automates : avec un billet spécial acheté sur place, on accède à ce musée qui rassemble une immense variété d'horloges des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. La plupart de ces pendules et horloges sont de fabrica­tion occidentale (principalement an­glaise et française).

Pour quitter la Cité Impériale, le mieux est d'emprunter la sortie nord du palais. Il faut alors franchir la porte du Génie Militaire et traver­ser le pont sur les douves. Pour avoir une vision d'ensemble du Pa­lais Impérial, il est nécessaire de poursuivre la visite par une excur­sion à la colline de Charbon, qui se situe au nord, immédiatement derrière la grande avenue (il faut pour cela emprunter le passage sou­terrain) et se rendre au parc de la Colline pour admirer de haut les toits en enfilade de la Cité.

Une bonne visite du Palais Impé­rial nécessite au moins une grande demi-journée.

 

La colline de charbon (jingshan)

 

L'ascension de la colline de Char­bon s'inscrit dans la suite logique d'une visite complète du Palais Im­périal. On franchit alors le kiosque d'entrée du parc (le billet coûte 2 maos).

Sous les Mongols (de 1279 à 1368), ce jardin était un lieu de repos privé pour l'empereur. Puis les Ming décidèrent d'élever une colline à l'aide des remblais du Palais Impérial alors qu'ils y effec­tuaient d'importants travaux.

La colline de Charbon doit son nom à une vieille légende selon laquelle un empereur aurait caché une importante quantité de charbon sous la colline.

A l'entrée du parc, se dresse le pavillon de la Belle Vue (Qiwan­glou) qui avait été édifié à la mémoi­re de Confucius ; il est aujourd'hui transformé en exposition de calligra­phies et de peintures.

Ensuite, soit par l'escalier ouest, soit par l'escalier est, on accède, au sommet de la colline, au pavillon du Printemps Eternel (Wanchunting) ouvert sur les quatre côtés ; de ce

point culminant de la capitale, la vue est belle sur l'ensemble de la ville : au sud, s'alignent les toits dorés de la Cité Interdite, jusqu'à l'obélisque de Tian An Men ; au nord, se dessinent la tour du Tam­bour et plus loin dans l'axe, la tour de la Cloche. Juste en contrebas, à l'ouest, s'élève le dagoba blanc du parc Beihai.

A l'est, on distingue des construc­tions modgrnes, le quartier des Am­bassades (Sanlitun), ainsi que les grands immeubles et les nouveaux hôtels de la banlieue nord-est de la capitale.

Sur le flanc est de la colline, vous remarquerez, à mi-chemin en descendant (à proximité du pavillon situé à mi-hauteur), un vieil arbre sur lequel le dernier empereur Ming Chongzhen s'est pendu lorsque Pé­ldn fut assiégé par les Mandchous à la fin de son règne.

Il est également possible de redes­cendre par le flanc ouest de la colline et de ressortir par l'entrée principale du parc au sud.

Le jardin est ouvert tous les jours de 6 h du matin à 20 h le soir.

 

Le parc du lac nord ou parc beihai

 

En poursuivant un ordre logique des visites de jardins qui entourent la ville impériale, on peut se diriger vers l'ouest pour pénétrer dans le parc Beihai. Ce site ravissant, ap précié des Chinois durant leurs loi sirs et remarquablement situé au cœur de la ville, est un lieu d'en chantement. Entre ses vastes éten­dues d'eau sur lesquelles on navigue à la belle saison et on patine l'hiver, ses petites collines, ses champs de lotus et la variété de ses fleurs, le parc Beihai est un authentique coin de campagne, isolé en plein centre de la capitale.

Aménagé sous la dynastie des Jin (aux Xlle et XIIIe siècles), les empereurs creusèrent un lac, créè rent une petite île appelée Qion­ghua, et de nombreux jardins d'agrément pour le personnel de la cour. L'ensemble du parc fut considérablement amélioré sous le règne de Yongle (empereur Ming), qui décida alors de séparer le lac en deux parties : l'une, au sud, es aujourd'hui exclusivement destinée aux membres du gouvernement et à quelques groupes privilégiés de Chinois qui viennent goûter à la douce atmosphère de ces lieux L'autre partie reste ouverte au grand public.

L'entrée s'effectue généralement par la porte sud, non loin du parc de la colline de Charbon. Là, se trouve la Cité Ronde. Édifiée sous le règne de Qianlong, elle s'élève sur une puissante dalle circulaire encerclée de magnifiques arbres.

Non loin de là, une vasque de jade d'époque mongole présente sur toute sa surface de surprenantes décorations illustrant des animaux mythiques. A l'intérieur de cette vasque, on peut lire un poème com­posé par l'empereur Qianlong.

Juste en face, dans le Pavillon qui reçoit la lumière, vous pouvez acheter des produits d'artisanat chi­nois et de très belles calligraphies.

La Cité Ronde est ouverte au public de 8 h 30 à 16 h 30.

En franchissant le pont de la Tranquillité Eternelle, vous abou­tissez sur l'île aux Hortensias (ou île Qionghua) sur laquelle se dresse le célèbre dagoba blanc, construc­tion large et ventrue dont la base porte des inscriptions. A son sommet, une petite pagode ronde sur disque carré emprunte sa forme aux règles traditionnelles de la cosmolo­gie chinoise (le ciel est toujours un disque, et la terre une surface carrée).

En redescendant du dagoba, côté sud, une succession de terrasses en étages mène au temple de la Tranquillité Eternelle (Yongansi). " Construit en 1652, à l'occasion de la venue du dalni-lama à Példn, ce temple est un sanctuaire bouddhi­que d'inspiration tibétaine.

Non loin de là, se trouve un petit édifice appelé pavillon des Anciens Ecrits (Yuegulou) où l'on vend au­jourd'hui des tapis.

En suivant la rive ouest du lac vers le nord, on atteint un petit pavillon appelé Petit Paradis de l'Ouest (Xiaoxidian). Cet ensemble comprend deux temples aujourd'hui désaffectés. Plus au nord encore, on franchit d'abord la porte de l'Ouest pour atteindre la salle de la Littéra­ture et de l'Art (actuelle bibliothè­que de Pékin), puis on arrive au palais de Guanyin, grand pavillon carré édifié sous le règne de Kangxi (1662-1732) dont il reste une splen­dide toiture supportée par de gran­des colonnes en marbre et en bois. Quatre portes s'alignent en façade de ce bâtiment. Quatre ponts sont jetés dans l'axe de ces portes.

En longeant le lac toujours dans le même sens, apparaissent les cinq kiosques dragons (Wulongting) puis l'Ecran de Fer (entouré d'un très joli jardin botanique), un mur taillé dans la roche volcanique, sur lequel d'étranges créatures mythiques d'époque mongole ont été sculptées. Immédiatement derrière l'Écran de Fer, on aperçoit d'abord la salle (Chenguan) puis le pavillon Yulan.

Plus haut, se dresse le mur aux Neuf Dragons construit sous les Mongols, en 1417, et destiné à chas­ser les mauvais esprits de ces lieux.

Enfin surgit le Grand Palais d'Été (Daxidian) malheureusement dé­saffecté. Des travaux de restaura­tion ont été récemment entrepris.

Pour terminer, jetez un coup d'oeil au pavillon de la Sérénité, aujourd'hui transformé en centre de recherche artistique et littéraire.

N'oubliez pas si vous avez le temps, de prendre un repas dans le célèbre restaurant Fangshan situé' sur l'île Qionghua, où l'on vous' servira, pour environ 20 yuans, de la cuisine impériale.

Le parc est ouvert de 6 h à 22 h l'été et de 6 h 30 à 20 h l'hiver. Le billet d'entrée coûte 5 yuans.

 

Le temple du ciel (tiantan)

 

Situé dans la partie méridionale de la ville, le temple du Ciel est qualifié par les Chinois « d'une des plus belles créations de l'Empire Il s'élève au milieu d'un parc de 270 hectares où les Pékinois, nombreux, viennent flâner durant leur temps de loisirs.

Sous les dynasties Ming et Qing, le temple du Ciel était un célèbre lieu de, culte, où le « Fils du Ciel (l'empereur) venait deux fois par an avant les moissons, implorer le ciel pour que les récoltes soient fastes. Le « Fils du Ciel », majestueusement porté sur son palanquin, descendai l'avenue Qianmen qui conduit en ligne droite de la Cité Interdite au temple du Ciel, en passant par l'avenue transversale de Dashalan où la foule grouillante devait détourner ses regards avides de curiosité. Juste avant d'arriver au temple, l'empereur franchissait le pont du Ciel (7 iangiao).

L'ensemble des constructions qui composent ce lieu de prière répond aux règles fondamentales de la cos­mologie chinoise : à la base, la terre et symbolisée par un carré, tandis que les hauteurs célestes sont repré­sentées par un grand cercle. L'em­pereur Yongle fit ériger ce temple en 1406 ; les travaux ne prirent fin qu'en 1420. A cette époque, le Fils du Ciel ne se rendait sur son lieu de culte qu'une fois par an, au moment du solstice d'été.

 

La visite du parc

Une visite traditionnelle du tem­ple du Ciel s'effectue en général par l'entrée ouest du parc (la porte ouest du Ciel). Une allée à travers les arbres conduit à un petit escalier en pierre de trois marches. Après avoir franchi une seconde enceinte pourpre (couleur de la richesse), on aperçoit immédiatement sur la droite, le palais de l'Abstinence (Zhaigong). L'empereur devait se priver de viande et de vin les trois jours qui précédaient la prière, et passait la dernière journée de jeûne dans ce palais.

En se dirigeant vers le nord (sur la gauche), on arrive au temple de la Prière pour les bonnes moissons. Sa forme circulaire symbolise le ciel, tandis que la base est formée de trois terrasses carrées en marbre blanc représentant la terre. L'asso­ciation des deux formes révèle la communion entre le ciel et la terre. Edifié en 1420, ce temple fut incen­dié par la foudre et reconstruit en 1889. Sa triple toiture de tuiles bleues porte une grosse boule dorée à son sommet.

A l'intérieur, la salle de prière tout en bois est peinte de couleurs vives ; les motifs représentent des dragons et des phénix (symboles respectifs de l'empereur et de l'im­pératrice).

D'une hauteur de 38 mètres, cette salle comprend quatre colonnes de bois (symbolisant les quatre points cardinaux) entourées de 24 autres colonnes disposées en une double circonférence, représentant les dou­ze mois de l'année et les douze heures du jour.

Elle abrite également des « tablet­tes du ciel., où l'on peut lire les noms des empereurs défunts qui sont venus dans ces lieux pour implorer le ciel.

Vers le sud du parc, une large voie d'environ 500 mètres conduit à la voûte céleste impériale (Huang Qing Yu) construite en 1530. Elle fut embellie en 1752 sous le règne de l'empereur Qianlong. La salle principale et les bâtiments qui l'en­tourent sont ceints d'un mur gris (le mur des Echos) : si deux personnes placées près du mur se parlent à distance, celui-ci renvoie le son de leur voix.

Plus au sud, juste après le voûte, un grand tertre circulaire appelé autel du Ciel, l'endroit où l'empereur venait célébrer le Nouvel An après avoir rendu compte des évé­nements marquants de l'année écoulée. Ce lieu symbolisait la com­munion étroite entre l'empereur et le ciel.

Egalement élevé sur trois dalles circulaires, cet autel en plein air, tout en marbre blanc, est accessible par trois escaliers de neuf marches chacun.

Neuf grandes dalles constituent le sommet de cette terrasse, où l'on peut également observer, au centre, un autre phénomène acoustique. (Le neuf était le chiffre parfait de l'empereur pour entrer en commu­nion avec le ciel.)

Outre les bâtiments principaux de ces lieux de prière, il est agréable d'effectuer une promenade dans ce grand espace vert.

Vous ne serez pas surpris de voir les Pékinois y promener leurs oiseaux en cage et discuter paisible­ment sur les rebords des nombreux petits bassins.

Si vous avez le courage de vous lever tôt, venez admirer les foules tranquilles, à l'aube, qui pratiquent le taiqi. Parfois, vous pourrez assis­ter à des répétitions de scènes d'opéra.

II n'est pas rare non plus, au détour d'une allée, de rencontrer un joueur de pipa isolé, heureux de charmer les passants qui l'écoutent.

Aujourd'hui, le parc offre à ses visiteurs de multiples attractions un stade de 30 000 places a ouvert ses portes, offrant de nombreuses compétitions sportives, ainsi qu'une grande piscine municipale.

Sur le plan culturel, un théâtre de plein air propose de temps à autre des spectacles ; une bibliothè­que met à la disposition de chacun des ouvrages variés.

Un petit parc à jeux permet aux jeunes enfants de glisser sur des toboggans ou de faire un tour de manège.

Si vous disposez d'une journée complète, ce parc vous offrira le plaisir de découvrir les loisirs typi­quement chinois et la majestuosité architecturale de ces grands lieux de culte.

