Invitation en Inde du
Nord
INDE est le pays des pays, le
plus beau de tous », écrivait le poète Mohammed Igbi.l, et il semble que la foule des
pèlerins du
Gange, mais aussi les milliers de visiteurs venus des quatre coins du globe lui aient donné
raison.
Tous sont
tombés sous le charme de l'Inde des mystiques et des philosophes, des temples
et des danseurs, des penseurs et des magiciens. Depuis des décennies, l'Inde est le lieu
de prédilection des touristes du monde entier. Il est vrai qu'elle recèle des beautés incomparables : la
splendeur des stûpas et des Bouddhas, l'architecture classique des mosquées, des tombeaux et des
palais, les temples hindous aux
proportions gigantesques, avec leurs statues de pierre d'un réalisme saisissant qui, en une infinie variété
de sentiments humains, symbolisent toutes les étapes qui mènent du ravissement au détachement, de la
passion au dépassement de la souffrance, de l'extase érotique au renoncement.
Trois
grands courants religieux interfèrent en Inde : l'hindouisme, le bouddhisme et l'islam. De nombreuses
civilisations se succédèrent, se mélangèrent, donnant naissance à des entités bien
déterminées comme c'est le cas au
Râjasthân, le pays des légendaires Râjput. Les
origines historiques de l'Inde, qui
remontent à près de 6 000 ans, demeurent très obscures. C'est souvent à
travers la légende que l'on découvre
l'histoire.
L'Inde
n'est pas un pays, mais un continent aux contrastes infinis, la patrie de
peuples innombrables, de races, de castes et de communautés religieuses fort
diverses. Au seuil de deux ères, l'Inde
est en proie à d'énormes
contradictions sociales qui se manifestent par l'antagonisme entre une pauvreté
infinie et une richesse démesurée,
entre les mendiants et les maharajahs, les taudis et les immeubles modernes mais aussi par la coexistence de la plus
grande érudition et de la superstition la plus profonde, celle d'aciéries et de forges rustiques, de roues à eau et de barrages
hydroélectriques, de charmeurs de serpents et de physiciens nucléaires.
Septième pays du
monde par sa superficie, l'Inde présente tous les paysages propres à l'Asie, des sommets enneigés et des glaciers de l'Himalaya
aux forêts tropicales du Sud en passant par les vallées fluviales les plus fertiles et le grand plateau dépouillé
de l'intérieur.
Descendant de plus de
8 000 m, les eaux de l'Himâaya alimentent le
Gange, l'Indus et le Brahmapoutre qui s'épanchent dans les vastes plaines indiennes. Sur ce sol inondé et
extrêmement fertile sont apparues dès les IIIe et Ne millénaires av. J.-C. des
cultures avancées et des
civilisations urbaines, comme par exemple celles de MohenjoDaro et d'Harappâ.
À
côté des oeuvres de l'art hindou on peut voir,. dans l'Inde du Nord surtout, les majestueux témoins de la
civilisation musulmane forts, tombeaux et
mosquées, palais moghols
dont la décoration, dépourvue de
représentation figurative, devient le symbole
de la clarté, du silence et de la
beauté.
Lorsque
les musulmans envahirent l'Inde par le nord-ouest, ils jetèrent sur les routes des milliers de fugitifs.
Princes et souverains sauvèrent leur vie en
même temps que leur héritage culturel hindou et bouddhique en gagnant
l'Himalaya. Les plus hautes montagnes du monde
devinrent le dépositaire de la civilisation du sous-continent.
Alors
que le bouddhisme avait presque totalement disparu en Inde, pays où il avait vu le
jour, une destinée toute particulière l'attendait dans l'Himalaya. Au
VIII- siècle, le vajrayana, ou « véhicule du Diamant », troisième grand
courant du bouddhisme, fusionna, au Tibet, avec l'antique religion boen, celle des esprits, des démons, des dieux et des prêtres
sorciers, pour devenir la doctrine des moines et des lamas, le lamaïsme. Depuis l'invasion des
Chinois (1950) et la fuite du dalal-lama
(1959), l'ancient Tibet n'est plus. Mais les États voisins, le Ladâkh, l'Himâchal Pradesh, de vastes régions du Népal, l'Armachal Pradesh, le Sikldm et le Bhûtân abritent
les adeptes du bouddhisme tibétain qui préservent son héritage.
