Invitation en Inde du Nord

INDE est le pays des pays, le plus beau de tous », écrivait le poète Mohammed Igbi.l, et il semble que la foule des
pèlerins du Gange, mais aussi les milliers de visiteurs venus des quatre coins du globe lui aient donné raison.
Tous sont tombés sous le charme de l'Inde des mystiques et des philosophes, des temples et des danseurs, des penseurs et des magiciens. Depuis des décennies, l'Inde est le lieu de prédilection des touristes du monde entier. Il est vrai qu'elle recèle des beautés incomparables : la splendeur des stûpas et des Bouddhas, l'architecture classique des mosquées, des tombeaux et des palais, les temples hindous aux proportions gigantesques, avec leurs statues de pierre d'un réalisme saisissant qui, en une infinie variété de sentiments humains, symbolisent toutes les étapes qui mènent du ravissement au détachement, de la passion au dépassement de la souffrance, de l'extase érotique au renoncement.

Trois grands courants religieux interfèrent en Inde : l'hindouisme, le bouddhisme et l'islam. De nombreuses civilisations se succédèrent, se mélangèrent, donnant naissance à des entités bien déterminées comme c'est le cas au Râjasthân, le pays des légendaires Râjput. Les origines historiques de l'Inde, qui remontent à près de 6 000 ans, demeurent très obscures. C'est souvent à travers la légende que l'on découvre l'histoire.

L'Inde n'est pas un pays, mais un continent aux contrastes infinis, la patrie de peuples innombrables, de races, de castes et de communautés religieuses fort diverses. Au seuil de deux ères, l'Inde est en proie à d'énormes contradictions sociales qui se manifestent par l'antagonisme entre une pauvreté infinie et une richesse démesu­rée, entre les mendiants et les maharajahs, les taudis et les immeubles modernes mais aussi par la coexistence de la plus grande érudition et de la superstition la plus profonde, celle d'aciéries et de forges rustiques, de roues à eau et de barrages hydroélectriques, de charmeurs de serpents et de physiciens nucléaires.

Septième pays du monde par sa superficie, l'Inde présente tous les paysages propres à l'Asie, des sommets enneigés et des glaciers de l'Himalaya aux forêts tropicales du Sud en passant par les vallées fluviales les plus fertiles et le grand plateau dépouillé de l'intérieur.

Descendant de plus de 8 000 m, les eaux de l'Himâaya alimentent le Gange, l'Indus et le Brahmapoutre qui s'épanchent dans les vastes plaines indiennes. Sur ce sol inondé et extrêmement fertile sont apparues dès les IIIe et Ne millénaires av. J.-C. des cultures avancées et des civilisations urbaines, comme par exemple celles de Mohenjo­Daro et d'Harappâ.

À côté des oeuvres de l'art hindou on peut voir,. dans l'Inde du Nord surtout, les majestueux témoins de la civilisation musulmane forts, tombeaux et mosquées, palais moghols dont la décoration, dépourvue de représentation figurative, devient le symbole de la clarté, du silence et de la beauté.

 

Lorsque les musulmans envahirent l'Inde par le nord-ouest, ils jetèrent sur les routes des milliers de fugitifs. Princes et souverains sauvèrent leur vie en même temps que leur héritage culturel hindou et bouddhique en gagnant l'Himalaya. Les plus hautes montagnes du monde devinrent le dépositaire de la civilisation du sous-continent.

Alors que le bouddhisme avait presque totalement disparu en Inde, pays où il avait vu le jour, une destinée toute particulière l'attendait dans l'Himalaya. Au VIII- siècle, le vajrayana, ou « véhicule du Diamant », troisième grand courant du bouddhisme, fusionna, au Tibet, avec l'antique religion boen, celle des esprits, des démons, des dieux et des prêtres sorciers, pour devenir la doctrine des moines et des lamas, le lamaïsme. Depuis l'invasion des Chinois (1950) et la fuite du dalal-lama (1959), l'ancient Tibet n'est plus. Mais les États voisins, le Ladâkh, l'Himâchal Pradesh, de vastes régions du Népal, l'Armachal Pradesh, le Sikldm et le Bhûtân abritent les adeptes du bouddhisme tibétain qui préservent son héritage.

Un voyage dans l'Himalaya permet de pénétrer dans les sphères de la dernière civilisation qui ait conservé son intégralité. Là où les montagnes sont considérées comme l'antre des dieux, l'homme vit encore en harmonie avec le conscient et l'inconscient, l'âme et le corps, le monde et le domaine supraterrestre. C'est dans ces régions que le visiteur sera frappé de la justesse des paroles d'André Malraux « Dans un rêve et loin de nous, l'Inde appartient à l'ancien Orient de notre âme. »

Les religions en Inde L'hindouisme - une religion mondiale

La religion prédominante est l'hindouisme : c'est celle de 80 % de la population indienne. Ses origines remontent au IIIe siècle av. J.-C. Aujourd'hui réapparaissent dans l'hindouisme, les formes de croyance pré-aryennes telles que le culte phallique, l'adoration de déesses mères ou d'animaux et de plantes sacrés, dont on a découvert des traces lors des fouilles de Mohenjo-Dâro et d'Harappà, les deux grandes villes des plus anciennes civilisations qui se sont développées dans la vallée de l'Indus et dans le Pànjâb. Le déploiement de cette religion que l'on définit souvent comme la « religion de la Loi invariable de l'Univers » s'étend sur des millénaires. Selon sa conception, le monde n'est pas issu des mains d'un créateur, mais il se trouve - en vertu de son ordre propre, le dharma - en perpétuel devenir. Le dharma, la Loi du Bon Ordre de l'Univers, est la force agissante qui régit aussi bien le macrocosme que le microcosme.

L'hindouisme n'est pas une religion uniforme mais plutôt un vaste cadre dans lequel coexistent de multiples formes religieuses. Chaque hindou est libre de croire en plusieurs dieux ou de n'en vénérer aucun. Il n'existe ni dogmes ni rituels préétablis. On peut adorer Dieu dans un fétiche, un animal, un arbre, une image ou un esprit, et vénérer ses dieux par des cérémonies envoûtantes, des prières ferventes, des rites sacrificiels, des danses effrénées, ou bien, en pèlerin solitaire, par l'ascèse et la méditation.

Le système des castes. Nombre de savants et de sociologues décrivent l'hindouisme comme une manière d'être qui ne se limite pas à la pensée religieuse. La plupart des normes de vie des Indiens sont d'origine aryenne. Les Aryens, qui arrivèrent en Inde vers 1500 av. J.-C., étaient blancs de peau, et ne voulaient pas se mélanger à la population indigène, de peur que leur race ne se perde dans le peuple conquis, nettement supérieur en nombre. Dès lors, ils instaurèrent des lois relatives au mariage qui n'étaient autres qu'un premier système de castes fondé sur la race ; plus tard, ce système devait s'appliquer essentiellement à une classification d'ordre social.

On distingue quatre castes : les brahmanes - prêtres, intellectuels, « aristocrates » ; les kshatriya - guerriers ; les vaishya - commer­çants, hommes d'affaires, artistes et artisans d'art ; et enfin les shudra qui comprennent les paysans, les ouvriers et les manoeuvres. À ces quatre ordres principaux s'ajoutent des sous-castes, et ce sont précisément celles-ci qui jouent un rôle déterminant dans la société hindouiste. Rien n'est le fruit du hasard, tel est l'enseignement de la doctrine hindouiste : je suis ce que j'ai été et je deviendrai ce que je suis. C'est-à-dire que ma vie présente est la conséquence des actes accomplis dans mes existences précédentes, et ma prochaine vie sera le reflet de mon existence actuelle. C'est ce que les Indiens appellent le karma, l'expression de l'Ordre de l'Univers auquel croit l'hindou.

Réincarnation - yoga - nirvâna. Selon son karma, l'hindou est réincarné. Très peu d'hommes sont libérés du cycle des renaissances et atteignent à la félicité suprême, au nirvâna. Le yoga est un des moyens qui permettent de parvenir à cet état supérieur. Yoga signifie maîtrise du corps, de l'esprit et de l'âme, et très grande auto­discipline. Cette pratique exige une éthique et une ascèse très strictes. On appelle yogis ceux qui consacrent leur vie à la pratique du yoga.

Guru - disciple - ashram. Les anciens textes sacrés indiquent que seul un maître reconnu (guru) peut enseigner la connaissance profonde, et que celle-ci ne doit être transmise qu'à un élève choisi, doué d'une moralité irréprochable. Souvent, les gurus enseignent dans des ashram, sorte d'ermitages dans lesquels des milliers d'Indiens - et aujourd'hui quelques Européens aussi - se retirent temporaire­ment ou pour toujours, pour s'adonner, auprès du guru, à la méditation et à l'étude des textes sacrés.

La « vache sacrée » des hindous. Les fameuses » vaches sacrées» sont aujourd'hui encore sujettes à controverse. En dépit des protesta­tions de certains Indiens ouverts au modernisme, ces bêtes sont toujours considérées comme sacrées par la majorité de la population. Dieu est partout, dit l'hindou, dans tous les êtres vivants. Or, cet animal est particulièrement utile au peuple indien, puisqu'il sert de bête de trait pour les travaux des champs, mais fournit aussi du lait et du combustible : depuis toujours, la bouse de vache séchée est le meilleur « charbon » de l'Inde.

La notion de temps dans l'hindouisme - le cercle magique. pour les Asiatiques, le cercle représente l'espace et le temps. Le mouvement linéaire et la notion de temps au sens de progression n'existent pas. Les temps se succèdent de façon cyclique. En tant que définition de l'espace, le cercle a une signification magique. Celui qui y est enfermé se trouve protégé par une force secrète qui se concentre vers l'intérieur. Du centre du cercle émane à nouveau une force qui vient envelopper celle qui entourait le centre. Ainsi s'explique la configuration des temples, des autels et des sanctuaires. Le temps et l'espace se rejoignent en un cercle. Le cercle représente l'espace du temps dans lequel tout revient périodiquement en se transformant.

Les dieux de l'hindouisme

Le panthéon des divinités hindoues, très complexe, s'est trouvé enrichi de nouveaux dieux, en raison de la puissance grandissante des brahmanes. Au-dessus des anciens dieux aryens - Indra, Agni, Varuna et Mitra - siègent maintenant Brahmâ, Vishnu et Çiva.

Brahmâ : Brahmd, à l'origine principe de la création et de la toute puissance et considéré par beaucoup d'hindous comme le plus grand maître de l'univers, a perdu de sa prééminence. Pour la plupart des adeptes de l'hindouisme, il n'est plus aujourd'hui que l'architecte de l'univers. Il est généralement représenté avec quatre têtes et quatre bras, dans lesquels il tient une partie des Vedda, une cuillère pour les cérémonies de purification, un chapelet et un récipient contenant de l'eau pour la purification.

Vishnu : plus important que Brahmâ, Vishnu était déjà mentionné dans les Vedda. Il représente le principe de conservation du monde. Lorsque l'humanité court un danger ou est menacée de déchéance, Vishnu apparaît sous la forme d'un animal ou d'un humain, pour la protéger. Il est représenté, entre autres, sous la forme d'un poisson, d'une tortue, d'un nain, d'un lion, d'un sanglier, de Râma, de Krishna ou de Bouddha.

Il tient un disque dans la main, un coquillage dans une autre, parfois il porte une massue ou un bâton dans une autre main et une fleur de lotus dans une quatrième. On dit qu'il est déjà venu neuf fois sur la terre et on attend la dixième.

II faut comprendre la dernière incarnation sous la forme de Bouddha comme un compromis avec le bouddhisme. Ainsi, en Inde, le bouddhisme s'est trouvé absorbé et l'on est revenu à la culture hindoue la plus ancienne. Vishnu a le pouvoir d'emporter dans son royaume céleste ses adorateurs qui y vivront dans la félicité éternelle.

Çiva : le roi de la danse (Natar(ia) est le dieu préféré des hindous ; on l'appelle aussi Mahâdeva (Grand Dieu). Comme beaucoup de personnages mythiques et de divinités, il a un double visage et incarne à la fois les forces créatrices et les forces destructives de l'univers. Çiva a deux grands ancêtres : l'archer védique Rudra, qui envoie les maladies et les guérit, et un dieu de la nature pré-aryen qui apparaît dans le signe du lingam, le phallus, comme symbole de la puissance créatrice et reproductrice. Dans tous les temples de Çiva, on trouve ce symbole, accompagné du yoni, le sexe féminin. Le principe de la création y est toujours présent. Dans ses quatre mains, Çiva tient : un trident, une antilope, un noeud coulant, pour attacher ses ennemis, et une sorte de tambour. Il porte parfois une peau de tigre autour de la taille. Il est moins humain que Vishnu, ce qui lui confère un caractère encore plus mystique (voir également La danse indienne.)

Lakshf : déesse de la beauté, du bonheur et de la richesse, épouse de Vishnu. Ce sont les dieux et les démons qui l'ont fait naître de l'écume en remuant l'océan. Son image orne la maison de beaucoup de commerçants. Lakshi est vénérée lors du Divali (fête des lumières).

Sarasvati : déesse de la musique, de la langue, des arts et de la littérature. Épouse de Brahmâ. Elle chevauche un paon et tient dans ses bras un instrument de musique : une vina.

Pârvati : déesse de la beauté, épouse de Çiva, Pàrvatf apparaît aussi sous un aspect effrayant ; on l'appelle alors

Durgâ (ou Kali) est une déesse cruelle dont on apaise la colèree par des sacrifices sanglants. Au Sud, Durgâ/Kali est appelée Bhavani.

Devi : en général est une déesse qui incarne P& vati.

Gane§a : le dieu à tête d'éléphant, fils de Çiva ; on l'appelle également Ganpati. C'est le dieu de l'apprentissage et de la réussite. II est invoqué en exergue à tous les livres.

Kârttikeya : dieu de la guerre, second fils de Çiva. C'est lui qui conduit toutes les légions des démons bienfaisants. Dans le sud de l'Inde, on le nomme Skanda ou Subrahmanya.

Hanumân : le dieu des singes ou général des singes. Personnage épique du Râmâyana. II aide Râma à reconquérir Sïtâ, sa femmé, enlevée par le roi des démons, Riivana, et retenue prisonnière dans l'île de Ceylan.

Râma : demi-dieu, héros du Ramayana. Incarnation de Vishnu.

Krishna : le dieu joyeux des paysans et des classes pauvres, souvent peint en bleu foncé. On le représente debout sur un serpent dont il saisit le corps de la main gauche, et une fleur de lotus de la main droite ; quelquefois, il est représenté jouant de la flûte.

Bouddha : incarnation de Vishnu.

Le bouddhisme

Plus de 2 500 ans se sont écoulés depuis la naissance du prince Siddhârtha appelé Bouddha, après son illumination - en 560 av. J.-C. à Kapilavastu, dans l'actuel Népal. On peut le considérer comme le grand réformateur de l'hindouisme et de ses innombrables divinités, comme le fondateur d'une religion qui ébranla le pouvoir des brahmanes dont le ritualisme devenait excessif. Siddhârtha Gautama Bouddha vécut 80 ans. Par sa vie exemplaire, son enseigne­ment et ses prédications, par ses connaissances et son éveil, il a mis en place les fondements de la religion bouddhiste qui compte aujourd'hui en Asie 250 millions d'adeptes.

L'enseignement du maître. Lors d'une vision intérieure Bouddha eut soudain la connaissance de l'Ordre de l'Univers - le dharma - qui fait naître, mourir et renaître tous les hommes, qui les confine éternellement dans la souffrance et la misère, jusqu'à ce que, par la maîtrise de soi, par le renoncement à la haine, au vice et au désir, ils parviennent à la pure réalité, à l'éveil et à la libération finale, le nirvâna (échapper au cycle des renaissances). D'après l'enseignement du Bouddha, on ne peut atteindre le nirvâna que lorsque l'on connaît les Quatre Nobles Vérités : la vérité de la souffrance, la vérité de l'origine de la souffrance, la vérité de la cessation de la souffrance et la grande vérité du sentier qui mène à la cessation de la souffrance. Tout ce qui est déterminé par le désir est souffrance : la vie est souffrance, la mort aussi. On parvient à supprimer la souffrance en abandonnant le désir, en niant tout désir. Pour cela, on peut suivre le Noble sentier octuple : compréhension juste, pensée juste, parole . juste, action juste, moyens d'existence justes, efforts justes, attention juste et concentration juste (c'est-à-dire méditation).

Sur les pas de Bouddha. Bouddha n'a nommé personne pour lui succéder. Après qu'il fût parvenu au nirvâna, au seuil de sa mort, vers 480 av. J. -C., les paroles qu'il avait prononcées de son vivant demeuraient toujours valables : K Celui qui connaît l'enseignement me connaît. » Ce testament qui dénotait une grande générosité provoqua bientôt un véritable éclatement de la communauté boud­dhiste. En l'absence d'une autorité formelle, l'interprétation arbitraire de la parole de Bouddha par différents groupes fut d'autant plus facile que l'auguste maître n'avait laissé aucune trace écrite de son enseignement.

Le Petit Véhicule. Deux groupes se distinguèrent, l'un qui notam­ment, se réclamant des thera, les anciens moines bouddhistes, prétendit être le seul à connaître la véritable parole du Bouddha. Ces thera vadins, qui se dispersèrent plus tard en onze écoles, sont les tenants du hînayâna, ou Petit Véhicule. Selon eux, Bouddha est bien, de par sa vie et son accession au nirvâna, un exemple unique, mais il n'en demeure pas moins humain. Le hînayâna ne connaît~ d'autre méthode que celle qui est liée à la connaissance personnelle et solitaire, à la fuite loin du monde, à l'errance du corps et à l'ascèse. Cette sévère doctrine puritaine qui compte aujourd'hui encore de nombreux adeptes au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge, au Laos et au Viêt-nam, n'offre à l'homme aucune possibilité de recourir à un dieu ou à plusieurs divinités, ni de croire à la rédemption par la grâce.

Le Grand Véhicule. Dans le mahâyâna, ou Grand Véhicule, réparti lui aussi en plusieurs écoles, on accepte de faire des compromis avec les religions existantes. La doctrine se compose d'une structure bien déterminée sur laquelle viennent se greffer de nombreux enjolivements. Bouddha devient un être supraterrestre plein de grâce. À côté de la connaissance, existe la croyance en l'unité de l'univers. Le mahâyâna invite à suivre de nouveaux sentiers, à pratiquer de nouveaux rites plus compréhensibles pour le profane, pour parvenir à la libération, échapper au cycle perpétuel des renaissances, atteindre la félicité ultime dans le nirvâna, qui demeure l'idée maîtresse de tous les courants bouddhistes. Le mahâyâna a repris certaines divinités hindoues. À la place d'Arhat, le sage, le saint qui en pratiquant une ascèse très sévère parvient à la libération en accédant à la connaissance par lui-même, intervient le nouvel idéal du bodhisattva, « l'être d'illumination », qui, alors qu'il est destiné à l'illumination, s'arrête au seuil du nirvâna et, par compassion pour le monde qui souffre, fait le voeu de ne pas chercher à atteindre l'illumination pour lui­même avant d'avoir aidé tous les êtres à parvenir à l'état d'éveil.

Le Véhicule du Diamant. Vers le milieu du IeL millénaire ap. J.-C. apparut un troisième courant bouddhiste, le vajrayzna ou Véhicule du Diamant, ainsi appelé parce que ses prêtres portaient le sceptre de diamants, de la sagesse et de la connaissance suprême, le vajra. Sous l'influence de la renaissance de l'hindouisme, le vajrayâha adopte de plus en plus de divinités étrangères mais il reprend également à son compte des doctrines et des rituels étrangers, tirés des tantra, c'est-à-dire des écrits secrets. Hormis les pratiques occultes, tout à fait superficielles reposant sur la magie des incantations, des gestes, du sacrifice et des rythmes, il y avait aussi la quête spirituelle de certains mystiques réellement sérieux, qui s'étaient voués à une doctrine ésotérique et à des cultes par lesquels ils devaient aboutir à l'union avec l'Absolu. Le symbole en est l'Adi-Bouddha ou Bouddha primordial. Cette notion d'Adi-Bouddha, d'où découlent tous les autres Bouddhas et bodhisattva, trouve son accomplissement au Xe siècle dans le système du kalaçakra qui a eu en Inde une influence grandissante. Il va de soi que ces doctrines ésotériques et ces systèmes complexes nécessitaient une initiation spécifique. C'est ainsi que le guru, le maître, devint l'un des personnages les plus importants dans le bouddhisme vajrayâna comme plus tard dans le lamaïsme. Il n'est pas rare que le guru, qui joue le rôle de gardien de la connaissance secrète, soit élevé au rang de Bouddha. Dans la hiérarchie du lamaïsme, il occupe la première place. Viennent ensuite les divinités protectrices - qui sont les gardiennes de la Loi, les dharmapalas - les Bouddhas, les bodhisattava et enfin les yidams, divinités protectrices particulières.

C'est au Vile siècle que s'est produit l'érotisation du vajrayana. Aux Bouddhas, bodhisattva et aux divinités protectrices s'ajoutent alors des divinités féminines. Le point culminant du tantrisme, culte spécifique du vajrayâna, est l'iconographie représentant des divinités tantôt paisibles, tantôt courroucées, livrées aux plaisirs sacrés de l'amour - appelés yab-yum au Tibet.

Le lamaïsme. Le domaine du bouddhisme tibétain, ou bouddhisme de l'Himâlaya, dépasse largement les confins du Tibet, d'où il est issu.

Le philosophe et tantriste indien Padma-Sambhava, que l'on vénère comme un demi-dieu dans l'Himalaya, joue un rôle tout particulier pour le bouddhisme tibétain. Appelé au Tibet au VIUe siècle par le roi Srongtsan Gampo pour mettre fin aux agissements des esprits et des démons, et consolider le bouddhisme apparu dans ce pays 100 ans auparavant, il mit en oeuvre tous ses pouvoirs magiques pour y parvenir. Lorsque le maître indien réussit enfin à assujettir les démons et à faire des dieux et des esprits de l'époque pré-bouddhique les « protecteurs de la doctrine », le lamaïsme, dogme des lamas (prêtres) était né. Si l'on en croit la légende, Padma-Sambhava propagea cette„ forme de bouddhisme dans d'autres pays de l'Himalaya, en particulier au Sikldm et au Bhfltân.

Quelles que soient les sectes qui ont pu se constituer dans les pays avoisinants, le souverain spirituel tibétain, le dalaï-lama est toujours resté le plus grand dignitaire ecclésiastique du bouddhisme tibétain, même après sa fuite en Inde en 1959, sous la pression des Chinois. Le dalai-lama a autorité sur toutes les sectes.

Yab-yum. Pour tous les bouddhistes himalayens, le plus éminent symbole de l'unité de l'univers est le yab-yum le couple de dieux unis dans l'acte d'amour. C'est là, en dehors des représentations de Bouddhas et de bodhisattva, le principal thème traité par les artistes lamaïstes. L'étreinte sexuelle du bodhisattva et de divinités protectri­ces avec leur prajna ou dakini, sous la forme féminine, symbolise une idée essentielle du lamaïsme : l'union gémellaire des contraires. Par leur union, les deux êtres détruisent l'antagonisme entre le principe féminin et le principe masculin, entre la sagesse, le sentier et la méthode. Ils atteignent l'état de la non-dualité triomphante chacun est les deux et où les deux sont l'un.

 

Tantrisme - tantra

Le tantrisme, mouvement dont les origines remontent en Inde à quelque 500 ans, est, en simplifiant à l'extrême, un culte de l'extase, la forme passionnée de tous les rites religieux. Le tantrisme tire son nom des tantra, les écrits sacrés des çakta, adorateurs de Çakti, la forme féminine du dieu Çiva. Outre des dialogues entre Çiva et Çakti, les tantra comprennent des enseignements mystico-magiques, des rituels et des cérémonies pour le culte, des directives pour la méditation et des spéculations métaphysiques. Le terme de tantra désigne à la fois un système de dogmes et de rites et les écrits sur lesquels ce système se fonde.

Le tantra n'est pas une religion mais une méthode permettant de mettre en action ses forces spirituelles. Le but de toute cérémonie tantrique est l'expérience de l'interprétation universelle et béatifique de l'homme : « Je suis dans l'univers et l'univers est en moi. » Les sentiers qu'il faut suivre pour parvenir à ce but ont été représentés, dans les temples bouddhistes par des images, des fresques et des statues. Ces sentiers sont opposés les uns aux autres : on se détourne du monde par la méditation, on se tourne vers le monde par l'amour.

Des méthodes tantriques subsistent dans toutes les religions asiati­ques.

 

Le jaïnisme

L'hindouisme védique n'est pas né du seul bouddhisme. Un autre grand penseur d'avant notre ère a aussi présidé à son apparition

Mahavira, prince de la caste des kshatriya, né vers 600 av. J.-C. dans l'actuel Bihâr. Après douze ans d'ascèse et d'études philosophiques, Mahâvira devint un jina, un « victorieux ».

Il pensait que, tous les êtres ayant une âme, ils devaient être protégés. Sa doctrine, le jaïnisme, interdit de tuer. Bien qu'il admît la loi du karma, selon laquelle la vie de tout homme est déterminé par ses bonnes et ses mauvaises actions, Mahâvira réprouvait le système des castes. Comme le bouddhisme, le jaïnisme nie l'existence des dieux.

 

L'islam

L'islam est la troisième grande religion du sous-continent indien. Elle n'est pas née en Inde mais y a été apportée par les conquérants musulmans, dont la culture a profondément marqué la civilisation indienne, laquelle revêt depuis deux visages. Quiconque a étudié l'Inde sait que l'on ne peut comprendre ce pays qu'en le considérant sous le double aspect de l'hindouisme et de l'islam.

Dans les régions conquises, l'islam a rencontré des religions et des civilisations très évoluées et n'a pas échappé à l'influence de leurs dogmes mystiques et métaphysiques ; toufefois, ce contact ne l'a pas modifié de manière décisive. L'islam est toujours resté une entité homogène et hermétique à côté de la culture hindouiste.

Les habitants de la vallée de l'Indus divinrent musulmans dès 712, mais la conquête ne commença réellement qu'au XlUe siècle. La première apogée de la domination musulmane fut la fondation, en 1206, du sultanat de Delhi par le général Koutb ed-Din Aibak. Au Bengale, au Bihâr, au Gujarât et dans la péninsule du Deccan furent instaurés des États islamiques. De nos jours, l'Inde compte environ 85 millions de musulmans.

Le mot « islam », forgé au Vlle siècle par le prophète Mahomet pour désigner sa religion, signifie : soumission - dévouement à Allah, le dieu unique - et à tous ses prophètes. Mahomet a imposé à ses adeptes six devoirs canoniques : la foi en Allah, le jeûne pendant le ramadan, un pèlerinage à La Mecque, le don d'aumônes, les ablutions et la prière.