Le parc est ouvert au public de 6 à 22 h l'été et de 6 h 30 à 20 h l'hiver.

 

Le quartier nord-est

 

Baptisé autrefois palais de l'Eter­nelle Harmonie, ce temple fut le  lieu de résidence de l'empereur Yongzheng durant son règne (1723­1736). Situé au nord-est de la ville, ce palais fut occupé par des lamas en 1732. L'empereur ne garda qu'un petit appartement privé. Le temple devint alors une lamasserie et remplit un rôle exclusivement religieux. Trois cents lamas tibétains y vécurent, ainsi que des moines venant s'instruire sur le lamaïsme, notamment ceux appar­tenant à la secte des Bonnets Jaunes dont l'emprise religieuse fut à l'épo­que très importante. Aujourd'hui près de soixante-dix moines d'origi­ne principalement mongole veillent sur ce lieu de prière.

La visite

L'ensemble des édifices qui le compose comprend cinq salles en enfilade séparées par des cours, près d'un joli jardin. Une allée cen­trale, au milieu d'arbres et de plan­tes variées, laisse sur la droite, chacune dans un angle, la tour de la Cloche et la tour du Tambour et, sur le côté gauche, les deux pavillons des stèles. On accède alors à la salle des Rois Célestes (Tian wangdian).

A l'intérieur, se dresse la statue souriante de Maitreya (symbole de l'avenir).

De part et d'autre, les gardiens des quatre points cardinaux (Les' Rois Célestes) portent des expres­sions grimaçantes, en signe d'alerte à ceux qui pourraient pénétrer dans le temple, l'esprit chargé de mauvai­ses pensées. Adossé au Bouddha Maitreya, en sortant de la salle, vous apercevrez un gardien de I i porte appelé le Weituo, autre pro­tecteur de ces lieux de prière. Juste à l'extérieur de la salle, a été fondu en 1747, un grand ding (chaudron) en cuivre, réputé unique à travers toute la Chine.

Le pavillon de la Grande Stèle fait suite à ce premier édifice. Dans cette salle, on peut lire des inscrip­tions en quatre langues (han, mand­chou, mongol et tibétain) traitant des principes philosophiques fonda­mentaux du lamaïsme, sur une stèle que l'empereur Qianlong fit dresser en 1792.

On pénètre ensuite dans la salle principale ou salle de l'Eternelle Harmonie qui a donné son nom au temple.

Trois bouddhas de façade symbo­lisant de gauche à droite, le passé, le présent et l'avenir, tandis que dix-huit disciples de bouddha, dis­posés de part et d'autre, ont pour rôle de transmettre les enseigne­ments bouddhiques sur terre. Vous remarquerez de très beaux objets tels que brille-parfum, chandeliers et vases en cloisonné.

En suivant toujours l'axe sud­nord, la salle de l'Eternelle Protec­tion (Yongyoudian) renferme trois magnifiques statues : à gauche le Bouddha de la longévité, au centre le Bouddha de la médecine et à droite, le Maître qui enseigna le bouddhisme à l'empereur Qianlong.

Plus au nord encore, la salle de la Roue de la Loi (Falundian) abrite une statue de Tsong Khapa (1417­1478), moine qui fut le précepteur du premier dalaï-lama et père de la secte des Bonnets Jaunes. Plusieurs textes tibétains religieux sont enco­re visibles sur les murs.

La dernière salle ou le pavillon des Dix Mille Bonheurs (Wan fuge) offre une très belle surprise. Elle contient une magnifique statue de Bouddha, haute de 23 mètres, en bois de camphrier, que le dalaï-lama avait rapportée du Tibet au XVIIIe siècle à l'empereur Qianlong.

Dans les galeries latérales bordant les cours successives, vous pouvez admirer quelques tankas tibétains ainsi que de beaux objets en bronze.

Le temple est ouvert au public de 9 à 16 h l'hiver, et de 8 h 30 à 17 h 30 l'été. Le billet d'entrée coû­te 1 yuan.

Le temple de Confucius (Kong Miao)

 

Il est situé contre le temple des Lamas ; ne manquez pas d'effectuer les deux visites l'une après l'autre. Construit sous la dynastie mongole, ce lieu de prière est dédié au grand­maître Confucius. C'est là que les membres de la cour impériale ve­naient trois fois par an célébrer de fastueuses cérémonies en l'honneur du grand sage.

Une partie du temple abrite au­jourd'hui le musée de la Capitale (Shoudu Bowuguan) qui retrace l'histoire de la ville de Pékin depuis ses origines néolithiques (du si­nanthrope de Zhoukoudian) jusqu'à nos jours.

Le musée est ouvert de 9 à 17 h sauf le lundi.

L'ancien collège impérial (Guozijian)

Par une porte latérale du musée, on rejoint l'ancien collège impérial. Edifié sous la dynastie mongole en 1287, cet établissement fut restauré sous la dynastie des Qing en 1784. C'est là que les étudiants venaient étudier des écrits confucéens com­mentés par les empereurs succes­sifs.

A l'époque 190 stèles comprenant au total 800 000 caractères gravés, regroupaient les Treize classiques. Aujourd'hui, ces stèles sont rassem­blées dans une cour, à droite de la porte principale.

Le collège impérial est devenu la bibliothèque de la capitale.

 

 

L'autel de la Terre (Ditan)

Non loin de ces temples, si vous disposez d'un peu de temps, vous pouvez faire un crochet par l'autel de la Terre situé un peu plus au nord. Il est l'un des quatre temples de la capitale qui symbolisent les quatre points cardinaux. Le temple du Ciel est le temple du sud, tandis que l'autel de la Terre est celui du nord.

Ce dernier fut construit en 1530. Situé dans un joli jardin boisé, il était un lieu de sacrifices au moment du solstice d'été.

Les tours du Tambour et de la Cloche (Gulou et Zhonglou)

En Chine, toute vieille ville possé­dait systématiquement une tour de la Cloche et une tour de Tambour.

A Pékin, elles se situent toutes les deux dans le quartier nord-est et sont visibles depuis le sommet de la colline de Charbon.

La tour du Tambour fut érigée sous les Ming. Construite en bois, elle montre six ouvertures disposées sur deux côtés. Sous l'empire, vingt­quatre tambours battaient chaque heure du jour et de la nuit. Aujour­d'hui, il n'en subsiste qu'un. II est possible de visiter la tour jusqu'à son sommet.

La tour de la Cloche se dresse à proximité de la tour du Tambour. Elle fut construite tout en briques, en 1747. A l'origine, une cloche en cuivre sonnait tous les matins à sept heures. Aujourd'hui, cette tradition a disparu.

Le stade des Ouvriers (Gongreri Tiyuchang)

Situé un peu plus à l'est, ce stade est le lieu des plus grands événements sportifs de la capitale (gymnastique, volley-ball, basket­ball, ping-pong, etc.). Renseignez­vous à la réception de votre hôtel ou dans les bureaux du C.I.T.S.

 

(voir adresses à la fin du guide), de Song Qingling. L'épouse de Sun pour obtenir des billets d'entrée.

Vous pourrez y voir égalementd'excellents spectacles d'acrobatie.

 

Le quartier nord-ouest

 

En se dirigeant plus à l'ouest, non loin des tours de la Cloche et du Tambour, se trouve la résidence de Song Qingling.

L'épouse de Sun Yatsen, le fondateur de la République chinoise, joua un rôle politique d'excellents spectacles d'acrobatie. important après la mort de son mari. Issue de la haute bourgeoisie de Shanghai, elle appartint d'abord au clan des nationalistes. Elle rejoi­gnit les communistes quelque temps plus tard pour devenir finalement­présidente d'honneur de la Républi­que populaire. A cet égard, les Chinois lui portent une grande esti­me.

Sa résidence, que l'on visite au­jourd'hui, est une agréable maison située au 46, rue Beiheyan, compo­sée d'une petit pavillon (Shanting) qui domine un jardin planté d'une belle variété d'arbres et de plantes, et de quartiers d'habitation qui sont transformés aujourd'hui en petit musée.

La rue Xinjiekou

Cette artère importante du nord­ouest de la capitale, toujours très animée, où foisonnent des magasins en tout genre, rassemble quelques lieux de visite originaux, hors des principaux circuits touristiques.

 

Le muséeeXu Baihong

En partant de l'extrémité nord de Xinjiekou, vous arrivez rapidement au musée Xu Baihong, situé exacte­ment au 53, Xinjiekou Bei Dajie.

L'artiste chinois contemporain (1895-1953), Xu Baihong, connu pour ses célèbres peintures de che­vaux, a été imité dans le monde entier. Le musée rassemble une importante collection d'aquarelles, esquisses, peintures à l'huile, repré­sentant des scènes de la vie rurale (avec de nombreux animaux) ainsi que des scènes mythologiques chi­noises (notamment un tableau re­présentant le fameux vieillard Yu­gong déplaçant les montagnes).

Marqué par un séjour effectué en Europe, Xu Baihong s'est largement imprégné de l'impressionnisme à l'occidentale, notamment dans les paysages chinois.

Le musée est ouvert de 8 h 30 à 16 h 30.

 

Le musée Lu Xun

En descendant la rue Xinjiekou vers le sud, on atteint une petite rue transversale (Fuchengmennai Dajie) où se trouve la maison de l'écrivain' chinois contemporain Luxun (1881­1960). Connu notamment pour son couvre, La célèbre histoire d'Ah Q, il fut très largement impliqué dans le mouvement libéral dès 1920. Le musée présente un nombre très important de ses écrits (journal per­sonnel, manuscrits et lettres) ainsi que différents objets et souvenirs. La visite de ces lieux vous permet,­en outre, d'apprécier le charme, d'une vieille maison pékinoise tradi­tionnelle avec sa cour centrale.

Le musée est ouvert de 8 h 30 à 17 h sauf le lundi.

Le temple

du Dagoba Blanc (Baitasi)

Situé contre le musée Luxun, ce dagoba érigé sous la dynastie mon-, gole domine la partie nord-ouest de la ville. Conçu par un architecte népalais en 1279, il fut considéré par les Mongols comme l'un des édifices les plus prestigieux de la Chine. Il fut par la suite détruit puis reconstruit sous la dynastie des Ming. Un superbe plateau en cuivre orné de mille clochettes coiffe le dagoba. Ce temple fut partiellement détruit pendant la Révolution cultu­relle, et au cours du tremblement de terre de l'été 1976. Aujourd'hui,' les quatre salles que l'on visite', offrent des statues bouddhistes d'époque mongole et ming, ainsi qu'une très belle collection de tan­kas tibétains.

Le temple

de la Grande Charité (Guangjisi)

Situé toujours dans le même quar­tier, contre le dagoba blanc, ce temple est le sanctuaire bouddhique le plus réputé de la capitale. Ce qu'on en voit aujourd'hui date de 1932. Il avait été construit au XIIe siècle, mais il fut ravagé par les flammes au début du siècle. Il possè­de de très belles peintures murales, ainsi que des statues, notamment une représentation de la déesse de la Miséricorde aux Mille Bras d'époque mandchoue.

Le parc Yuetan (temple de la Lune)

Ce temple à l'ouest de la capitale s'inscrit parmi les quatre autels symbolisant les quatre points cardi­naux. Edifié en 1531, il fut restauré au XVIIIe siècle. Ce pavillon, percé de quatre portes, accueillait l'empe­reur tous les deux ans, le premier jour de l'automne. Un joli parc entourant l'autel demeure aujour­d'hui un agréable lieu de promena­de.

Le Parc zoologique (Dongwuyuan)

Situé au nord-ouest de la ville, ce zoo occupe les lieux d'un parc impérial de la dynastie des Ming. Aujourd'hui, les Pékinois viennent y admirer les pandas géants (mal­heureusement en voie de dispari­tion). On y voit également des ani­maux étranges tels que des yaks du Tibet, des tortues géantes des mers de Chine, etc.

Les visites s'effectuent tous les jours de 7 h 30 à 17 h 30.

Contre le zoo, se trouve le parc des Expositions qui propose, lors de foires temporaires, des produits d'art et d'artisanat chinois. Ne man­quez pas d'y jeter un oeil. Les produits sont en général chers, mais d'une excellente qualité et souvent difficiles à trouver ailleurs.

Le temple aux

Cinq Pagodes (Wutasi)

En remontant un peu plus vers le nord, vous apercevez ce temple, construit sur ordre de l'empereur Yongle de la dynastie des Ming.

Baptisé temple du Véritable Eveil, il fut construit sur le modèle d'un ancien temple bouddhique in­dien, comprenant cinq pagodes py­ramidales en enfilade. Incendié par les troupes anglaises et françaises en 1927, ce temple conserve des bas-reliefs sur lesquels figurent des symboles bouddhiques (à la base de l'édifice).