Un
voyage dans l'Himalaya permet de pénétrer dans les sphères de la dernière civilisation
qui ait conservé son intégralité. Là où les montagnes sont considérées comme l'antre des dieux, l'homme vit encore en harmonie avec
le conscient et l'inconscient, l'âme et le corps, le monde et le domaine supraterrestre. C'est dans
ces régions que
le visiteur sera frappé de la justesse des paroles d'André Malraux « Dans un rêve et loin de nous, l'Inde
appartient à l'ancien Orient de notre âme. »
Les religions en Inde L'hindouisme - une religion mondiale
La religion
prédominante est l'hindouisme : c'est celle de 80 % de la population indienne. Ses origines remontent au
IIIe siècle av. J.-C. Aujourd'hui réapparaissent dans l'hindouisme, les
formes de croyance pré-aryennes telles que le culte phallique, l'adoration de déesses mères ou d'animaux et de
plantes sacrés, dont on a découvert des traces lors des fouilles de Mohenjo-Dâro et
d'Harappà, les deux grandes villes des plus anciennes civilisations qui se sont développées dans la vallée de l'Indus
et dans le Pànjâb. Le déploiement de cette religion que l'on définit souvent comme la «
religion de la Loi invariable de l'Univers » s'étend sur des millénaires. Selon sa
conception, le monde n'est pas issu des mains d'un créateur, mais il se trouve - en vertu de son ordre propre,
le dharma - en perpétuel devenir. Le dharma, la Loi du Bon Ordre de
l'Univers, est la force agissante qui régit aussi bien le macrocosme que le microcosme.
L'hindouisme
n'est pas une religion uniforme mais plutôt un vaste cadre dans lequel
coexistent de multiples formes religieuses. Chaque hindou est libre de croire
en plusieurs dieux ou de n'en vénérer aucun. Il n'existe ni dogmes ni rituels préétablis.
On peut adorer Dieu dans un fétiche, un animal, un arbre, une image ou un
esprit, et vénérer ses dieux par des cérémonies envoûtantes, des prières
ferventes, des rites sacrificiels, des danses effrénées, ou bien, en pèlerin solitaire, par
l'ascèse et la méditation.
Le système des castes. Nombre de savants et de sociologues décrivent l'hindouisme
comme une manière d'être qui ne se limite pas à la pensée religieuse. La
plupart des normes de vie des Indiens sont d'origine aryenne. Les Aryens, qui arrivèrent
en Inde vers 1500 av. J.-C.,
étaient
blancs de peau, et ne voulaient pas se mélanger à la population indigène,
de peur que leur race ne se perde dans le peuple conquis, nettement supérieur
en nombre. Dès lors, ils instaurèrent des lois relatives au mariage qui n'étaient autres
qu'un premier système de castes fondé sur la race ; plus tard, ce système devait s'appliquer essentiellement à une classification d'ordre
social.
On distingue quatre
castes : les brahmanes - prêtres, intellectuels, « aristocrates » ; les kshatriya - guerriers ; les vaishya - commerçants, hommes d'affaires,
artistes et artisans d'art ; et enfin les shudra qui comprennent les paysans, les ouvriers et les manoeuvres. À ces
quatre ordres principaux s'ajoutent des sous-castes, et ce sont précisément celles-ci qui
jouent un rôle déterminant dans la société hindouiste. Rien n'est le fruit du
hasard, tel est l'enseignement de la doctrine hindouiste : je suis ce que j'ai été et je deviendrai ce que je suis. C'est-à-dire que ma
vie présente est la conséquence des actes accomplis dans mes existences
précédentes, et ma prochaine vie sera le
reflet de mon existence actuelle. C'est ce que les Indiens appellent le karma, l'expression de l'Ordre de l'Univers auquel croit
l'hindou.
Réincarnation
- yoga - nirvâna. Selon son karma, l'hindou est réincarné. Très peu d'hommes sont libérés du
cycle des renaissances et atteignent
à la félicité suprême, au nirvâna. Le yoga est un des moyens qui permettent de parvenir à cet état supérieur.