 

Toutes les doctrines et toutes les règles de l'islam sont consignées dans le livre saint des musulmans, le Coran. Ce livre saint est l'ceuvre du Prophète. Lui seul a eu la révélation de Dieu par l'intermédiaire de l'archange Gabriel.

Selon qu'il accomplit de bonnes ou de mauvaises actions, l'homme est exhaussé ou puni. Allah est si absolu et tout-puissant qu'il détermine toute la vie de ses créatures. L'homme est responsable devant lui seul, car il est, comme le dit le Coran e le Très Haut, le Miséricordieux - il n'existe aucun Dieu en dehors de lui, le Vivant, l'Éternel ! Le sommeil ne l'atteint jamais. »

En se réclamant de l'infaillibilité de sa doctrine et de l'omnipotence de son dieu, l'islam s'est toujours posé comme un défi à l'hindouisme.

 

Le sikhisme

La religion des sikhs est née de la tentative de fusionner l'hindouisme et l'islam. Son fondateur, considéré comme un guru, Nanak, qui vécut vers 1500 ap. J.-C., enseigna le monothéisme et préconisa l'extase mystique. Il proscrivit le système des castes et l'adoration des dieux.. Il n'y a ni hindous, ni musulmans », enseignait-il à ses disciples, « mais seulement des sikhs », c'est-à-dire des « disciples ». Ce n'est donc pas un hasard si, dans le lieu saint des sikhs, le temple d'Or d'Amritsar, est conservé le Granth Sahib, le Livre saint : la lecture à haute voix de ses paroles de sagesse fait partie, avec la prière commune, des éléments fondamentaux du culte sikh.

 

 

L'art en Inde

 

 

Aperçu historique

Architecture. Il faut d'abord mentionner l'architecture de Mohenjo­Daro et Harrapii, dite civilisation de l'Indus, qui se situe entre 2750­2000 et 1400 av. J.-C.

De l'époque indo-aryenne, qui débute avec la pénétration aryenne de 1400 à 1200 et s'achève vers 300 av. J.-C., il reste très peu de choses. Ce n'est qu'avec l'architecture bouddhique de la première époque (Ve au Ie7 siècle av. J.-C.), notamment sous le règne de l'empereur Açoka (Ille siècle av. J.-C.) que l'art architectural connaît un nouvel essor. Pour la première fois, on construit en pierre et non plus en bois. L'un des éléments importants du règne d'Açoka sont les piliers, dans lesquels l'empereur faisait graver ses édits. Le fameux pilier d'Açoka orné des quatre lions et de la Roue de la Loi a servi de modèle pour l'emblème de la République indienne. À la première époque a succédé l'époque classique. La période qui s'étend de 200 av. J.-C. à 200 ap. J.-C. est généralement appelée période des stûpas et des chaitya. Les plus célèbres se trouvent à Ellora, Ajanta et Sânchi. Les stûpas sont des monuments commémoratifs bouddhiques, en forme de tertre, contenant des reliques, les chaitya sont des salles de prière.

Après l'invasion de l'Inde par Alexandre le Grand en 325 av. J.-C., s'est développé, dans les régions de la haute vallée de l'Indus, l'art gréco-bouddhique, que l'on appelle souvent aussi art du Gandhâra. Son influence a été particulièrement marquante en Inde du Nord (le, au Ve siècle ap. J.-C.). Les sculptures ont un caractère grec très marqué.

L'architecture bouddhique classique atteint son apogée pendant l'époque Gupta (320 à 500 ap. J.-C.). Les premiers temples hindouistes et jaïnistes se trouvaient, comme les vihâra bouddhiques, dans des grottes.

Avec la dynastie des Cha-lukya apparaît, au Vle siècle, l'art du temple spécifiquement indo-aryen, qui se caractérise par sa tour­sanctuaire, le çikhara, située au-dessus de là cella ou garba griha, sanctuaire abritant une statue du dieu. Cette architecture n'a cessé ensuite de se développer pour atteindre son apogée entre le VIlle et le Me siècle. Les temples du Moyen Âge indien (900-1400) sont très nombreux. Ceux de Khajura-ho, dotés de tours de style nagera (formées d'étages de plus en plus étroits) comptent parmi les plus remarquables.

L'architecture musulmane débute au XIIIe siècle et connaît son apogée entre le XVIe et le XVIIIe siècle, sous le règne des empereurs moghols. L'architecture islamique de Syrie, d'Égypte, de Perse et d'Asie centrale se mêle ici à des éléments propres à la construction indienne, tels que les galeries soutenues par des consoles et les cours entourées d'un péristyle, pour donner naissance à un style indo­musulman très original. Les architectes musulmans ont apporté en Inde les arcs et les voûtes en plein cintre, mais surtout les mosquées et les minarets, l'art funéraire, les mosaïques et les motifs géométriques.

Le plus célèbre édifice datant de la première époque des sultanats est le Qutb Minar de Delhi. À l'origine, le minaret qui s'élevait à 72 m de hauteur devait servir à appeler les fidèles à la prière dans la mosquée Quwwat-ul-Islam. Ce superbe bâtiment, couvert d'ornemen­tations et d'inscriptions décoratives, porte également le nom de tour de la Victoire (c'est-à-dire la victoire des croyants de l'islam sur les infidèles).

Les trésors de la culture islamique sont les tombeaux, comme le Taj Mahal à Âgra, les mosquées comme la Jama Masjid, la « grande mosquée » de Delhi, les forts et les palais, les villes telles que Fatehpûr S kri.

L'architecture moderne de l'Inde prend corps avec le style colonial des Anglais. n s'agit d'un mélange bizarre entre le style des Moghols et des maharajahs et la conception britannique des formes figuratives. Toutefois, on ne peut parler d'architecture moderne en Inde que depuis la réalisation de Chandigârh par Le Corbusier, lequel exerça une influence incontestable sur les architectes indiens qui ont conçu d'importants buildings à Bombay, Delhi et dans d'autres grandes villes.

Sculpture. Parallèlement à l'architecture, la sculpture fut, dès l'apparition de la civilisation de l'Indus, l'une des formes d'art les plus importantes en Inde. Elle tient aussi une place prépondérante dans l'expression artistique des pays de l'Himalaya.

Peinture. Dès le Ier siècle av. J.-C., l'art pictural a été utilisé en Inde pour décorer les temples et sanctuaires aménagés dans des cavernes.

Au début du IXe siècle, la peinture rupestre a commencé à dépérir, laissant place à l'art des miniatures. Celui-ci a d'abord pris son essor au sein de l'école Pala au Bengale (IXe-XIIe siècles). Les manuscrits bouddhiques étaient illustrés sur des feuilles de palmiers.

De la même façon, les peintres de l'école du Gujarat (XIe-XVe siècles) orneront les manuscrits jaïns de miniatures. On peut considérer l'école du Gujarât comme un pont entre les peintures rupestres de l'époque Gupta et - depuis le milieu du XVIe siècle les miniatures de Rzjasth7an et de l'Himâaya occidental (vallée de Kangra).

La peinture moghole fut nettement influencée, dans la première moitié du XVIe siècle par les traditions persanes. Les portraits, les scènes de cour, de chasse et de batailles, brillantes et hautes en couleur, sont empreintes du caractère séculaire de l'art persan, qui' s'inspirait aussi de la nature, prenant pour modèle les fleurs, les feuillages et les oiseaux. L'art moghol, tout comme l'art des sultanats, fut fortement marqué par l'apport indien.

Les mosquées

La mosquée est le lieu où les musulmans se retrouvent pour la prière commune. Par beau temps, les fidèles peuvent prier dans une cour intérieure carrée entourée d'un péristyle et fermée par un mur. Au milieu de la cour se dresse généralement une fontaine qui sert aux ablutions obligatoires avant chaque prière. L'un des murs de la mosquée doit être construit en direction du Qibl, c'est-à-dire vers La Mecque, ville sainte de l'islam. Il en va de même du mihrâb, la niche dans laquelle officie l'imam, qui récite de prières. Le visage tourné vers La Mecque, l'imam récite cinq fois par jour des surates du Coran que les fidèles répètent après lui. Le minaret est la tour du haut de laquelle le muezzin appelle à la prière cinq fois par jour, en criant « Allah est Allah et Mahomet est son prophète, venez prier, venez prier ! »

 

Le temple, hindouiste

Presque tous les temples hindouistes sont bâtis selon la même conception : le plan est un quadrilatère dans lequel l'hindou reconnaît la représentation de la terre et de l'univers : la terre, tel un carré limité par les montagnes, qui sont elles-mêmes entourées des océans mystiques de l'univers infini, d'où jaillit la vie. Les bassins que l'on trouve dans les temples symbolisent ces eaux sacrées.

Les rituels ont lieu dans le sanctuaire dont l'emplacement est déterminé par l'intersection de deux axes imaginaires : l'un est une ligne droite nord-sud qui représente l'axe du monde, l'autre décrit le mouvement du soleil d'est en ouest. Le cercle a aussi sa place dans les temples hindouistes où il symbolise le milieu magique. Sur le cercle se dresse un monticule de pierre en escalier, la montagne du monde, Meru, que l'on considérait comme le domaine des dieux, le foyer de la création. Pour bien comprendre la signification du temple hindouiste, il ne faut pas le considérer comme un lieu de prière au sens traditionnel, mais plutôt comme une galerie d'art. C'est le lieu où l'on rend hommage aux forces supraterrestres par le biais des arts terrestres : la danse, la poésie, la musique et le genre dramatique. À l'époque où l'hindouisme connut son apogée, le temple devint le centre de la vie religieuse et sociale. On s'y retrouve le soir.

 

Les temples et les monastères bouddhiques

La construction des temples et des monastères bouddhiques a pour base certains éléments de la cosmologie bouddhique, c'est-à-dire la représentation du cosmos telle qu'elle est décrite dans les textes sacrés. Au centre de l'édifice est figuré le Sumeru où siègent les dieux et la force invincible : c'est le grand temple avec ses chambres secrètes et ses reliquaires. Aux quatre points cardinaux se trouvent, selon la conception bouddhiste, quatre continents de formes différentes (dvipa) ; à chacun d'entre eux sont reliés deux sous-continents. Le plus souvent, un temple de taille moyenne et deux plus petits s'ajoutent au temple central, et ce, aux quatre points cardinaux. L'ensemble comprend encore d'autres sanctuaires : des chorten, reliquaires bouddhiques, et des bâtiments annexes où habitent les - moines. Souvent, les temples secrets, gcengkhang et naykhang sont destinés aux divinités protectrices, les dharmapala, chargés de protéger la Loi et aux divinités particulières, les yidam. Ainsi on voit que ces édifices qui, au premier abord, ne semblent qu'un amoncellement confus de bâtiments, sont bien construits selon un plan précis.

Chorten. Le chorten, sanctuaire typique de la tradition bouddhique himalayenne, est bâti sur le modèle du stûpa indien. Son architecture est issue des anciens tombeaux en forme de tumulus. Les stûpas contiennent des reliques du Bouddha ou de ses disciples. Le chorten abrite souvent aussi les cendres d'un grand lama ou d'un saint. Pour la majeure partie des croyants, il symbolise l'omniprésence de l'Adi­Bouddha, le premier Bouddha. Mais en outre, le chorten est l'image du cosmos. Tout comme l'univers, il est composé des cinq éléments de toute création : la terre, l'eau, le feu, l'air et l'éther. Les 13 marches qui s'élèvent en cône au-dessus de la coupole, elle-même entourée d'eau, se terminent par un parasol couronné du symbole gémellaire de la lune et du soleil. Sur ces derniers est posé un bâton ou une flamme en bois sculpté, symbolisant l'illumination et la libération qui!conduisent au nirvâna. C'est vers ce symbole couronnant le dôme cônique, qui représente les 13 étapes de la connaissance, que l'homme élève son regard. Ainsi le chorten figure la démarche la plus difficile : la voie sur laquelle l'homme doit s'engager s'il veut atteindre le nirvâna.

Bannières et murs de prière

Tous les chemins de pèlerinage de l'Himalaya sont jalonnés de chorten. Comme les bannières portant des inscriptions pieuses, ils servent à indiquer les chemins qui mènent aux villages et aux monastères. On y déambule en méditant, comme on le fait dans les enceintes de prières, les mani, dans lesquels, depuis des millénaires, des milliers de fidèles viennent déposer une pierre en offrande. Ces lieux saints sont empreints de ce qui fait vibrer les hommes dans les plus hautes montagnes du monde, ce qu'ils murmurent pieusement des heures durant, les mantra sacrés : Om Mani Padme Hum - Ô toi, bijou dans le lotus, toi Bouddha dans le cceur de l'homme.

Tanka. Le tanka est une image pieuse qui se présente sous la forme d'un rouleau : le plus souvent, elle est peinte sur une toile et entourée de brocart ou de soie ; elle est censée aider à la méditation. Lors des cérémonies rituelles au temple, on déroule les tanka et on les accroche aux murs ; ils sont parmi les créations artistiques les plus importantes du bouddhisme mahâyâna. Les « tanka narratifs » figurent des scènes de la vie du Bouddha, de saints, de gurus ou de rois. Ainsi l'épopée de Gesar, roi légendaire du Tibet, est très populaire.

28

Mandala. Le point culminant de l'art bouddhique est le mandala. Mandala est un ancien mot indien qui signifie « cercle ». Il s'agit d'un diagramme mystique qui représente un cercle souvent associé à un

carré, dont le contenu religieux et philosophique doit aider l'homme dans son « immersion ». Le carré figure l'univers. Il entoure le cercle magique, le symbole du temps dans lequel tout se transforme et tout

revient. Le mandala se voit attribuer une place très importante à côté du Bouddha et des divinités. En le contemplant, l'homme peut méditer ou s'identifier à lui. Le mandala contient des forces qui, dans l'univers comme en nous-mêmes, deviennent actives.

Résumé historique

Vers 2500 av. J.-C. : apogée de la civilisation de l'Indus.

À partir de 1500 env.: pénétration des Aryens en Inde. Après 1000 av. J.-C.: apparition des Vedda. Vers 560-480 av. J.-C. : Siddhârtha Gautama Bouddha.

Avant 477 av. J.-C. : mort de Mahâvira, fondateur du jaïnisme. 327-325 av. J.-C.: Alexandre le Grand en Inde. Vers 320 av. J.-C.: fondation de la dynastie Maurya au Nord. 322-298 av. J.-C.: règne du roi Chandragupta.

272-231 av. J.-C.: l'empereur Açoka se convertit au bouddhisme ; il proclame son éthique dans de nombreuses inscriptions rupestres et en faisant graver des édits sur les colonnes des édifices.

250-130 av. J.-C. : empire helléno-bactrien (Grecs de Bactriane)

qui comprenait'aussi le Pânjab.

50 av. J.-C. à 250 ap. J.-C. : empire des Kouchana dans le nord. IIe siècle av. J.-C. au Ille siècle ap. J.-C. : dynastie des Andhra dans le Deccan.

Env. 320-500 ap. J.-C. : dynastie Gupta dans le nord de l'Inde. 330-380 : le roi Samudragupta.

Vers 455 : invasion des Hephtalites dans le nord de l'Inde.

Vers 550 : fondation de la dynastie Chàlukya dans l'Inde moyenne. 753-973 : dynastie de Rashtrakuta dans le Deccan. IXe-XIIe siècles : dynastie Chola dans le sud de l'Inde. 1206 : fondation du sultanat de Delhi par Koutb ed-Din-Aibak. 1296-1321 : Ala al-Din Khildji ; extension de la domination musul­

mane vers le centre et le sud.

1498 : Vasco de Gama touche le port de Calicut.

1526 : fondation de l'empire moghol par Babur.

1556-1605 : Akbar, le plus grand des souverains moghols, conquiert

presque toute l'Inde. II consolide son empire par la tolérance religieuse

et abolit l'impôt spécial que devaient payer les non-musulmans. 1605-1627: Jahângir, fils d'Akbar, poursuit la politique de son père.

1639 : les Anglais à Madras.

1658-1707 : Aurangzeb, le dernier grand empereur moghol, instaure un régime islamique très dur ; il rétablit l'impôt individuel pour les

non-musulmans. Les hindouistes se révoltent. L'empire moghol con­naît alors son apogée avant sa décadence.

1765 : lord Clive obtient le Bengale pour y installer la Compagnie des Indes.

1857-58 : révoltes des Cipayes et fin de la dynastie moghole. 1877 : la reine Victoria est proclamée impératrice des Indes. 1885 : fondation du Congrès national indien.

1919 : première constitution.

1920: Gândhi prône sa campagne de « non-coopération a avec les colonisateurs.

15-8-1947: indépendance de l'Inde ; Nehru, Premier ministre. Le Pa-ldstân se sépare de l'Inde.

30-1-1948 : assassinat de Gândhi.

26-1-1950 : nouvelle constitution et proclamation de la République. 1961 : rattachement de Goa à l'Union indienne. 1962 : attaque chinoise dans l'Himalaya.

 

Comment vivent les Indiens ?

1965: conflit autour du Jammu-et-Cachemire entre l'Inde et le Pâkistân.

1971: nouvelle guerre indo-pakistanaise ; le Pakistan oriental devient le Bangla Desh.

1974 : première explosion atomique en Inde.

31-10-1984: assassinat du Premier ministre, Indira Gandhi ; son fils Rajiv lui succède.

Comment vivent les Indiens ?

Au village

S'il est vrai que les 560 000 villages du sous-continent ont vécu pendant des siècles sans les apports de la civilisation technologique, il n'en demeure pas moins qu'ils ont toujours été les véritables protagonistes de la culture indienne. Les courants religieux et sociaux qui ont marqué les hommes du sous-continent, ont pris corps dans les villages. Plus de 75 % des Indiens vivent à la campagne ou y sont nés. Même s'ils ont dû émigrer vers les villes pour y travailler, ils reviennent toujours dans leur village natal, en particulier lorsque la famille célèbre un mariage ou une naissance selon la tradition, lorsqu'en grande cérémonie, un fils passe dans la caste la plus élevée, celle des brahmanes ou encore à l'occasion des rites mortuaires qui réunissent toute la famille.

Le fait qu'en Inde, on ait une nette préférence pour les fils par rapport aux filles, s'explique par une coutume ancestrale : seul le fils est habilité à mener la cérémonie d'inhumation lorsque survient la mort du père.

Les maisons paysannes. Les maisons des paysans sont en pisé, recouvertes d'un toit de chaume. Elles sont regroupées autour de la grande place du village, sur laquelle on se retrouve, le soir venu, pour discuter. Le plus souvent les maisons des simples paysans et artisans ne comprennent qu'une pièce. Dans chaque foyer, on réserve un coin de la pièce à une statue de la divinité locale - chaque village ou presque a ses propres dieux. La statue repose généralement dans une petite niche éclairée en permanence par une lampe à huile. Les habitants se réunissent chaque jour devant la statue de leur dieu pour le puja, cérémonie de l'adoration et de la purification.

La joint family. Dans beaucoup de familles, tous les membres forment une collectivité indivise, ce que l'on appelle la joint family. Tous les biens sont partagés. Nul ne peut être dans le besoin tant que la famille possède quelque chose ou dispose d'un revenu quel qu'il soit. Ce système de communauté familiale tend à disparaître dans les villes mais il est encore bien présent dans les villages.

Le villag€ : une république. Autrefois, le village indien classique était administré à la manière d'une petite république par un chef, un scribe, un agent de police et surtout un panchayat, c'est-à-dire un conseil formé des cinq doyens du village. Le panchayat dont les membres appartenaient généralement à des castes différentes, avait aussi autorité en matière de justice.

Les villages ont fonctionné ainsi pendant des millénaires sans le moindre changement. C'est avec la colonisation britannique que les fondements de ce système ancestral ont commencé à vaciller.- Les zamîndar, qui encaissaient les droits de fermage, devinrent, avec le soutien des Anglais, des percepteurs d'impôts avides réduisant les paysans à l'état de contribuables accablés.

En 1952, le gouvernement de l'Inde, devenue indépendante, vota une loi sur l'assainissement des villages. C'est alors qu'intervinrent le National Extension Service et les Community Projects dont les principaux objectifs étaient la modernisation des villages, l'instauration des coopératives et le développement des petites industries.

 

Dans la ville

Les villes représentent l'un des plus graves problèmes de l'Inde. Elles sont surpeuplées, notamment par ceux qui ont quitté leur village pour tenter leur chance en ville et qui vivent dans la misère. Presque toutes les villes indiennes comprennent une vieille ville et une ville moderne. La vieille ville est fréquemment entourée d'un mur d'enceinte, à l'intérieur duquel les mêmes familles d'artisans et de commerçants vivent depuis des générations. Les quartiers récents, s'ils ne sont pas construits dans le plus pur style colonial britannique, ne se différencient guère des structures architecturales modernes telles qu'on les voit dans toutes les villes du monde. L'ère industrielle a exercé une influence considérable sur la réalité sociale de la communauté indienne. Le XXe siècle a ébranlé le système des castes. L'industrialisation a nécessité le recrutement d'ouvriers sans formation, qui n'existaient pratiquement pas dans la société de castes indienne. Aussi les a-t-on pris parmi les groupes n'appartenant à aucune caste, les intouchables, qui devaient désormais travailler côte à côte avec des ouvriers spécialisés ou des ingénieurs de castes supérieures. Cette coexistence brisa bien des tabous. Autrefois, le travail en commun entre des individus intégrés à une caste et des hors-castes eut été inconcevable, de même qu'il n'eut pas été question de mariages mixtes entre hommes et femmes appartenant à des castes différentes. De nos jours, ces unions mixtes, notamment parmi les Indiens aisés ayant reçu une éducation moderne, ont tendance à se généraliser.

 

Les fêtes indiennes

En Inde, l'année entière est jalonnée de fêtes. Un mois dure 29 jours 1/2. Tous les trois ans, les hindous ajoutent au calendrier un 13e mois, afin que les fêtes aient toujours lieu à la même saison. Les principales fêtes sont les anniversaires (jayanti) et les marchés (mela). L'Office national indien du tourisme à Paris fournit un prospectus indiquant toutes les fêtes anniversaires célébrées chaque année en Inde.

 

 

La cuisine indienne

 

La cuisine indienne est généralement épicée - hot, comme disent les Anglais - parfois au point de vous faire transpirer. Elle est de plus en plus relevée à mesure que l'on avance vers le sud.

 

Les épices ont leur raison d'être : elles donnent soif et obligent donc à boire beaucoup, ce qui, sous ces latitudes, est primordial pour l'hydratation de l'organisme. Le repas indien ne comprend pas plusieurs plats tout est servi en même temps et la composition du menu est laissée à votre entière fantaisie.

 

 

Chapati __le pain indien

 

 

Ingrédients pour 4 personnes : 450 g de farine de froment complète, eau, beurre.

Mélanger la farine et l'eau pour obtenir une pâte assez épaisse, bien pétrir et ajouter encore un peu d'eau jusqu'à ce que la pâte- devienne souple. Laisser reposer 2 à 3 heures après l'avoir couverte d'un linge humide, puis pétrir à nouveau. Former de petites boules de pâte de la grosseur d'un neuf et les abaisser au rouleau sur une planche farinée, de manièré à obtenir une sorte de galette de la grandeur d'une assiette. Dans une poêle bien chaude, faire revenir ces galettes environ 15 secondes de chaque côté, jusqu'à ce que des taches brunes apparais­sent. Placer ensuite un couvercle sur la poêle et faire revenir encore des deux côtés jusqu'à ce que des bulles d'air se forment. Les chapati se servent très chauds, beurrés sur une face. (On peut les envelopper d'un linge pour les garder au chaud et les empêcher de sécher.)

Les aliments de base de la cuisine indienne sont le riz, les chapati, le yaourt et le curry. Le terme de curry (cari) ne s'emploie pas seulement pour désigner ce mélange de plusieurs épices que l'on prépare au jour le jour et qui s'intègre à tous les mets ; il désigne également une sorte de ragoût à base de légumes, de viande ou de poisson.

Bien entendu, chaque région a ses spécialités. À Delhi, vous ne manquerez pas de goûter le mughlai biryani : viande d'agneau très tendre ou de poulet marinée dans du yaourt avec des épices et des raisins secs et cuite sur du riz au-dessus d'un lit de braises. Dans tout le nord-ouest de l'Inde la spécialité est le poulet tandoori : les morceaux de poulet ayant macéré dans du yaourt sont badigeonnés d'une sauce rouge épicée au piment puis cuits dans un four en terre, le tandoor ; la viande est tendre et savoureuse.

À Calcutta en revanche, on mange beaucoup de poisson : des poissons d'eau douce pêchés dans le Gange ou du poisson de mer venant du golfe du Bengale. Le dahi machh est un merveilleux curry de poisson au yaourt épicé au curcuma et au gingembre frais. Le beckti est un poisson à chair blanche pêché dans le golfe du Bengale. On le fait mariner dans des épices et cuire à la vapeur dans du lait de coco.

La danse indienne

La danse classique est l'un des modes d'expression artistiques les plus importants de l'Inde. Si l'on en croit la légende, la danse est d'origine divine. La statue que l'on trouve dans tous les foyers indiens est celle de Çiva, père spirituel et roi de la danse, Natari~ia qui, en tant que créateur et destructeur, maintient le monde en équilibre par sa danse cosmique. L'art de la danse indienne se divise en trois groupes : la danse ancestrale, la danse folklorique et la danse classique. Les danses classiques plongent leurs racines dans la danse folklorique mais elles ont évolué suivant des formes d'art raffinées et complexes qui les ont rendues perméables à toutes les classes de la civilisation hindoue : il s'agit du bharata-Natyam, du Kathak, du Manipuri, de l'Orissi et du Katha-kali.

En vertu des textes sacrés, la technique de la danse et son contenu symbolique ont été établis selon des règles très précises. Les sentiments" et les émotions font l'objet d'une analyse approfondie. Le jeu mimique et gestuel, ainsi que les postures sont soumis à des règles bien définies. Il existe des ouvrages didactiques sur l'art de la danse comme par exemple l'Abhin Aya Darpana (IVe au IIe siècle av. J. -C.). Abhin Aya signifie : gestes expressifs et darpana : miroir.

Pour le langage des doigts et des mains (les gestes des mains sont les mudra) l'Abhin Aya indique des mouvements aussi expressifs qu'une parole. Chaque mouvement, chaque geste symbolise un mot, une qualité, un acte, une personne.

 

Un bon danseur peut exécuter entre 500 et 2 000 mudra et quelque 84 positions d'yeux différentes. Il doit travailler pendant 15 ans au moins avec un guru, un maître de danse, avant de pouvoir entrer en scène. On ne peut dissocier la danse indienne de son arrière-plan religieux. Selon la spiritualité indienne, le rythme permet à l'homme de se débarrasser des contraintes matérielles et de s'approcher ainsi du but suprême de la spiritualisation, de la libération ou moksha.