Le temple de la

Grande Cloche (Dazhongsi)

Situé dans la rue Beihuanxilu à l'extrême nord-ouest de Pékin, ce temple aux modestes dimensions fut construit en 1733. Une gigantesque cloche, d'une hauteur de 7 mètres et d'un poids de 46 tonnes, y fut apportée dix ans plus tard. Des textes bouddhiques sont inscrits en caractères chinois sur ses parois. Il est possible de monter au sommet du pavillon qui contient la cloche. Dans une cour intérieure, sont expo­sées trente autres cloches en bron­ze, d'envergure beaucoup plus mo­deste. D'origines et d'époques va­riées, ce sont de véritables chefs­d'oeuvre de raffinement.

Ouvert de 8 h 30 à 16 h 30.

Etant donné la situation assez excentrée de ce temple, allez-y jeter un coup d'oeil le jour où vous effec­tuerez la visite du palais d'Été (cf. chapitre « Environs de Pékin »).

Le quartier sud-ouest

Cette partie de la capitale était, sous l'empire, réservée aux masses populaires. Ce quartier regroupe au­jourd'hui une minorité musulmane importante, appelée minorité hui, venue d'Asie centrale.

 

Le temple de la Source de la Loi (Fayuansi)

Situé dans le district de Xuan Wumen, ce temple fut construit en 654, sous le règne de l'empereur

Taizong de la dynastie des Tang, à la mémoire des soldats disparus lors d'une guerre contre la Corée. Il fut ensuite reconstruit sous les Qing, puis, plus récemment, restauré. Au­trefois, l'un des principaux centres d'étude et de recherche sur le boud­dhisme, en Chine, ce temple est aujourd'hui un centre d'accueil pour des moines novices, et un lieu de promenade agréable au printemps, alors que ses cours sont fleuries de lilas. Après avoir traversé la première d'entre elles, on pénètre dans la salle des Rois Célestes ('hian Wang) où trônent trois bouddhas en bronze d'époque Ming ; les trois bouddhas en bronze du pavillon Daxiongbao sont d'époque Qing.

Un autre édifice se dresse dans le prolongement des premiers bâti­ments : le temple Dabei, construit sous l'empereur Taizong, dans le­quel se trouve, entre autres objets anciens, de magnifiques statues de bouddha d'époque Tang. Enfin, le dernier pavillon présente une autre statue de bouddha d'époque Ming.

Tous les ans, au printemps, les moines offrent de fastueux repas aux notables de la région, au cours desquels ils admirent ensemble les fleurs nouvellement écloses.

Le temple se visite de 8 h 30 à 12 h et de 13 h 30 à 16 h tous les jours sauf le lundi.

L'église du sud (Nan Tang)

Située près de la porte Xuanwu­men, elle fut construite par le jésuite allemand Adam Schall, en 1650, à l'emplacement de la résidence du père Mattéo Ricci. Plusieurs fois détruite et reconstruite au cours de tremblements de terre et d'incen­dies, l'église actuelle date de 1909. Elle abrite un grand autel, deux autels secondaires et un sanctuaire principal.

A l'intérieur, de superbes motifs sculptés représentant des scènes de la bible, habillent les colonnes. On peut admirer de très beaux ta­bleaux, notamment un grand por­trait de la Vierge.

Tous les dimanches, des offices religieux sont célébrés à l'attention des catholiques pékinois (et étran­gers). La capitale chinoise rassem­blerait aujourd'hui près de 20 000 catholiques.

La mosquée

de la rue de la Vache (Niu Jie Quingzhengsi)

Située dans le même quartier sud­ouest, dans la rue de la Vache, elle est à la fois la plus importante et la plus ancienne mosquée de Pékin. Fondée sous les Song du Nord au Xle siècle, elle fut reconstruite sous les dynasties Ming et Qing. Elle ressemble à un temple chinois. Très symétrique dans la disposition de ses principaux édifices, elle offre en particulier une tour d'observation de la lune, de forme hexagonale en bois, qui permettait d'établir le calendrier islamique d'après la position des astres.

________ Quartier sud-ouest

L'ensemble est composé d'une grande salle de prière dont les fenê­tres regardent vers l'ouest en direc­tion de La Mecque, d'un minaret au sommet duquel est lancé l'appel à la prière, et d'un pavillon contenant des stèles commémoratives.

La décoration intérieure de ces différents édifices est riche en cou­leurs et mélange harmonieusement les artisanats arabes et chinois.

Introduit en Chine sous la dynas­tie des Tang, l'islam est la plus importante religion de tout l'empi­re, par le nombre des fidèles.

Le jardin du Paysage (Daguanyuan)

Si vous disposez d'un peu de temps, allez vous détendre au jardin du Paysage. Nouvellement aména­gé, ce parc aux petites collines, pavillons et étangs, conserve le charme des générations impériales. Les paysagistes pékinois l'ont conçu d'après les descriptions du roman­cier Cao Xueqin dans son célèbre ouvrage : Le Rêve dans le Pavillon rouge.

Le temple du Nuage Blanc (Bai Yun Guan)

Situé un peu plus loin dans le même quartier, ce temple taoïste fut construit une première fois sous la dynastie des Tang en 739. Agran­dis à plusieurs reprises sous les dynasties Jin, Mongol, Ming, les édifices actuels sont d'époque Qing.

Cinq grandes cours successives séparent les salles où sont présen­tées de magnifiques statues en jade de différentes divinités taoïstes, no­tamment celle de l'ancêtre Qiu Chu­ji dont la dépouille mortelle repose au-dessous.

Aujourd'hui, ce temple est le siè­ge de l'association des taoïstes chi­nois. De nombreux religieux vien­nent y suivre l'enseignement de cette philosophie.

 

Le quartier sud-est

 

Outre la visite du temple du Ciel, quelques points intéressants' de ce quartier méridional de la ville ne doivent pas être manqués, si la durée de votre séjour vous le per­met.

 

Le musée d'Histoire naturelle

Situé à l'extrémité nord-ouest du parc du temple du Ciel, ce musée renferme quatre salles consacrées à la botanique, la zoologie, la paléon­tologie et paléoanthropologie, qui retracent l'évolution biologique de l'humanité depuis la Préhistoire. On y voit le squelette du plus grand dinosaure jamais découvert jusqu'à ce jour.

Le musée est ouvert de 8 h 30 à 16 h sauf le lundi.

Le parc du pavillon de la Joie

Autrefois destiné à accueillir des gens de lettres qui venaient y com­poser des vers et y échanger des idées, ce ravissant petit parc a été réaménagé, dans les années 50, en un délicieux lieu de promenade à travers les petites collines, pavillons et lacs.

Une maison de thé a récemment ouvert ses portes, ainsi qu'une salle de lecture et un parc d'attractions pour les enfants.

L'observatoire impérial (Guan Xiang Tai)

Pour parvenir à cet édifice, situé au sud-est de l'avenue Chang'an, il faut quitter le quartier méridional de Pékin et remonter vers le nord­est. Ce gros bloc de maçonnerie, construit sous les Mongols, puis détruit par la foudre, fut -rebâti sous les Ming, en 1442, Haute de 14 mètres, une importante plate-forme supporte huit instruments astrono­miques en bronze datant de la dy­nastie des Qing. Parmi eux, un globe céleste était destiné à calculer les saisons et les éclipses lunaires et solaires ; ils se aient aussi à déter­miner le calendrier des cérémonies de différentes religions. Cet obser­vatoire fut saccagé par les troupes occidentales en 1900. Seule, une partie des instruments est encore visible aujourd'hui, dans une salle d'exposition nouvellement réamé­nagée.

 

L'autel du Soleil (Ritan)

Situé dans l'arrondissement de Chaoyong, c'est le temple « est » de l'ensemble des temples symbolisant les quatre points cardinaux de la ville. Datant de l'époque Ming, il fut restauré en 1742 sous les Qing. Il possède une grande terrasse carrée recouverte de tuiles rouges, symbo­le du soleil. Les empereurs Ming et Qing venaient y célébrer le culte du soleil, à chaque équinoxe de printemps, en présentant des of­frandes de couleur rouge (viandes de boeuf ou de mouton).

Aujourd'hui, ce parc est un agréa­ble lieu de promenade dans lequel un petit restaurant a récemment ouvert ses portes.

 

La mosquée de Dongsi (Dong Si Qing Zhen Si)

Bien que moins importante que la mosquée de la rue de la Vache, la mosquée de Dongsi et aujourd'hui le siège de l'association des Musulmans de Chine. Ses bâtiments actuels da­tent de la dynastie des Qing. Ils com­prennent une salle de prière rassem­blant les fidèles pendant le Ramadan, un hammam et une bibliothèque ren­fermant des manuscrits du Coran dont un d'époque mongole, scrupu­leusement conservé. De nombreux objets décoratifs et des textes gravés mêlent harmonieusement les cultu­res arabe et chinoise.

 

Le palais des Beaux-Arts de Chine

Il se situe au nord de la rue Wanfujing. D'architecture chinoise classique, il a été ouvert au public en 1959. Ses murs et sa toiture de couleur jaune renferment des expositions temporaires d'oeuvres d'art anciennes et d'oeuvres con­temporaines. Des artistes chinois et étrangers y viennent souvent présenter leurs collections de pho­tos, d'estampes...

Renseignez-vous à la réception de votre hôtel ou dans les bureaux de l'Agence nationale du tourisme (luxingshe) sur les expositions en cours au moment de votre séjour.

 

L’avenue chang’an (chang’an dajie)

 

Traversant Pékin d'est en ouest sur près de 40 lan, l'avenue Chang'an (avenue de la Paix-Eter­nelle) est bordée par différents mo­numents aux dimensions imposan­tes. Voici les principaux points inté­ressants en partant de l'extrémité orientale de l'avenue.

L'avenue Chang'an Est (Chang'an Dong Dajie)

 

Le quartier des Légations

Situé à 2 km à l'est de la place Tian An Men et un peu en retrait de l'avenue Chang'an au nord, il abrite quelques vieilles maisons par­fois pittoresques. Ce quartier ras­semblait autrefois tout le corps di­plomatique et la légation de France.

Les Occidentaux prirent posses­sion de ce quartier lorsqu'il fut assiégé par les Boxers en 1900, et en interdirent même son accès à l'armée et à la police chinoises. En 1949, les murs qui délimitaient cette zone ont été abattus. Aujourd'hui, le quartier des Ambassades se trou­ve à Sanlitun (plus au nord et à l'est).

 

La gare de Pékin

En vous dirigeant vers l'ouest, le long de l'avenue Chang'an, vous remarquerez au fond d'une rue large et courte, la gare de Pékin (Beijing Zhan). Elle ne présente pas d'inté­rêt particulier si ce n'est l'ambiance folklorique qui s'en dégage. De nom­breux badauds dorment sur les dal­les de son parvis, à toute heure du jour et de la nuit, au milieu de leurs multiples sacs, valises et cartons.

L'intérieur de ce grand édifice d'architecture stalinienne regorge d'une foule bruyante, paysanne et souvent très décontractée.

Si vous souhaitez acheter un billet de train à titre individuel, vousdevez vous rendre dans une salle destinée aux étrangers située au rez­de-chaussée, au fond et à gauche. II est préférable de vous munir de votre billet au moins un jour avant le départ, car les heures d'ouverture des guichets sont assez fantaisistes.

Sur le côté nord de l'avenue, quelques bâtiments de construction récente s'alignent les uns derrière les autres : l'hôtel Jianguo vous irez manger une excellente cuisine occidentale, chinoise, japonaise ou russe.

Plus loin, vers l'ouest, sur le même côté, vous verrez le magasin de l'Amitié (Youyi Shangdian). Construit dans les années 50, il possède également une architecture stalinienne. Ce fut le premier maga­sin exclusivement destiné aux étrangers ; aujourd'hui les Chinois peuvent y entrer.

Sur trois étages, vous trouverez des produits aimentaires, des objets d'art et d'artisanat, des vêtements (coton, cuir, cachemire) d'une ex­cellete qualité et à un prix aborda­ble. Bien entendu, vous pourrez trouver ces produits dans des maga­sins chinois plus typiques, mais si votre séjour à Pékin est bref, ce magasin rassemble pour vous une grande variété de produits et vous évitera de perdre du temps.

Bien entendu, si vous restez plus longtemps dans la capitale, n'hési­tez pas à flâner dans les petites boutiques plus pittoresques des quartiers commerçants (Cf. Les quartiers commerçants).

Tout près du magasin de l'Ami­tié, plus à l'ouest, se trouve le Club International : on y mange de la cuisine chinoise et occidentale. Au­jourd'hui, il est apprécié des étran­gers pour ses deux courts de tennis récemment aménagés.

Il est souhaitable de réserver un court à l'avance ; tél : 522046. Le tarif est de 30 yuans de l'heure.

Enfin, non loin de Tian An Men, l'hôtel de Pékin (Beijing Fandian) rassemble tous les étrangers de la capitale. Trois bâtiments principaux le composent : l'aile centrale fut édifiée par deux Français en 1900. L'aile « ouest, construite par les Russes comprend sept étages et 240 chambres. Enfin, l'aile est        la plus majestueuse, est de pur style national. Construite en 1974, elle comprend 23 étages. Ces nombreux bars, restaurants, magasins et servi­ces font de cet hôtel situé en plein centre de la ville, le point de rendez ­vous des étrangers et hommes d'af­faires chinois.