Yoga signifie maîtrise
du corps, de l'esprit et de l'âme, et très grande autodiscipline. Cette
pratique exige une éthique et une ascèse très strictes. On appelle yogis ceux qui
consacrent leur vie à la pratique du yoga.
Guru
- disciple - ashram.
Les anciens textes sacrés indiquent que seul
un maître reconnu (guru) peut enseigner la connaissance profonde, et que celle-ci ne doit être
transmise qu'à un élève choisi, doué d'une
moralité irréprochable. Souvent, les gurus enseignent dans des ashram, sorte d'ermitages dans lesquels des milliers
d'Indiens - et aujourd'hui quelques
Européens aussi - se
retirent temporairement ou pour toujours, pour s'adonner, auprès du guru, à la méditation et à l'étude des textes
sacrés.
La « vache sacrée »
des hindous. Les fameuses » vaches sacrées» sont aujourd'hui encore sujettes à controverse. En
dépit des protestations de certains Indiens ouverts au modernisme, ces bêtes sont toujours
considérées comme sacrées par la majorité de la population. Dieu est partout,
dit l'hindou, dans tous les êtres vivants. Or, cet animal est particulièrement utile au peuple
indien, puisqu'il sert de bête de trait pour les travaux des champs, mais fournit aussi du
lait et du
combustible :
depuis toujours, la bouse de vache séchée est le meilleur « charbon » de l'Inde.
La
notion de temps dans l'hindouisme - le cercle magique. pour les Asiatiques, le cercle représente l'espace et le
temps. Le mouvement linéaire et la notion de temps au sens de progression n'existent pas. Les temps se succèdent de
façon cyclique. En tant que définition de l'espace, le cercle a une signification magique. Celui qui y est enfermé se trouve protégé par
une force secrète qui se concentre vers l'intérieur. Du centre du cercle émane à nouveau une force qui vient envelopper celle
qui entourait le centre. Ainsi s'explique la configuration des temples, des autels et des
sanctuaires. Le temps et l'espace se rejoignent en un cercle. Le cercle représente
l'espace du temps
dans lequel tout revient périodiquement en se transformant.
Les dieux de
l'hindouisme
Le
panthéon des divinités hindoues, très complexe, s'est trouvé enrichi de nouveaux
dieux, en raison de la puissance grandissante des brahmanes. Au-dessus des anciens dieux aryens - Indra, Agni, Varuna et Mitra - siègent maintenant Brahmâ, Vishnu et Çiva.
Brahmâ : Brahmd, à l'origine principe de la création et de la toute puissance et considéré
par beaucoup d'hindous comme le plus grand maître de l'univers, a perdu de sa
prééminence. Pour la plupart des adeptes de l'hindouisme, il n'est plus aujourd'hui que
l'architecte de l'univers. Il est
généralement représenté avec quatre têtes et quatre bras, dans lesquels il tient une partie des Vedda, une cuillère pour les cérémonies de purification, un
chapelet et un récipient contenant de l'eau
pour la purification.
Vishnu
: plus important que Brahmâ, Vishnu était déjà
mentionné dans les Vedda. Il représente le
principe de conservation du monde. Lorsque
l'humanité court un danger ou est menacée de déchéance, Vishnu apparaît sous la
forme d'un animal ou d'un humain, pour la protéger. Il est représenté, entre autres, sous la forme d'un poisson, d'une tortue, d'un nain, d'un lion, d'un sanglier, de Râma, de Krishna ou de Bouddha.
Il
tient un disque dans la main, un coquillage dans une autre, parfois
il porte une massue ou un bâton dans une autre main et une fleur de lotus dans une quatrième. On dit qu'il
est déjà venu neuf fois sur la terre
et on attend la dixième.
II faut comprendre la
dernière incarnation sous la forme de Bouddha comme un compromis avec le bouddhisme. Ainsi, en Inde, le bouddhisme s'est trouvé absorbé et l'on est revenu à la culture hindoue la plus ancienne.
Vishnu a le pouvoir d'emporter dans son royaume céleste ses adorateurs qui y vivront dans
la félicité éternelle.
Çiva
: le roi de
la danse (Natar(ia)
est le
dieu préféré des hindous ; on l'appelle aussi Mahâdeva (Grand Dieu). Comme beaucoup de personnages mythiques et
de divinités, il a un double visage et incarne à la fois les forces créatrices et les
forces destructives de l'univers.