La musique classique

 

On peut considérer que la tradition de la musique indienne remonte à l'époque védique c'est-à-dire aux siècles précédant notre ère. De même que la danse, la musique indienne est liée à la légende de Çiva, qui aurait inventé le rythme et la gamme. Ce qui est sûr, c'est que la musique, indissociable de la danse classique, a toujours été comme celle-ci partie intégrante du culte dans les temples hindous.

La musique indienne n'est pas écrite. Seul le rythme en est fixe. La mélodie n'est pas déterminée par des harmonies ou des accords. Elle dépend entièrement de l'inspiration du musicien qui improvise sur les rythmes.

_____________________________ Musique - Artisanat

Raga et tala. Le raga ou rag est une gamme liée à une mélodie précise. Il existe une grande variété de raga classiques. Ils se différencient les uns des autres en ce que chacun d'eux est associé à des tons précis. Au sein de la gamme de tons ainsi déterminés, le chanteur peut improviser lui-même sa mélodie pendant un spectacle.

Le tala est le rythme qui, en musique, a la même signification que dans le domaine de la danse classique. Sont toujours présents dans la musique indienne les instruments à double percussion, les tabla et les baya, les damaru et les dolak ou encore les grands mridangam de l'Inde du Sud. Les tablistes soutiennent de leurs battements précis et vifs les pas du danseur, les paroles du chanteur qui, au moyen d'un geste ou d'une expression, bhava, doit exprimer en même temps une émotion ou un sentiment, rasa.

La légende prétend que la danse de Çiva était accompagnée par la musique des dieux : la vina (instrument à cordes) de Sarasvatf, la flûte d'Indra, la cimbale frappée par Brahmâ, le chant de Laksmf et le tam-tam des tambours de Vishnu. La musique indienne est une tentative d'identification avec les sons cachés aux tréfonds de l'âme humaine.

Artisanat et art populaire

Tissage, filage et teinture font partie des activités artisanales les plus anciennes de l'Inde. Bien que le pays soit aujourd'hui doté d'une industrie textile entièrement mécanisée, cinq millions d'Indiens travaillent encore avec un métier à bras. Il y a plusieurs siècles déjà, les Indiens vendaient des brocarts et des mousselines sur les marchés asiatique et européen. Leurs saris de soie sont célèbres dans le monde entier. La spécialité du Bengale est le jamdani, mousseline ornée de motifs incrustés dans la trame. Dans l'Assam et le Manipur, on trouve des écharpes de coton. Vârànasi offre de superbes broderies (soie muga) ainsi que le Bengale (kantha) et le P2njàb (broderies de satin phulkari).

 

Les teinturiers indiens éprouvent pour les couleurs une passion et un talent qui n'ont pas leur pareil. Le mouvement des motifs et les harmonies de couleurs sont un régal pour les yeux. Les cotonnades imprimées sont très répandues en Inde.

Les lainages très fins sont tissés avec de la laine appelée pashmina. Le plus précieux de ces lainages est le shatut tissé en poils de chèvre. Les châles en cachemire sont particulièrement célèbres pour leur texture extrêmement fine.

Tapis. Autre forme d'artisanat ancestral en Inde : le tapis à points noués. Le Cachemire et les villes d'Amritsar, Bikaner et Agra sont fameux pour leurs superbes tapis.

Pierres et métaux. La confection de bijoux d'or et d'argent finement décorés et incrustés de diamants, de rubis ou de pierres précieuses est très ancienne en Inde. Les motifs sont propres à chaque région. Les Indiens aiment les objets utilitaires en pierre tels que les consoles murales, les vases, les bougeoirs, les lampadaires en grès, en marbre, en albâtre, en stéatite ou en galet.

Céramique. Les poteries décorées de Gwâlior et Khurja sont de formes très harmonieuses. Celles d'Alwar, en terre, sont tellement fines qu'on les appelle kafhzi (semblables à du papier). Il y a deux sortes de céramique. Celle qui est colorée et peinte avant la cuisson et celle qui est enduite de laque et de motifs peints une fois cuite.

Le travail du bois. Le Cachemire, le Râjasthân et le Gujaraï possèdent chacun leur technique de sculpture sur bois. Les sculptures en noyer du Cachemire sont le résultat d'un travail très complexe et d'un talent incontestable. Les sculpteurs sur bois fabriquent notam­ment des paravents, des tables, de petits coffres et des cadres.

Le papier mâché. Le Cachemire est célèbre pour ses boîtes, plateaux, bougeoirs et écuelles en papier mâché, artisanat d'origine persane.

Ivoire. Beaucoup d'objets prétendus en ivoire sont sculptés, tout simplement dans de l'os de chameau. Mieux vaux renoncer à acheter de l'ivoire, d'autant plus que son importation est interdite en Europe et peut faire l'objet de très lourdes amendes.

 

Delhi (6 millions d’hab)

DELHI, redevenue capitale des Indes en 1911, comprend l'ancienne ville, avec ses quartiers orientaux, ses mos­quées, ses temples et ses bazars, et New Delhi (la Nouvelle-Delhi) aménagée en cité-jardin selon un plan rigoureux, entre 1920 et 1930. En venant de l'aéroport, vous pénétrez d'abord dans New Delhi, grande ville moderne où siège~~ le gouvernement.

Les larges avenues, à plusieurs voies, prévues sans doute pour un trafic intense, s'étendent sur des kilomètres. Cependant, si on la compare à d'autres grandes villes comme Singapour ou Bangkok, cette métropole indienne revêt un caractère plus provincial.

Les quartiers animés sont tellement éloignés les uns des autres que nulle part on ne retrouve l'atmosphère bouillonnante qui caractérise les grands centres urbains. Le caractère touristique de Delhi provient en fait de son histoire mouvementée.

 

Histoire d'une capitale

La ville entre de plain-pied dans l'histoire avec l'invasion musul­mane en 1192. Les gouverneurs installés par les Afghans prirent leur indépendance dès 1206 et firent de Delhi leur capitale. Cinq dynasties afghanes s'y succédèrent jusqu'à la conquête moghole (1526).

Chacune de ces dynasties dota son palais ~'un mur d'enceinte autour duquel une ville se déve­loppa. La sixième de ces anciennes cités fut bâtie sous le règne dé Sher Ch-ah qui, pour une courte période, chassa les Moghols hors de l'Inde (1538-1555).

Les dynasties mogholes suivantes transférèrent leur résidence en d'autres lieux. C'est seulement en 1648 que Chah Jahân décida de revenir de Delhi et fit bâtir le fort Rouge autour duquel se forma la septième capitale, l'actuelle Delhi. Dès lors, les Moghols régnèrent jus­qu'en 1858.

C'est d'abord depuis Calcutta que les Anglais tracèrent le destin de leur empire colonial. Il fallut atten­dre 1911 pour que Delhi redevînt la capitale de l'Inde.

Curiosités de Delhi

Delhi n'est pas seulement le point de départ idéal pour la conquête touristique de l'Inde du Nord ; elle présente elle-même de nombreuses curiosités que l'on peut, pour sim­plifier, répartir en quatre groupes

1. La vieille ville avec le fort Rouge et la Grande Mosquée,

2. le quartier sud avec le minaret de la Victoire, Qutb Minar,

3. l'est de New Delhi avec le tombeau de Humâyün et la mosquée Sher Chan et enfin,

4. le centre de New Delhi avec les bâtiments administratifs et le temple Laksmi Narâyànn.

 

La vieille ville

Le fort Rouge. Ceint d'une puis­sante muraille de grès rouge, le palais édifié entre 1639 et 1648 par l'empereur moghol Chah Jahàn, est l'un des édifices les plus impression­nants de la ville.

Juste derrière la porte de Lahore, où s'agglutinent aujourd'hui les marchands de souvenirs qui propo­sent tous les produits de l'artisanat indien, il y avait autrefois les bazars et les logements des domestiques et des soldats.

Au-delà du pavillon de Musique, dans lequel on accueillait l'empe­reur avec force tambours et fanfa­res, commençait le domaine « semi­public » auquel le peuple n'avait accès qu'en de rares occasions.

Le hall des audiences publiques (Diwan-i-Am)domine la vaste place située derrière le pavillon de Musi­que. Lors des audiences, l'empereur siégeait sous un dais de marbre adossé au mur postérieur du hall. On remarquera sur ce mur les super­bes incrustations de pierres impor­tées de Florence, qui représentent entre autres, Orphée jouant de la lyre pour les animaux.

Derrière la salle d'audience se trouvent les palais de la famille impériale. Vers la droite, en partant du côté sud, on parvient au pavillon des Princesses (Mumtaz Mahal), d'allure très simple. Il renferme aujourd'hui un musée.

Plus au nord, à la hauteur du palais des audiences, s'élève le palais multicolore (Rang Mahal)

C'était en 1526, année effroyable s'il en fût. L'armée du sultan de Delhi, forte de 100 000 hommes et d'un millier d'éléphants, se mit en marche contre les 10 000 Afghans qui pénétraient en Inde. La victoire des Indiens semblait certaine ; pourtant 20 000 d'entre eux restèrent sur' le champ de bataille de Panipat (à 85 km au nord de Delhi) et les autres s'enfuirent blessés ou en proie à la panique : face aux armes à feu de l'ennemi, même les redoutables éléphants de guerre ne faisaient pas le poids. Babur, qui avait conduit l'armée victorieuse était un descendant des Gengis Khan et de Tamerlan. Les Indiens l'appelaient le Moghol. Chassé de son royaume d'origine près de Samarkand, Babur conquit l'Afghânistànn et toute l'Inde du Nord. Son succes­seur Humâyun fut chassé à son tour en 1538 mais il revint peu de temps après, en 1555, grâce à l'appui des troupes persanes et établit définitivement la dynastie moghole. L'armée d'artistes d'hommes de science que Humayun ramena avec lui de son exil en Perse furent aussi, dans le domaine culturel, les précurseurs d'une nouvelle époque. Les successeurs d'Humayun, Akbar (1556-1605), Jahângtr (1605-1627), Chah Jan (1627­1658) et Aurangzeb (1658-1707) étendirent peu à peu leur domi­nation sur l'Afghânistân,' la Birmanie, le Pâkistan et l'Inde. Dans les villes qu'ils choisirent comme résidences, Delhi, Agra, Fatehpnr Ski et Lahore (aujour­d'hui au Pakistan) s'épanouirent les arts et les sciences. Un grand nombre d'édifices prestigieux et de miniatures témoignent aujour­d'hui le luxe démesuré dont s'en­touraient les cours mogholes. Après la mort d'Aurangzeb, d'in­cessantes luttes pour le pouvoir menèrent à la chute de l'empire moghol. Lorsqu'en 1858, les Anglais détrônèrent le dernier souverain moghol, ils ne firent - que porter l'ultime coup mortel à un empire déjà décadent.

 

qui doit son nom aux décorations qui l'ornent et dont les couleurs étaient jadis très vives. On suppose que ce bâtiment était celui des fem­mes de l'empereur.

Au nord encore se trouve le Palais privé de l'empereur (Khas Mahal) qui impressionne avant tout pour les fins treillis de marbre qui recouvrent un canal dont l'eau ser­vait à rafraîchir les palais en été.

Du haut du Musammam Burj, une tour octogonale, l'empereur découvrait une vue superbe sur les rives de la Yamuna sur lesquelles se déroulaient des combats d`élé­phants et des luttes en tout genre.

Le bâtiment suivant est le hall des audiences privées (Diwan-i­Khas) : c'est là que l'empereur con­férait avec ses ministres et ses offi­ciers. Doté d'incrustations en pier­res semi-précieuses, cet édifice est d'une richesse luxuriante. Il renfer­mait jadis le fameux trône des Paons, tout en or, qui fut dérobé par les Perses lorsqu'ils pillèrent Delhi en 1739.

Encore plus loin au nord, se situent les bains, probablement les uniques salles qui n'étaient pas recouvertes de tapis à l'origine, ce qui explique la présence des magni­fiques incrustations de marbre qui ornent le pavement.

À gauche du hammam, dissimulée derrière de hauts murs rouges, s'élève la mosquée de la Perle (Moti ' Masjid), construite sous le règne d'Aurangzeb, dans le style de l'époque moghole tardive.

Près de la mosquée s'étendent les jardins qui, en raison de la destruction des canaux d'irrigation, ont malheureusement perdu tout leur caractère. La cour de l'empe­reur venait se divertir dans ce lieu enchanteur, au milieu d'une végéta­tion tropicale agrémentée de jeux d'eau féeriques.

La Grande Mosquée (Jama Mas­jid). Depuis le fort Rouge, on aper­çoit au loin les élégantes coupoles de marbre et les minarets rouges de la Grande Mosquée, édifiée entre 1650 et 1956. Cet éblouissant monu­ment, dont le charme émane surtout du mariage très réussi entre le grès rouge et le marbre blanc, passe pour être la plus belle mosquée de l'Inde.

 

L’architecture moghole

 

Dans ce vaste pays étranger la minorité au pouvoir ne détenait que quelques positions clef. Les architectes avaient donc pour tâche d'édifier des enceintes for­tifiées pouvant abriter non seule­ment des troupes mais aussi l'ad­ministration et les palais des empereurs. ` La domination moghole apporta une nouvelle vague d'islamisation. - Aussi le second devoir des architectes moghols fut-il de construire des mosquées.

Les musulmans qui régnaient en Inde avant les Moghols s'étaient déjà fait édifier des tombeaux monumentaux. À l'époque moghole, les dépenses engagées pour bâtir des mausolées luxueux atteignirent des sommes farami­neuses. Le tombeau d'Humâyun à Delhi, celui d'Itimad-ud-Daulah et surtout l'incomparable Taj Mahal font partie des monuments les plus imposants du monde. En ce qui concerne le style propre­ ment dit, on distingue trois pha­ses dans l'architecture moghole : au cours de la première phase, on utilise essentiellement du grès rouge. Ce sont les éléments sty­listiques hindouistes qui domi­nent : colonnes polygonales avec des consoles de toit serpentueu­ses et des larmiers s'avançant à l'oblique.

Dans la phase intermédiaire, des éléments propres au style musul­man tels que les coupoles et les arcs brisés s'imposent davan­tage. Les coupoles élancées et pointues sont assises sur de hauts - tambours. Le grès rouge est rem­placé par des matériaux plus nobles comme le marbre et les pierres semi-précieuses. La phase tardive de l'architec­ture moghole- se caractérise par une surabondance d'éléments décoratifs. Les murs et les toits sont ornés d'innombrables peti­tes tours et de pavillons miniatu­res couronnés de coupoles.

 

Du haut des minarets, on découvre une vue réellement impression­nante sur l'enchevêtrement des maisons de la vieille ville et sur ses rues sinueuses peuplées de chars à boeufs, de cyclistes et de piétons qui se côtoient et se bousculent dans un mouvement incessant.

 

Le quartier sud

Ce qu'il y a de plus intéressant à voir dans cette zone, c'est la tour de la Victoire, le Qutb Minar, qui se trouve à quelque 12 km du centre. Vous pouvez combiner l'ex­cursion au Qutb Minar avec la visite des tombeaux des Lodi, du mausolée

de Safdarjang et de l'enceinte de Tarhlakâbâd.

Le Lodi Garden. Vous trouverez dans ce parc les mausolées élevés sous les dynasties des Sayyid et des Lodi. Le tombeau de Sikandar Lodi (1489-1517), qui a été érigé au milieu d'un bassin aujourd'hui assé­ché, est considéré comme l'exemple le plus typique de l'architecture afghane tardive.

La tombe de Safdarjang. Cons­truite au milieu du XVIIIe siècle, c'et la dernière oeuvre moghole de quelque importance à Delhi.

Qutb Minar. Le minaret, haut de 72 m, de la plus ancienne mosquée de Delhi passe pour être la plus belle tour du monde. Qutb-ud-Din­Aibak, premier sultan musulman de l'Inde, fit construire ce monument sur les modèles persans et afghans (Ghazni) au début du XIIIe siècle, comme symbole de la victoire de l'islam sur les infidèles.

Du balcon du Qutb Minar, vous découvrirez les ruines de Lal Kot, la première citadelle musulmane, dont il ne reste que quelques vesti­ges.

La Quwwat-ul-Islam Masjid (mosquée de la « Puissance de l'Is­lam ») située du côté nord du Qutb Minar, a été érigée immédiatement après la conquête musulmane (1192) sur les ruines de plusieurs temples hindous. Des blocs de pierre et des colonnes de style hindou ont servi de matériau pour la construc­tion de la mosquée : on peut les voir encore aujourd'hui sur les colonnades qui entourent la cour du bâtiment. Une fois leur construction achevée, les salles de prière, aujour­d'hui disparues, étaient si peu con­formes au style et à l'atmosphère musulmane que le sultan exigea qu'elles fussent recouvertes d'une fausse façade en arcs brisés demeu­rée intacte.

La colonne de fer inoxydable élevée au centre de la cour est sans doute un trophée de guerre rapporté à Delhi. On ignore son origine.

Le tombeau Iltutmich se trouve le long de la face nord-ouest de la mosquée : il s'agit du monument funéraire du second sultan de Delhi (1211-1236). Cette tombe, aujour­d'hui dépourvue de son dôme, est dit-on, le plus vieux monument funéraire musulman de l'Inde. Ala­i-Minar, impressionnant embryon de minaret, au nord-est de la mos­quée devait être deux fois plus élevé que le Qutb Minar : sa construction ne fut jamais achevée.

Ala-i-Darwasa, le « Grand Por­tail. qui s'ouvre au sud du Qutb Miner fait partie d'un ensemble de bâtiments édifiés au début du XIVe siècle. Cette construction élégante est considérée comme un chef­d'ceuvre de la première époque afghane.                   r

Tarhlakâbâd, immense site archéologique sur lequel se trouvent les ruines de la 3e cité musulmane, est situé 8 km à l'est du Qutb Minar. Les bâtiments abandonnés ayant servi de carrière aux générations suivantes, il ne reste plus de ce vaste ensemble que les remparts, au demeurant fort imposants, édifiés à la hâte au début du XNe siècle, pour faire face à la menace d'une imminente invasion mongole.

Le mausolée de Ghias-ud-Din­Tarh-lâk qui avait fondé la ville en 1320, se dresse de l'autre côté de la route au sein d'une petite forte­resse. Curieusement, ce tombeau doté du premier dôme de marbre qui ait été bâti en Inde, est demeuré absolument intact.

 

L'est de New Delhi

Le tombeau d'Humâynn compte parmi les plus prestigieux monu­ments de l'époque moghole. Ce fut le premier tombeau monumental des dynasties mogholes. Conçu par des architectes étrangers, il se com­

pose d'éléments typiquement per­sans comme par exemple les arcatu­res aveugles en ogive et la coupole reposant sur un tambour assez élevé, mais aussi quelques apports caractéristiques de l'art indo-musul­man, notamment l'association du grès rouge et du marbre blanc. Cet imposant monument renfermait jadis le turban de l'empereur, posé sur un cénotaphe de marbre blanc très sobre. Au-dessus du turban était suspendue son épée. Le tom­beau proprement dit se trouve dans le sous-sol, entouré de ceux des femmes de l'empereur et de plu­sieurs princes.

Purana Qila était la forteresse qui protégeait le palais de la 6e métropole musulmane, habité par Sher Chah, le dernier souverain de la dynastie afghane. Il ne reste que peu de bâtiments à l'intérieur de cette imposante enceinte. Seule la mosquée Sher Chah (1540), l'un des plus beaux joyaux de l'architecture indo-afghane, a résisté à l'usure du temps.

Kotla Fîrüz Châh, la fortification du palais de la 5e métropole musul­mane, date du règne de Firvz Châh Tarhl5.k, c'est-à-dire de la seconde moitié du XIVe siècle. On y voit encore le fût haut de 13 m d'une des colonnes d'Açoka (273-232 av. J.-C.) qui en avait fait élever d'ans tout le pays.

Rai Ghat monument à la mémoire du Mahâtmâ Gândhi, est localisé légèrement au nord-est de la Yamuna. Depuis quelques années, ce site est devenu une sorte de lieu de pèlerinage pour les Indiens.

Le centre de New Delhi

La Rajpath (chemin du Roi),' gigantesque avenue agrémentée d'espaces verts, est le principal axe est-ouest de New Delhi.

L'India Gate, arc de triomphe monumental, élevé à la mémoire des 70 000 soldats indiens tombés pendant la Première Guerre mon­diale, enjambe le Rajpath à son extrémité orientale. À l'opposé se dressent, sur une colline, les princi­paux bâtiments gouvernementaux.

L'édifice dans lequel siège le Pre­mier ministre se trouve dans ce que l'on appelle les Secrétariats.

Ces deux édifices identiques situés de part et d'autre de la rue présentent un harmonieux mélange d'éléments typiques de l'architec­ture moghole et de détails apparte­nant à la Renaissance occidentale que l'architecte britannique Baker affectionnait particulièrement.

Le Rashtrapati Bhavan qui se dresse à l'extrémité du Rajpath était à l'origine la résidence du vice-roi britannique. C'est aujourd'hui celle du président de la République indienne.

Le Parlement, édifice circulaire et plat situé au nord des Secrétariats, abrite les deux chambres de l'As­semblée nationale indienne.

Temple de Laksmi Narâyân. Ce sanctuaire hindou moderne fut fondé en 1940 par la richissime famille d'industriels Birla. Les jours de fête, il y règne une atmosphère tout à fait exotique, en particulier dans les jardins attenants.

Observatoire de Jaï Singh (Jan­tar Matar) non loin de Connaught Circus, dans Parliament Street. Cet observatoire est né en 1725, à l'ini­tiative du mahârâjah de Jaipur, pas­sionné d'astronomie. Il est doté d'instruments astronomiques en pierre qui sont censés permettre des mesures d'une grande précision.

Le National Museum, sur Jan­path, donne un 'aperçu intéressant de la création artistique, depuis les premières civilisations de la vallée de l'Indus (6000 av. J.-C.) jusqu'à l'époque moghole.

Connaught Circus, gigantesque place circulaire d'où partent plu­sieurs avenues en étoile, est le centre des affaires et du commerce de New Delhi.

Dans une rue commerçante pro­che de la place, vous trouverez des spécialités et des produits artisa­naux de toutes les grandes régions de l'Inde.

 

 

Bon a savoir

 

Si vous vous trouvez à Delhi vers le 26 janvier, ne manquez pas la grande parade qui commémore l'établissement de la république (Republic Day). Des groupes de danse folklorique venus de toutes les régions de l'Inde participent à cette parade ; ils sont logés pendant 10 jours dans un camp spécialement aménagé à Delhi. En visitant ce camp, vous aurez une occasion unique de voir réu­nis les folklores de toutes les régions de l'Inde. (Renseigne­ments auprès du Government of India Tourist Office, Janpath 88.)

 

Agra (700 000 hab)

Quiconque ne connaît pas Àgra ne connaît pas le monde », disent les Indiens. Et, de fait, il serait impardonnable de ne pas visiter Agra. Le Taj Mahal - sans aucun doute le plus beau monument funé­raire qui ait jamais été bâti - est le principal attrait de la ville, mais il n'est pas le seul : on peut y voir bien d'autres curiosités telles que le tombeau d'Itimad ed-Daulah, la citadelle des Moghols et aussi - last but not least - Fatehpnr Sïkrt, la ville rouge de l'empereur Moghol Akbar.

Histoire

En 1566, l'empereur Moghol Akbar décida.. de quitter Delhi en compagnie de toute sa cour, pour s'installer à tlgra. Mais manifeste­ment, il regretta quelque peu cette décision, puisque dès 1569 il ordonna la construction de Fatehpùr Sikdrî. Puis il changea à nouveau d'avis et établit sa résidence à Lahore. Enfin, vers la fin de sa vie, il revint à tlgra. Ses successeurs Jahaangîr (1605-1627) et Châ.h Jahân (1628-1658) sous le règne desquels l'empire Moghol atteint son apogée, résidèrent à Âgra et la dotèrent des superbes édifices qui suscitent l'admiration des touristes du monde entier.

 

Curiosités

Taj Mahal. Lorsqu'en 1630 Mum­taz Mahal, seconde épouse de Chah Jahân, mourut en mettant au monde son quatorzième enfant, l'empereur fut si profondément affligé qu'il résolut d'élever à sa mémoire un tombeau plus resplendissant que tout ce qui avait existé jusqu'alors. En 1631, 20 000 ouvriers se mirent à l’œuvre. Vingt-deux ans plus tard, tous les projets de Ch-ah Jahàn n'étaient pas réalisés, mais il fallut interrompre les travaux parce que le coût énorme de la construction avait totalement déséquilibré le budget de l'empire. Pourtant, le monument, tel que le visiteur le voit aujourd'hui, est d'une perfection et d'une beauté inégalables. On est fasciné d'entrée de jeu par le gigan­tesque portail de 30 m de haut, orné de motifs floraux en pierres semi-précieuses et d'inscriptions corani­ques noires incrustées dans du mar­bre blanc, qui énumèrent les 99 noms' d'Allah. Après avoir fran­chi ce portail, au seuil duquel l'em­pereur était accueilli par une fan­fare, on n'a d'yeux que pour le tombeau blanc, resplendissant qui, malgré sa hauteur, égale à celle d'un immeuble de 20 étages, semble planer gracieusement au-dessus des bassins miroitants des jardins. C'est seulement après s'être rapproché du monument que l'on voit, dans le marbre brillant, les précieuses incrustations de lapis-lazuli, de malachite, de jaspe rouge, d'agates de toutes couleurs et de nacre argen­tée.

Les décors floraux qui ornent l'in­térieur du mausolée, d'une finesse et d'une facture toute particulière, ont inspiré des générations d'artis­tes qui, aujourd'hui encore, produi­sent d'innombrables imitations. Le plus grand des cénotaphes est dédié à Chàh Jahân, le plus petit à l'impé­ratrice. Les tombeaux proprement dits se trouvent dans le sous-sol de l'édifice.

 

 

Bon a savoir

Le Taj Mahal est d'une singulière beauté par une nuit de pleine lune : de toutes parts on voit scintiller les pierres précieuses et semi-précieuses qui ornent l'édifice.

Le fort. À de rares exceptions près, tous le$ palais du fort qui existent encore de nos jours, remon­tent à l'époque de Jahàngir et de Chàh Jahàn.

Le palais de Jahângir (Jahângir Mahal) d'un rouge lumineux, situé immédiatement à droite de l'entrée, développe une façade superbe. Le style, riche en éléments architectu­raux hindous, donne à penser que le palais date du règne d'Akbar.

Si l'on se dirige vers la gauche, du côté du palais qui jouxte le fleuve, on parvient à une cour entourée de plusieurs bâtiments de marbre.

Le Khas Mahal, palais édifié en bordure du fleuve, renferme les appartements privés de Chàh Jahàn. Les deux pavillons dotés de toitures dorées étaient vraisembla­blement habités par les deux filles de l'empereur. L'étage inférieur et les autres bâtiments devaient être les appartements des autres femmes du harem.