La partie ouest

de l'avenue Chang'an (Chang'an Xi Dajie)

 

Peu de temps après avoir quitté Tian An Men par le nord, sous le portrait de Mao, vous arrivez, environ 1 500 mètres plus loin, au carrefour de Xidan et au fameux mur de la Démocratie (au carrefour de l'avenue Chang'an et de la rue Xidandajie, l'une des rues les plus commerçantes de Pékin (cf. chapitre suivant). Ce célèbre mur servit de lieu d'affichage des dazibao ou jour­naux muraux pendant et après la chute de la Bande des Quatre, jus­qu'en septembre 1980.

 

Le Palais culturel des Minorités

(Minzu Wenhua Gong)

Il est situé à 200 mètres environ à l'ouest du carrefour de Xidan. Ouvert au public en 1959, ce bâti­ment d'architecture stalinienne a été construit, comme beaucoup d'autres, durant l'époque de la grande amitié sino-soviétique. Il est composé principalement d'un mu­sée dans lequel ont lieu temporaire­ment des expositions consacrées aux 55 minorités nationales du terri­toire chinois (han, ouighour, tibétai­ne, mongole, etc.). Au rez-de-chaus­sée, une bibliothèque met à la dispo­sition du public, près de 400 000 volumes dont certains ont une va­leur mondialement reconnue. On compte principalement des ouvra­ges de langues d'art et de littératu­re.

Ce palais renferme également une salle de spectac#e où l'on passe des films sur les minorités, une salle de gala où sont organisées des soirées pour des invités d'honneur, et un club de sport.

En outre, un restaurant de spécia­lités des différentes minorités offre, sur réservation, de l'excellente cui­sine.

Le Musée militaire de la Révolution du peuple chinois

Situé encore plus à l'ouest, au 9, rue Fuxing Dajie, ce musée présente en permanence une collection de plus de 5 000 objets : différents documents militaires, textes, pho­tos, portraits de héros, insignes et uniformes, retracent l'histoire de l'armée révolutionnaire durant tou­te la période de la République chi­noise (de 1921 à 1949).

Le musée est ouvert de 8 h 30 à 17 h tous les jours sauf le lundi. Il est nécessaire de vous munir de votre passeport pour y entrer.

L'avenue Chang'an n'est pas un lieu de promenade, tant les distances qui séparent ses différents édifi­ces sont considérables. Mais, il vous est toujours possible de visiter l'un de ces monuments à l'occasion d'une promenade dans l'un des quartiers précédemment décrits. Vous pouvez également demander à votre chauffeur de taxi de vous arrêter devant l'un d'eux. (Vous aurez de multiples occasions de cir­culer sur l'avenue Chang'an lors de votre séjour à Pékin.)

Symbole ou mythe, l'avenue de . La Paix Eternelle i est l'artère la plus importante de la capitale, empruntée quotidiennement par des millions de Chinois. Ses dimen­sions sont à l'échelle du pays et de la population.

 

Les quartiers commerçants

 

Après la longue description de tous ces endroits et monuments de la capitale chinoise, il est nécessaire d'évoquer le charme des quartiers commerçants, de plus en plus nom­breux dans la ville. Même si votre séjour est bref, il est indispensable de consacrer une demi-journée au moins, à vous perdre dans le dédale des hutong, et de dénicher des produits typiques au hasard des petits magasins et échoppes. De plus, c'est avec ces promenades dans ces quartiers que vous pren­drez les meilleurs bains de foule et que vous capterez des regards à la fois interrogateurs, surpris et ami­caux.

La rue Wangfujing Wangfujing Dajie

Située immédiatement à l'est de l'hôtel de Pékin, la rue Wangfujing est aujourd'hui l'une des artères commerçantes les plus importantes de la capitale. Orientée nord-sud, elle rassemble sur ses deux côtés la plus forte concentration de maga­sins de Pékin : de nombreux articles (souvent de haute marque) attirent les foules tous les jours de la semai­ne jusque vers 22 h le soir environ. Il est vivement recommandé de ne pas faire ses achats le dimanche, bien que les magasins soient tous ouverts, tant les Pékinois s'y bous­culent.

En partant de l'hôtel de Pékin, vous trouverez sur le trottoir de gauche et dans l'ordre : différents magasins de vêtements (dont le cé­lèbre magasin de confection Don­ghua), un magasin de peintures ven­dant des calligraphies, sceaux, pier­res à encre, etc., une boutique de lainages, un célèbre magasin d'art vendant de la peinture à l'huile, à l'eau, des pinceaux de toutes tailles...

Plus loin encore, après la rue Daruanfu Hutong, vous tombez sur les « Galeries Lafayette pékinoises » appelées Baihuodalou qui, sur trois étages, proposent aussi bien des produits alimentaires, des vins et alcools, de la pharmacopée chinoise, que des vêtements, chaussures ou appareils électroménagers.

Plus loin encore, après la rue Caichang Hutong, se trouve la li­brairie en langues étrangères de Pékin qui vend des manuels de langues (français, anglais, allemand, espagnol, italien et autres), des li­vres de littérature étrangère, etc. Au premier étage (deuxième étage chinois) sont vendues des cassettes de langues, mais aussi de musique chinoise classique, contemporaine et étrangère (du rock américain, des variétés françaises, etc.). Ce magasin attire principalement des intellectuels et des étudiants.

En revenant vers l'hôtel de Pékin par l'autre trottoir, surgit d'abord un magasin de vêtements à l'occi­dentale, puis le magasin de soieries du Nouveau Monde : la qualité des tissus est inégalable, même si les prix sont aujourd'hui relativement élevés. Ensuite, vous arrivez au Yunfeng Pixiedian, célèbre maga­sin de chaussures en cuir, d'un prix encore très intéressant et d'une très bonne qualité. Il côtoie la pharmacie Yongrentang, célèbre pour ses re­mèdes miracles (plantes médicina­les, etc.). Pour ce genre d'achats, il est prudent de vous faire conseiller par un interprète ou un ami chinois qui saura vous renseigner avec pré­cision (aujourd'hui, la variété des produits est très importante).

Puis vient le célèbre magasin de thé Bichun, où vous pourrez acheter des thés verts, noirs, jasmin, Yun­nan, etc.). Là aussi, il est plus sage de vous faire conseiller par un connaisseur. Un peu plus loin sur le même trottoir, vous tombez sur un magasin de chapeaux assez pitto­resque (le shengxifu) où vous trou­vez des toques en fourrure de Sibé­rie, des chapeaux melon, claque et toutes sorte de voilettes, plumes et accessoires à chapeaux.

Un autre magasin de chaussures côtoie la chapellerie, puis vient le grand magasin d'articles pour en­fants l'on trouve des vêtements mais aussi quelques jouets et des livres et contes pour enfants. Un peu en retrait vous trouvez l'un des fameux « canards laqués » de Pékin.

A environ 100 mètres un peu plus loin, le magasin d'artisanat de Pékin propose un très grand choix d'objets tels que ivoires, laques, porcelaines, jades, bambous et des peintures-calligraphies et objets usuels (éventails, baguettes, etc.).

Avant de retomber sur l'avenue Chang'an, la grande librairie Xinhua offre des ouvrages exclusi­vement chinois : livres d'art, ban­des dessinées, revues et magazines en tout genre...

A l'est de l'hôtel de Pékin, dans une rue parallèle à Wangfujing, se trouve le marché alimentaire de Dongdan, dans lequel vous pouvez acheter des légumes, de la viande, des poissons, ainsi que des plats préparés qu'il suffit de faire réchauf­fer chez soi (les femmes chinoises travaillent toutes et disposent de peu de temps pour préparer les repas).

Il est nécessaire de consacrer une bonne demi-journée pour parcourir agréablement les magasins des deux trottoirs de Wangfujing.

 

Au sud-ouest de Pékin

 

Les rues Qianmen et Dashalan

Situées toutes les deux au sud­ouest de la place Tian An Men, elles constituent la seconde zone commerçante principale de la capi­tale. Offrant des produits moins luxueux mais plus typiques, les ma­gasins présentent des vitrines pitto­resques qui attirent une foule péki­noise plus « populaire » qu'à Wang­fujing. (Ce quartier était autrefois habité par les « couches inférieures » de la société.) Aujourd'hui, cette partie de la ville conserve un char­me traditionnel avec ses hutong (vieilles ruelles) aux noms évoca­teurs la rue au marché des bi­joux », » la rue du poisson frais », etc.

Outre les nombreux magasins de ces deux rues, la vie commerçante se déroule aussi sur les trottoirs, quelle que soit la saison. De nom­breux petits marchands distribuent des verres de thé bouillant et des marrons chauds au moment des grands froids, tandis qu'à la belle saison, on trouve des petits kiosques à éventails, des vendeurs ambulants de vêtements légers, de fruits frais, de glaces (bingun), etc.

Ce quartier est destiné aux pro­meneurs tranquilles qui n'ont pas nécessairement les moyens d'ache­ter les produits parfois chers qui leur sont présentés.

L'originalité et l'authenticité de ces habitudes commerciales, typi­quement pékinoises, méritent l'at­tention.

Avec les magasins de produits courants tels que vêtements ou ali­mentation, vous trouvez des phar­macies vendant des produits de mé­decine chinoise traditionnelle : gin­seng, bois de cerf, ou champi­gnon..., des boutiques de jeux (échecs chinois, go, différents jeux de pions et de cartes), des vendeurs de bigoudis, de pipes, d'ustensiles pour faire la cuisine (casseroles, marmites en bambou), de baguettes de vaisselles et porcelaines de toutes époques (y compris des chefs-d'ceu­vre de la dynastie des Ming), des bijoux (pierres précieuses : lapis­lazuli, ivoire, jade, saphir, rubis, émeraude, etc.).

Si vous soMhaitez vous arrêter pour manger' un peu, des petites gargotes servent pour quelques yuans, de la soupe aux nouilles ou aux raviolis. Le service y est peu complaisant, rapide, mais pratique lorsqu'on effectue une promenade dans ces quartiers.

La rue Qianmen est la large ave­nue qui descend au sud de la place Tian An Men, au-delà de la porte Qianmen. La rue Dashalan est une avenue beaucoup plus étroite per­pendiculaire à Qianmen (cf. plan).

La rue Liulichang

Percée sous la dynastie des Ming,

cette vieille ruelle était autrefois le lieu de rendez-vous de tous les intellectuels de la capitale. Elle fut ; bien entendu l'une des premières rues à être saccagée pendant la Révolution culturelle, c'est pour­quoi les constructions que l'on voit aujourd'hui sont récentes.

Cependant, les architectes chinois se sont efforcés de les reconstruire dans un style pékinois traditionnel, ce qui lui vaut de compter parmi les lieux de promenade les plus agréables de la ville malgré son manque d'authenticité.

Cet ancien quartier intellectuel compte plusieurs librairies spéciali­sées dans l'art, des antiquités de plusieurs siècles d'ancienneté, de superbes peintures et calligraphies d'époque sur papiers de soie et papiers de riz, des sculptures, de vieilles porcelaines Ming et Qing, des objets décoratifs en ivoire et autres pierres précieuses.

Aujourd'hui, la plupart de ces magasins sont privés et les prix souvent prohibitifs : c'est pourquoi, à Liulichang en particulier, n'hési­tez pas à marchander car les ven­deurs y sont très entraînés.

La rue Liulichang est divisée en deux parties (est et ouest) de part et d'autre de la rue Nanxinhuajie.

La rue Xinjiekou et le carrefour Xidan

 

Située à l'ouest de la place Tian An Men, du carrefour Xidan jus­qu'à Beitaipingzhuang au nord, la rue Xinjiekou offre également une importante variété de petites bouti­ques amusantes, spécialement des magasins de vêtements chinois, spé­cialisés dans les tenues d'hiver gros manteaux de l'armée, vestes fourrées, pantalons matelassés, chaussures épaisses en coton serré (buxie), gants, bonnets et écharpes en tout genre, etc.

Tous ces vêtements d'hiver, de fabrication exclusivement chinoise, sont d'excellente qualité, peu chers par rapport à leur équivalent en Occident, et surtout parfaitement adaptés au froid que connaît la capitale, de novembre à mars envi­ron.

Au milieu de Xinjiekou, sur le trottoir de gauche en se dirigeant vers le nord, un grand magasin de vélos, le plus important de la ville, vend des bicyclettes de toutes sor­tes. On peut en acheter une neuve (il faut compter environ de 300 à 500 yuans selon la qualité) ou d'occasion (le prix est à débattre avec le vendeur en fonction de l'état de la bicyclette).

Quelques magasins originaux bor­dent les trottoirs de Xinjiekou, tels que des magasins spécialisés dans les baguettes, les affiches, les pho­tos, les papiers découpés, etc.