Çiva a deux grands ancêtres : l'archer védique Rudra, qui envoie les maladies et les guérit, et un dieu de la nature pré-aryen
qui apparaît dans le signe du lingam, le phallus, comme symbole de la puissance créatrice et reproductrice. Dans tous
les temples de Çiva, on trouve ce
symbole, accompagné du yoni, le sexe féminin. Le principe de la création y est toujours présent.
Dans ses quatre mains, Çiva tient : un trident, une antilope, un noeud
coulant, pour attacher ses ennemis, et une
sorte de tambour. Il porte parfois une peau de tigre autour de la taille. Il
est moins humain que Vishnu, ce qui
lui confère un caractère encore plus mystique (voir également La danse indienne.)
Lakshf
: déesse de la beauté, du
bonheur et de la richesse, épouse de Vishnu. Ce sont les dieux et les démons qui l'ont fait
naître de l'écume en remuant
l'océan. Son image orne la maison de beaucoup de commerçants. Lakshi est vénérée lors du Divali (fête des lumières).
Sarasvati
: déesse de la musique, de
la langue, des arts et de la littérature. Épouse de Brahmâ. Elle chevauche un paon et
tient dans ses
bras un instrument de musique : une vina.
Pârvati
: déesse de la beauté,
épouse de Çiva, Pàrvatf apparaît aussi sous un aspect effrayant ; on l'appelle alors
Durgâ
(ou Kali) est une déesse cruelle dont on apaise la colèree par des sacrifices
sanglants. Au Sud, Durgâ/Kali est appelée Bhavani.
Devi : en général est une déesse
qui incarne P& vati.
Gane§a
: le dieu à tête
d'éléphant, fils de Çiva ; on
l'appelle également Ganpati. C'est le dieu de l'apprentissage et de la réussite.
II est invoqué en exergue à
tous les livres.
Kârttikeya
: dieu de la guerre,
second fils de Çiva. C'est lui qui conduit toutes les légions des démons bienfaisants. Dans le sud de l'Inde, on le nomme Skanda ou Subrahmanya.
Hanumân
: le dieu des singes ou
général des singes. Personnage épique du Râmâyana. II aide Râma à reconquérir Sïtâ, sa femmé, enlevée par le roi des démons, Riivana, et retenue prisonnière
dans l'île de
Ceylan.
Râma : demi-dieu, héros du Ramayana. Incarnation de Vishnu.
Krishna : le
dieu joyeux des paysans et des classes pauvres, souvent peint en bleu foncé. On le représente debout sur
un serpent dont il saisit le corps
de la main gauche, et une fleur de lotus de la main droite ;
quelquefois, il est représenté jouant
de la flûte.
Bouddha :
incarnation de Vishnu.
Le bouddhisme
Plus
de 2 500 ans se sont écoulés depuis la naissance du prince Siddhârtha appelé Bouddha, après son illumination - en 560 av. J.-C. à Kapilavastu, dans
l'actuel Népal. On peut le considérer comme le grand réformateur de l'hindouisme et de
ses innombrables divinités, comme le fondateur d'une religion qui ébranla le pouvoir des
brahmanes dont le ritualisme devenait excessif. Siddhârtha Gautama Bouddha vécut 80 ans. Par sa vie exemplaire, son enseignement et ses prédications, par ses
connaissances et son éveil, il a mis en
place les fondements de la religion bouddhiste
qui compte aujourd'hui en Asie 250
millions d'adeptes.
L'enseignement
du maître. Lors d'une vision intérieure Bouddha eut soudain la connaissance de l'Ordre de l'Univers
- le dharma - qui fait naître, mourir et renaître tous les
hommes, qui les confine éternellement dans la souffrance et la misère, jusqu'à ce
que, par la maîtrise de soi, par le renoncement à la
haine, au vice et au désir, ils parviennent à
la pure réalité, à l'éveil et à la libération finale, le nirvâna (échapper au cycle des renaissances). D'après
l'enseignement du Bouddha, on ne peut atteindre le nirvâna que lorsque l'on
connaît les Quatre Nobles Vérités : la vérité de la souffrance, la vérité de l'origine de la
souffrance, la vérité de la cessation de la souffrance et la grande vérité du
sentier qui mène à la cessation de la souffrance. Tout ce qui est
déterminé par le désir est souffrance : la vie est souffrance, la mort aussi. On parvient à supprimer la
souffrance en
abandonnant
le désir, en niant tout désir. Pour cela, on peut suivre le Noble sentier octuple : compréhension juste,
pensée juste, parole . juste, action juste,
moyens d'existence justes, efforts justes, attention
juste et concentration juste (c'est-à-dire méditation).