Diwan-i-Khas. Ce palais sis du côté nord de la cour servait aux audiences privées. C'est le plus somptueux de tous les édifices du fort.

La tour du Jasmin (Jessamine Burj) qui s'élève du côté du palais ouvert sur le fleuve, est entièrement parée de marqueterie. C'est dans cette tour que Chàh Jahan fut retenu prisonnier par son fils Aurangzeb, pendant les dernières années de sa vie. Pour se consoler, l'empereur n'avait plus que la vue magnifique sur la Yamunà et le mausolée de son épouse bien-aimée, le Taj Mahal.

La cour des Poissons (Machi Bhavan) qui jouxte le palais du côté nord doit son nom aux poissons rares que l'on élevait jadis dans des bassins. Le trône noir monolithique placé sur la terrasse du côté du fleuve a été taillé dans une météo­rite tombée dans les environs -de Allàhàbàd.

Le hall des audiences publiques (Diwan-i-Am) situé du côté gauche de la cour est beaucoup moins impressionnant que celui de Delhi. Du côté nord se trouvent les bains en grande partie détruits, et la petite mosquée des Bijoux (Nagina Masjid), dans laquelle les femmes se réunissaient pour la prière.

On dit que l'empereur et sa femme fréquentaient souvent le bazar (Minar Bazar) de la cour sui­vante, pour y admirer les bijoux dont les marchands rusés paraient les plus belles jeunes filles ; leur stratagème réussissait au-delà de leurs espérances : l'impératrice se voyait offrir un bijou par l'empereur qui, pour sa part, emmenait la jeune fille dans son harem.

La mosquée de la Perle (Moti Masjid), qui s'élève derrière le bazar, passe pour la plus grande mosquée de marbre du monde. Les salles de prière, la cour et les arca­des sont entièrement revêtues de bandeaux de marbre blanc et gris. Cette mosquée fut construite entre 1647 et 1655.

Mausolée d'Itimad-ed-Daulah. L'empereur Jahàngtr fit assassiner un Afghan employé à la cour moghole, parce qu'il convoitait sa femme. Pour mettre celle-ci en con­fiance, il nomma son père grand­vizir et lui donna le titre honorifique d'Itimad ed-Daulah, « pilier du royaume ».

Le mausolée bâti entre 1622 et 1628, avec ses marqueteries qui rappellent les motifs des tapis orien­taux et ses balustrades fines comme de la dentelle, est l'un des chefs­d'oeuvre architecturaux de l'Inde.

 

Excursions au mausolée d'Akbar à Sikandra (9 km)

Le mausolée du plus grand empe­reur moghol se dresse au milieu d'un site de quelque 60 ha, sur la route de Delhi. En dépit de ses proportions gigantesques, ce monu­ment, commencé du vivant de l'em­pereur, ne se classe, artistiquement parlant, qu'au second rang parmi les chefs-d'oeuvre de l'architecture moghole. Ainsi, les portails monu­

mentaux n'ont pas l'harmonie d'autres édifices moghols.

Fatehpur sikri

Naissance de la ville

Sur un plateau couvert de jungle des monts Sik t vivait, au XVIe siècle, Salem Chishti, un saint qui avait prédit à l'empereur Akbar, la naissance d'un fils. Cette prédiction s'étant réalisée, Akbar décida de fonder une ville sur ce lieu « porte­bonheur». Les travaux commencè­rent en 1569 et cinq ans plus tard, la ville était en grande partie achevée. Cependant, en raison du manque d'eau, la cité ne pouvait abriter une population trop importante. Aussi l'empereur décida-t-il, en 1585, que tous les habitants iraient s'installer à Lahore. Les palais et les maisons furent abandonnés, le lac artificiel se dessécha et, peu à peu, la jungle envahit le site. C'est ainsi que nous avons sous les yeux une villes moghole intacte.

 

Palais et mosquée

La zone des palais. Une vaste avant-cour (Diwan-i-Am) entourée d'un portique, dans laquelle l'empe­reur tenait ses audiences publiques, donne accès à la cour du Pachisi qui doit son nom à une sorte de jeu d'échecs. Les pions étaient des personnages vivants, généralement des jeunes filles esclaves que l'on déplaçait sur l'échiquier encastré dans le pavement, au milieu de la cour.

Le pavillon des audiences privées (Diwan-i-Khas), élevé sur le côté nord de la cour du Pachisi, est un des édifices les plus remarquables de la zone des palais. Le trône de l'empereur était installé sur une plate-forme, au centre du pavillon. Autour de lui étaient assis les minis­tres et les érudits, avec lesquels l'empereur aimait à s'entretenir de questions intéressant la religion.

Panch Mahal : située à l'ouest de la cour du Pachisi, cette construc­tion de cinq étages, entièrement ouverts, était probablement le lieu préféré des femmes de la cour car, de là, elles pouvaient observer tout ce qui se passait dans les différentes cours du palais.

 

Le pavillon de la sultane turque, sis du côté sud de la cour du Pachisi, doté de magnifiques décorations murales, est l'un des plus beaux édifices de l'ensemble palatial.

Le pavillon privé de l'empereur (Khas Mahal) se trouvait dans un bâtiment qui ne paye plus guère de mine aujourd'hui, derrière le bassin d'élevage carré.

La maison de Miriam que l'on découvre dans la cour adjacente, du côté ouest, était habitée par l'une des favorites d'Akbar. Les fresques et les ornements dorés qui ornaient les murs ont presque totalement disparu.

Palais de Jodh Bai : c'est le plus ancien et le plus imposant de la zone des palais. On ne sait pas exactement à quel usage il était destiné, mais on suppose qu'il abrita la famille impériale pendant la cons­truction des autres bâtiments.

Le palais de Raja Birbal, l'un des seuls édifices fermés de la ville, fut muni de doubles cloisons et de coupoles destinées à assurer une meilleure climatisation. Depuis le balcon, on découvre vers le nord l'ancien lac de retenue et le Hiran Minar, une tour haute de 21 m ornée de défenses d'éléphant. Cette tour fut édifiée à l'endroit où Akbar avait fait ensevelir son éléphant préféré.

La Grande Mosquée. Légèrement au sud de la zone des palais s'élève la Grande Mosquée édifiée par Akbar. Elle comprend deux cons­tructions superbes :

le tombeau de Salem Chishti attire aujourd'hui encore de nom­breux pèlerins, qui, comme le fit jadis Akbar lui-même, viennent chercher auprès du grand saint la grâce qui leur donnera des enfants. Ce qu'il y a de plus remarquable dans cet édifice de marbre, ce sont les consoles serpentueuses qui tra Adorateur du Soleil à Varanasi

hissent le style du Gujarât, c'est également le treillis des fenêtres, d'une finesse extraordinaire.

La porte de la Victoire (Burland Darwaza), du côté sud, est haute de 41 m (54 m avec l'escalier) : on dit que c'est la porte la plus haute d'Asie.

 

entre ..Delhi et le Cachemire

DANS les plaines fertiles et très peuplées situées au pied de l'Hima-laya, deux points forts attirent les touristes : le centre culturel et religieux d'Amritsar et la ville moderne de Chandigârh. Nous parlerons aussi de Simla, un rendez-vous des amoureux de la nature, perché sur les premiers contreforts du massif montagneux.

Amristar ( 500 000 hab)

Cette ville située à quelques kilo­mètres de la frontière indo-pakista­naise est la métropole religieuse des

sikhs qui, avec leurs longues barbes noires et leurs turbans de couleur, donnent un cachet inimitable aux étroites ruelles du bazar.

Le Grand Temple (Hari Mandir), situé au centre de la ville, comprend plusieurs bâtiments regroupés autour du bassin sacré. Dans l'eau dansent les reflets du temple d'Or datant du XVIIe siècle, dans lequel des vieux musiciens jouent et chan­

tent jour et nuit. De temps à autre, un prêtre lit à haute voix des versets du Livre sacré », base de la foi des i disciples ».

 

chandgarh (300 000 hab)

Cette ville nouvelle, capitale du Pànjâb, le pays des cinq fleuves, a été entièrement conçue sur les planches à dessins. Les principaux bâtiments ont été réalisés sous la direction de Le Corbusier, entre 1952 et 1963.

Les édifices les plus intéressants se trouvent dans le quartier univer­sitaire et dans le nord de la ville, sur la place des Trois Empires. Le Secrétariat, l'Assembly Hall qui contient deux salles de réunion pour le Parlement, et le siège de la Haute Cour de Justice.

Simla (60 000 hab)

 

Étirée sur le dos d'une montagne au milieu d'une épaisse forêt de

pins, la capitale de l'État himalayen de l'Himâchal Pradesh était, à l'épo­que coloniale, la résidence d'été des vice-rois britanniques. Ce qui rend le site attrayant, c'est qu'il tient à la fois de la petite ville du sud de l'Angleterre et du bazar indien, et se déploie au milieu d'un paysage merveilleux. On ne saurait trop recommander une promenade d'en­viron une demi-heure au mont Jakko, sur lequel se dresse un petit temple peuplé d'une colonie de sin­ges.

Excursions dans la vallée de Kulu

La traversée de la vallée creusée par le cours supérieur de la Beas est enchanteresse.

Kulu (192 km de Simla, altitude 1 219 m), principale ville de la val­lée, mérite une visite, en particulier au moment du festival folklorique de Dusshera qui a lieu à l'automne. Pour ceux qui aiment marcher, les buts de promenade ne manquent pas, qu'ils soient proches ou loin­tains ; on peut citer, par exemple, le temple de Çiva (Bijli Mahadev,> Temple) situé sur une colline proche de Kulu. On pourra y admirer non seulement l'extraordinaire travail des tailleurs de pierre, mais aussi le panorama merveilleux.

Manali (268 km, alt. 1 820 m), d'où l'on découvre de splendides paysages, est le lieu de villégiature favori de l'élite indienne.

 

Le cachemire

 

Telle une émeraude au milieu du collier de perles de l'Himalaya, s'étend la gracieuse. vallée du Cachemire dont la métropole, la ravissante Srinagar, est toute proche du seuil de l'Asie centrale. Cette vallée fait partie de l'État de Jammu-et-Cachemire, qui, avec une superficie de 225 000 km2, comprend aussi, au nord-est, le Ladakh, le « pays des lamas » que l'on nomme parfois aussi le « Petit Tibet » .

Le Cachemire est en quelque sorte le point de rencontre de plusieurs millénaires, le berceau de trois grandes civilisations : la civilisation hindoue (surtout au Jammu), la civilisation musulmane (dans la vallée de Srinagar) et la civilisation bouddhique (au Ladsa-kh). Toutes sont encore bien vivantes dans cette région elles coexistent de façon exemplaire. Les conflits politiques qui surviennent de temps à autre ont leurs origines dans le partage du sous-continent entre l'Union indienne et le P-akistân, en 1947 : le Cachemire fut lui aussi séparé en deux : sa belle vallée fertile demeura en territoire indien, tandis que l'Azad (« Libre » Cachemire), terre désolée et inculte, fut rattachée au Pakistan.

56

À l'époque de l'empereur Açoka, le Cachemire faisait déjà partie de l'Inde. De la vallée de Srinagar, devant laquelle l'empereur Jahângtr se serait écrié : « S'il existe un paradis sur la Terre, il est ici ! » les Grands Moghols firent leur résidence d'été. C'est de cette époque que datent les ravissants jardins aménagés avec art et raffinement, avec leurs terrasses fleuries, leurs jets d'eau et leurs pavillons dissimulés dans la verdure.

 

Srinagar alt 1700 m,400000 hab)

Sise dans une région de lacs au sein de la vallée du Cachemire, cette ancienne résidence impériale, appelée parfois la « Venise de l'Asie », occupe une rive du fleuve Jhelum enjambé ici par des ponts de construction récente. À Srinagar, on ne descend pas dans un hôtel: on loue l'un de ces house-boats (maisons flottantes), très spacieux et bien aménagés, qui sont ancrés sur les rives des lacs Dal et Nagin. Le matin et le soir, les marchands ambulants viennent vous proposer « à domicile » leurs victuailles.

Pour parcourir de petites distan­ces, vous pourrez emprunter un shikara (petite embarcation couverte d'un auvent). C'est là le meil­leur moyen de voir la ville dotée de nombreuses mosquées de bois

construites dans le style très parti­culier du Cachemire.

 

 

Curiosités

Le Hari Parbhat, forteresse éle­vée sur une colline sous le règne de l'empereur Akbar.

La Mosquée Shah Hamdam, édi­fice en bois ne comportants pas un seul clou, commencé au XIVe siècle, s'élève sur une rive de la Jhelum, au coeur de la ville. Sa tour pointue, caractéristique du style du pays, fait songer à une pagode.

La Jama Masjid, la plus grande mosquée de Srinagar, située non loin du 4e pont, fut édifiée au XIIIe siècle. Trois fois incendiée, elle fdt rebâtie en 1655, sous le règne de l'empereur moghol Aurangzeb.

Pathar Masjid, mosquée de pierre du XVIe siècle.

La mosquée Hazrat Bal, au bord du lac Nagin, renferme une relique précieuse : un cheveu du Prophète.

Le temple Shankaracharya, élevé sur une colline à 400 m au­dessus de la ville, fut bâti au Vie

 

siècle sur les ruines d'un sanctuaire bouddhique.

Le temple de Pandrethan, à 6 km au sud-est de Srinagar, date du IXe siècle. Construit dans le plus pur style du Cachemire, il est dédié à Çiva.

Les jardins moghols, à environ 8 à 15 km de Srinagar. Il y a trois jardins à visiter : Nishat Bagh, Chashma Shahi et Shalimar Bagh.

 

Excursiond dans les environs de Srinagar

Gulmarg, La Prairie des fleurs . (2 600 m ah.), 38 km à l'ouest de Srinagar. Station de sports d'hiver

et climatique très appréciée, Gul­marg possède le meilleur terrain de golf de toute l'Asie. Possibilités de randonnées équestres ou pédes­tres ; par beau temps, très belle vue sur le Nanga Parbat (7 980 m).

Pahalgam (2 200 m), 100 km à l'est, est un point de départ pour des promenades et des marches en montagne (trekking). De là, on atteint aussi la grotte d'Amarnath, lieu de pèlerinages.

Sonamarg (alt. 2 600 m), à 82 km au nord-est, surplombant la vallée du Sindh, est un point de départ pour des excursions dans l'Hi­malaya.

 

Le Ladakh

Pour un quart de l'humanité - 500 millions d'hindous et 550 millions de bouddhistes - l'Hima-laya est plus qu'une barrière naturelle : c'est le symbole de tout ce qui transcende l'homme, de tout ce qui le relativise. Pour les hindous, l'Hima-laya est l'incarnation et l'antre de leurs divinités, le refuge dans lequel les princes sont venus mettre à l'abri leur héritage culturel, qui a ainsi survécu jusqu'à notre époque. Quant­aux bouddhistes, ils vénèrent dans l'Himalaya le lieu de naissance de leur grand maître Gautama Bouddha.

L'histoire du Ladâkh se perd dans la légende, mais l'on peut affirmer, avec certitude, que le bouddhisme s'y propagea avant lé règne de l'empereur Açoka (272-231 av. J.-C.). Au Ne ou au début du Ille siècle, déjà, le roi Surrendra veillait aux destinées de la vallée du Cachemire et du Lada-kh attenant selon les enseignements de Bouddha.

Le Lada-kh ne s'ouvrit aux étrangers qu'en 1974.

 

 

Sur la route de Leh

Le voyage que vous ferez pour vous rendre au Ladâkh est une extraordinaire expédition à travers le haut Himâlaya. Les agences de voyage spécialisées dans les expédi­tions au Ladakh font en sorte d'assu­rer à leurs clients un certain confort, mais pour suivre le parcours de Srinagar à Leh (430 km), ces der­niers doivent faire preuve d'un esprit aventureux.

De juin à octobre, la route cons­truite par les soldats indiens est praticable ; en dehors de cette période, elle est couverte d'une épaisse couche de neige. Pour aller jusqu'à Leh, il faut compter 2 à 3 jours de voyage.

L'itinéraire passe par le Zoji-La (col de Zoji) à 3 500 m d'altitude, qui se trouve déjà au Ladâkh, et mène à Dras, l'un des endroits les plus froids du monde, puis à Kargil, deuxième ville du Ladâkh qui compte 2 900 habitants, musulmans chiites pour la plupart.

Grâce à un système d'irrigation artificielle, Kargil a tout d'une oasis. À une trentaine de kilomètres de Kargil, on parvient à Mulbekh, où l'on découvre les premières cons­tructions bouddhiques et l'immense statue en pierre de Maitreya, le

Boudha du Futur » qui daterait du Vle siècle ap. J.-C. Après avoir passé la Fatu-La, à 4 100 m d'altitude, puis Lamayuru et Saspol, on arrive enfin à Leh.

Leh (3600m 10 500 hab)

 

Un spectacle si Srinagar. ngulier accueille les voyageurs aériens : la capitale du Lada_kh est cernée d'une chaîne de collines aussi dépouillées qu'un paysage lunaire. Au-dessus d'elles, les cimes himalayennes, aux neiges éternelles, dépassent 8 000 m d'al­titude. Autour de la cuvette de l'aéroport, on ne voit aucune végé­tation hormis quelques minuscules points verts, où les soldats de l'ar­mée indienne ont réussi à cultiver des légumes et à planter quelques arbres.

Telle une écrasante forteresse, le palais royal, construction de style tibétain en pisé de huit étages, domine la cité. En contrebas, se trouve un chorten, vaste sanctuaire bouddhique, et une petite mosquée, témoin de la tolérance religieuse propre à la civilisation himalayenne.

Leh s'enorgueillit d'un passé prestigieux. Elle fut jadis une impor­tante étape pour les caravanes venues de la Chine et du Tibet. Leh se trouvait en effet sur la fameuse route de la soie. Depuis que la Chine a envahi leur pays, les Tibétains ne viennent plus au Ladàkh et, sur les marchés de Leh, on ne voit aujourd'hui que des Ladâkhi, coiffés de leurs larges bicornes, et des touristes européens.

Excursions

dans les environs de Leh

Monastère de Spituk (non loin de l'aéroport) : bâti au Xle siècle par la secte des Kadam-Pa (Bonnets rouges), ce monastère fut restauré au XVe siècle par le roi Bum-Lde et cédé par la suite aux Gelong-Pa (Bonnets jaunes), ordre fondé par Tsong-Kha-Pa au XVe siècle. Son abbé, Kushok Bakula, est le plus grand dignitaire religieux du Ladâkh.

Monastère d'Alchi (près de Sas­po1, 60 km à l'ouest de Leh) : il date du Xle siècle et fait partie des plus beaux joyaux architecturaux du Ladakh. Le monastère comprend six temples : le Lkakhang Soma orné de fresques représentant la vie de Bouddha, le Sum Stag, temple de trois étages qui renferme des mandala et trois statues géantes de Vajrapani (jaune), Manjusri (rouge), et Tchen Rezig (Avalokiteshvara), le Nampar Nang, avec sa statue de Vairoçana et ses peintures murales représentant la famille royale, le Lotsava Chokhang, qui renferme une statue de Rinchen-Zang-Po, le Jam Yang Khang avec ses cinq gigantesques statues de Bouddha et enfin le dernier temple orné de fresques relatant des événements historiques.

Monastère de Lamayuru (90 km à l'ouest de Leh) : perché sur des rochers aux formes étranges, ce monastère est l'un des plus anciens du Ladàkh et abrite de précieuses euvres d'art : des statues d'Avalo­kiteshvara et de nombreux maîtres du bouddhisme ainsi que des repro­ductions effrayantes de divinités protectrices.

Monastère de Hemis(32 km au sud de Leh) : le plus célèbre et le plus riche des monastères du Làdakh. Il appartient à l'ordre des Bonnets rouges et fut construit au début du XVIIe siècle. On remar­quera des fresques tantriques, de colossales statues du Bouddha Ç-akyamuni et des tanka d'une beauté rare.

Dans une chambre secrète sont conservés les masques que revêtent les moines lors des danses sacrées organisées pour célébrer la nais­sance de Padma-Sambhava (le festi­val de Hemis a lieu à la fin du mois de juin).

Sur la route qui mène à Hemis, on peut voir le monastère de Shey, avec une statue de Bouddha haute de 12 m, et celui de Thiksé, qui comprend cinq temples.

Enfin, mentionnons d'autres monastères qui méritent une visite Shankar, au nord de Leh, que l'on peut rejoindre à pied et, dans la vallée de l'Indus, Phyang (à 20 km), qui date du XVIe siècle et possède de belles statues ainsi que des tanka et des fresques, Stakna 23 km), doté d'une somptueuse bibliothè­que, Bazgo (36 km), Likir (52 km) et le palais royal de Stok (12 km).

 

Le Rajasthan pays des maharadjahs

 

ANS l'État indien du Râjasthân, qui s'étend sur 342 000 km2, vivent 26 à 30 millions d'hommes. Les monts Aravalli séparent le pays en deux parties : la plus grande, au nord-ouest, est formée par le désert de Thar,

la plus petite, au sud-est, est un bassin fertile couvert par endroits de collines boisées et de jungle.

Les Râjputs

Le Râjputâna ou Râjasthân est le pays des Râjputs, cette noblesse terrienne et d'épée qui surgit brus­quement dans le nord-ouest et le centre de l'Inde au Vile siècle, et s'imposa comme une nouvelle caste de guerriers. Nul ne connaissait l'origine de ces raja--putra (raja roi, putra - fils).

Mais là où les documents histori­ques font défaut, la légende nous

vient en aide. Chacun des clans râjputs, et ils étaient nombreux, a sa propre légende. Ainsi, les Siso dia, les Rathors et les Kuchchwaha, qui détiennent les États princiers d'Udaipur, Jaipur, Jodhpur et BYica­ner, prétendent-ils descendre des héros des épopées populaires du

Mahâbhârata et du Riimâyana,

c'est-à-dire du Soleil. Les Jadons et les Bhatis de Karauli et Jaisalmer se réclament de la Lune. Parmi les

 

« Descendants du Feu », qui font remonter leur généalogie à la Famille du Feu divin, on compte de grandes dynasties telles que celle des Chalukya ou Solanki qui régnè­rent dans le Deccan mais aussi les Chauhan établis jadis à Delhi et à Ajmer. Les Râjputs étaient répartis en clans autoritaires qui, depuis leurs forteresses quasi imprenables, étendirent leur hégémonie sur une grande partie du pays. Individuelle. ment, ils étaient fiers et peu enclins aux compromis, et guerroyaient constamment, ce qui ne les empê­chait pas de traiter ennemis et femmes de façon très courtoise.

Si l'on en juge par les miniatures anciennes, qui ont rendu les Râjas­thân célèbre dans le monde entier, la gente féminine des Râjputs était d'une beauté très délicate. Aussi est-il parfois difficile de croire aux récits faisant état de leur héroïsme et de leur macabre disposition aux sacrifices. Inlassablement, les fem­mes râjputs devaient prouver que leur honneur s'appelait liberté, et que celle-ci leur était plus chère que leur vie. Si un fort se trouvait encerclé par l'ennemi et qu'il ne leur restait plus aucune issue, les femmes et les enfants se livraient à ce rite cruel que l'on nomme jau­har, c'est-à-dire qu'ils se jetaient dans le feu, tandis que les hommes revêtaient leur tenue de fête couleur safran et, sortant du fort en brandis­sant leur épée,, couraient à une mort certaine.

Les Râjputs n'ont pas laissé à la postérité leur seule réputation de guerriers : dans les forts, les palais et les temples qu'ils firent édifier, ils ont manifesté une partie de leur force créatrice et un sens indéniable de la beauté et de l'harmonie. Issus d'un métissage culturel, les Râjputs ont assimilé l'héritage des hindous, ainsi que celui des tribus autochto­nes et des conquérants étrangers. La formation de la société râjput s'est intensifiée lorsqu'ils ont dû faire face à l'envahisseur musul­man. Ce contact avec l'ennemi a provoqué un regain d'intérêt pour l'héritage spirituel de l'hindouisme et du jaïnisme, dont les adeptes vivent aujourd'hui essentiellement au Râjasthân et au Gujarât.

Les nombreux temples jaïns d'une beauté imposante, tels que ceux de Jaisalmer, Mount Abu et Ranakpur, témoignent de l'importance que les jaïns de cette région accordaient à la vie sociale, culturelle et religieuse. L'école râjput antérieure à l'époque moghole peut être considérée comme un aspect important de la culture hindoue, qui, passé le pre­mier choc que lui infligea l'arrivée de l'Islam, connut un nouvel essor. Bientôt, l'école râjput - son archi­tecture, sa sculpture et son art de la miniature - devait étendre son influence au-delà du Râjputâna, jus­qu'en Inde centrale et dans l'Hi­malaya. Son rayonnement sur l'art moghol sous le règne des empereurs Akbar et Jahângfr ainsi que sur les États des Mahrattes et le Pànjâb sous le règne des sikhs aux XVfe et XIXe siècles, est loin d'être négli­geable. Enfin, c'est à leur initiative, encouragée par les Britanniques, que se produisit, vers la fin du XIXe siècle un renouveau dans l'architec­ture indienne.

Les édifices modernes de style râjput sont assez courants, ainsi l'hôtel Açoka, à Delhi.

 

Les résidences des maharajahs et les temples

Dans toutes les anciennes métro­poles des États princiers râjputs, les palais, les forteresses et les chhatri (tombeaux) rappellent le luxe dont s'entouraient les mahârâjahs. Leurs principales résidences, Jaipur, Jodhpur et Udaipur sont accessibles en avion.

Mais ce sont justement les sites les plus impressionnants du Râjasthân, comme le temple jain du mont Abu et la merveilleuse ville du désert, Jaisalmer, qui exigent de longs tra­jets par la route. De plus, les hôtels que vous y trouverez ne répondent qu'à des exigences très modestes. Mais ce voyage a aussi ses avanta­ges : vous verrez des huttes aux toits de chaume dans des villages isolés du monde, des acacias pous­sant dans les sables du désert, des femmes aux vêtements colorés allant puiser de l'eau, des euphor­bes accrochant leur racines à de maigres rochers, des chameaux actionnant des roues à eau. Toutes ces images, toutes ces petites scènes auxquelles vous assisterez au bord de la route font de ce parcours une expérience inoubliable.

 

Alwar (100 000 hab)

C'est le Râjput Pratap Singh qui fonda en 1771 l'État indépendant d'Alwar. Il fit édifier son palais (City Palace) au pied d'un piton escarpé, à côté d'un lac artificiel. L'étage supérieur de ce palais a 'été aménagé en musée, ,lequel renferme de très belles armes, des miniatures râjput et d'admirables livres enluminés.

Autour du lac sont disséminés des pavillons dotés de dômes et de toits bengalis. Le plus beau de ces bâtiments est le mausolée de Râja Bakhtawar Singh (1781-1815).