 

Le carrefour de Beitaipingzhuang

Situé à l'extrémité septentrionale de Xinjiekou, le carrefour de Beitai­pingzhuang est réputé pour l'impor­tance de son marché libre d'alimen­tation : toutes sortes de légumes, fruits, viandes, chufs, etc., que les agriculteurs des abords nord de la capitale viennent vendre librement. Ainsi, les négociations de prix se font de vive voix et l'ambiance de ce marché est extrêmement animée. Les produits sont aujourd'hui large­ment distribués et très variés. Le mieux est de s'y rendre vers 8 heures du matin, au moment des arrivages, pour bénéficier d'un meil­leur choix et pour échapper, dans une moindre mesure, à la densité de la foule.

Pour parcourir intégralement la rue Xinjiekou, du carrefour de Xidan à Beitaipingzhuang, le mieux est de circuler en vélo. Si vous n'en avez pas, vous pouvez prendre l'autobus ~s n° 22 qui assure la liaison place Tian An Men-Beitaipingzhuang via Xidan et Xinjiekou (le bus 22 est l'un des rares qui soit fréquent et rapide), mais vous ne pouvez emprunter Xinjiekou à pied que sur de petites étapes.

Les magasins de Xinjiekou sont fréquemment ouverts jusqu'à 22 h le soir, mais il est plus prudent de s'y rendre avant 19 h, surtout en hiver.

 

Les autres marchés libres le marché aux oiseaux (Guanyuan)

Situé dans le quartier nord-ouest, non loin du parc zoologique, ce marché est un véritable lieu d'en­chantement pour les Pékinois. Une grande variété d'oiseaux (perro­quets, ménajes, perruches, serins, etc.) est vendue, ainsi que de super­bes cages, récipients en tout genre pour la nourriture, mini-balançoires et autres accessoires, sauterelles, petits vers et graines variées pour nourrir ces oiseaux.

On achète également des poissons et des bocaux. L'ambiance de ce marché est particulièrement chaleu­reuse le dimanche car l'essentiel des arrivages s'effectue ce jour-là.

Dans le quartier du temple du Ciel, un autre marché libre est réputé pour ses étalages de bric et de broc. On y achète des meubles (chaises rempaillées, vieux canapés, etc.), de l'électroménager d'occa­sion (refrigérateur, télévision) mais aussi des produits alimentaires un peu rares : des épices venues des provinces méridionales de la Chine, du gibier, des feuilles de tabac et des fleurs.

Les marchés libres sont en géné­ral ouverts de 9 à 17 h mais ces horaires peuvent varier en fonction de la saison, de l'importance des arrivages et de la densité de la foule.autour de Pékin, une série d'excursions offre un grand„ intérêt, en particulier la Grande Muraille et Chengde. Nous vous indiquons ci-dessous les sites les plus intéres­sants à visiter.

 

Le quartier des universités

 

Si votre séjour à Pékin n'est pas trop court, prenez le temps, en vous rendant au palais d'Eté par exemple, d'aller vous promener dans l'un des nombreux campus de la capitale. Le plus fameux est celui de l'université de Pékin (ou Beijing Daxue), au nord-ouest de Pékin qui compte le plus grand nombre d'étudiants. La plupart d'entre eux, soit parce qu'ils habitent la provin ce, soit parce que leur domicile est trop éloigné du campus, logent sur place, dans des conditions de confort extrêmement rudimentaires : ils sont en général huit dans une chambre et n'ont aucune possibilité de s'isoler. Les locaux sont toujours vétustes, le chauffage très précaire en hiver, et l'eau chaude limitée à certaines heures de la journée.

Le campus` de l'université de Pé­kin offre un certain charme que n'ont pas les autres universités. Autour des bâtiments, des espaces verts joliment fleuris à la belle sai­son et des lacs permettent de faire d'agréables promenades.

L'université de Pékin accueille des étudiants étrangers qui font des études déjà spécialisées (thèses, doctorat) ; les disciplines enseignées y sont multiples (Yiheyuan lu - Haidiangu, tél : 282471).

D'autres universités, toutes si­tuées dans le quartier nord-ouest, accueillent des étrangers pour des stages de durées diverses, dans des disciplines variées : on peut citer l'Ecole normale de Pékin (Béring Shifan Daxue) située à l'extrémité nord de Xinjiekou (non loin du carre­four Beitaiping-Zhuang) qui forme des étudiants chinois au métier d'en­seignant et accueille des étrangers pour des cours de langue chinoise. Non loin de là, l'Institut des langues est aussi l'un des berceaux d'accueil des étudiants étrangers.

Enfin, sur la route du palais d'Eté (en direction du nord-ouest) se trou­vent respectivement l'université Qinghua dans laquelle on enseigne des disciplines scientifiques et tech­niques, et l'université du Peuple (Renmin Daxue) spécialisée dans les études économiques. Ces deux universités accueillent également des étrangers spécialisés dans ces disciplines.

Pour tout renseignement, prenez contact avec le consulat de Chine à Paris ou le service culturel de l'ambassade de France à Pékin (cf. adresses utiles à la fin du guide).

 

L’ancien palais d’eté le yuanming yuan

 

Construit sous les règnes des em­pereurs mandchous, ce palais était le symbole de tout le faste impérial de l'époque. Gigantesque, il domi­nait du haut des édifices l'ensemble du nord-ouest de la ville, jusqu'aux collines parfumées.

Un frère jésuite italien (Giuseppe Castiglione), sur ordre de l'empe­reur Qianlong, fit construire une partie du palais, dans un style archi­tectural occidental. (Ce que l'on peut voir encore aujourd'hui sont des morceaux de colonnes de cette construction.) En 1860, les troupes anglo-françaises saccagèrent les splendeurs impériales du palais. Au­jourd'hui, il n'en reste pratique­ment plus rien, si ce n'est quelques mines, et un petit musée, récem­ment ouvert, qui retrace la grandeur et le faste passé du palais. Un peu isolé dans les bois, ce coin tranquille est un charmant lieu de promenade, loin des foules du centre de la capitale.

 

Le palais d’été yiheyuan

 

Situé à dix kilomètres au nord­ouest de Pékin, le palais d'Été fut construit pour permettre aux empe­reurs de quitter la capitale au mo­ment des fortes chaleurs de l'été (d'où le nom de palais d'Eté). Non loin des collines, ce lieu offrait un espace de fraîcheur bien isolé.

L'ensemble comprend la colline de la Longévité Millénaire (Wans­houshan), le lac Kunming, ainsi qu'une multitude de pavillons et petits palais.

'La visite du parc s'effectue par la porte est. Après avoir franchi un superbe portique en tuiles vernis­sées, on entre dans la salle de la Bienveillance et de la Longévité, qui servait de lieu de réception de l'impératrice Cixi. Non loin de là, au bord du lac, la salle des Vagues de Jade était la résidence privée de l'impératrice.

Il faut ensuite emprunter la rive du lac sur la droite où se trouve la salle de la Joie et de la Longévité, autre résidence de Cixi. De superbes meubles en bois, d'époque Ming, décorent l'intérieur de ce pavillon. En poursuivant cette promenade, toujours dans le même sens, on atteint la salle de la Culture du Bonheur, ainsi qu'un grand théâtre où l'impératrice suivait avec intérêt les fastueuses représentations.

Aujourd'hui la salle de la Culture du Bonheur abrite des objets per­sonnels soigneusement conservés (vêtements, pinceaux, bijoux, et parfums) de l'impératrice.

Sur la gauche, la fameuse galerie couverte longe le bord du lac sur une longueur de 730 mètres jusqu'au bateau de Marbre. Cette splendide galerie est ornée d'une succession de portiques sur lesquels sont pein­tes des scènes mythologiques repré­sentant des oiseaux variés et des paysages fleuris. L'ensemble est majestueux, avec chaque portique différemment décoré.

 

Le pavillon des Nuages (Pai yun dian)

Au milieu de la galerie, se dresse un petit pavillon dans lequel, cha­que année, l'impératrice célébrait avec faste son anniversaire. Les cadeaux offerts par les membres de la cour (peintures miniatures, bijoux, etc.) y sont aujourd'hui ex­posés. On se trouve alors en bas de la colline de la Longévité Millé­naire.

La pagode Fa Xiang Ge

Haute de 50 mètres, elle domine la colline et offre un paysage panora­mique sur la ville au sud-est et les collines parfumées au nord-ouest. Construite sur quatre étages, elle abrite des statues bouddhiques.

Juste derrière, un sanctuaire ap­pelé « Océan de la Sagesse Parfai­te », construit en 1750, renferme une magnifique statue dorée d'un bouddha assis.

En redescendant de la colline, on continue la promenade au bord du lac, sous la galerie couverte.

Le bateau de Marbre

Au bout de la galerie, un peu en retrait sur la droite, se dresse le bateau de l'impératrice, dans un superbe style rococo. Il fut édifié avec des fonds destinés à construire une flotte de guerre. C'est en fait une partie d'un palais que l'empe­reur Qianlong avait fait bâtir. L'im­pératrice a, par la suite, fait rajouter les roues ainsi que quelques structu­res supplémentaires. Immobile et rattaché à la terre ferme, ce navire servait à inviter les esprits au voyage sur l'eau. L'impératrice y conviait des hôtes de marque lors de fastueux banquets qu'elle aimait organiser avec art.

Non loin de là, sur la droite, trois petits hangars à bateaux abritaient un navire sur lequel Cixi partait réellement effectuer des promena­des sur le lac. Ce bateau lui fut

offert par les Japonais en 1880. Aujourd'hui, on ignore ce qu'il est devenu.

La rive nord du lac

La promenade vers le nord con­tourne la colline de la Longévité Millénaire. De ravissants petits ponts en pierre enjambent les bras du lac. Environ 300 mètres plus loin, on atteint l'arrière de la colli­ne.

Le versant nord

De multiples pavillons aux cou­leurs éclatantes se dessinent dans un ensemble grandiose. Les riches ornementations évoquent différents styles d'architecture chinoise. L'un des édifices est une réplique (minia­turisée) du palais du Potala de Lhas­sa, d'autres sont des tourelles à étages, multicolores.

Les toits de ces pavillons sont presque tous habités par de petits dragons, tandis que leurs extrémités sont ornées de petites clochettes qui tintent au premier souffle de vent.

Si vous le pouvez, essayez de vous trouver sur ces lieux au coucher du soleil. Le spectacle des couleurs, les jeux d'ombres et de lumières constituent un merveilleux specta­cle.

Il est possible de monter au som­met de la colline par le versant nord. L'ensemble de ces pavillons contient de petits escaliers cachés qui permettent d'accéder rapide­ment à la pagode culminante.

Vous pouvez terminer la visite du parc en poursuivant le chemin de promenade qui mène au point de départ, et ainsi achever la boucle contournant la colline.

Ne manquez pas d'aller prendre un repas au pavillon des Rossignols situé non loin du bateau.

 

L'île Nanhu l'île du lac sud

Elle se situe au sud du lac Kun­ming. Si l'on reprend la visite du parc au point de départ, il faut tourner sur la gauche, et suivre l'autre bord du lac sur 500 mètres environ. Là se dresse le pont aux dix-sept arches, tout en pierre, qui permet l'accès à l'île. Un petit édifi­ce appelé temple du Roi Dragon est ouvert aux visiteurs.

De cette petite île, un petit bac mène directement au bateau de Mar­bre. Il faut compter un quart d'heu­re de traversée, et les départs s'ef­fectuent toutes les 20 minutes envi­ron.

Le palais d'Eté est ouvert de 7 h à 19 h l'été et jusqu'à 17 h l'hiver. Le billet d'entrée coûte 5 yuans.

Les Collines, parfumées Xiangsha

 

Ce site au nom évocateur est situé à 10 km environ du palais d'Eté. Des montagnes de faible altitude cernent au nord-ouest la capitale.

En chemin, quelques points inté­ressants sont à signaler : à mi­ chemin en venant du palais d'Eté se dresse une pagode à sept étages aux couleurs vert pâle et jaune, construite dans une architecture de style indien. Ce lieu se nomme la fontaine de Joue, parce que, dit­on, des sources alimentaient autre­fois les eaux du lac Kunming.

Le temple du Bouddha Couché (Wofosi)

Un peu plus loin en direction des Collines parfumées, se trouve le portique d'entrée d'une succession de pavillons.

Les Collines parfumées

"Pour atteindre le temple propre­ment dit, un petit train vous y emmène (jusqu'à 17 h seulement). Sinon, vous pouvez marcher sur un kilomètre environ et parcourir ainsi la grande allée bordée de cyprès qui conduit au premier pavillon.

Construit sous la dynastie des Tang, il s'adosse aux flancs de la montagne. Trois pavillons et cours s'enchaînent (malheureusement saccagés pendant la Révolution cul­turelle). Mais le célèbre Bouddha couché subsiste encore. Tout de bronze laqué, il est entouré de douze statues de bodhisattva (divinités compatissantes).