Sur
les pas de Bouddha. Bouddha n'a nommé personne pour lui succéder. Après qu'il fût
parvenu au nirvâna, au seuil de sa mort, vers 480 av. J. -C., les paroles qu'il avait prononcées de son vivant demeuraient toujours
valables : K Celui qui connaît
l'enseignement me connaît. » Ce testament qui dénotait une grande générosité provoqua bientôt un
véritable éclatement de la communauté bouddhiste. En l'absence d'une autorité formelle,
l'interprétation arbitraire de la parole de Bouddha par différents groupes fut
d'autant plus facile que l'auguste maître n'avait laissé aucune trace écrite de son enseignement.
Le
Petit Véhicule. Deux groupes se distinguèrent, l'un qui notamment, se
réclamant des thera, les anciens moines bouddhistes, prétendit être le seul à connaître la véritable
parole du Bouddha. Ces thera
vadins, qui
se dispersèrent plus tard en onze écoles, sont les tenants du hînayâna, ou Petit
Véhicule. Selon
eux, Bouddha est bien, de par sa vie et son accession au nirvâna, un exemple unique, mais il n'en demeure pas
moins humain. Le hînayâna ne connaît~ d'autre méthode que celle qui est liée à la
connaissance personnelle et solitaire, à la fuite loin du monde, à l'errance du
corps et à l'ascèse. Cette sévère doctrine puritaine qui compte aujourd'hui encore de nombreux adeptes au Sri
Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge, au Laos et au Viêt-nam, n'offre à l'homme aucune
possibilité de recourir à un dieu
ou à plusieurs divinités, ni de croire à la
rédemption par la grâce.
Le Grand Véhicule. Dans
le mahâyâna,
ou Grand Véhicule, réparti lui aussi en plusieurs écoles, on accepte de faire des compromis avec les religions existantes. La
doctrine se compose d'une structure bien
déterminée sur laquelle viennent se
greffer de nombreux enjolivements.
Bouddha devient un être supraterrestre plein de grâce. À côté de la connaissance, existe la croyance en
l'unité de l'univers. Le mahâyâna
invite à suivre de nouveaux sentiers, à pratiquer de nouveaux rites plus compréhensibles pour le
profane, pour parvenir à la
libération, échapper au cycle perpétuel des renaissances, atteindre la félicité ultime dans le nirvâna, qui demeure
l'idée maîtresse de tous les courants
bouddhistes. Le mahâyâna a repris certaines divinités hindoues. À la
place d'Arhat, le sage, le saint qui en pratiquant une ascèse très sévère parvient à la libération en
accédant à la connaissance par
lui-même, intervient le nouvel idéal du
bodhisattva, « l'être d'illumination », qui, alors qu'il est destiné à
l'illumination, s'arrête au seuil du nirvâna et, par compassion pour le
monde qui souffre, fait le voeu de
ne pas chercher à atteindre l'illumination pour luimême avant d'avoir
aidé tous les êtres à parvenir à l'état d'éveil.
Le Véhicule du
Diamant. Vers le milieu du IeL millénaire ap. J.-C.
apparut un troisième courant
bouddhiste, le vajrayzna ou Véhicule
du Diamant, ainsi appelé parce que ses prêtres portaient
le sceptre de diamants, de la sagesse et de
la connaissance suprême, le vajra. Sous l'influence de la renaissance de
l'hindouisme, le vajrayâha adopte de plus en plus de divinités étrangères mais il reprend également à son compte des doctrines et des rituels étrangers, tirés des tantra,
c'est-à-dire des écrits secrets.