Près du lac de Siliserh, à 13 km d'Alwar, vous pourrez voir quelques chhatri et l'ancien palais d'été du raja.

 

Jaipur (700 000 hab)

La capitale du Râjasthân, État fondé après l'indépendance de l'Inde, est une ville jeune. Le ma­harajah Jai Singh B (1699-1744),

astronome et architecte de génie, qui résidait à Amber, décida en 1727 d'offrir à son royaume une nouvelle capitale, qui devait porter son nom. Astrologues et architectes se mirent à l'oeuvre et, peu de temps après, toute la cour put s'ins­taller dans la nouvelle ville ; selon le voeu du maharajah, toutes les maisons étaient peintes en rose.

La Pink City (ville rose) est aujourd'hui encore l'une des plus originales de l'Inde.

Principaux monuments

Le palais du Vent (Hawa Mahal). Ce palais est le plus bizarre de tous les bâtiments roses de la cité. La façade présente une multitude de loges en saillie coiffées de demi­dômes et de toits bengalis. Les « étages » supérieurs se composent de la seule façade derrière laquelle s'étire une galerie. On suppose que les femmes de la cour s'y prome­naient fréquemment, car de là, elles pouvaient observer, sans être vues, le spectacle animé du bazar.

.Jantar Mantar est le plus grand et le mieux conservé des cinq obser­vatoires de pierre que Jai Singh fit construire à Delhi, Mathura, Vaarânasi, Ujjain et Jaipur. Par­mi ses nombreux instruments d'as­tronomie, il en est un qui est parti­culièrement étonnant : un cadran solaire haut de plusieurs étages qui indique l'heure à 2 secondes près !

Le City Palace, qui inclut l'obser­vatoiré, occupe un septième de la superficie de la vieille ville. Ce fut, jusqu'en 1948, la résidence des maharajahs de Jaipur. Les nom­breux bâtiments qui le composent, tous très fastueux, ont été transfor­més en musée. L'importante collec­tion d'armes, de miniatures râjputs et mogholes, de tapis persans, de palanquins superbement ouvragés, d'habits et de meubles de grand luxe, permet d'imaginer l'opulence dans laquelle vivaient les mahara­jahs.

Les chhatri (tombeaux) des maharajahs de Jaipur se trouvent à la périphérie nord de la ville. Le plus remarquable d'entre eux est le mémorial dédié au fondateur de la ville Jai Singh II : il est décoré de motifs représentant des incarna­tions de Vishnu.

Les chhatri des mahârâni se trou­vent au bord de la route qui mène à Delhi. De la terrasse surélevée des pavillons funéraires, on découvre le palais du hammam ; c'est aussi de cette terrasse que les maharajahs partaient à la chasse au canard.

Musée de Jaipur : ce palais cons­truit en 1876 pour accueillir l'héri­tier du trône britannique conserve des manuscrits, des portraits, des sculptures sur bois et ivoire, des tapis et autres objets d'art.

 

Amber

À 11 km au nord de Jaipur, on découvre Amber, ancienne capitale de l'État princier, blottie au pied d'un pic rocheux.

Palais et temple de Vishnu

Le palais d'Amber, perché sur une plate-forme escarpée au-dessus de la ville, est peut-être le plus intéressant du Râjasthân. Vous pourrez laissez votre voiture au par­king, à côté de l'étang, et faire l'ascension sur le dos d'un éléphant superbement caparaçonné, jusqu'à la cour du palais.

Le temple de K lî, dans l'angle sud-ouest, est surtout remarquable pour ses portes ornées de bas-reliefs en argent représentant des légendes relatives à la cruelle déesse Kilt. La cour suivante est particulièrement jolie. Les colonnes surmontées de pittoresques chapiteaux en têtes d'éléphant, soutiennent le toit du hall des audiences publiques

(Diwan-i-Am). La porte de Gansa s'ouvrant dans le mur opposé du hall est agrémentée de très belles peintures ; elle doit son nom aux représentations du dieu-éléphant Gansa surmontant l'entrée.

La porte de Ganesa donne accès à une cour dans laquelle les apparte­ments royaux sont disposés autour d'un petit jardin. Le palan des Miroirs (Sish Mahal) est considéré comme le plus beau du genre dans le,Râjasthân.

'Le temple de Vaishnava (Vishnu) se trouve dans un site en ruines à' l'est de l'ensemble palatial. Dans la gracieuse archivolte en pierre du portail, deux éléphants de la déesse Laksmi saluent le visiteur. De nombreuses scènes de la légende de Vishnu décorent le temple princi­pal et le sanctuaire de Garuda qui le précède.

 

Bikaner (230 000 hab)

 

Au bord du désert de Thar, Bika­ner fut fondée en 1488 par Rao Bikaji, descendant du clan des RâJ­puts de Jodhpur, les Rathors. Grâce au passage des caravanes qui fai­saient du négoce entre l'Afrique et l'Asie centrale, la ville connut une époque florissante aux XVIIIe et XIXe siècles.

 

Le fort et le palais

Le fort, composé de plusieurs palais, est la principale curiosité de Bfkaner. Un énorme rempart muni de 37 bastions entoure l'ensemble. On pénètre dans la zone des palais en franchissant la porte du Soleil, sur laquelle est représenté l'arbre généalogique des Râjputs du clan des Rathors.

Les parties les plus anciennes remontent au. temps du raja Rai Singh (1571-1611) qui acquit consi­dération et pouvoir en tant que général du Grand Moghol Akbar.

Le Karan Mahal, situé dans la deuxième cour, est surtout remar­quable par les très belles peintures qui ornent son plafond. Le palais de la Lune (Chandra Mahal) et le palais des Fleurs (Phul Mahal), tous deux édifiés sous le règne du

Dans le fort de Bikaner

maharajah Gai Singh (1746-1787), sont décorés de miroirs, de mar­queteries et de sculptures.

Le palais lalgarh, (2 km au nord du fort) dit aussi « Red Fort » à cause de sa façade en grès rose, fut construit en 1881-1942 pour servir de résidence au maharajah dont la famille y réside toujours. Un hôtel de luxe occupe une partie du palais.

Le Ganga Golden Jubilee Muséum renferme la collection pri­vée des maharajahs : terres cuites de l'époque Gupta, armes, mon­naies et miniatures des différentes écoles de peinture du Rijasthân.

 

 

 

 

Excursions u départ de Bikaner

Devi Kund (8 km). Sur la route de Jaipur se trouvent les chhatri. et les cénotaphes des souverains de Bfkaner. Certains des monuments funéraires sont entièrement en mar­bre et ornés de belles peintures.

Élevage de chameaux (7 km). Les visites guidées dans cette exploi­tation (réservation à l'hôtel) sont extrêmement intéressantes car elles permettent de découvrir les problè­mes que pose l'élevage des cha­meaux.

Deshnoke (32 km). Sur la route de Nagaur, le temple de Karniji doit sa célébrité aux nombreux rats qui y vivent en liberté. Considérée comme une incarnation de la déesse Durgâ, Karniji se querella avec Yuna, le dieu de la mort, et lui assura que jamais il n'exercerait de ouvoir sur l'âme des membres de sa famille. Elle supplia Çiva de transformer les âmes des morts en rats qui, depuis lors, sont vénérés à Deshnoke.

 

Jaisalmer (20 000 hab)

 

Jaisalmer, cité du désert, fait par­tie des plus sublimes et des plus précieuses réalisations urbaines de l'Inde. Les maisons ornementées de superbes sculptures sur bois, le vieux fort perché sur une colline tabulaire dominant le désert de pier­res, d'altiers chameaux occupant de pittoresques petites places et, surtout, un silence inhabituel dans une ville indienne, donne un cachet singulier à Jaisalmer.

Date de naissance : 1156

Chef des Râjputs Bhati chassés de la vallée de l'Indus par les musul­mans, Jaisal Singh fonda, en 1156, la ville et le fort qui est, ainsi, l'un des plus anciens du Ràjasthân.

Comme Bfkaner, Jaisalmer se trouvait sur la grande route carava­nière qui reliait I'Afrique a l’asie centrale. Nombreux furent les com­merçants jaïns qui s'y implantèrent. Avec l'apparition du chemin de fer, la ville perdit de sa prépondérance, car les marchandises furent achemi­nées dans d'autres directions. Le partage de l'Inde fit de Jaisalmer une ville frontière isolée, et l'exode des musulmans fit passer le nombre de ses habitants de 75 000 à 20 000.

 

Principales curiosités

Dans son aspect actuel, le fort, qui dresse ses 99 bastions au-dessus de la ville, date principalement du XVIe siècle. À travers plusieurs por tes, l'unique entrée mène au palais du rawal (titre royal) Jaisal, visible de l'extérieur. De là, on peut s'enga­ger dans le dédale des ruelles. Entre les maisons de grès jaune souvent ornées de sculptures sur bois, se cachent deux beaux temples jaïns du XVe siècle.

La ville. Au pied de la forteresse, le quartier ceint d'un mur de fortifi­cation fut construit à partir du XVIIe siècle : on y verra un grand nombre de bâtiments somptueux. Les haveli, demeures des riches mar­chands, sont de toute beauté : le Salim-Singh-Ki-Haveli, le Patwon­Ki-Haveli et le Nathamaji-Ki­Haveli.

C'est au Sunset Point (2 km) que se trouvent les chhatri des Râjputs Bhati. Les pavillons en eux-mêmes ne présentent guère d'intérêt, mais de cet endroit, on découvre au coucher du soleil une vue magnifi­que sur la ville et le gigantesque fort.

 

Jodhpur (350 000 hab)

La capitale de la principauté de Marwar, jadis très puissante, fut fondée en 1485 par Rao Jodha, du clan des Râjputs Rathors.

Le fort de Jodhpur

Le fort et le mausolée

Vu de l'extérieur, le fort de Jodh­pur est certainement le plus impres­sionnant du Râjasthân. Franchis­sant cinq portes monumentales, la route grimpe à l'assaut de ses gigan­tesques murailles; qui dominent la ville de 120 m. La -visite des palais donne une idée du luxe et du faste dont aimaient s'entourer les ma­harajahs, qui trouvaient tout naturel que les esclaves pompent l'eau né­cessaire dans un lac de barrage.

Le mausolée du maharajah Jas­want Singh se trouve à mi-chemin du fort. La terrasse du tombeau de marbre blanc offre un merveilleux panorama sur la ville et le fort.

 

Excursions dans les environs de Jodhpur

Mandor (10 km). Avant la fonda­tion de Jodhpur, l'État du Marwar avait pour capitale Mandor. Les bâti­

ments qui ont échappé à l'usure du temps sont Conservés dans un très joli jardin. Les plus intéressants d'entre eux sont les chhatri. Con­trairement aux autres monuments funéraires du Râjasthân, ceux-ci se présentent comme des temples hin­dous et sont ornés de statues repré­sentant des personnages des légen­des hindoues.

Dans ce même parc se trouve le sanctuaire des 330 millions de dieux et le hall des dieux et des héros où l'on peut voir les colossales effigies de 16 divinités peintes avec une étonnante extravagance.

Balsamand (8 km). Le lac de Bal­samand, endigué au XIIe siècle, offre un site très apprécié en pleine mon­tagne, idéal pour un séjour de repos. Les maharajahs du Jodhpur avaient fait édifier au bord de ce lac leur palais d'été et de chasse.

Osia (58 km). Les temples hin­dous et jaïns d'Osia, gravement endommagés, ont été construits du VIIIe au Xle siècle. Certaines des sculptures qu'ils renferment sont estimées pour leur originalité et leur élégance.

 

Mount Abu (10 000 hab)

 

Bon a savoir

À Pali; sur la route de Jodhpur au mont Abu, vous verrez les usines d'impression de tissus. Vues de l'extérieur, elles ressem­blent à d'énormes granges. On y imprime les tissus de coton selon un procédé proche de la sérigra­phie.

Le mont Abu, qui s'élève abrupte­ment au-dessus des larges vallées environnantes, est le berceau de légendes épiques. Né d'un feu sacri­ficiel, un personnage mythique y aurait donné naissance aux clans des Râjputs de Delhi, Ajmer, Bundi et Khota. Cette montagne a toujours été un lieu de pèlerinage pour les hindous et surtout pour les jaïns dont les temples comptent parmi les plus beaux joyaux architecturaux de l'Inde.

Les temples

Les 5 temples jaïns de Dilwara (5 km), blottis les uns à côté des autres, constituent le principal attrait du mont Abu.

Dans les temples de Vimala (XIe siècle et de Tejahpala (XIIIe siècle), les plafonds, les murs et les colonnes sont décorés d'une quantité à peine imaginable d'ornements et de sculp­tures en filigrane tout en marbre blanc. Les ouvriers qui ont exécuté ce chef-d’œuvre avec des limes minuscules, ont été payés proportionnellement à la quantité de pous­sière obtenue en limant ainsi le marbre. Les plafonds des salles de danse qui précèdent le grand sanc­tuaire, sont particulièrement remar­quables. En raison du grand nombre de pèlerins qui viennent s'y recueil­lir, les temples ne sont accessibles aux visiteurs non jains que l'après­midi.

Achalgarh, but de pèlerinage des hindous, se trouve à 7 km au nord des temples de Dilwara. Le temple d'Achaleshwar-Mahader (XVe siè­de) qui se dresse à l'extrémité de la route est d'un intérêt assez limité, mais le sentier pentu qui conduit (XVIe) offre de. fantastiques points de vue sur les astes plaines et sur le Guru Shikar, le point culminant de la chaîne des Aravalli (1694 m).

Udaipur (200 000 hab)

Contrairement au reste du Râjas­than, la région de l'ancien État riijput du Mewar est extraordinaire­ment fertile. Grâce à cet inestimable atout naturel, ses souverains, les Sisodia, purent se prévaloir d'une puissance presque inégalée en Inde. D'ailleurs, le prince régnant ne se contenta pas d'être maharajah : il prit le titre plus élevé de mahâmna.

Après la dévastation de l'an­cienne capitale Chittorgürh, le mahârâna Udai Singh fonda Udaipur en 1599. La situation idyllique de la ville, environnée de collines et de lacs et la grâce de ses nombreux palais, ont fait le renom d'Udaipur on la considère comme l'une des plus élégantes villes de l'Inde.

Curiosités

Le palais, qui s'étire sur une longueur de 400 m sur le rivage du lac Pichola, comprend des édifices de styles et d'époques différents. La partie sud, la plus récente èst encore habitée par la famille du mahârâna, on ne peut donc la visiter ; la partie nord, en revanche, est ouverte au public. De nombreux objets rappe­lant la victoire des Rajputs contre l'envahisseur Moghol sont exposés dans le palais. Du point de vue architectural, on remarquera notamment une cour intérieure décorée de mosaïques représentant des paons.

Le temple de Jagadisha (1651), situé non loin de la porte du palais, est considéré comme le plus beau sanctuaire d'Udaipur, en raison des superbes décorations dont il est doté.

Le lac Pichola. Une promenade sur le lac : voilà ce que Udaipur vous offre de plus enchanteur ! À cette occasion, vous pourrez visiter deux des palais insulaires : l'im­mense Jag Niwas (1757), trans­formé en hôtel de luxe, et le Jag Mandir (XVIIe siècle) dans lequel le futur empereur moghol Chiih Jahân trouva refuge lors de l'insurrection soulevée contre son père.

Ahar .Parmi les chhatri localisés dans le quartier est de la ville, Ahar, les pavillons abritant les cénotaphes du mahârâna Amar Singh (1621) et du mahârâna Sangra Singh II (1734) sont les plus intéressants.

Excursions dans les environs d'Udaipur

Ranakpur(90 km). La route qui passe par Gogunga traverse une ravissante région montagneuse et boisée. Les temples jains de Ranak­pur, tapis dans la vallée solitaire, ont peu de chose à envier à ceux du mont Abu. Le temple principal, dédié au premier tirthankara, Adi­nath et édifié au XVe siècle, sur­passe même ceux du mont Abu par ses proportions hors du commun. Là aussi les halls de plusieurs étages sont entièrement couverts de reliefs sculptés en filigrane ; les musiciens, les danseuses et les divinités ornant les coupoles sont particulièrement élégants.

Kankroli (64 km). Vous décou­vrirez beaucoup de sites intéres­sants sur la route d'Ajmer. C'est dans le temple d'Ekling i (21 km), dédié aux divinités protectrices des Sisodia, que les mahârâna du Mewar se faisaient couronner. Nathdwara (48 km) est l'un des lieux. dé. pèleri­nage hindous' lés plus' fréquentés. Les sanctuaires ne sont pas accessi­bles aux incroyants. Près de Kan­kroli (64 km) s'étend le lac Raja Samand dont le barrage est agré­menté de gracieux pavillons.

 

Chttorgarh (30 000 hab)

 

Chittorgârh, qui fut du Vile au XVIe siècle la capitale du Mewar, est étroitement liée aux récits relatant l'héroïsme et l'esprit chevaleresque des Rjjputs. Le fort fut assailli à trois reprises : la première fois en 1303 par le sultan de Delhi, Alaudin Khilji, la seconde de 1534, par Bahâdur Chah, le souverain du Gujarât, et la troisième fois en 1567 par le Grand Moghol Akbar. En vertu du rite du jauhar, ces trois assauts se soldèrent par la mort de tous les habitants.

Le fort, l'un des plus grands d'Asie, est implanté sur une colline tabulaire de 150 m de haut. Derrière

le mur de fortification qui ne mesure pas moins de 13 km, il reste malheu­reusement très peu de bâtiments intacts.

Le palais de Rana Kumbha dont le règne, au XVe siècle, marqua la période la plus florissante pour la ville, est presque complètement en ruine.

La tour de la Victoire, Jai Stam­bha, fait partie des plus précieux trésors de l'architecture indienne. Rana Kumbha fit ériger en 1440 cette construction de neuf étages, décorée d'une profusion de divinités hindoues, pour commémorer sa vic­toire sur les rois musulmans de Malwa. La terrasse située en contre­bas de la tour était jadis l'emplace­ment de l'incinération des rois.

Le palais de Padmini porte le nom d'une reine connue à des milles à la ronde pour son exceptionnelle beauté. On dit qu'elle fut la cause de la soif de conquête d'AlaudinKhilji qui prit tragiquement fin avec le premier rite du jauhar.

Le Kirti Stambha, tour de 22 m qui se dresse au nord-est du fort, fut érigé au X111e siècle, à l'initiative d'un riche marchand jaïn. Cette construction servit probablement de modèle pour la tour de la Victoire de Rana Kumbha.

 

 

 

 

Ajmer (265 000 hab)

Cette ville qui s'étend au pied de la chaîne des Aravalli fut fondée dès le Xle siècle par un Râlput du clan des Chauhan. En raison de la proximité du lac de Pushkar, Ajmer devint très vite un sanctuaire très vénéré de l'hindouisme. Après la conquête islamique, elle fut l'un des lieux de villégiature préférés des nouveaux souverains et par là­même un centre de pèlerinage pour les musulmans qui viennent vénérer le tombeau d'un saint.

Curiosités

Dargah, le mausolée du saint musulman Khwaja ud-Din Chishti (1142-1256), se trouve au coeur de la vieille ville, dans le quartier du bazar bourdonnant de vie et d'ani­mation. Juste derrière le portail monumental érigé au XIIe siècle par le sultan Îltutmich, vous verrez deux

énormes chaudrons dans lesquels on fait cuire de la nourriture pour la multitude de pèlerins qui afflue ici, notamment à l'occasion de la fête d'Urs-Mela (avril). Tout autour du mausolée du saint, construit en 1464, sont disséminés divers bâti­ments comme par exemple la petite mosquée de Jah-angîr, Sandal et la mosquée de marbre de Chah Jahân.

Adhai-Din-Ka-Jhonpra. En re­montant à droite la rue du Bavir, depuis le mausolée, on parvient à la plus ancienne mosquée de l'Inde. Les 124 piliers qui soutiennent l'édifice sont ornés de sculptures. Si l'on en croit la tradition, il s'agissait jadis d'une école de sanscrit qui fut transformée en mosquée en l'espace de deux jours et demi. Pour conférer à l'ensemble un caractère musul­man, on le dota d'une façade aveugle composée de sept arcs.

Anasagar, ce lac artificiel créé vers le XIIe siècle au nord de la ville, dans un paysage magnifique, était un endroit très apprécié des Grands Moghols, qui l'ornementè­rent de jardins et de pavillons de marbre.

Le lac pushkar, a 11 km au sud d’Ajmer, est un des lieux sacres de l’hindouisme. On dit que rama, héros des épopées hindoues, vint un jour visiter ce lac et selon la légende, le lac serait né d’une fleur de lotus tombée des mains de brahma. En automne, une grande foire au betail se tient autour du lac pushkar.

 

Le gujarat

située au sud du Râjasthân, le Gujaràt comprenait encore, à l'époque de la colonisation, 202 principautés subordon­nées à la seule suzeraineté britannique. On comprend dès lors pourquoi le Gujarât présente une aussi grande variété de coutumes et de tenues vestimentaires aux couleurs éclatantes.

L'État est très peu ouvert au tourisme, si bien qu'on y trouve rarement des possibilités d'hébergement correspondant aux critères occidentaux. Les principaux centres d'intérêt du Gujarât sont la capitale Ahmadâbâd, le mont Shatrunjaya, près de Palitana et les environs de Junagadh et Veraval.

 

Ahmadabad (1,5 million d’hab)

 

Ahmadàbàd est un important cen­tre industriel et la sixième ville de l'Inde par sa superficie. Les innombrables édifices érigés par les souverains musulmans qui s'y sont établis, confèrent à la ville un carac­tère spécifiquement islamique ; il y a tellement de choses à voir à Ahmadabad, que nous ne pouvons

Les monuments à voir

La Jama Masjid, la grande mos­quée du centre de la vieille ville est due à Ahmad Chah Iei qui fonda Ahmadabad en 1411. Le mausolée attenant à la mosquée abrite les cénotaphes du souverain et de ses successeurs.

La mosquée Sidi Sayyid située

du côté nord de l'ancien fort est célèbre pour ses fenêtres de mar­bre : on y voit trois arbres et quatre palmiers entrelacés dans un superbe ouvrage de treillis.

La mosquée de Rani Rupmati

(1440) est un exemple très réussi de la fusion entre éléments de style hindou et islamique.

La mosquée Rani Sipri, au sud de la vieille ville, est l'une des plus belles. Elle fut construite en 1514 pour les femmes du souverain alors au pouvoir, Mahmud Bigara.

`Les minarets de la mosquée Sidi Bashir sont une curiosité architectu­rale : lorsque l'on heurte l'un des deux minarets, les vibrations se transmettent immédiatement à l'autre par l'intermédiaire de l'arc qui les relie.

L'ashram de Gândhi, situé sur la rive ouest du fleuve Sabarmati, fut pendant quelques années le lieu d'où Gandhi lança sa campagne de résistance passive contre la puis­sance coloniale britannique.

Palitana (30 000 hab)

Shatrunjaya, l'une des cinq colli­nes sacrées du jaïnisme, s'élève à 590 m d'altitude derrière la ville de Palitana. Un sentier de 4 km, partiellement aménagé en escalier„ mène au sommet où s'étend une ville qui ne compte pas moins de 863 temples.

Shatrunjaya

Le temple de Chaumukh, érigé sur le sommet nord en 1618 par un banquier, est le plus grand et le plus beau du mont Shatrunjaya.

Le temple d'Adishwara, dédié au premier tirthankara est le principal entre d'attraction des pèlerins. Le matin à 9 heures, on habille la divinité, vers 9 h 45, on lui lave les pieds et à 15 h on la pare des précieux bijoux enfermés dans le trésor du temple.

Junagadh (120 000 hab)

D'impressionnantes murailles entourent la citadelle de l'ancienne ville princière. Dans l'enceinte, il faut voir notamment l'ancien palais, les fontaines et les grottes occupées jadis par des moines ascètes.

La cité des temples du mont Grir­nar est l'un des cinq lieux saints auquel tout jaïn se doit de faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie. Après avoir gravi les 6 000 marches de l'escalier, partiel­lement taillé dans le roc, qui conduit au mont Girnar, vous aurez franchi une dénivellation de quelque 650 m. Le temple de Neminath qui date du Xlle siècle, est le plus important tant par la taille que par la vénération dont il est l'objet. La statue du 22e tirthankara, auquel ce temple est dédié, est parée d'or et de bijoux.

Excursions dans les alentours de Junagadh

Patan Somnath (à 5 km à l'est de l'ancien port de Veraval, qui se trouve lui-même à 86 km au sud de Junagadh). La légende veut que le divin berger Krishna ait été tué à cet endroit. Le fameux temple érigé sur ce lieu saint est une reconstitu­tion de l'édifice construit au IXe siècle et dévasté par les conquérants musulmans.

Sasan Gir (à 38 km au nord de Veraval) est une base de départ pour une promenade dans la réserve de Gir Forest, où vivent les derniers lions en liberté d'Asie. Au cours des visites guidées (en jeep) organisées de décembre à juin par les services d'administration des eaux et forêts, on peut voir non seulement des lions, mais aussi des gazelles et des antilopes. Réservations auprès du Tourist Office, Junagadh.

 

L’inde centrale

 

entre la haute vallée du Gange et Bombay, l'État du Madhya Pradesh recèle quelques sites qui s'intègrent difficilement à un circuit touristique et qui pourtant méritent une visite. Les plus intéressants sont l'ancienne ville des maharajahs, Gwalior, le célèbre stûpa de Sânchf et Mandu, jadis capitale prestigieuse des puissants souverains musulmans.

 

Gwalior (450 000 hab)

 

Gwâlior et sa citadelle qui, du haut de ses 90 m, veille sur la ville, ont joué un rôle de premier plan dans la lutte de l'Inde pour son indépendance. C'est de l'intérieur

du fort qu'en 1758, la jeune veuve du maharajah, Rani Lakshmf Bai, mena le dernier combat désespéré contre les troupes britanniques.

Le fort. Un chemin escarpé, amé­nagé dans les rochers de grès pres­que verticaux, conduit à la forteres­se.

Le palais Gujari, derrière la seconde des cinq portes, fut cons­truit par le maharajah Man Singh (1484-1516) pour son épouse favo­rite. Aujourd'hui, il abrite, le Musée archéologique qui renferme une belle collection de sculptures, de manuscrits, de peintures et autres antiquités.

Lorsque l'on parvient au palais de Man Singh, on a atteint le plateau supérieur de l'acropole, long de 3 km. L'imposante façade est du palais, totalement dépourvue de fenêtres doit son charme à ses six tours couronnées de dômes et aux carreaux de faïence représentant des oies, des éléphants et des paons qui la décorent.

Les deux temples de Sas Bahu, que l'on découvre à environ 200 m au sud du palais Man Singh, datent du Me siècle. Les murs extérieurs et la superbe entrée du plus grand temple sont ornés de sculptures figurant des personnages de la mythologie hindoue.