Vous pouvez quitter le mur d'en­ceinte du temple par une petite porte située à l'arrière du dernier pavillon, et emprunter un chemin qui conduit au sommet de la colline (il faut compter un quart d'heure de montée). A cet endroit se dresse un petit pavillon d'où le point de vue est très joli sur les collines avoisinantes et sur les édifices du palais d'Eté, plus loin sur la gauche.

Des promenades à pied peuvent s'effectuer sur les versants des Colli­nes parfumées. Renseignez-vous sur les différents itinéraires possibles auprès de l'Agence nationale du tourisme (Luxingshe).

Le temple des Nuages d'Azur (Biyunsi)

C'est l'un des plus célèbres de Pékin. Il se dresse à quelques kilo­mètres du temple du Bouddha Couché en direction des collines. Cons­truit sous les Mongols, il fut maintes fois restauré et agrandi.

Il servit longtemps de mausolée au docteur Sun Yatsen, père de la République chinoise (son corps fut par la suite déplacé à Nankin). Sur le côté du mausolée, la salle des Luohan (disciples de Bouddha) com­prend 500 statues dont les visages sont tous différents.

Ce temple, entouré de jolis jar­dins, est un lieu d'excursion très agréable. On y entre tous les jours de 8 à 17 h. Le billet coûte 5 yuans.

Toute la campagne environnante était le lieu de retraite des empe­reurs et de l'impératrice qui con­naissait, dit-on, tous les chemins de promenade des collines. Ce site, particulièrement ravissant en au­tomne, grâce aux teintes flamboyan­tes qui l'embrasent, a de tout temps éveillé l'inspiration des peintres et des poètes. Son nom de collines parfumées vient vraisemblablement des pierres taillées en forme de brille-parfum, au sommet des colli­nes les plus élevées du cirque. Lors­que les brouillards s'accrochent à ces cimes, on peut ainsi imaginer que la fumée qui se dégage des pierres taillées est odorante.

 

La grande muraille : serpent mythique

 

Qui n'a pas un jour rêvé de marcher sur la Muraille de Chine ? Mythique depuis des siècles, cette ceuvre architecturale, longue de près de 10 000 km, épouse des crê­tes souvent escarpées, de la passe de Shanhaiguan sur le golfe de la mer de Bohai, à la passe de Jiayuguan aux confins de la provin­ce du Gansu à l'ouest. Elle est, dit­on, la seule oeuvre humaine visible de la lune. Baptisée par les Chinois Wan li chang chang (la longue muraille de 10 000 li), son histoire est aussi longue et impressionnante que sa dimension.

Les premiers coups de pioche remonteraient environ au Ve siècle avant J.-C. Dès cette époque des tronçons importants de muraille fu­rent déjà édifiés. En 221 av. J.-C., le premier empereur Qin Shi huangdi fit construire de nouveaux remparts de fortification, pour per­mettre de relier les anciennes mu­railles entre elles. Le but de l'empe­reur était, dès cette époque, de se protéger des peuplades barbares venues du nord. Ainsi, totalement continue, la muraille servait de bar­rage infranchissable à l'ennemi. L'empereur avait fait également construire des tours de guet permet­tant une surveillance absolue des environs.

Plus tard, sous la dynastie des Tang (Vlle-Xe siècle), l'importance croissante de l'Empire Céleste sur le monde diminua la crainte des assauts des peuplades mongoles.

Très exposée aux froids et aux vents, la muraille ne fut donc pas entretenue et à certains endroits, elle tomba en ruine.

En 1368, la dynastie des Ming, quand elle réussit à chasser les Mongols, décida de restaurer les parties détruites de la muraille, pour lui donner son aspect d'autrefois.

 

Les lieux de la visite

 

Badaling

Aujourd'hui, on peut aller voir la Grande Muraille en deux points différents des environs de la capita­le. Le premier, et le plus connu, est celui de Badaling. Situé à 60 km au nord-ouest de Pékin, ce tronçon, encore bien conservé, date de l'épo­que Ming. On atteint un col appelé Nankou qui ouvre une brèche entre deux pentes de muraille assez rai­des. Là, on gravit indifféremment l'une ou l'autre. Que ce soit d'un côté ou de l'autre, la vue sur le cirque de montagnes est splendide. En certains points, la montée est extrêmement raide, mais des mar­ches d'escalier (inégales) ainsi qu'une rampe vous aideront à effec­tuer cette ascension sans difficulté. Une fois arrivé au sommet de ces crêtes, vous ne pourrez guère aller plus loin. Vous constaterez que, très rapidement, la muraille tombe en ruine et vous empêche ainsi de poursuivre votre promenade.

La visite de Badaling peut s'effec­tuer soit par le train (qu'il faut prendre à la gare de Xizhimen au nord-ouest de Pékin et non à la gare centrale), ou bien en taxi avec lequel vous faites le trajet aller­retour (compter 150 yuans) ou enco­re en car grâce aux excursions orga­nisées par votre hôtel ou par la luxingshe.

Il est également possible aujour­d'hui de survoler le site de Badaling en hélicoptère. Renseignez-vous à la réception de l'hôtel Lido Holiday Inn.

Le site de Mutianyu

Un peu plus éloigné du centre de Pékin que Badaling, Mutianyu est un lieu nouvellement aménagé, si­tué à 80 km au nord-est de Pékin. Beaucoup plus escarpé et sauvage que Badaling, le site de Mutianyu offre un paysage grandiose et très panoramique. Pour atteindre la mu­raille, il faut gravir un sentier dans la montagne pendant une petite demi-heure, ou encore, pour 15 yuans, prendre une petite télécabi­ne qui vous dépose au pied des remparts. Comme à Badaling, vous pouvez partir indifféremment sur la droite ou sur la gauche, sachant que des deux côtés, vous serez assez rapidement stoppé par les ruines de la muraille.

Ce site, plus éloigné de Pékin et encore peu connu des touristes, offre l'inestimable possibilité de s'isoler face à ces lieux grandioses (ce qui est rarement le cas à Bada­ling).

Pour effectuer l'excursion en car à Mutianyu, vous pouvez vous ren­seigner à la réception de votre hôtel. Sinon, un taxi peut vous y conduire et vous ramener pour 180 yuans environ.

 

Quelques conseils pratiques pour se rendre à la muraille

Quel que soit le site que vous visitez, il est important de bien se couvrir car les vents sont souvent violents même en été. Il faut prévoir un pull-over et un coupe-vent (K­way ou ciré).

De bonnes chaussures conforta­bles et plates vous permettront de gravir les escaliers raides des pentes de Badaling.

Si vous effectuez l'excursion en hiver, sachez qu'il peut neiger ou que la muraille peut être recouverte d'une couche de glace vive. Chaussez-vous en conséquence.

 

Les tombeaux ming (shisanling)

 

Situés à 50 k m au nord de Pékin, les tombeaux se visitent en général avant ou après l'un ou l'autre des sites de la Grande Muraille.

Seize empereurs se succédèrent durant les dynasties des Ming (1368­1644), mais treize d'entre eux seule­ment sont enterrés dans cette val­lée. Adossés à la colline, ces tombeaux sont placés selon des lois précises de géomancie chinoise.

 

La Voie sacrée

L'accès à la vallée s'effectue par un portique aux cinq arches sculp­tées qui ouvre sur la Voie sacrée ou voie des Esprits. Il faut emprunter une route sur un kilomètre environ pour atteindre la Grande Porte rou­ge (Da Hong Men), véritable entrée des tombeaux.

C'est à partir de cette porte que s'ouvre la Voie sacrée que parcou­rait le cortège funéraire lors des cérémonies destinées aux empe­reurs défunts. De part et d'autre de cette allée d'honneur, se dressent majestueusement douze statues ani­males représentant des lions, chameaux, licornes, chevaux et élé­phants, et douze statues humaines représentant des fonctionnaires, mi­litaires ou hommes de lettres. Ces statues sont toutes taillées dans un seul bloc de pierre (certaines d'entre elles mesurent 4 mètres de haut) et datent du XVe siècle. La Voie sacrée conduit au portique du Dragon et " du Phénix.

Le tombeau Changling

C'est le tombeau le plus impor­tant de tout l'ensemble puisqu'il s'agit de la sépulture de Yongle, troisième empereur de la dynastie des Ming qui régna de 1403 à 1424, fondateur du Pékin d'aujourd'hui. Ce site funéraire comporte trois cours et une tour de stèle dressée ontre le tumulus circulaire. Dans l'une de ces cours, le palais des Faveurs Eminentes (Ling en Men) servait de lieu de sacrifice. Joliment ornée, cette salle est couverte d'une double toiture de tuiles vernissées jaunes que supportent de grands piliers en bois de la province du Yunnan. Au milieu de la salle, de­vant la tablette impériale étaient brûlés des objets précieux (pièces de jade, soieries) en signe d'offrande dans un grand four en céramique.

Yongle fut enterré en 1424 au Changling. Aux côtés de son tom­beau, les sépultures annexes sont celles des concubines royales qui furent brûlées vives et inhumées au même endroit.

Le tombeau Dingling

Il renferme la sépulture de l'em­pereur Wanli (qui régna de 1573 à' 1620) et de ses deux épouses. Pour y accéder, il faut emprunter un escalier en spirale qui conduit aux trois chambres funéraires, après avoir franchi un portique en marbre sculpté. La chambre centrale com­prend trois trônes en marbre devant lesquels cinq tabourets ont été pla­cés pour recevoir les offrandes. Un grand vase vernissé servant de lam­pe à huile était allumé lors des oraisons funèbres, avant la scellée du tombeau.

Les autres chambres renferment les cercueils proprement dits ; de merveilleuses reliques (bijoux, bibelots, costumes, etc.) qui avaient été déposées en signe d'offrande sont exposées aujourd'hui, dans une sal­le de musée attenante aux tom­beaux.

Les tombeaux de l'Est (Dongling)

Situé à 120 km à l'est de Pékin, ce site abrite quinze sépultures de la dynastie des Qing, ainsi que celle de l'impératrice Cixi. D'une très riche ornementation intérieure, ces tombeaux renferment des sculptu­res de gardiens du ciel, de bouddhas et d'animaux mythologiques.

Les tombeaux sont ouverts de 9 à16h.

 

Les faubourgs du sud-ouest

 

Le site de l'homme de Pékin

Située à 50 km de la capitale, la caverne de Zhoukoudian rassemble les grottes de l'Homme de Pékin (Sinanthropus Pekinensis). En 1921, la caverne du sinanthrope (estimé à 690 000 ans d'âge !) fut mise à jour sur le versant nord de la colline. Plus tard, des ossements humains et animaux furent déter­rés. Enfin, c'est en 1929, que la première boite crânienne intacte de l'Homme de Pékin fut découverte par le paléontologiste chinois Pei Wenzhong. Dès lors, d'importantes fouilles ont permis d'identifier les ossements fossilisés de plus de 40 indigènes (crânes, dents, mâchoi­res), ainsi que différents outils en pierre prouvant que, dès ces temps les plus reculés de l'histoire, l'Hom­me de Pékin chassait déjà les ani­maux. Par ailleurs, la découverte de morceaux de bois carbonisés témoi­gne que l'homme connaissait les usages du feu. Depuis 1953, un musée retraçant l'histoire de l'Hom­me de Pékin est ouvert au public. Tous les ossements et outils décou­verts sont présentés dans un ordre chronologique. Malheureusement, les explications ne sont données qu'en chinois, c'est pourquoi il est nécessaire de vous joindre à une excursion guidée ou de vous faire accompagner d'un interprète.

Vous pouvez également vous ren­dre à Zhoukoudian en train depuis Pékin..

Le pont Marco-Polo (Lugouqiao)

Situé à 16 km au sud-ouest de Pékin dans l'arrondissement de Fengtai, il est connu pour être le plus ancien pont des environs de la capitale. Enjambant la rivière Yongding, il fut construit une pre­mière fois sous la dynastie des Jin en 1189, puis restauré à plusieurs reprises sous les dynasties Ming et Qing à la suite de crues importantes qui détruisirent partiellement les

arches. Long de 267 mètres et large de 7,50 mètres, cet édifice en mar­bre blanc est porté par onze arches. 140 balustres surmontés de 485 lions au total forment la balustrade qui borde le pont de part et d'autre de la chaussée. A chaque extrémité, se dressent des colonnes de pierre finement sculptées. Sur le côté oriental du pont, un petit pavillon abrite une stèle impériale sur laquel­le on peut lire une inscription de l'empereur Qian Long : K La lune de l'Aurore sur le Fossé noir » (Lu Gou Xiao Yue).

Le pont Marco-Polo fut aussi un important lieu stratégique lorsque les Japonais envahirent la région en 1937. Le 7 juillet de cette même année, ils franchissaient le pont en marquant ainsi le début du conflit sino-japonais.

Marco Polo dans le Livre des Merveilles du Monde fit une dscrip­tion si grandiose de cet édifice, que les Occidentaux décidèrent de le baptiser du nom du grand voyageur vénitien en abandonnant totale­ment le nom chinois de Lugou.