Hormis les pratiques occultes, tout à
fait superficielles reposant sur la magie des incantations, des gestes, du sacrifice et des rythmes, il y avait
aussi la quête spirituelle de
certains mystiques réellement sérieux, qui s'étaient voués à une doctrine ésotérique et à des cultes par lesquels
ils devaient aboutir à l'union avec
l'Absolu. Le symbole en est l'Adi-Bouddha ou Bouddha primordial. Cette notion d'Adi-Bouddha, d'où découlent tous les autres Bouddhas et bodhisattva, trouve son
accomplissement au Xe siècle dans le système
du kalaçakra qui a eu en Inde une influence grandissante. Il va de soi que ces doctrines
ésotériques et ces systèmes complexes
nécessitaient une initiation spécifique. C'est ainsi que le guru, le
maître, devint l'un des personnages les plus importants dans le
bouddhisme vajrayâna comme plus tard dans le lamaïsme. Il n'est pas rare que le guru, qui joue le rôle de gardien
de la connaissance secrète, soit élevé au rang de Bouddha. Dans la hiérarchie du lamaïsme, il occupe la première place. Viennent
ensuite les divinités protectrices - qui
sont les gardiennes de la Loi, les dharmapalas - les Bouddhas, les bodhisattava et enfin les yidams, divinités protectrices
particulières.
C'est
au Vile siècle que s'est produit l'érotisation du vajrayana. Aux Bouddhas, bodhisattva
et aux divinités protectrices s'ajoutent
alors des divinités féminines. Le point culminant du tantrisme, culte spécifique du vajrayâna, est l'iconographie
représentant des divinités tantôt
paisibles, tantôt courroucées, livrées aux plaisirs sacrés de l'amour -
appelés yab-yum au Tibet.
Le
lamaïsme. Le domaine du bouddhisme tibétain, ou bouddhisme de l'Himâlaya, dépasse
largement les confins du Tibet, d'où il est issu.
Le
philosophe et tantriste indien Padma-Sambhava, que l'on vénère comme un demi-dieu dans
l'Himalaya, joue un rôle tout particulier pour le bouddhisme tibétain. Appelé au Tibet au
VIUe siècle par le roi Srongtsan Gampo pour mettre fin aux agissements des esprits et des démons, et consolider le
bouddhisme apparu dans ce pays 100 ans auparavant, il mit en oeuvre tous ses pouvoirs magiques pour y parvenir. Lorsque le
maître indien réussit enfin à assujettir les démons et à faire des dieux et
des esprits de l'époque pré-bouddhique les « protecteurs de la doctrine »,
le lamaïsme,
dogme
des lamas (prêtres) était né. Si
l'on en croit la légende, Padma-Sambhava propagea cette„ forme de bouddhisme dans d'autres pays de
l'Himalaya, en particulier au Sikldm
et au Bhfltân.
Quelles
que soient les sectes qui ont pu se constituer dans les pays avoisinants, le souverain spirituel tibétain,
le dalaï-lama
est
toujours resté
le plus grand dignitaire ecclésiastique du bouddhisme tibétain, même après sa
fuite en Inde en 1959, sous la pression des Chinois. Le dalai-lama a autorité
sur toutes les sectes.
Yab-yum. Pour tous les
bouddhistes himalayens, le plus éminent symbole de l'unité de l'univers est le yab-yum le couple de dieux unis dans l'acte d'amour.
C'est là, en dehors des représentations de Bouddhas et de bodhisattva, le principal thème
traité par les artistes lamaïstes. L'étreinte sexuelle du bodhisattva et de
divinités protectrices avec leur prajna ou dakini, sous la forme féminine, symbolise une idée essentielle du
lamaïsme : l'union gémellaire des
contraires. Par leur union, les
deux êtres détruisent l'antagonisme entre le principe
féminin et le principe masculin, entre la sagesse, le sentier et la méthode. Ils atteignent l'état de la
non-dualité triomphante où chacun
est les deux et où les deux sont l'un.