Dans la ville. De toutes les sculp­tures de saints jaïns, qui furent taillées dans la pierre supportant les remparts au XVe siècle, celle du premier tirthankara, Adinath, haute de 17 m est la plus remarquable.

À l'est de la ville se dressent deux mausolées de l'époque d'Akbar. Dans le plus petit d'entre eux se trouve le tombeau du musicien Tan­sen, et dans le plus grand celui du saint musulman Mohammed Ghaus.

 

Bhopal (450 000 hab)

 

Bhopâl, capitale du Madhya Pra­desh, est le point de départ de la visite du gigantesque stûpa de Sânchl qui est l'un des plus célèbres monuments de l'Inde. S'il est vrai que la ville de Bhopâl elle-même est pittoresquement située sur les rives de deux lacs, il n'en demeure pas moins qu'elle recèle peu de choses d'intérêt majeur. La monu­mentale mosquée de Taj-ul est ina­chevée. La surabondance de décora­tions de la mosquée de la Perle (Moti Masjid) témoigne de la décadence du style moghol de la dernière époque.

 

Excursions à Sânchî et Udayagiri

Sânchî. Sise à 68 km de Bhopâl, S-anch1 était déjà au Ille siècle av.

J.-C. un important centre religieux bouddhiste. L'empereur Açoka, qui régnait alors sur le premier grand empire indien attachait tellement d'importance à ce lieu qu'il y fit édifier quelques-unes des colonnes où il faisait graver ses édits. Les moines qui occupaient le monastère de S7anchf vivaient des aumônes de la riche ville voisine, Vidisha, capitale, aux Ief et lie siècles av. J.-C., du royaume des Shunga. Avec la décadence de l'empire et la chute de Vidisha, l'ensemble monastique de Sânchf perdit tout soutien. Cependant, on pense que des moi­nes continuèrent à y vivre jusqu'au XIIe siècle. Le grand stûpa (]je-1­siècles av. J.-C.) est entouré d'une balustrade de pierre. Les quatre portiques qui donnent accès au che­min des processions avec leurs architraves superposées légèrement cintrées, font désormais figure de symbole de l'architecture bouddhi­que. Les hauts-reliefs de ces portiques comptent parmi les trésors les plus considérables de l'Inde. Ils représentent les légendes relatives aux vies antérieures du Bouddha et des scènes de la vie de l'Illuminé qui, à ce stade primitif du boud­dhisme, n'était représenté que par des symboles. Ainsi, la fleur de lotus représente la naissance de Bouddha, le figuier symbolise l'illu­mination, la roue figure le premier sermon et, enfin, le stûpa repré­sente la mort.

Les restes de deux disciples du Bouddha que l'on a trouvés dans le stûpa n° 3 sont aujourd'hui conser­vés dans le nouveau vihara cons­truit à cet effet en 1952.

Dans les ruines des monastères et des salles de prières entourant le grand stûpa, il faut voir notamment la salle Chaityà (n° 18) et le temple de l'époque gupta (n° 17). Le stûpa n° 2 situé légèrement en retrait est célèbre par le caractère fantastique de ses reliefs..

Udayagiri. Les grottes d'Uda­yagiri (7 km de Sânchi:) furent creu­sées dans la montagne par des moi­nes hindous entre le Ne et le Vlle siècle. La grotte n° 5 est la plus remarquable. Un gigantesque bas­relief représente Vishnu sous la forme d'un sanglier venant de repê­cher la déesse Terre prisonnière des cruels démons de l'Océan.

Indore (600 000 hab)

Pour le touriste, Indore, ville industrielle très animée, n'est sou­vent qu'une étape sur la route de Mandu, ancienne capitale du royaume de Malwa. Mais Indore est aussi le point de départ d'une excursion aux temples excavés de Bagh et d'une visite de la ville sacrée d'Ujjain.

Indore en soi ne présente guère d'intérêt. On n'y visite le plus sou­vent que le Kanch Mandir, temple jain étrangement orné de perles de verre et de miroirs, et les mausolées des monarques locaux (Chhatri Bagh).

 

Excursions à Ujjain et Bagh

Ujjain (à 55 km au nord d'Indore) est l'une des sept villes saintes de l'hindouisme. Si l'on en croit la légende, c'est ici que Çiva aurait vaincu l'effroyable démon Tripura. Chaque jour, des milliers de pèlerins hindous se rendent sur les rives de la rivière sacrée Shipra pour se purifier et se mettre ainsi dans les meilleures conditions possibles pour leur prochaine existence.

Dans le temple ;de Mahakal, les pèlerins vénèrent le lingam sacré de Çiva. L'observatoire (Janta Mahal) fut bâti - comme ceux de Delhi et de Jaipur - au XVfe siècle par le maharajah Jaï Singh Il.

Bagh. Les grottes de Bagh (158 km d'Indore) doivent leur renommée aux fresques très bien conservées qu'elles renferment. Des neuf monastères bouddhiques creu­sés dans le roc du Ne au Vile siècle, il en reste cinq. Dans la grotte n° 4, la plus impressionnante, que l'on appelle aussi Rang Mahal, r Palais multicolore », les peintures murales (femmes grandeur nature, danseu­ses enjouées, serviteurs obséquieux et processions royales) permettent d'imaginer la vie telle qu'elle se déroulait dans l'Inde ancienne.

 

Mandu (3 500 hab)

Le plateau rocheux de Mandu, qui présente sur trois de ses versants un à-pic de 300 m attira au XIe siècle une dynastie hindoue de l'Inde moyenne, qui décida d'y ins­taller sa capitale. Le gouverneur chargé d'administrer la région après l'invasion musulmane, Dilawar Khan Lodi, se déclara indépendant de la tutelle de Delhi en 1401 ; peu après, Mandu devint la capitale d'un royaume indépendant, le Malwa, qui fut au XVe siècle l'un des plus puissants États du sous-continent. Les dynasties afghanes qui le gou­vernèrent firent édifier dans cette citadelle naturelle de nombreux bâtiments dont les restes sont encore très impressionnants.

Principaux monuments

Le mausolée de Hushang Chili (1405-1435) était tellement célèbre

que le Grand Moghol Chaâh J-ahan ordonna à ses architectes d'aller étudier sur place la structure de ce tombeau, avant d'entreprendre la construction du Taj Mahal.

La Grande Mosquée (Jama Mas­jid), érigée en 1450, passe pour l'un des plus beaux édifices de l'époque afghane. Son fondateur, Mahmud Chah (1436-1469), est enterré dans l'Ashrdfi Mahal situé juste en face du mausolée.

L'enclave royale se compose d'un autre groupe de remarquables bâti­ments. Le Jahaz Mahal, le « Palais du bateau », ainsi nommé parce qu'il se trouve entre deux étangs, servait probablement de harem. Dans l'Indola Mahal tout proche, le roi tenait ses audiences. Des autres palais et de la mosquée Dila­war Khan, il ne reste pratiquement plus rien.

Le Baz Bahadur Mahal, le palais du dernier monarque de Mandu, se situe à 3 km au sud de la Grande Mosquée, à proximité du lac de Rewa Kund.

Le pavillon de Rupmati qui se dresse au sud de la hauteur domi­nant le palais, offre une vue mer­veilleuse sur la profonde vallée de la Narwàdâ. Rupmati, la belle chan­teuse de la cour de Baz Bahadur, y venait, parait-il chaque soir pour admirer le coucher du soleil. Lors­que Mandu fut cernée par les trou­pes d'Akbar, elle se suicida pour ne pas finir dans le harem du Grand Moghol.

 

Hauts lieux de l’hindouisme et du bouddhisme

 

E bassin moyen du Gange, occupé par les deux États les plus peuplés de l'Inde, le Bihâr et l'Uttar Pradesh, est étroitement lié au développement des grandes religions de l'Inde. C'est là en effet que se trouvent les plus grands lieux sacrés de l'hindouisme, c'est là que les fondateurs des grands courants religieux ont prêché leur doctrine, c'est là enfin que sont apparus les premiers centres du jaïnisme et du bouddhisme.

Puis vinrent les conquérants musulmans qui balayèrent presque toutes les marques d'époques antérieures pour les remplacer par leurs propres symboles. C'est ainsi qu'à Lucknow et en bien d'autres lieux se formèrent de nouveaux foyers religieux, mais cette fois, on y vénérait Allah. On a une idée de ce que les iconoclastes ont détruit, lorsque l'on étudie les fameux temples hindous de Khajuraho. Toutefois, si l'on en juge par les millions de pèlerins qui affluent chaque année dans la ville de V-arânasi (Bénarès) vieille de 3 000 ans, il est indéniable que l'hindouisme connaît aujourd'hui un nouvel essor.

 

 

Lucknow (850 000 hab)

La capitale de l'Uttar Pradesh fut de 1775 à 1856 la résidence des nababs (princes musulmans) de l'Audh qui recueillirent l'héritage artistique de l'Empire moghol décli­nant.

Les édifices les plus remarquables se trouvent à l'est de la Grande Mosquée (Jama Masjid) qui occupe une plate-forme surélevée.

Le Chhota Imambara, mausolée de Mohammed Ali Chah, richement décoré, fut construit entre 1837 et 1842.

En prenant vers l'est le chemin qui passe davant le Rumi Darwaza, porte monumentale parée de déco­rations luxueuses, vous parviendrez au Bara Imambara, élégant mauso­lée d'Asaf ed-Daulah (1775-1797).

À l'est de la ville, vous pourrez visiter également le sanctuaire chiite de Chiih Najof, le Moti Mahal, palais édifié en 1805 et le mausolée de Saadat Ali Khan.

 

khajurahu

Un millénaire s'est écoulé depuis les Chandella, ces fameux souve­rains rajputs du clan des Bundela, qui firent édifier dans leur capitale, Khajuraho, des temples qui sont peut-être les plus importants et les plus remarquables de l'architecture hindoue médiévale. Ce qui a fait la renommée mondiale de Khajuràllo, se sont les scènes érotiques présen­tées sous forme de reliefs et de sculptures.

De la prestigieuse capitale qui - si l'on en croit les documents historiques et les chroniques - s'élevait ici au Xe siècle, il ne reste plus une trace, hormis quelques pierres empilées qui sont peut-être les vestiges d'un rempart. Le témoignage de la splendeur passée de Khajuràlto se trouve dans le quartier des temples irrémédiable­ment liés à son nom.

Dans ces 85 temples, les architec­tes des Chandella ont toujours cher­ché à exprimer leur propre concep­tion du cosmos. Dans les plans comme dans les proportions hori­zontales et verticales, dans l'aména­gement de l'espace, dans les dômes et les shikhara, dans la représenta­tion des personnages divins ou humains, ils ont symbolisé quatre­vingt-cinq fois l'univers, ce monde et l'espace supraterrestre. Il ne reste aujourd'hui que 22 temples ; les autres ne sont plus qu'un amas de débris et de poussière.

L'apogée de Khajurâho se caracté­rise par le triomphe de la sculpture sur l'architecture. Le mithuna, ce couple d'amoureux que vous retrou­verez dans tous les temples, qui vous attire et vous fascine, a une origine lointaine, puisque son his­toire commence avec une sculpture jaïn datant du Me ou du fie siècle av. J.-C., conservée au musée du Lucknow. Même dans les monu­ments bouddhiques, tels que le stûpa de Sânchf, qui remonte au fie siècle av. J.-C., on trouve ces scènes érotiques. La représentation de couples dans l'étreinte sexuelle s'échelonne du IXe au XIIIe siècle ; c'est le cas des sculptures et des reliefs que l'on voit dans les temples de Bhubanesvar, Konarak et Khaju­raho.

Incontestablement, cet aspect de l'art indien procède autant du pro­fane que du sacré, et nul ne peut nier qu'il ne s'agit pas seulement ici de symboles mais aussi de vrais portraits. Pourtant, on passerait à côté de l'essentiel si l'on ne voyait dans la représentation de tous ces couples enlacés qu'un abrégé d'éro­tisme ou un simple guide des plaisirs sexuels. Ce que les artistes de Kha­juraho et les architectes d'autres temples indiens ont traduit en image est bien plus qu'une technique de l'amour, c'est la mise en évidence d'un processus spirituel invisible.

Pour mieux saisir cette démarche, il faut lire la légende indienne de la Création. II y est dit que « l'Un », le plus grand dieu du panthéon, Brahmâ, dans son désir d'être omniprésent, s'est scindé en « plu­sieurs » et que ces # plusieurs », pré­cipités par la création du monde dans la douloureuse dualité de l'homme et de la femme, alors qu'ils vivaient auparavant dans l'heu­reuse « non-dualité » du principe masculin et du principe féminin, aspirent à la réunification qui n'est autre que le symbole de l'état para­disiaque originel.

Quiconque aborde les temples de Khajurâho en sachant cela ne voit rien d'obscène dans ce gracieux jeu d'amour, dans les variantes de l'étreinte sexuelle ; il reconnaît au contraire, transposé dans la pierre, le thème de la délivrance.

 

Les temples de Khajurahho

Les temples, disséminés dans un merveilleux jardin proche de la place du village, sont partagés entre un groupe ouest et un groupe est ; quant au groupe sud - qui com­prend essentiellement des temples jains - il se trouve à 5 km de Khajurâho. Le plus beau est le groupe ouest

Le temple des Chaunsath Yogini, le plus ancien de Khajurâho, est tout en granit. Les autres tem­ples sont entièrement ou partielle­ment en grès. Le temple de Chaun­sath Yogini est consacré à Kâlï - on y voit les statues des 64 femmes ascètes qui étaient les servantes de la déesse.

Le temple de Kandariya, célèbre" pour ses scènes érotiques, est dédié à Çiva, symbolisé par un lingam de marbre conservé dans le sanctuaire. Le corridor intérieur entoure le sanctuaire. 872 statues ornent les murs intérieurs et extérieurs du temple. Sur l'embase, une double frise représente des guerriers, des chasseurs, des musiciens, des dan­seurs, des éléphants, des chevaux et des chameaux - scènes de la vie quotidienne de la dynastie râjput de la Lune.

Le temple de Dévi Jagdamba, situé sur la même plate-forme que le temple de Kandariya et celui de Mahadeva, fut d'abord consacré à Vishnu puis, plus tard, à la déesse Ganga. On remarquera en particu­lier une statue de Çiva avec ses trois têtes et ses huit bras. Du temple de Mahadeva, qui se trouvait entre le temple de Kandariya et celui de Dévi Jagdamba, il ne reste qu'un hall.

Le temple de Chitragupta, qui ressemble beaucoup à celui de Dévi Jagdamba est consacré à Surya, le dieu du Soleil, dont on peut voir à l'intérieur une image rayonnante de paix. Intéressantes également sont les représentations de Brahmâ et de Sarasvati, de Çiva et de Pârvati, de Vishnu et de Laksmi sur les murs sud-ouest et nord du temple.

Le temple de Vishvanatha, sem­blable à celui de Kandariya, se trouve sur une plate-forme accessi­ble par des escaliers flanqués de deux éléphants (au sud) et de deux lions (au nord). Sur les murs du temple, des dieux, des déesses et des surasundari, nymphes célestes, sont représentés dans des poses très gracieuses. Dans le sanctuaire, on retrouve Çiva, sous la forme symbo­lique du lingam. À côté du temple,

un petit hall abrite une statue de la monture de Çiva, Nandi.

Temple de Lakshmana : c'est le plus grand des temples de Khaju­raho ; il est dédié à Vishnu. À chacun des quatre coins de la plate­forme se dresse un petit sanctuaire. C'est de ce temple que proviennent les trois célèbres sculptures conser­vées au musée de Delhi : la Femme à l'enfant, la Femme lisant une lettre, la Femme se regardant dans un miroir. Elles furent jadis attri­

buées par erreur à Bhubanesvar.

Aux abords du groupe ouest se trouve un musée dans lequel sont conservées de très belles sculptures trouvées à Khajurâho.

 

Le groupe est

Il se compose de trois temples hindous et de quatre temples jaïns : Ghantai, Adinath, Parshvanath - tous de l'époque des Chandella - et Shantinatha, de construction plus récente.

Temple de Parshvanath : c'est le plus beau des temples jaïns de Khajurâho. Il séduit avant tout par ses sculptures qui touchent à la perfection. Là encore, le thème principal est l'amour. On ne peut qu'être impressionné par les repré­sentations de femmes se maquillant et se parant de bagues, de bracelets et de chaînes très finement ouvra­gés.

 

Varanasi (benares) (600 000 hab)

 

On pense qu'au Ier millénaire av. J.-C. déjà, 'Çiva fut vénéré à Vârânasi sous la forme du sym­bole de la fertilité, le lingam. De­puis des siècles, des pèlerins ve­naient accomplir dans les temples un rituel compliqué ordonné par les prêtres, rituel censé permettre à l'âme de se rapprocher du nirvâna.

Au cours de la conquête musul­mane, la plupart des temples furent détruits, et remplacés par des mos­quées. Mais la colonisation britanni­que fut suivie d'une vague de libéra­lisation qui permit la construction de nouveaux temples. Le culte de Çiva connut alors un nouvel essor qui se poursuit de nos jours.

À Bénarès, il est souhaitable de suivre une visite guidée (Tourist Office), car seul, on a fort peu de chance de trouver, dans le labyrin­the des ruelles populeuses, les curio­sités qui méritent une visite, et d'échapper aux fanatiques religieux qui vous abordent souvent de manière très agressive.

 

Promenade en barque sur le Gange

Une promenade sur le Gange au "' lever du soleil fait partie des expé­riences les plus mpressionnantes d'un voyage en Inde. Les ghàts, petites pièces d'eau servant aux bains, s'étendent ici sur 7 km le long de la rive. Les pèlerins y viennent en masse pour se laver de leurs péchés dans les eaux sacrées du fleuve. On y voit affluer aussi des lépreux, des mendiants atteints des pires infirmités, qui viennent demander l'aumône aux pèlerins. C'est sur ces ghâts que l'on apporte les morts qui sont brûlés sur des petits bûchers et dont les cendres sont confiées au fleuve sacré. Et puis, il y a aussi les combinards les plus roués, les ascètes enduits de cendres, les astrologues omnis­cients, il y a les saints vêtus de robes safran qui viennent méditer à côté de yc)gis dans leur plus simple appareil et des vieillards chétifs qui attendent la mort. Sur le rivage se dresse un alignement de temples. Les modestes auberges de pèlerins voisinent avec les palais des riches de l'Inde entière. Çà et là s'élèvent les minarets de quelques mosquées.

Dasahvamedha ghàt, où com­mence la promenade, est l'un des cinq ghâts les plus sacrés, dans lequel tout pèlerin doit se baigner. La légende raconte qu'ici, un souve­rain accomplit, selon un rituel très complexe, le sacrifice de dix che­vaux, qui lui donna tout pouvoir sur le monde divin et lui permit de ne faire qu'un avec Brahmâ. Au coucher du soleil, une foule énorme se presse sur ce ghât.

La visite se fait en remontant le cours du Gange jusqu'à Asi ghât. C'est ici, dit-on, que l'épée avec laquelle Durgâ combattit les démons, serait tombée à terre. De Dasahvamedha ghât on passe devant le ghât de la crémation et on parvient ensuite au Marnikarnika ghât où, d'après la légende, Pârvati aurait perdu une boucle d'oreille. Le puits qui se trouve en haut de l'escalier aurait été creusé par Çiva alors qu'il cherchait le bijou de Pârvati, et rempli de sa sueur.

Sur le Panchganga ghât, qui serait, si l'on en croit la tradition, le point de confluence de cinq rivières souterraines, se dresse la plus petite des deux mosquées érigées par Aurangzeb. Du haut du minaret de cette mosquée d'Alamgir, on découvre une superbe vue sur les ghâts, la vieille ville et le pont routier et ferroviaire long de 1 100 m qui enjambe le Gange.

Les quartiers sacrés

Le Dasahvamedha ghât est le point de départ adéquat pour cette visite.Le temple népalais situé sur le Mir ghât légèrement en aval est couronné de pagodes à plusieurs étages comme les édifices du Népal. Les consoles des toits sont ornées de sculptures représentant des scènes érotiques.

Le temple d'Or (Vishwanath Temple), principal sanctuaire de la ville, est inaccessible aux non-hin­dous. Mais, du balcon d'une maison voisine, les visiteurs étrangers pour­ront apercevoir la cour et les dômes dorés. Le temple actuel date du XVIIIe siècle. L'ancien sanctuaire fut démoli par le Grand Moghol Aurangzeb, dont le fanatisme musulman est légendaire, et rem­placé par une mosquée.

 

90

L'icône noire placée devant le temple représente le dieu Sani qui règne sur la planète Saturne. Les pèlerins vénèrent Sani pour qu'il les protège du malheur.

La fontaine de la Sagesse (Gyan Vapi) serait apparue alors qu'un sage plantait dans le sol le trident de Çiva.

La Grande Mosquée(Gyan Vapi) fut élevée par Aurangzeb à la place de l'ancien temple de Vishwanath. Les belles colonnes qui ornent la façade proviennent de ce temple.

 

Promenade dans le sud de la ville

Pour cette visite, le mieux est de prendre un taxi ou un rick-shaw. Par le chemin qui part du Canton­ment, où se trouvent les meilleurs hôtels, vous gagnerez en direction du sud, le :

Bharatmata Mandir, le temple de la « Mère Inde ». Le sanctuaire moderne fut bâti en souvenir de la lutte pour l'indépendance menée contre les Britanniques. Une carte en relief géante représente tout le sous-continent indien.

Le temple de Durgâ, situé dans le quartier de Bhelpura, est aussi appelé temple des singes parce que des centaines de ces animaux peuplent le jardin du temple.

La Panch Kosi road que l'on croise en continuant vers le sud décrit un grand arc autour de la ville sainte. Tous les pèlerins qui viennent à Vârânasi doivent parcou­

rir pieds nus cette route longue de 55 km. Sur ce trajet, ils ne doivent accepter ni aumône ni victuaille et sont tenus de réciter des prières prescrites.

Le musée de l'Université(Bharat Kala Bhavan) situé au nord de l'im­mense quartier de l'université, con­serve outre des sculptures et des terres cuites, la plus importante collection de miniatures indiennes.

La Panch Kosi Road mène vers l'est, jusqu'aux bacs qui traversent le Gange. Sur la rive opposée s'élève le palais de Ramnagar dans lequel habite la famille de l'ancien maharajah de Bénarès. On peut obtenir une autorisation de visite auprès du Tourist Office.

 

Excursions à Sarnath, Sasaram et Jaunpur

Sarnath (9 km). C'est dans le parc de Sarnath que Gautama Boud­dha prononça son premier sermon. Il y avait là, sous le règne de l'empereur Açoka, au Me siècle av. J.-C. un grand centre de culture bouddhique qui comprenait des monastères, des halls de prière, a des monuments et des auberges de pèlerins. Avec les premières vagues d'invasions musulmanes, les moines furent dépossédés de leurs monastè­res et tout le reste fut laissé à l'abandon.

Le Musée archéologique- ren­ferme une belle collection de sculp­tures bouddhiques et le fameux cha­piteau aux lions qui couronnait la colonne d'Açoka découverte sur ce site ; ce chapiteau est devenu l'em­blème de l'Union indienne.

Du Dharmarajika stûpa, qui aurait atteint jadis 90 m de haut, il ne reste que la base. De même le Grand Sanctuaire (Main Shrine), situé derrière le st1 pa, n'offre plus aujourd'hui que quelques pans de murs.

Le Dhamekh stûpa, haut de 46 m est aujourd'hui le bâtiment le plus surprenant du site. Le motif floral géométrique qui orne le pourtour de l'embase donne à penser que ce stûpa date du VIe siècle.

Dans le Mulagandhakutl vihara, érigé en 1931, on verra notamment des oeuvres du peintre japonais Kosetsu Nosu, qui figurent des scè­nes de la vie du Bouddha. À l'exté­rieur de l'enceinte sacrée, d'autres pays bouddhistes ont fait construire divers bâtiments dans leur propre style. Les plus intéressants sont le temple chinois et les monastères birman et tibétain.

Sasaram (112 km). Les mausolées de Hasan Kalm et de Sher Chah, les derniers monarques de la dynastie afghane, se trouvent dans la petite localité de Sasaram - loin de leur résidence de Delhi. Le tombeau de Sher Chah passe pour le plus beau de l'époque afghane. De Sasaram on peut gagner Patna (308 km) en passant par Bodh Gayâ et Nalanda.

Jaunpur (60 km). Les amateurs d'architecture indienne trouveront à Jaunpur plusieurs mosquées de style afghan tardif et le fort édifié en 1360 par Firoz Chah.

 

Patna (500 000 hab)

 

La capitale moderne de l'État du Bihâr s'étend très probablement sur les ruines de l'ancienne P taliputra dont les Grecs parlaient avec consi­dération. De Pataliputra, Chandra­gupta Maurya (315-291 av. J.-C.) et l'empereur Açoka (273-232 av. J.-C.) ont régné sur un immense empire. Mais les quelques vestiges découverts jusqu'à maintenant par les archéologues ne présentent guère d'intérêt pour le touriste. Patna est surtout une base de départ

pour visiter les hauts lieux du boud­dhisme de Nalanda et Bodh Gaya.

Curiosités

Le musée est situé dans le quar­tier ouest de la ville, Bankipur, abrite d'antiques sculptures en pierre et en bronze ainsi que de précieuses miniatures et divers ves­tiges datant de l'époque des Maurya.

Golghar. À proximité du musée, vous verrez se dresser un silo à grain (1786) de 34 m de hauteur ; on peut y monter par deux escaliers en colimaçon. De là-haut, beau panorama sur la ville.

Le temple Har Mandir, situé dans la vieille ville, est l'un des quatre lieux saints des sikhs. Le 10e guru (maître) de cette communauté religieuse y naquit en 1660.

Excursions à Nalanda, Rajgir et Bodh Gayâ

Cette excursion au pays du Boud­dha vous fera traverser des plaines peuplées de palmiers, de rizières et de champs de canne à sucre, dans lesquelles s'élèvent çà et là quelques collines de granit dénudées.

Nalanda (90 km) fut du Ve au XIIe siècle l'un des centres intellectuels du bouddhisme. Quelque 10 000 moines y dispensaient l'enseigne­ment à des étudiants venus de tous les pays d'Extrême-Orient. Mais l'invation musulmane, au début du XIIe siècle, s'accompagna là encore d'une vague de destruction et de décadence.

Le grand stûpa, auquel on accède par un escalier très escarpé, est l'édifice le plus impressionnant de ce site archéologique qui fait l'objet de fouilles systématiques depuis 1905. Dans le revêtement de marbre de certains autres stûpas, on voit encore une belle statuaire.

Le musée renferme des statues de bronze et de pierre découvertes lors des fouilles.