 

Les faubourgs de l’ouest

 

Le temple de la Terrasse de l'Ordination (Jietaisi)

Situé à 33 km de Pékin, dans l'arrondissement de Mentougou, il fut d'abord construit sous la dynas­tie des Tang en 622. Plus tard, sous la dynastie des Liao (916-1125), le moine Fajun y fit élever un autel en terrasse, destiné à ordonner de jeunes novices bouddhistes. Edifiée en marbre blanc, la terrasse de l'Ordination, ainsi nommée, s'élève sur trois étages et présente à la base de magnifiques reliefs sculptés. Non loin de là, on peut observer deux petites pagodes, l'une construite sous les Liao, l'autre sous les Mon­gols. Contre celles-ci, la salle du Roi et de la Lumière est finement décorée de colonnes et de balustres en pierre blanche, tandis que, plus au sud, la grande salle de Upali abrite une magnifique statue de ce dernier, l'un des disciples de Sakyamuni.

A l'extérieur du temple sont plan­tés de vieux arbres, notamment une importante variété de pins. Tous portent des noms particulièrement imagés. L'un d'entre eux appelé, » Pin sensitif » ou Huo Dong Song, offre la particularité de frémir de toutes ses branches lorsque l'on touche seulement une d'entre elles.

Le temple de la Mare et du Mûrier (Tanzhesi)

II se trouve à 45 km de Pékin et à 8 km seulement au nord du temple de la Terrasse de l'Ordination et a l'honneur d'être à la fois le plus grand et le plus ancien temple de la région de Pékin.

Niché dans les monts de l'ouest, ce temple bouddhique doit son nom à la fois à la mare du Dragon (petite étendue d'eau qui se trouve non loin de là) et aux arbres des collines environnantes dont les feuilles ser­vaient à nourrir les vers à soie.

D'après des experts, ce temple aurait environ 1600 ans d'âge, mais les principaux édifices qui le compo­sent aujourd'hui datent des dynas­ties Ming et Qing.

Après avoir franchi un grand por­tique d'entrée (pailou), on accède à une succession de cours et de pavillons. Le premier édifice est la salle des Gardiens Célestes, ornée de statues géantes ; puis après avoir traversé uiie cour, on pénètre dans la salle des Héros dont l'intérêt principal réside dans sa toiture de tuiles jaunes vernissées au sommet doré. Enfin, un peu sur la hauteur, se dresse le pavillon du Bouddha Vairocana, d'où la vue est belle sur la campagne avoisinante. (II existait aussi le pavillon des Trois Boud­dhas, aujourd'hui intégralement dé­truit.)

Cette succession d'édifices côtoie, à l'ouest, un autre ensemble de, pavillons et de cours. La terrasse de l'Ordination (Jie Tai) et surtout la salle d'Avalokitesvara (Guan yin Dian) qui abrite le fameux c coussin de prière, peuvent se visiter. Il s'agit d'une pierre sur laquelle la princesse Miao Yan (fille de l'empe­reur mongol Qubilai Khan) priait avec une ferveur telle qu'elle y aurait laissé les empreintes de ses pieds.

Non loin de là se dresse une petite pagode sous laquelle la princesse a été inhumée.

La partie orientale du temple ras­semble quelques jolis pavillons en­tourés de jardins où les empereurs de la dynastie des Qing venaient se reposer.

Le plus beau de tous les édifices est le pavillon des Coupes Flottantes (Liu Bei Ting). Un petit ruisseau en forme de dragon coule juste en dessous, alimdntant la mare du Dragon. Les eaux de ce canal per­mettaient aux objets de flotter. Des lettrés s'y réunissaient tous les ans au printemps. A cette occasion, ils remplissaient leurs verres de vin, laissaient flotter les coupes et lors­que celles-ci s'arrêtaient, buvaient le vin. Cette coutume avait pour vertu de les inspirer et d'éloigner les mauvais esprits.

Ne manquez pas d'observer deux arbres : l'un situé à l'est de la salle des Trois Bouddhas aurait plus de dix siècles. On l'appelle l'arbre em­pereur (Di wang shu). D'une hau­teur de 40 mètres et d'une circonfé-, rence de 7 mètres, il est aujourd'hui en pleine force de l'âge.

L'autre arbre, connu par les Chi­nois sous le nom de Pei Wang Shu (l'arbre qui accompagne l'empe­reur), est célèbre parce que chaque fois qu'un empereur a accédé au trône, une nouvelle branche a pous­sé.

Vous remarquerez en contrebas du temple quelques beaux sapins en pierre d'époque Jin, Mongole, Ming et Qing. Chacun d'entre eux est construit sur la tombe d'un moine.

 

Chengde : le versailles chinois

 

Situé à 256 km au nord de Pékin dans la province du Hebei, Chengde était le lieu de résidence d'été des empereurs mandchous. Connu sous le nom de « hameau pour fuir la chaleur », Chengde est réputé pour la fraîcheur de ses montagnes, au­delà de la Grande Muraille vers le nord.

Le palais de l'Empereur

L'empereur Kangxi (1662-1723) de la dynastie des Qing fit construire un palais, entouré de parcs et de lacs. Appelé Bishushanzhuang, cet édifice est construit au centre d'un parc de 560 hectares, entouré d'une enceinte de 10 km de périmètre. La succession de cours et de pavillons rassemble des salles d'audience, les anciens logements des concubines, une grande bibliothèque rassem­blant près de 37 000 ceuvres écrites par plus de 360 lettrés. Quelques objets d'art (sculptures, peintures, porcelaines) sont exposés dans ces différentes salles. La promenade dans le parc (surtout si vous l'effec­tuez à la belle saison) est un véritable enchantement ; vous y verrez une importante variété d'arbres et de fleurs, des champs de lotus, des petits ponts en pierre traversant les bras du lac.

 

Les huit temples de l'extérieur

Les empereurs avaient fait cons­truire huit temples de religions diffé­rentes pour que les fidèles puissent se rendre sur leurs lieux de culte. Aujourd'hui, sept d'entre eux sub­sistent dont une partie seulement est ouverte au public.

 

Le Pulesi ou temple de la Joie Universelle

Situé à l'est du palais de l'empe­reur, il fut construit en 1766 et ressemble au temple du Ciel à Pé­kin. Qianlong le fit ériger à l'atten­tion des minorités Kazakh et Mongo­les. Après avoir franchi une succes­sion de cours et de pavillons renfer­mant des statues de bouddhas et de bodhisattva, on pénètre dans le pavillon de la Lumière de l'Aurore qui abrite une statue de Bouddha érotique, d'inspiration tantrique.

 

Le Puningsi ou temple de la Paix Universelle

Situé dans la partie nord, il fut construit en 1755 sur le modèle du temple du Samye au Tibet et accueil­lait les quatre tribus oîrates (mon­gols) qui venaient rendre hommage à Qianlong. Trois salles en enfilade abritent les bouddhas des temps pas­sé, présent et futur. Au fond se dres­se une statue de Guanyin aux mille bras et mille yeux, haute de 22,28 m pesant 122 tonnes.

Le Putuozonggshengmiao

Construit sur le modèle du Potala de Lhassa, il fut construit en 1767­1771. On y visite 40 pavillons ren­fermant des statues du dalaï-lama et du panchen-lama. Qianlong y fêtait l'anniversaire de sa mère.

Le Xumifushou

ou temple dru Bonheur

et de la Longévité

Il fut construit en 1780 sur le modèle du Tashilumpo au Tibet et accueillit en séjour le 6e panchen­lama. Une stèle d'animal mythique commémore cet événement. Vous verrez de nombreuses statues et des effigies de Bouddha.

Vous pouvez vous rendre à Chengde en 5 heures de train à partir de la gare centrale de Pékin. Départ 7 h 20 (rapide 231) - retour 13 h 58.

Si cela vous est possible, il est préférable de consacrer deux jours à la visite de la ville.

 

Renseignements pratiques

 

Comment vous rendre à Pékin

La Compagnie nationale chinoise CAAC (Civil Aviation Administra­tion of China), récemment rebapti­sée Air China, est la seule à vous assurer un vol direct Paris-Pékin en 13 heures. Trois liaisons hebdoma­daires sont effectuées ; les lundi, mercredi et samedi. Équipée de Boeing 747, Air China vous offre

d'excellentes prestations. Outre les. différents services proposés (ciné­ma, radio, presse), Air China offre un cadeau de remerciement à cha­cun de ses clients. Avec Paris, beau­coup d'autres destinations en Euro­pe et dans le monde sont desservies au départ de Pékin.

Renseignez-vous auprès des diffé­rents représentants dont les adres­ses suivent.

 

Paris : 10, bd Malesherbes - 75008, tél : 42 66 16 58, télex 280272 FF.

Bureaux de Pékin

- Agence centrale : 117, Dongsi

Xi Dajie : tél. : 553275.

- Hôtel de Pékin : tél : 5007317. - Hôtel Sheraton :

tél : 5002272.

D'autres compagnies aériennes desservent la ville de Pékin : parmi les compagnies assurant un voyage très confortable, on note : Air Fran­ce, British Airways, Lufthansa, Alitalia. Il existe aussi des compa­gies bon marché telles que Pakistan Airlines, Aéroflot, Jat, Tarom. Les fourchettes de prix sont variées. II faut préciser qu'aucune de ces compagnies n'effectue la liaison di­recte.

Avant le départ

Vaccinations : aucun vaccin n'est exigé pour se rendre à Pékin.

 

Il faut être en possession d'un passeport valide au moins deux mois après la date de sortie de Chine. Pour le visa, adressez-vous au consulat de la Chine (voir adres­ses utiles). Vous l'obtiendrez en une semaine et il vous coûtera 60 F ; vous pouvez l'obtenir en 48 h pour 80F.

Il est de 6 heures l'été et de 7 heures l'hiver. Lorsqu'il est midi à Paris, il est 18 h à Pékin l'été, et 19 h l'hiver.

Tout visiteur doit remplir un formulaire de déclaration sur lequel il mentionne les objets de valeur qu'il possède (appareils pho­tos, bijoux, ainsi que les devises). Il remet un double du formulaire au douanier et garde précieusement l'autre exemplaire pour le rendre à sa sortie de Chine.

 

Deux monnaies existent en Chine : le F.E.C. (Foreign Exchan­ge Certificate) appelé yuan que l'on ne donne qu'aux étrangers, et le Renminbi qui est la « monnaie po­pulaire ». Elles ont toutes deux la même valeur, soit environ 1,80 F. On ne les obtient qu'à l'intérieur de la Chine. Il est nécessaire d'em­porter des francs français ou travel­lers chèques qui se changent partout sans problème. L'usage de la carte de crédit s'étend, mais n'y comptez pas trop comme unique mode de paiement. Le F.E.C. destiné aux étrangers porte des inscriptions en anglais. Ls coupures sont de 100, 50, 10, 5 et 1 yuans (1 yuan 10 maos - 100 fens). Il existe des petits billets de 5 et 1 maos.

Les Renminbi ont des coupures de 10, 5, 2 et 1 yuans et 5, 2 et 1 maos. Les pièces communes aux deux mon­naies sont de 5, 2 et 1 fens.

Bagages : ils ne doivent pas excé­der 20 kg. Prévoyez de'préférence une valise rigide, fermée à clé. Collez une étiquette avec vos nom et adresse, et si vous le connaissez, le nom de votre hôtel à Pékin.

Prévoyez des vêtements conforta­bles style tenue de sport et des chaussures plates. Pour le prin­temps et l'automne (qui sont les saisons les plus agréables), empor­tez des tenues légères en coton, des pull-overs et un imperméable coupe-vent. L'été est chaud et hu­mide ; des vêtements légers contre la pluie s'imposent. En hiver (de novembre à mars environ), il est préférable de s'équiper sur place pour les grands froids.

Les vêtements sont très adaptés à la saison, de bonne qualité et bon marché.

Dans tous les cas, emportez des lunettes de soleil.

Prenez vos médicaments habi­tuels, de l'aspirine, des remè­des contre la diarrhée et la constipa­tion. Sachez cependant que tous les hôtels disposent d'un centre médical au service des touristes.

 

Il est préférable de les acheter avant le départ et de les garder en bagages accompagnés. Vous pou­vez en trouver sur place, mais le choix est limité. II est interdit d'uti­liser un format supérieur à 8 mm et super 8. L'usage d'une caméra est interdit. Celles de 0,5 sont auto­risées.

Tabac on trouve des cigarettes chinoises et étrangères (blondes seulement) dans les hôtels et maga­sins pour touristes.

 Ils sont officiellement interdits mais officieusement bienve­nus.

Petits cadeaux : les Chinois sont très friands de produits étrangers. Vous pouvez offrir à vos amis des échantillons de parfum, cigarettes, briquets et gadgets à l'occidentale.

Sur place

l'arrivée à l'aéroport

On trouve des taxis sans problè­me. Prévoyez de changer de l'argent au bureau de change, juste après avoir récupéré vos bagages. Un taxi pour le centre-ville coûte environ 30 yuans ; ils sont munis d'un compteur kilométrique. Les chauf­feurs parlent rarement les langues étrangères ; essayez donc, dans la mesure du possible de vous faire écrire en chinois votre lieu de desti­nation.

Les hôtels sont équipés de chambres doubles avec toilettes et salles de bain (sauf les hôtels petits budgets) et offrent différents services : un bureau de change, une poste, une blanchisserie, différents magasins de souvenirs où vous trou­vez des objets décoratifs, des vête­ments en soie, des livres, cartes postales ainsi qu'un magasin d'ali­mentation où l'on vend des bois­sons, des biscuits, etc.

Il est possible de téléphoner à l'étranger, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un opéra­teur. Pour la France, le forfait de base est de trois minutes et coûte 70 F. On peut également téléphoner en PCV.

Il faut compter environ une se­maine pour envoyer une lettre de Pékin en Europe. Il est préférable de mettre les cartes postales sous enveloppe pour plus de rapidité. Pour l'Europe, le tarif est de 8 maos pour une carte postale et 1 yuan + 10 maos pour'une lettre.

 

On trouve des hebdomadaires étrangers dans les grands hô­tels. Il existe aussi un quotidien chinois édité en anglais : le China Daily.

 

La plupart des hôtels ont un restaurant de cuisine chinoise et un restaurant de cuisine occiden­tale. (La cuisine chinoise est meil­leur marché.) Le petit déjeuner

n'est jamais servi dans les cham­bres.

Le personnel parle toujours an­glais. De plus en plus complaisant, il offre aujourd'hui un service de qualité.

Les bureaux de la réception des hôtels vous informent des sorties possibles au moment de vo­tre séjour (spectacles, expositions, excursions organisées au départ de l'hôtel). Renseignez-vous sur place.

 

L'autobus: beaucoup de li­gnes desservent différents points de la capitale. Prévoyez du temps car les distances sont lon­gues, les passages peu fréquents et la foule dense. Ils fonctionnent tous les jours de 5 h 30 à 23 h. Le ticket s'achète dans le bus et son prix est proportionnel à la distance à parcourir (il varie entre 5 fens et 2 maos). Vou trouverez des plans à l'hôtel.

Le métro : ouvert de 5 h 30 à 23 h. Il comporte deux lignes princi­pales : la première relie le district de Pinguoyuan (banlieue ouest) à la gare centrale, et compte 17 sta- J tions ; la seconde part de la gare en traçant un demi-cercle vers le nord et rejoint la première à la gare de Fuxingmen. Elle compte 12 sta­tions. On trouve également des plans à l'hôtel.

Le vélo : il est incontestablement le moyen de transport le plus agréa­ble et le plus pittoresque. Totale­ment plate, la capitale permet à ses cyclistes de ne pas se fatiguer. Vous pouvez louer un vélo, soit à la journée, soit pour plusieurs jours (voir adresses utiles). Ne vous lais­sez pas effrayer par le nombre de kilomètres à parcourir.

Le taxi : beaucoup de voitures circulent dans les rues de la capitale, mais il est difficile de prendre un taxi en pleine rue, sauf parfois tard le soir. On en trouve toujours au départ des grands hôtels et des magasins pour touristes. Quelques voitures attendent parfois à la sortie des lieux de visite (côté nord de la Cité Interdite, entrée du palais d'Eté et temple du Ciel) mais de manière beaucoup plus aléatoire. Le mieux, si vous allez visiter un site en taxi, est de garder la voiture toute la journée, vous gagnez du temps. Dans la ville, un taxi à la journée coûte environ 150 yuans.

Le train : si vous vous rendez à la Grande Muraille, à Zhoukoudian ou à Chengde, il est préférable d'ache­ter le billet la veille. Les trains chinois ne roulent pas vite (50 km/h) mais sont confortables. Des voitures de première classe sont réservées aux étrangers mais vous pouvez acheter un billet de seconde classe pour vous mêler à la foule. Le trajet sera plus pittoresque.

l existe aujourd'hui à Pékin quelques hôtels de grand luxe.

Le Sheraton de la Grande Muraille (Great Wall Sheraton) : c'est le plus bel exemple d'hôtel très luxueux de toute la capitale et ac­cueille aujourd'hui une clientèle à la fois raffinée et exigeante. Cons­truit en 1983, il est remarquable­ment situé à une demi-heure en voiture de l'aéroport international et à dix-quinze minutes en taxi de la place Tian An Men.

Il possède un important complexe sportif, une salle de billard, un théâtre, des salles de bal, de confé­rence, plusieurs restaurants -et un night-club. Les hommes d'affaires étrangers peuvent bénéficier des services télex, télécopie et lignes téléphoniques directes. Le prix des chambres s'échelonne entre 100 et 850 US dollars. L'adresse : Don­ghuan Beilu, Chaoyang. Tél : 505566 - Télex : 20045.

D'autres hôtels luxueux

- Le Lido Holiday Inn : Jichang Lu - Tél : 5006688, Télex : 22618.

- Le Shangri-La : 29, Zizhuyuan Lu - Tél : 8021122, Télex : 222231.

- Le Jianguo : Jianguomenwai Dajie - Tél: 5002233, Télex 22439 (les prix varient entre 120 et 600 yuans).

Des hôtels de catégorie standard

- Le Huadu : 8 Xinyuan Nan Lu - Tél : 5001166, Télex : 220228.

- Hôtel de l'Amitié : Baishiqiao Lu - Tél : 890621, Câble : 2222.

- Hôtel Qianmen : 1, Yongan Lu - Tél : 338731 (les prix varient entre 60 et 300 yuans).

Des hôtels petits budgets

- Le Beiwei : Beiwei Lu - Tél : 338631.

- Le Nanhua : 11, Nanhua Xitu - Tél : 337916 (les prix varient entre 30 et 150 yuans).

Adresses utiles à Paris avant votre départ

- Ambassade de Chine : 11, ave­nue George-V, 75008 Paris ; tél : 47233821.

- Consulat de la Chine (service de visas) : 9, avenue Victor-Cres-son, 92130 - Issy-les-Moulineaux - Ouvert de 9 h 30 à 12 h et 14 h 30 à 18 h du lundi au vendredi.

- Office du tourisme de Chine : 51, rue Sainte-Anne - 75002 Paris - Tél : 42969548.

 

Adresses utiles sur place

- Ambassade de France : 3, san­litun Dongsanjie - Tél : 521331.

- Agence du tourisme de Chine (Luxingshe) : bureau principal, 6, avenue Dong Chang'an -

Tél : 5121122, Télex : 22350 CITSH CN.

- Bureau de la Sécurité publi­que : 85, Beichizdajie.

Tél : 553102.

- Aéroport international : Cen­tral des étrangers - Tél : 552931. Informations toutes compagnies 552515.

- Gare Centrale (bureau étrangers) - Tél : 5582042.

- Gare de Xixhimen

Tél : 8996223 (pour aller à la Gran­de Muraille).

- Banque de Chine: 32, Deng­shikou Xijie - Tél : 557531.

- Hôpital de la capitale : Shuai Fuyuan Hutong, Wangfujing.

Tél : 553731 - ouvert de 8 h à 11 h 30 et de 14 h 30 à 17 h.

Un service d'urgence est assuré 24 h sur 24.

- Location de vélos

    Magasin Xidan : Xuanwumen Dajie - Tél : 332472.

    Jianguomenwai (face au maga­sin de l'Amitié) : tél : 892391.

Autres adresses

- Salle de concerts de Pékin Bei Xinhua Jie - Tél : 657006.

- Gymnase des Travailleurs Gongren Tiyuchang Beilu. Tél : 592961.

- Club international : Jiangwo­menwai - Tél : 522254.

- Centre international d'Expo­sitions : Tél : 481798.

- Théâtre de la Capitale : 22 Wangfujing - Tél : 550978.

- Cinéma de la Capitale : 46, Xi Chang'an Jie - Tél : 656575.

- Auditorium du Palais des Mi­norités : Fuxingmennei Dajie - Tél : 662530.

-              Conservatoire central de Musi­que : Xi Wenhua Ji Xikou. Tél : 665382.

Quelques conseils pratiques

En toute circonstance, il est nécessaire de faire preuve de patience. Les queues dans les magasins ou aux guichets des différentes admi­nistrations sont souvent très lon­gues. Il est inutile de s'impatienter. Plus vous vous énerverez et plus les Chinois prendront leur temps. Rester calme est une règle d'or.

Lorsqu'un objet vous plaît dans un magasin, achetez-le tout de suite, vous n'êtes jamais sûr de le retrou­ver ailleurs.

Pékin est une ville très sûre dans laquelle une femme seule ne risque rien à circuler tard dans les rues.

Le vol est très peu répandu (surtout à l'égard des étrangers). Faites at­tention toutefois à ne pas vous séparer de vos papiers importants (passeport, feuille de douane, argent liquide, etc.). Les chambres d'hôtel sont fréquemment visitées par les employés de la sécurité qui ne vo­lent pas ! Par prudence, ne laissez rien de précieux en évidence.

Les Chinois sont très ponctuels. Evitez donc d'arriver en retard à un rendez-vous. Vous risqueriez de perdre beaucoup de crédit à leurs yeux. Si vous êtes invité à dîner chez eux, n'arrivez pas après 17 h 30 ; n'oubliez pas que les Chi­nois dînent tôt. Il est préférable de ne pas arriver les mains vides, les Chinois sont très sensibles aux petits cadeaux. Par ailleurs, ils ne s'embrassent jamais, même entre amis. On se serre la main. Nos habitudes occidentales risqueraient de les stupéfier, voire de les cho­quer. A contrario, les Chinois po­sent parfois des questions qui, pour nous, seraient très indiscrètes telles que le montant de votre salaire. Ne vous laissez pas impressionner, c'est un usage très fréquent pour eux.

 

Guide de voyage

- Le guide de la Chine- G. An­nequin - M.A. Editions.

Civilisation et histoire chinoise

- Le Monde chinois - Jacques Gernet - du XVIIe siècle av. J.-C. au XXe siècle - Armand Colin - Paris 1972.

- La Science chinoise et l'Occi­dent - Joseph Needham - Seuil 1973.

Religion et pensée

- La Religion des Chinois - Marcel Granet - Paris 1980.

- La Civilisation de la Chine classique - Danielle et Vadime Elis­seeff - jusqu'à la fin du Mlle siècle - Arthaud 1979.

Vie contemporaine

- La Société chinoise après Mao : entre autorité et modernisme - Yves Chevrier - Fayard 1986.

- L'Empire du Milliard : popu­lations et société en Chine - Pierre Trolliet et Jean-Philippe Béja - A. Colin 1986.

- La Chine: 1949 -1985 : J.L. Domenach et P. Richer - Impr. Nat. 1987.

Littérature classique

- Le Rave dans le Pavillon rouge - Cao Xueqin - Grand Classique du XVIIIe 2 volumes - Gallimard, la Pléiade 1979.

-              Anthologie de la poésie chinoi­se classique - Gallimard 1962.

 

- Fleur en Fiole d'Or - Jing Ping Mei - Roman érotique - La Pléiade 1985.

Littérature moderne (auteurs chinois contemporains)

- La Famille et Nuit glacée - Ba Jin - Flammarion 1978 et 1979.

- La Véritable Histoire d'Ah Q - Luxun - Ed. en langues étrangè­res, Példn 1978.

Ouvrages d'auteurs non chinois

- La Condition humaine - An­dré Malraux - Livre de Poche.

- Les Habits neufs du président Mao - Simon Ley - Champ Libre 1971.

- Stèles - René Leys - Galli­mard 1971.

-              Les tribulations d'un Chinois en Chine - Jules Verne.

 

Quelques phrases pour vous débrouiller seul

 

Bonjour : ni hao (ni rao).

Au revoir : zài jiàn (tsaï tienne). Merci : xiè xiè (sié sié).

Je voudrais un taxi : wo yào yi liang chuzu (tchoudzou). Je vais à l'hôtel : wo qu fàndiàn (wo tu fane dienne). Je voudrais manger : wo xiang chi­fàn (wo siang tche fane). Je suis fatigué : wo hen lei (wo ren lé).

Je voudrais téléphoner : wo yào diànhuà (dienne roua). Je suis français : wo shi faguorén (wo che fagouo jen). Un billet d'avion : feiji piào (féti

Piao)

Où est le restaurant ? : chiguan zài nar ? (tche gouane tsaï nar). La chambre : fangjian (fang tien­ne).

C'est cher : hen gui (ren goui).

Bon marché : pianyi (pienne yi). Excusez-moi : dui bu qi (doui bou ti).

Où est la poste ? : youju zai nar ? (yo tu tsaï nar).

Je voudrais visiter...: wo xiàng

cànguàn... (tsane gouane):

La Cité Interdite : Gugong (gou­

gong)

Le temple du Ciel : 7~iantan (tienne tane).

Le palais d'Eté : Yiheyuan (ireu yuan).

La Grande Muraille : Chang Chang (tchang tcheng).