Rajgir (108 km) fut, avant Pâtali­putra, c'est-à-dire au Vle siècle av. J.-C., la capitale du Magadha. C'est là que Bouddha et Mahavira prêche' rent leur doctrine et que se tint le premier concile bouddhiste après la mort de l'illuminé. Aujourd'hui, Rajgir tient à la fois du lieu 'de pèlerinage et de la station thermale. Les bains sont alimentés par une vingtaine de sources thermales.

Gayâ (173 km) est une ville sainte pour les hindous. Des milliers de pèlerins viennent se recueillir dans le temple de Vishnupada ; dans un rocher entouré d'un bassin d'ar­gent, on peut voir une empreinte qui serait celle du pied de Vishnu.

Bodh Gayâ (185 km) est le lieu où, après avoir médité pendant 40 jours, sous un figuier (Ficus reli­giosa), Bouddha atteint le nirvâna. Depuis cet événement mémorable, des pèlerins affluent de tout le monde bouddhiste pour prier dans le temple érigé à cet endroit. Mais Bodh Gayâ n'est pas fréquenté par les seuls bouddhistes. Les hindous viennent, eux aussi, adorer la statue monumentale du Bouddha, entière­ment dorée ; ils voient en Bouddha la neuvième incarnation de Vishnu.

Le temple, haut de 54 m, que l'on a aujourd'hui sous les yeux date probablement du Vlle siècle, mais il a été remanié plusieurs fois. En revanche, la balustrade de pierre ornée de statues qui entoure le temple remonte à l'époque d'Açoka.

Parmi les nombreux monastères, temples et auberges construits autour de ce temple, on remarquera surtout un temple thaïlandais et un monastère tibétain.

De Bodh Gayà, on peut retourner à Patna directement' (108 km) ou bien en passant par Sasaram (283 km).

 

Le nepal

 

Superficie : 140 700 km2 (soit à peu près celle de la Grèce) ; 17 millions d'hab.

UNE visite au Népal est l'une des expériences les plus impressionnantes que vous puissiez avoir au cours de votre voyage à travers le sous-continent. Déjà, l'arrivée
en avion au-dessus de la capitale, Kâtmându, est fascinante
: les sommets glacés de l'Himalaya, dont certains dépassent 8 000 m, offrent au passager un spectacle sublime, qui s'évanouit peu à peu jusqu'à l'atterrissage à 1 300 m d'altitude. Une fois
« en bas », dans la vallée de Katmandu, le visiteur est surtout
attiré par les monuments historiques témoins de la civilisation népalaise, tel le grand stûpa de Swayambhunath ou les superbes bâtiments ornés de boiseries ouvragées qui donnent à la vieille ville de Katmandu son caractère original. Plus étonnants encore sont
les temples et les palais des deux villes voisines de Patan et Bhadgaon. Le sanctuaire de Pashupatinath et le stûpa de Bodhnath méritent également une visite. Mais cette liste est loin d'être exhaustive. II faut y ajouter, par exemple, un tour en avion au­ dessus du mont Everest, des excursions jusqu'aux sites d'où vous contemplerez des panoramas exceptionnels, et les innombrables possibilités de randonnées. Enfin, le Népal est, par excellence, le pays du trekking. Vous trouverez les guides, les porteurs et l'équipement nécessaire à Kâtmându.

Regard sur le passé

Les tribus venues de tous les horizons qui, au cours des siècles, émigrèrent au Népal apportèrent d'Inde l'hindouisme, les enseigne­ments du Bouddha et les préceptes occultes du tantrisme, du Tibet, le lamaisme et les croyances aux esprits et aux démons. C'est sur cette base que se développa une mosaïque de cultures qui fait aussi une large place aux éléments proprement népalais.

On le voit notamment à la forme particulière des temples : l'entrée en est gardée par des monstres aux dents menaçantes et il n'est pas rare qu'à l'intérieur de l'édifice, Çiva soit assis juste à côté de Boud­dha ou de n'importe quelle divinité adorée par les hindouistes comme par les bouddhistes. Mais la princi­pale caractéristique du temple népa­lais demeure cette superposition de toits en pagode reprise dans l'archi­tecture chinoise et japonaise.

De tout temps, la vallée de Kât­mandu fut la plaque tournante de l'histoire du Népal. Entre 1000 et 700 av. J.-C., s'y installa la tribu des Newar, qui constitue encore la plus grande partie de la population. Mais le pouvoir tomba souvent aux mains de conquérants étrangers comme par exemple les Lichchavi

qui émigrèrent de l'État indien du Bihâr entre 400 et 750 apr. J.-C.

Le Népal acquit davantage d'im­portance sur le plan politique avec la dynastie des Malla et en particu­lier sous le règne de Jayasthiti Malla qui, au début du XVe siècle, fit du Népal un puissant royaume. Son successeur, Yaksha Malla (1428­1482) partagea ce royaume entre ses héritiers. Il en résulta la fonda­tion de trois capitales d'États rivaux, Kâtrniindu, Patan et Bhad­gaon qui recèlent aujourd'hui les plus beaux trésors artistiques et architecturaux du pays. Une nou­velle ère commence ensuite avec l'invasion des Râjputs qui s'instal­lent au XVIe siècle dans la région de Gurka. En 1768, les Gurka con­quièrent la vallée de K-atmându et fondent la dynastie des Chah qui règne aujourd'hui encore sur le pays.

 

Katamandu (1300 m ;180 000 hab)

 

C'est au XVIIe siècle que la ville fut baptisée Kâtmdndu, d'après le Kasthamandap de Durbar square, grand bâtiment en bois qui aurait été édifié au XVIe siècle avec un seul arbre. Il est bon de commencer la visite de la ville par la porte s'ouvrant sur New road.

 

Le centre de Kâtmându

La New rond où pullulent maga­sins de souvenirs, aboutit à

Durbar square qui réunit les monuments les plus intéressants de la ville

dans le temple de Kumari (1760) réside la « déesse vivante », une petite fille que l'on vénère comme l'incarnation de l'épouse de Çiva. Dès qu'elle a l'âge de la puberté, la » déesse » est remplacée par une

autre fillette que les prêtres, selon un rituel très complexe, choisissent parmi des milliers d'autres.

Après avoir longé un temple de Çiva à trois étages (1690), on par­vient à la partie nord de la place. On remarque là un grand relief représentant la déesse noire Kâli qui, le visage tordu par une horrible grimace, foule au pied un démon.

Le temple de Jagannatha Mandir (1560), avec deux toits superposés, est célèbre pour les scènes érotiques sculptées dans les poutres de la toiture.

La représentation de scènes éroti­ques dans les temples a donné lieu à toutes sortes d'explications ; cer­tains prétendent que dans l'acte d'amour, les principes masculin et féminin, entre lesquels le monde est partagé, s'unissent pour l'éternité dans l'état paradisiaque originel. Cependant, le point de vue de l'homme de la rue est beaucoup moins philosophique. Pour lui, ces sculptures servent de protection contre le tonnerre : le tonnerre est en effet incarné par une jeune déesse vierge qui est tellement cho­quée lorsqu'elle voit ces » obscéni­tés » qu'elle retourne aussitôt dans le ciel.         •+

On entre dans le palais royal par la porte de Hanumân (Hanumân Dhoka) qui doit son nom à une sculpture écarlate représentant le dieu-singe Hanumân. Ce qu'il y a de plus impressionnant dans la cour du palais, ce sont les superbes décors en bois sculpté des encadre­ments des fenêtres et les hautes tours à toitures en pagode. L'ascen­sion de la tour de neuf étages érigée au XVIIIe siècle est intéressante non seulement pour le panorama, mais

aussi parce que l'on y voit très bien la manière dont est construite une pagode.

Le temple de Taleju (1649), élevé sur une haute plate-forme, était jadis le sanctuaire particulier de la famille royale.

La rue du Bazar (Indra Chowk) qui s'ouvre derrière le temple, vous fascinera par ses vieilles maisons de bois et sa foule animée et bigarrée.

Le temple de Machchendranath, élevé sur la petite place que forme à cet endroit la rue du Bazar, date du XVe siècle. Dans ce temple, le mélange entre hindouisme et boud­dhisme, typique du Népal, est tout à fait évident. Les hindous vénèrent Mahendra en tant que l'une des incarnations de Çiva, tandis que les bouddhistes voient en lui l'un des prédécesseurs de Bouddha.

Autour de Kâtmându Les sites que nous énumérons ci-après se trouvent soit dans la

Swayambhunath (3 km)

. Sur une colline à l'ouest de la ville s'élève un grand sttipa qui aurait plus de 2 000 ans. Toutefois, la tour dorée haute de 45 m ornée des yeux bleus de Bouddha est certainement beaucoup plus récen­te.

Le bâtiment principal est entouré de plusieurs petits sti pas votifs et d'autres édifices culturels. Dans le monastère, des bonzes habillés de rouge prient devant une gigantes­que statue du Bouddha. Vous vivrez une expérience extraordinaire si vous avez la chance de les entendre jouer de la musique, avec leurs timbales géantes, leurs trompettes de bronze et leur cors démesuré­ment longs.

 

Singha Durbar

Ce palais, bâti en 1903 au sud­est de Kâtmându sur le modèle du château de Versailles, comprend 1 600 pièces qui offrent suffisam­ment de place pour abriter l'ensem­ble du gouvernement du Népal.

 

 

Patan (5 km)

Déjà à l'époque d'Açoka (III- siècle av. J.-C.) Patan était renommée pour l'habileté de ses sculpteurs sur bois, de ses orfèvres et de ses bijoutiers. Or, depuis des siècles, ni le travail des artisans, ni les rues cahoteuses, ni les maisons moyenâ­geuses n'ont réellement changé. Seul les palais sont vides, depuis que les Gurka mirent fin à la monar­chie de Patan.

C'est dans Durbar square, le cen­tre de la ville, que se trouvent les principaux édifices.

Le palais royal, qui date du XVIIe siècle, développe une longue façade de briques rouges. Entre les fenêtres, finement grillagées apparaissent de superbes sculptures dorées et des tableaux représentant des divinités. Deux lions féroces gardent l'entrée des cours intérieures qui ne sont pas moins grandioses avec leurs arcatures couvertes de fresques, leurs consoles entièrement sculp­tées et leurs tours en pagode qui s'élancent vers le ciel.

Le style du temple de Krishna se distingue nettement de celui des autres pagodes entourant le palais.

périphérie de la ville, soit un peu plus loin,' mais on peut toujours s'y rendre facilement en taxi ou avec un vélo de location.

 

L'un des rois Malla le fit construire vers 1630, à la suite d'un rêve où le dieu lui apparut devant son palais.

Les autres temples situés devant le palais royal, qui datent tous de la seconde moitié du XVIIe siècle, sont de merveilleux exemples de l'architecture religieuse du Népal.

Parmi les nombreux temples de Patan, il en est encore deux, situés légèrement av nord de Durbar square, qui sont particulièrement remarquables.

Le temple d'Or (Hirana Varna Mahavihar) semble n'avoir rien d'extraordinaire lorsqu'on le voit de la route, mais dans la cour vous verrez resplendir les toits et les murs dorés. Les personnages légen­daires en pierre, en or ou en argent confèrent à l'ensemble une atmos­phère tout à fait exotique.

Le temple de Kumbeshvara est l'un des rares temples présentant cinq toits superposés en pagode. Les étages inférieurs datent vrai­semblablement du XIVe siècle.

 

Bhadgaon (15 km)

L'histoire de la troisième des anciennes capitales de la vallée de Katmandu ressemble étrangement à celle de Patan. À l'instar de celle­ci, elle connut son apogée aux XVIe et XVIIe siècles et doit son déclin à la conquête des Gurka au XVIIIe siècle.

Le palais royal situé dans Durbar square est considéré comme le plus

bel édifice de toute la région hima­layenne.

La porte d'Or (Sundhoka) que le dernier roi Malla fit bâtir en 1753 en l'honneur des dieux, divinité protectrice de la vallée de Katmandu qui est représentée au-dessus de la porte.

Le palais des 55 fenêtres, à droite de la porte, impressionne surtout par le contraste entre les murs de brique rouge et les sombres boiseries sculptées.

Le' musée qu'abrite le bâtiment situé à gauche de la porte conserve une importante collection de Tanka.

Le temple de Nyatapola s'élève sur une somptueuse place à 200 m au sud du palais. Belle pagode à cinq toitures, ce temple est le plus haut du Népal. Il fut érigé en 1703 et dédié à la déesse Nyatapola qui était censée apaiser l'esprit coléreux du démon Bairab dont le temple s'élève sur la même place. Il suffit de voir les statues qui flanquent l'escalier pour apprécier la puis­sance de la déesse : les héros armés d'énormes massues semblent dix fois plus forts qu'un être humain ordinaire. Les figures suivantes - éléphant, lion, dragon - sont encore dix fois plus imposantes que les statues situées au bas de l'esca­lier. Sur le dernier palier se dresse enfin Nyatapola, l'incarnation de Durga, qui commande aux démons.

Le temple de Bhima (1650) et le temple de Dattatreya édifié au XVe siècle avec le bois d'un seul arbre,se trouvent tous deux sur une place située à 500 m à l'est. Vous verrez là aussi le monastère de Pujari Math, célèbre pour ses magnifiques boise­ries sculptées.

Pashupatinath (5 km)

Le temple de Pashupatinath, le lieu saint hindouiste le plus fré­quenté de la vallée n'est pas accessi­ble aux non-hindous. Mais de la rive opposée du fleuve on peut contempler l'ensemble des divers bâtiments qui le composent.

 

Bodhnath (8 km)

À Bodhnath s'élève, sur une sorte de plate-forme qui lui sert de base, le plus monumental stflpa du Népal. Dans les maisons voisines vivent de nombreux Tibétains qui vendent des moulins à prière, des tapis et autres souvenirs de style tibétain.

Excursions vers des sites plus éloignés

 

 

Daman (80 km)

La route qui de Kaatmându redes­cend vers l'Inde passe par le col de Daman, à 2 200 m d'altitude. Par temps clair, on découvre une superbe vue sur la chaîne hima­layenne, de l'Annapnrnâ à l'ouest jusqu'au mont Everest à l'est. Vous verrez en outre beaucoup de rhodo­dendrons sauvages.

Pokhara (205 km)

Du haut de ses 6 997 m, le' Machupuchare, le Cervin de l'Hima­laya, domine la vallée de Pok­hara. C'est parce qu'elle donne accès à ce prodigieux couloir mon­tagneux que Pokhara, où l'on peut se rendre aussi bien en avion qu'en voiture, est devenu le meilleur point de départ pour les excursions dans l'Himalaya népalais.

Le Terai

Vous serez enchanté de vous prd­mener à dos d'éléphant dans la région du Terai, plaine humide et luxuriante qui s'étend au pied de l'Himalaya. Du haut de votre paisi­ble monture, vous verrez des rhino­céros, des singes, des crocodiles et d'innombrables espèces d'oiseaux. Vous pourrez loger à l'hôtel Tiger Top à proximité du petit aéroport de Megauli.

 

 

Le nord-est

 

ANS la basse plaine formée par le delta du Gange et du Brahmapoutre, les énormes masses d'eau que déplacent ces deux fleuves géants, emportent chaque année des champs, des maisons et parfois même des localités

entières.

Malgré ce danger, le Bengale est l'une des régions les plus fortement peuplées du globe, car c'est aussi à l'eau que ce pays doit son extraordinaire fertilité : on y fait jusqu'à quatre récoltes

par an.

Contrairement à d'autres parties de l'Inde, cet État surpeuplé, dont la capitale, Calcutta, est une énorme ville industrielle, n'offre guère d'attrait du point de vue touristique.

Cependant, on ne peut éviter le passage par Calcutta, parce que c'est de là que l'on peut atteindre les fameux temples de Bhubanesvar et de Konarak (voir le guide sur l'Inde du Sud et Delhi) et tous les principaux sites intéressants du nord-est du sous-continent.

 

Calcutta (9 million d’hab)

 

Peu de villes de cette importance sont aussi jeunes que Calcutta, la capitale de l'État du Bengale. Lors­qu'en 1690, la Compagnie anglaise des Indes orientales obtint l'autori­sation de fonder un comptoir com­mercial sur l'Hooghly, un bras navi­gable de l'embouchure du Gange, cet endroit ne comportait alors que trois petits villages et un temple dédié à Kaki, déesse de la mort. Les pèlerins qui venaient visiter le temple prenaient leur bain de purification dans le Kali gâth situé en face du temple. Kali gâth évolua en klighâtata et enfin « Kalkatta le nom de la capitale.

La situation avantageuse de ce site et le commerce florissant favori­sèrent une croissance rapide qui s'accéléra encore avec l'expansion de la domination britannique. Jus­qu'en 1911, Calcutta fut la capitale de la colonie indienne.

L'indépendance de l'Inde et la séparation entre l'Inde et la Pàlds­tân qui s'ensuivit provoquèrent l'af­flux de plusieurs millions de réfugiés venus du Pâkistân oriental (aujour­d'hui le Bangla Desh). Calcutta devint le refuge des pauvres de l'Asie du Sud.

Principales curiosités

L'un des édifices les plus dignes d'intérêt est le temple de Parasnath

situé au nord de la ville. Si vous disposez de davantage de temps, vous pourrez visiter l'India Museum, le temple de Kaki et déam­buler dans le centre de Calcutta.

 

Le centre-ville

Dalhousie square est le point de départ idéal pour une visite de la ville. C'est là que se dressait jadis le premier fort anglais, entièrement détruit lors d'un combat en 1756. Entassés par les vainqueurs dans une minuscule pièce sans fenêtre, les survivants européens moururent étouffés, dans d'atroces souffrances.

Dans le Writers Building, situé au nord de la place, travaillaient autrefois les employés de la Compa­gnie anglaise des Indes orientales. Cet édifice abrite aujourd'hui quel­ques ministères et le siège du Pre­mier ministre de l'État du Bengale.

De Dalhousie square, le mieux est de continuer vers le sud jusqu'à la cathédrale Saint-Jean qui contient de belles peintures. Dans la rue transversale suivante, se trouve la Haute Cour de Justice (High Court) construite en 1872 en style néo­gothique. À côté, vous verrez aussi l'hôtel de ville (Town Hall) et, plus à l'est, le Roj Bhavan (palais du gouverneur). Ce somptueux bâti­ment construit entre 1798 et 1805 était jadis la résidence des gouver­neurs britanniques.

Maidan, le parc central de Cal­cutta qui s'étend sur 4 km de long et 2 km de large, était encore au milieu du XVIIIe siècle une jungle épaisse dans laquelle on chassait l'éléphant et le tigre. Ce n'est qu'en 1773, lorsque fut édifié au milieu de l'actuel parc, le nouveau fortWilliam, que l'on défricha pour ménager un champ de tir aux 600 canons du fort. Heureusement, l'enceinte du fort n'a jamais eu à supporter de guerre, de sorte qu'elle demeure absolument intacte.

Partant du Raj Bhavan en direc­tion de l'est, on parvient à Nehru road (Chowringhee), la principale rue commerçante qui, avec ses pro­longements, forme le grand axe nord-sud de Calcutta.

Le marché Hogg (New Market), situé derrière le Grand Oberoi Hôtel, .présente tout ce que l'Inde a de plus précieux, des fruits exotiques aux brocarts tissés à la main, en passant par les plus beaux bijoux.

L'India Museum (Nehru road) est le plus grand musée de l'Inde. Il vous offre un extraordinaire pano­rama de l'histoire culturelle du sous­continent, de la civilisation d'Ha­rappà.et de Mohenjo-Daro à l'épo­que moghole. La pièce la plus pré­cieuse est une balustrade qui daterait du IIe siècle av. J.-C., et entourait jadis le stûpa de Bharhut. Vous verrez également d'impres­sionnants bas-reliefs représentant des scènes de la vie de Boudha et de ses 500 existences antérieures.

Le sud de la ville

La cathédrale Saint-Paul (1847), qui se dresse à l'extrémité de la Nehru road, est caractéristique du gothique anglais tardif. La grande fenêtre qui s'ouvre à l'est, offerte par le chapitre de Windsor, les décorations murales en albâtre et les mosaïques de la façade sud sont remarquables.

Le Victoria Memorial Hall. Il s'agit d'un bâtiment de marbre

blanc de proportions gigantesques qui se dresse sur la pointe sud du Maidan. Mi-basilique Saint-Pierre de Rome, mi-Taj Mahal, il traduit de façon époustouflante la folie des grandeurs des gouverneurs britanni­ques. Les sommes faramineuses qui ont été englouties dans la construc­tion de cet édifice excessivement luxueux (1906-1921) provenaient, dit-on, des dons volontaires du peuple indien. À l'intérieur, il y a une sorte de salle du trésor de l'époque coloniale, contenant des statues, des peintures, des armures, des armes, des meubles et bien d'autres choses encore. Le temple de Kâli se trouve à quelque 3 km au sud de la cathédrale Saint-Paul. L'ensemble du site n'a plus grand-chose de commun avec le sanctuaire qui donna jadis son nom à la ville. Ce que l'on voit aujourd'hui date de 1809 et ne présente guère d'intérêt. Mais nombreux sont les touristes qui viennent ici pour assister aux sacrifices d'animaux exécutés en l'honneur de la déesse protectrice de Calcutta. Mais prudence : les fanatiques religieux sont parfois très agressifs envers les photographes impénitents !

Le nord de la ville

Au nord du centre-ville, un seul monument mérite une visite : le temple de Parasnath situé près de l'aéroport. Pour s'y rendre, on peut passer devant la mosquée de Nakhoda. lies minarets qui s'élè­vent à 46 m offrent un beau point de vue sur le centre de Calcutta.

Le temple de Parasnath, princi­pale curiosité de Calcutta, fut bâti en 1867 à l'instigation du bijoutier de la cour du vice-roi. Ce temple jain, dédié au 10e tirthankara, fait songer aux constructions fantaisis­tes de l'Espagnol Antonio Gaudi ou au monde fantastique de Walt Disney : ornements en stuc peints de toutes les couleurs, miroirs à facettes, coraux et pierres précieu­ses décorent les jardins, les monu­ments les pavillons, les tours et les petits temples.

Excursions au départ de Calcutta

Le jardin botanique par le pont d'Howrah. La traversée de ce pont métallique long de 665 m qui enjambe l'Hooghly est une chose étonnante. Des chars à boeufs, des rick-shaw et des piétons nu-pieds se pressent par milliers au milieu d'une circulation toujours dense, pour se rendre dans le quartier Howrah où se trouve la plus grande gare de Calcutta.,

La gare d'Howrah qui, à certai­nes heures du jour, est à la fois un foyer d'hébergement, un marché et un musée vivant d'ethnologie, offre une image de l'Inde dans tout ce qu'elle a de plus typique et de plus coloré.

Le jardin botanique situé à 6 km au sud de la gare Howrah déploie, sur une surface de 110 ha, une multitude de plantes exotiques. On remarquera surtout un énorme banian (Ficus bengalensis) qui occupe à lui seul la surface d'un terrain de football. Ses racines aériennes retombent telles des queues de singe et reprennent racine dans le sol formant ainsi de nouveaux troncs, de sorte qu'au fil du temps, une forêt entière peut se développer à partir d'un seul et même arbre.

Belur Math et Dakshineswar

Belur Math est situé à une dou­zaine de kilomètres de la gare How­rah. C'est le siège de la mission Râmakrishna qui s'efforce d'unir les courants de pensée de différentes religions.

Cette philosophie est représentée par un lieu de prière qui possède les caractéristiques d'une mosquée, la tour d'un temple hindou, le plan d'une église chrétienne et la façade d'un chaitya bouddhiste.

En franchissant le pont de Bally, on parvient, sur la rive gauche de l'Hooghly au sanctuaire de Dakshi­neswar, construction typiquement bengalie du M e siècle, dédiée à Çiva.

Parc national de Kaziranga

.

Pour faire une promenade dans ce parc, il vous faudra réserver auprès du Tourist Office de Calcutta. Bien installé sur le dos d'un élé­phant domestique, vous traverserez cette région marécageuse située sur la rive sud du Brahmapoutre. Du haut de l'une des tours d'observa­tion, vous verrez des buffles, des cerfs, des chacals et, avec un peu de chance, des ours et même des tigres. Mais la principale attraction de ce parc, ce sont les 300 à 400 rhinocéros indiens qui ont été pres­que entièrement exterminés, parce qu'une croyance populaire attri­buait à leur corne le pouvoir de donner une puissance extraordi­naire. Les cornes de rhinocéros se vendaient alors à des prix vertigi­neux.

 

Darjeeling (45 000 hab)

Darjeeling, un nom que le monde entier associe au thé indien, était à l'époque coloniale la résidence estivale du gouvernement bengali qui se réfugiait dans l'Himalaya avec armes et bagages pour fuir la cha­leur étouffante de Calcutta.

Pour se rendre à Darjeeling, on part de Shiliguri, un noeud ferro­viaire situé au pied des montagnes. À travers la jungle qui couvre les pentes et les terrasses où pousse le riz de montagne, la route et l'étroite voie ferrée se hissent jusqu'à Kur­seong (1450 m), puis traversent des forêts d'altitude plus clairsemées et des plantations de thé pour attein­dre le point culminant du voyage, Ghum (2 400 m), siège d'un inté­ressant monastère de type tibétain.

 

 

Curiosités

Ce qui frappe avant tout à Darjee­ling (2 130 m), c'est la diversité des peuples qui s'y côtoient : Tibétains, Népalais, Bengali, Assamai, Bhutia et Lapcha se pressent dans les bazars où le marchandage est de rigueur. Dans les quartiers plus éle­vés de la ville, il règne en revanche l'atmosphère beaucoup plus paisible et distinguée d'un lieu de cure.

Les buts de promenade les plus plaisants sont l'Observatory Hill, avec le petit temple du dieu de la foudre (Darjeeling signifie « Cité de la Foudre •), Birch Hill, où se dresse le palais de l'ancien gouverneur britannique, et le Jardin botanique.

Bon a savoir

Pour les nombreux Indiens qui se rendent à l'Observatory Hill au coucher du soleil, un prêtre hindou et un lama tibétain offi­cient en même temps dans le petit temple érigé sur cette col­line. Avant que le soleil ne dispa­raisse derrière l'horizon car après, le ciel se couvre on découvre un panorama prodi­gieux sur le Kanchenjunga.

 

Excursions à partir de Darjeeling

Tiger Hill (11 km). Du haut du Tiger Hill (2 550 m) on peut voir, par temps clair, trois des plus hauts sommets de la terre : le mont Eve­rest (8 848 m), le Makalu (8 481 m) et, beaucoup plus près - à 70 km à vol d'oiseau - le Kanchenjunga (8 585 m).

Kalimpong (43 km). Là route passe par Ghum, d'où elle descend en lacets interminables vers les gor­ges de la Tista, que l'on atteint après une dénivellation de 2 170 m. Sur l'autre versant on découvre, à quelque 1200 m, le pittoresque village de Kalimpong et ses deux magnifiques monastères bouddhi­ques.

Gangtok (46 km). On descend d'abord jusqu'au pont de la Tista avant d'emprunter l'ancienne route commerciale au Tibet et remontant menant vers Gangtok, capitale du Sikkim.

 

Le sikkim

L’ancien royaume du Sikkim, 7 310 km2, fait partie de l'Union indienne depuis 1975. De tout temps, le Sikkim a été un pont entre l'Inde et le Tibet. Pendant des siècles, les caravanes venues de Chine et de Lhassa y faisaient une halte avant de reprendre leur route vers Kalimpong et la plaine du Bengale.

Il faut remonter au XIIIe siècle pour trouver les premières traces de l'histoire du Sikkim. C'est à cette époque que s'y installèrent ses premiers habitants, les Lapcha, venus de la vallée de Chumbi, au Tibet. Avec les Bhutia qui arrivèrent dans cette vallée romantique quelque 100 ans plus tard, ils constituent aujourd'hui la majorité de la population du Sikkim, 21 % des 300 000 habitants de cet État. Le reste de la population compte 60 % de Népalais qui, tout comme au Bhûtân appartiennent à la classe défavorisée. Le Sikkim a encore un point commun avec le Bhûtân : le bouddhisme tibétain est la religion dominante, le dénominateur culturel du pays auquel tout se rapporte. Quant aux lamas des 67 monastères, ils jouent aussi un rôle prédominant.

 

 

Gangtrok (1800 m ; 15 000 hab)

 

La capitale du Sikkim, juchée sur une colline, est presque toujours enveloppée de nuages. Mais lorsque le temps est clair, on a une vue magnifique sur lt Kanchenjunga (à 40 km à vol d'oiseau).

 

Curiosités de Gangtok et des environs

Tsuklakhang, le temple royal, se trouve dans la partie la plus élevée de la ville, à proximité du petit palais de l'ancien souverain, le cho­gyal du Sikkim. Ce temple est à la fois un lieu de culte religieux et un pavillon où se tiennent des réu­nions. II conserve également une collection de textes bouddhiques sacrés. Le temple est construit dans le style propre au Sikkim, l'intérieur est orné de belles boiseries sculp­tées, de statues de Bouddha, de bodhisattva, de divinités tantriques et aussi de peintures murales.

L'Institut de tibétologie, cons­truit dans le style ancien et ouvert en 1958, est isolé dans une forêt, en contrebas de Gangtok, à 4 km du centre. Vous pourrez visiter la bibliothèque riche de 28 000 volu­mes sur le bouddhisme tibétain, d'une collection de tanka, de bron­zes et de statues de Bouddha, de

bodhisattva et de divinités protectri­ces tantriques.

Orchid Sanctuary situé non loin de l'Institut de tibétologie : 250 variétés d'orchidées y fleuris­sent d'avril à mai et de décembre à janvier.

Chorten : grand sanctuaire boud­dhique situé sur une petite colline, toujours près de l'Institut de tibéto­logie.

Le parc aux daims, à 600 m du Secrétariat, le palais gouvernemen­tal, a été aménagé en souvenir du célèbre parc aux daims de Sarnath, où Bouddha fit son premier sermon. On y voit des cervidés musqués, sortes de cerfs' sans' bois, dont les glandes abdominales secrètent du musc, u ilisé en parfumerie.

Palden Thondup Cottage Indus­trie Institute est une académie d'art fréquentée par plusieurs centaines d'étudiants qui apprennent les métiers d'art typiques du Sikkim. Les tapis du Sikkim, tissés d'après d'anciens cartons, sont fameux.

Tashi View Point (9 km). Par beau temps, on découvre de ce point de vue un panorama extraordinaire sur le plus haut massif montagneux du monde après l'Everest et le Malaku, le Kanchenjunga.

Monastères

Enchey (5 km) se trouve sur un mamelon boisé. Il contient un grand nombre de petites statues et des peintures murales. Dans le hall prin­cipal : Bouddha Çakyamuni, le

« Bouddha historique », Amitayus, le « Bouddha de la vie éternelle » et Padma-Sambhava, le « précieux instructeur » qui apporta le boud­dhisme dans les pays himalayens.

Rumtek (23 km) se compose de l'ancien monastère de Rumtek et du nouveau monastère édifié en 1969 par Gyalwah Karmapa, le chef d'une des sectes bouddhistes du mahâyâna qui a fui le Tibet. Par son architecture, sa statuaire et ses peintures, Rumtek rappelle les modèles tibétains.

Pemiangtse (91 km). Cet édifice, situé à 2 085 m d'altitude, est le plus sacré et aussi l'un des deux plus anciens du Sikkim (fondé en 1705, remanié de 1969 à 1970). Les 108 lamas qui y vivent, choisis dans des familles anciennes, appartien­nent à la secte . des ,Nyingma , la «secte des Anciens». Le Grand Lama de Pemiangtse couronnait jadis les maharajahs du Sikkim. À l'intérieur du monastère, il y a de superbes peintures murales, dont une représentation fameuse de la déesse Dorje Pag-mo, la « Truie de diamant ». Lors de l'invasion mon­gole de 1716, les nonnes se transfor­mèrent en un troupeau de 80 porcs mené par une énorme truie rouge, Dorje Pag-mo, dont le visage grima­çant de fureur mit tous les Mongols en fuite.

Tashiding, le deuxième lieu saint du Sikkim, appartient, lui aussi, à la secte des Anciens. D'après la légende, Padma-Sambhava tira un

jour une flèche en faisant le voeu de méditer à l'endroit où elle tombe­rait. Celle-ci toucha le sol à l'endroit où s'élève le monastère aujourd'hui.

Tous les bouddhistes fervents souhaitent s'y faire incinérer car, selon la croyance, ils atteindraient immédiatement le nirvâna. Le fidèle qui médite devant le chorten sacré de Tashiding, Thongwa-rangdot, est absous de tous ses péchés.

Lors de la fête annuelle du Bhumchhu, on ouvre un récipient contenant de l'eau sacré laissée, dit­on, par Padmasambhava, pour en mesurer le contenu. Il doit contenir exactement 21 gobelets. Un excé­dent présage une bonne récolte et la prospérité, le contraire annonce le malheur, la famine et la guerre.

 

 

Le bhutan, pays du dragon

 

Superficie : 47 000 km2 (un peu plus grand que la Suisse) 1,4 million d'hab.

 

PENDANT plusieurs centaines d'années, le royaume du Bhûtân, enclavé entre l'Inde et le Tibet, qui était pour les Anglais une zone tampon entre ce dernier et leur empire colonial, est demeuré hermétiquement fermé. Ce n'est qu'après 1974 que les premiers touristes ont fait une incursion au Druk Yul le « pays du Dragon » comme l'appellent ses habitants.

Des paysages d'une beauté saisissante et contrastée forment la toile de fond de la vie des Bhotia et marquèrent profondément leur histoire et leur civilisation. Au nord, la puissante forteresse divine du haut Himalaya suscite la foi et la superstition, le mythe et la légende, l'imagination et la crainte. Ses forêts sont aussi

denses à 4 000 m d'altitude que dans les hautes vallées. Au sud, elles cèdent la place à une jungle touffue et humide. Des cimes

enneigées de la frontière septentrionale s'étend, jusqu'au sud du pays, une chaîne atteignant 6 000 m d'altitude. Entre ces pics,

les fleuves ont creusé les vallées caractéristiques du Bhûtân. Sur leurs terrasses, on cultive, jusqu'à 3 000 m, le riz, principale

ressource alimentaire du peuple. Chaque vallée est couronnée par un dzong, monastère fortifié, siège du pouvoir temporel et

spirituel.

Les paysans constituent le groupe numériquement le plus fort de la société du Bhûtân, très renfermée sur elle-même et

parfaitement équilibrée, mais l'influence des lamas demeure prépondérante. Leur nombre décroît peu à peu, mais il en reste

tout de même 3 à 4 000.

Les monastères, qu'ils soient privés ou nationaux, disposent de très peu d'argent en espèces. Ils vivent essentiellement des

récoltes fournies par les fermiers qui exploitent leurs terres.

 

Histoire

On dispose de très peu de données concernant les premiers siècles de l'histoire du Bhûtân, car la plupart des manuscrits ont été brûlés.

Padma-Sambhava, le grand ins­tructeur indien du. bouddhisme tan­trique qui était venu établir cette doctrine au Tibet, apporta le lamaïsme dans ce pays vers le VIII siècle. En 1616, le lama Shabdung Ngawang Namgyal, venu du Tibet, fonda probablement le premier royaume du Bhûtân. Il réconcilia les seigneurs féodaux alors constam­mant en conflit et nomma un deb raja, détenteur du pouvoir tempo­rel, et un maître spirituel ou dharma raja, en s'octroyant ce dernier titre. Ce double pouvoir, qui  n'était pourtant que théorique, a été maintenu jusqu'à l'actuelle dynastie des Wangchuk qui s'installa à la tête du royaume en 1907. À cette époque, le clergé et les seigneurs féodaux que des rivalités opposaient à nouveau, choisirent comme souve­rain unique Ugyen Wangchuk, l'arrière-grand-père de l'actuel sou­verain, et établirent une monarchfè absolue et héréditaire.

Le système tibétain du dzong fut introduit en 1153 par le moine tibétain Gyalwa Lhanampa, puis étendu à tout le pays au XVIIe siècle par Shabdung Namgyal. C'est sous le règne de ce grand bâtisseur que la plupart des dzongs ont été cons­truits. Et depuis lors, les dzongs n'ont rien perdu de leur importance : de nos jours, ils font encore office de monastères et de centres administratifs.

 

 

 

 

Thimphu (2 480m, 20 000 hab)

 

Cette jeune capitale a été fondée par le père de l'actuel souverain. Le centre de Thimphu se compose de la rue des bazars et de la place du marché.

 

Tashisho-dzong

Le plus grand dzong du Bhûtân, siège du gouvernement et du clergé bouddhique, se trouve un peu en dehors de la ville. En son centre s'élève le monastère en forme de tour dans lequel habitent les lamas. Il date du XVIIe siècle. En revanche, la plupart des temples sont plus récents. Le nouveau dzong entou­rant les bâtiments anciens fut érigé en 1969 dans le style traditionnel du Bhfltân : construction en pisé avec des balcons de bois et des reliefs en couleur autour des fenê­tres. Toutes les parties en bois sont imbriquées les unes dans les autres et assemblées sans le moindre clou. On reconnaît les bâtiments sacrés - monastère, temple et chorten - à la large bande orangé qui orne le pourtour de la partie supérieure de l'édifice. Vous ne manquerez pas de visiter la salle de réunion des moines, avec sa grande statue de Padma-Sambhava et d'autres sta­tues tantriques, des images du Bouddha, des fresques érotiques et les portraits du fondateur du royaume, Shadbung Namgyal.

À Thimphu même, vous pourrez visiter l'école de danse dirigée par Dasho Sithey. Il faut voir également les tisserands au travail. Chaque famille fabrique les cotonnades aux merveilleux motifs, avec lesquelles on fait les vêtements traditionnels des femmes, le kira, et des hommes, le boku.

Au . Royal Government Han­dicraft Emporium », vous pourrez acheter les produits de l'artisanat du Bhûtân. Ce bâtiment abrite aussi l'école nationale des métiers d'art on y enseigne la peinture - fabrica­tion de tanka - le tissage, la sculp­ture sur bois et sur pierre.

 

Excursions dans les environs de Thimphu

Deshenchholing (5 km) est le palais de la reine mère. C'est là que se trouvent les anciens ateliers des fameux orfèvres du Bhûtân. Vous y verrez les épées ciselées que portent le roi, ses ministres et les hauts fonctionnaires, ainsi que des bijoux, des écharpes et des écrins.

Simtokha (7 km), le plus ancien dzong du Bhûtân (début XVIIe siècle) est aujourd'hui, une école lamaïque très réputée. Le vieux temple est orné de remarquables statues et fresques du Bouddha et de bodhi­sattva représentant les mille Boud­dha. Les fresques des temples laté­raux montrent des scènes de la vie de quelques saints.

Dochu-La (3 300 m, 2 h en voi­ture). Par beau temps, on découvre de ce col une vue magnifique sur le haut Himalaya.

Paro (2 200 m). À 2 heures de voiture de Thimphu, c'était jadis la résidence d'un penlop, c'est-à-dire d'un seigneur féodal ; le plus puis­sant du pays avec celui de Tongsa.

Punakha dzong (66 km en pas­sant par le col de Dochu-La). C'est à Punakha, ancienne capitale du Bhûtân, que furent couronnés tous les souverains de la dynastie des Wang-chuk. La tour de dzong qui compte sept étages, est particulièrement remarquable. Dans les 36 cha­pelles, vous verrez des fresques, des statues, des tanka et des mandala de toute beauté.

Wangdi Phodrang dzong (25 km au sud de Punakha) : ce dzong qui s'étale sur le dos d'une colline date du XVIIe siècle ; il est connu pour la fête du Tsechu qui s'y déroule en octobre (danses de personnages costumés et masqués). Il renferme également des fresques et des sta­tues intéressantes.

Curiosités

Rinchen Pung, le dzong de Paro, date du XVIIe siècle et a été restauré en 1910. Sur les murs de la cour intérieure, vous remarquerez les fresques, notamment le célèbre

Mandala cosmique » ; il y a aussi des fresques dans les temples. L'école lamaique qu'abrite le dzong de Rinchen Pung est fameuse pour ses danseurs qui, à l'occasion de la fête du Tsechu de Paro (mars/avril) exécutent d'anciennes danses rituelles.

Ta dzong, l'ancienne forteresse qui s'élève en surplomb du Rinchen Pung dzong, est aujourd'hui un musée national qui conserve de remarquables collections de tanka, d'armes et d'objets usuels. De là, on découvre une très belle vue sur la vallée de Paro et le palais de la reine mère, et à l'horizon, les sommets enneigés de l'Himâlaya.

Dungtsi Lhakhang, temple circu­laire situé au début de la rue qui

monte vers le Ta dzong, est orné de belles fresques.

 

Excursions

au départ de Paro

Ta Tsang, le « Repaire des Tigres », est un monastère aménagé dans une grotte excavée, très haut au-dessus de la vallée de Paro. Vous pourrez y accéder en 3 heures à dos de yack ; il reste alors encore une demi-heure de marche à pied pour atteindre le monastère qui est accro­ché à un rocher très abrupt. On dit que Padma-Sambhava est monté jusqu'ici sur le dos d'un tigre, pour y méditer. La manière dont cet édifice a été construit demeure un secret ; le temple et les fresques de Ta Tsang font partie des plus belles choses que l'on puisse voir au Bhfltdn.

Le monastère de Kyichu, entre Paro et le dzong de Drukgyel, l'un des plus vieux du Bhûtân, fut bâti en 659 par le roi tibétain SrongtsanGampo. On peut y voir de superbes autels et fresques.

Drukgyel dzong (25 km, sur la route qu'empruntèrent durant des siècles les conquérants venus du Tibet) est le terminus des touristes qui n'ont pas d'autorisation spé­ciale, pour un trekking, par exem­ple. Par temps dégagé, la visite des ruines permettent de voir, dans toute sa splendeur, le mont Choma­Ihari (7 315 m), « la souveraine des montagnes des dieux ».

Le centre et l'est du Bhûtân

Tongsa (quelque 10 heures en voiture de Thimphu) est la résidence de la famille souveraine. "À l'inté­rieur du dzong, de nombreux tem­ples (lhakhang), dont l'extraordi­naire Akshowya, sont ornés de fresques et de statues du XVIIe siècle.

Byakar ou Jakar dzong (six heu­res de plus dans la vallée de Bum­thang) possède d'impressionnantes fresques et des statues de divinités, dont la représentation tantrique de Namgyalma, déesse de la longévité, au Phurbu Kila lhakhang.

Au monastère de Jambe (Vile siècle), également dans la vallée de Bumthang, il faut voir surtout les temples de Maitreya et de Bouddha.

Kuije lhakhang, lieu saint de la vallée de Bumthang, est le cadre de l'incinération des rois défunts.

Dans une caverne du temple, une statue rappelle que Padma-Sam­bhava venait y méditer.

De l'autre côté du fleuve, le monastère de Tamshing conserve d'exceptionnelles fresques illustrant le monde des bodhisattva et des divinités protectrices.

Mongar dzong (dans l'est du Bhûtân) fut construit en 1930 selon les plus pures traditions architectu­rales.

Remarquez surtout les statues d'Amiatayus (Bouddha de la vie éternelle), de Padma-Sambhava et de Shabdung Ngawang Namgyal, le fondateur du royaume.

Tashigang dzong (au-delà du fleuve Manas, dans l'est du pays) date de 1667. Ses fresques illustrent la vie de Bouddha, le plafond est décoré de mandala. L'arbre de la doctrine (en bois multicolore) repré­sente les quatre principales sectes et leurs fondateurs.

 

informations pratiques

Adresses utiles

 

Inde

Ambassade de France : 2, Aurangzeb road, 110011, New Delhi.

Tél. : 37 46 82.

Ambassade de Suisse: Nyaya Marg, Chanakyapuri, 110021, New Delhi.

Tél. : 69 42 25. P.O.B. 392 110001.

Ambassade de Belgique: 50 N, Shanti Path, Chanakyapuri, 110021, New Delhi.

Tél. : 61 89 95.

Ambassade du Canada: Shaniti Path, Chanakyapuri, 110021, New Delhi.

Tél.: 61 94 61.

Consulat de France : 26 Park Mansiow, Park street, Calcutta,

700016.

Tél. : 24 09 58.

Consulat de Belgique : 5/14 Hun­

ger Ford street, Calcutta.

Tél. : 44 38 86, P.O.B. 2520.

 

Népal

Ambassade de France : Lazim Path, Kàtmàndu. Tél. : 123 32.

Consulat de Belgique : Lazim Path, Utmându. Tél. : 147 60.

 

En pays francophones Ambassades de l'Inde

À Paris: 15, rue Alfred-Deho­

denck, 75016. Tél. : 45 20 39 30.

À Bruxelles: 217, chaussée de Vleuragat avenue, 1050. Tél. : 640 9140.

À Ottawa : 10, Springfield road, Ottawa, Kimic 9. Tél. : 744 37 51.

À Genève : 7, 9 rue du Valet, 1202, Genève. Tél. : 320 859.

 Paris : 8, boulevard de la Made­leine, 75009 - Tél. : 42 65 83 86.

Bruxelles : 60, Ravenstein. Tél. : 511 17 96.

Genève : 1-3 rue Chantepoulet 1201. Tél.: 32 18 13.

Toronto : suite 1016, Royal Trust Tower, Toronto Dominion Centre, Toronto, Ontario, MSK 1K7. Tél.: 416 362 3188.

Ambassade du Népal à Paris : 7, rue Albéric-Magnard Paris 16e. Tél. : 4520 17 66. 7, rue Washing­ton Paris 8e. Tél.: 4359 2861.

Il y a 3 saisons en Inde

1. De septembre à mars : c'est la haute saison recommandée pour voyager en Inde, à condition de ne pas aller dans les régions monta­gneuses. En hiver, l'Inde du Nord jouit d'un ciel presque toujours bleu et les températures varient entre 15 et 25°. C'est seulement dans les régions plus élevées qu'il commence à faire froid.

2. D'avril à juin : c'est la meil­leure saison pour voyager dans les régions himalayennes, notamment au Cachemire et au Ladskh. Pen­dant cette saison sèche et chaude que les Indiens appellent l'été, les températures diurnes atteignent 40° dans les régions situées à basse altitude.

3. De juillet à septembre, la mousson détermine le climat. Dans l'est et au pied de l'Himalaya, en particulier, de violentes averses ora­geuses noient fréquemment les voies de communication. Les pluies diminuent en durée et en intensité vers l'ouest. II pleut rarement toute une journée. Les températures se situent environ à 10°C au-dessous de celles de l'été.

Sont exempts de droits de douane : 200 cigarettes (100 au Népal) ou l'équivalent en tabac, 0,951 de boissons alcoolisées, 1 appareil photographique et 25 pelli­cules, 1 caméra et deux films, 1 montre, 1 magnétophone, un poste à transistors, 1 instrument de musique portatif.

La douane peut exiger la réexpor­tation d'articles de grande valeur. Elle établit un re-export form qu'il faut présenter au départ avec l'objet concerné.

Au retour, la douane française vous permet d'apporter 100 g de thé, tout supplément étant taxé.

Habillement

Pour l'été. et la période de mous­son, il vous faudra des vêtements de coton légers. En hiver, vous aurez besoin de lainages et, pour les nuits, de gros chandails et de pantalons chauds. Beaucoup d'hô­tels ne sont pas chauffés et souvent les couvertures sont insuffisantes. Pour l'Himiilaya, prévoyez des vête­ments très chauds.

© Des hôtels de luxe 5 étoiles

aux modestes auberges, l'Inde dispose d'une large gamme de lieux d'hébergement. Tous les hôtels 4 et 5 étoiles sont équipés d'installations d'air conditionné mais même les hôtels modestes disposent de cham­bres climatisées avec douche et toi­lettes individuelles. De plus, les hôtels se partagent en deux catégo­ries : les hôtels de style occidental et les hôtels de style indien. Dans ces derniers, on sert le plus souvent une cuisine végétarienne.

Au Népal et au Bhûtân, seules quelques agglomérations importan­tes ont des hôtels confortables.

® Ni l'Inde, ni le Népal, ni le

Bhûtân n'acceptent l'importa­tion ou l'exportation de la devise nationale. On peut changer sans problème des francs français ou suisses, des dollars américains ainsi que des chèques de voyage libellés dans ces monnaies. L'importation de devises étrangères est illimitée, mais soumise à déclaration. Veillez à ce que toute opération de change soit portée sur cette déclaration, elle vous sera réclamée au départ, surtout si vous désirez changer la monnaie locale qui vous reste.

Inde : 1 roupie - 100 paise (1 F - 2,27 roupies ; 1 roupie - 0,45 F).

Les hôteliers indiens demandent souvent que l'on règle la note en devises étrangères.

Népal : 1 roupie (NR) - 100 paise (1 F - 3,53 NP).

Au départ, vous ne pouvez recon­vertir que 10 % du montant que vous avez changé à l'arrivée.

Bhûtân : 1 roupie (BR) - 100 paise (la BR est alignée sur la roupie indienne).

Les formalités sont sujettes à

variation. Renseignez-vous suf­fisamment à l'avance dans les con­sulats ou les agences de voyage.

Inde. Un passeport en cours de validité avec un visa de tourisme ou de transit. Le premier est valable pour trois mois, le deuxième pour quinze jours. Tous ' deux sont délivrés par les représentations diplomatiques indiennes auxquelles il faut demander un formulaire (avec une enveloppe timbrée), à retourner avec deux photographies d'identité, un passeport valable pour 6 mois au moins, la justification d'un billet de retour ou de poursuite du voyage et celle de l'acquittement des frais de visa (reçu postal) ainsi qu'une enveloppe affranchie pour un envoi recommandé. Cette formalité doit être faite au moins 3 semaines avant le départ. L'arrivée en Inde, en revanche, ne pourra pas avoir lieu plus de trois mois au-delà de la date d'obtention du visa.

Ce visa ne permet pas de visiter toute l'Inde. Il faut une autorisation spéciale pour le Pânjâb, le Sikkim et les « Restricted Areas », des régions septentrionales et orientales de l'État du Bengale.

Népal. Le visa est délivré dans les consulats compétents sur pré­sentation d'un passeport en cours de validité, d'une photo d'identité, d'un formulaire rempli, du certificat de réservation d'une agence de voyage et d'un justificatif de règle­ment des frais de visa. Celui-ci est valable 30 jours. Il permet de visiter la vallée de Kàtmându Pokhara et les agglomérations sur les routes menant en Inde et en Chine. La visite d'autres lieux exige un trek­king permit délivré par l'Immigra­tion Office, Maiti Devi, Kâtmându.

Bhûtân. Il faut demander le visa huit semaines au moins avant le départ, auprès des représentations diplomatiques à Delhi ou à New York. Ne pas oublier que, pour s'y rendre, il faut posséder l'autorisa­tion spéciale d'accès aux . Restric­ted Areas » de l'Inde.

La prophylaxie du paludisme est conseillée pour l'Inde et le Népal.

La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs ayant transité par une région infestée 6 jours avant leur arrivée.

Nous recommandons aussi la vac­cination contre le tétanos et une injection de gammaglobuline contre l'hépatite. Par contre, l'utilité et l'efficacité de la prévention contre le choléra sont contestées.

On ne devrait pas faire l'économie d'une assurance maladie de voyage qui, outre les frais médicadx, couvre le coût d'un éventuel rapatriement. Au Népal et au Bhûtân, il n'y a actuellement pas un seul hôpital qui soit approprié au traitement des Européens !

Dans votre pharmacie de voyage, vous emporterez tous les médica­ments que vous utilisez régulière­ment, ainsi que des comprimés con­tre les refroidissements, un produit contre les piqures d'insectes, des médicaments contre les infections intestinales, des somnifères et des pansements pour les petites blessu­res. Si vous voyagez en montagne, n'oubliez pas de vous munir d'une bonne crème solaire.

Sur place, il faut prendre certai­nes précautions pour se préserver de maladies. S'abstenir, par exem­ple, de boire de l'eau du robinet ou s'en servir pour se laver les dents. Le thé fraîchement préparé est le meilleur substitut. Ne jamais boire de lait, ni manger des fruits non épluchés, des légumes crus, des gâteaux à la crème ou des glaces ! Il est toujours risqué de se baigner dans les rivières, et surtout les étangs, même si les autochtones le font.

 

Voyager en Inde

Indian Airlines (et non Air India) entretient un vaste réseau intérieur.

Discover India Ticket » permet d'effectuer un nombre illimité de vols pendant 21 jours pour 375 dollars américains. Un autre billet, valable 15 jours sur six itinéraires, coûte 300 dollars. Les moins de 30 ans payant en devises fortes bénéfi­cient d'une réduction de 25 %. Pre­nez garde de réserver tous les vols à temps, et, dès l'arrivée à destina­tion, demandez confirmation de votre correspondance ou de votre retour.

L'Inde dispose du quatrième réseau ferroviaire du monde (60 000 km). On distingue les clas­ses suivantes : air-conditioned first class (he classe avec air condi­tionné, wagon-lit la nuit), first class

(avec ventilateurs et couchettes) au même prix que air-conditioned chair car (voiture climatisée avec places assises), second class.

« Indrail Pass e, délivré dans les gares des grandes villes (reservation office) et les aéroports, propose des voyages particulièrement avanta­geux pour différentes périodes et classes. Exemple : 21 jours air-con­ditioned, 280 dollars américains ; 21 jours first clans, 140 dollars et 21 jours second class 65 dollars.

On ne peut louer de voitures qu'avec chauffeur. Les tarifs sont variables mais, malgré le chauffeur, moins chers qu'en France.