Tantrisme - tantra
Le
tantrisme,
mouvement
dont les origines remontent en Inde à quelque 500 ans, est, en simplifiant à l'extrême, un
culte de l'extase, la forme passionnée de tous les rites religieux. Le tantrisme tire son nom des tantra, les écrits sacrés des çakta, adorateurs de
Çakti, la forme féminine du dieu Çiva. Outre
des dialogues entre Çiva et Çakti, les
tantra comprennent des enseignements mystico-magiques, des rituels
et des cérémonies pour le culte, des directives pour la méditation et des spéculations métaphysiques. Le
terme de tantra désigne à la fois un
système de dogmes et de rites et les écrits sur lesquels ce système se fonde.
Le
tantra n'est pas une religion
mais une méthode permettant de mettre en action ses forces spirituelles. Le but de toute
cérémonie tantrique
est l'expérience de l'interprétation universelle et béatifique de l'homme : « Je suis dans l'univers et l'univers est en
moi. » Les sentiers qu'il faut suivre pour
parvenir à ce but ont été représentés, dans
les temples bouddhistes par des images, des fresques et des statues. Ces sentiers sont opposés
les uns aux autres : on se détourne du monde par la méditation, on se tourne vers le monde par l'amour.
Des
méthodes tantriques subsistent dans toutes les religions asiatiques.
Le jaïnisme
L'hindouisme
védique n'est pas né du seul bouddhisme. Un autre grand penseur d'avant
notre ère a aussi présidé à son apparition
Mahavira, prince de la caste des kshatriya, né vers 600 av. J.-C. dans l'actuel
Bihâr. Après douze ans d'ascèse et d'études philosophiques, Mahâvira devint un jina, un « victorieux ».
Il pensait que, tous
les êtres ayant une âme, ils devaient être protégés.
Sa doctrine, le jaïnisme, interdit de tuer. Bien qu'il admît la loi du karma, selon
laquelle la vie de tout homme est déterminé par ses bonnes et ses mauvaises actions, Mahâvira réprouvait le système des castes.
Comme le bouddhisme, le jaïnisme nie l'existence des dieux.
L'islam
L'islam
est la troisième grande religion du sous-continent indien. Elle n'est pas née en
Inde mais y a été apportée par les conquérants musulmans, dont la culture a profondément marqué la
civilisation indienne, laquelle
revêt depuis deux visages. Quiconque a
étudié l'Inde sait que l'on ne peut comprendre ce pays qu'en le
considérant sous le double aspect de
l'hindouisme et de l'islam.
Dans
les régions conquises, l'islam a rencontré des religions et des civilisations très
évoluées et n'a pas échappé à l'influence de leurs dogmes mystiques et métaphysiques ; toufefois, ce contact ne l'a pas modifié de manière décisive. L'islam est toujours
resté une entité homogène et
hermétique à côté de la culture hindouiste.
Les
habitants de la vallée de l'Indus divinrent musulmans dès 712, mais la conquête ne
commença réellement qu'au XlUe siècle. La première apogée de la domination musulmane fut la
fondation, en
1206, du
sultanat de Delhi par le général Koutb ed-Din Aibak. Au Bengale, au Bihâr, au
Gujarât et dans la péninsule du Deccan furent instaurés des États islamiques. De nos jours,
l'Inde compte environ 85 millions de musulmans.
Le mot « islam », forgé
au Vlle siècle par le prophète Mahomet pour désigner sa religion, signifie : soumission - dévouement à Allah, le dieu unique - et à tous ses prophètes. Mahomet a imposé à ses adeptes six devoirs
canoniques :
la foi en
Allah, le jeûne pendant le ramadan, un pèlerinage à La Mecque, le don d'aumônes,
les ablutions et
la prière.
Toutes
les doctrines et toutes les règles de l'islam sont consignées dans le livre saint des musulmans, le Coran. Ce livre saint est
l'ceuvre du
Prophète. Lui seul a eu la révélation de Dieu par l'intermédiaire de l'archange Gabriel.
Selon qu'il accomplit
de bonnes ou de mauvaises actions, l'homme est
exhaussé ou puni. Allah est si absolu et tout-puissant qu'il détermine toute la vie de ses créatures. L'homme
est responsable devant lui seul, car il est, comme le dit le Coran e le Très Haut, le Miséricordieux - il
n'existe aucun Dieu en dehors de lui, le Vivant, l'Éternel ! Le sommeil ne l'atteint jamais. »
En
se réclamant de l'infaillibilité de sa doctrine et de l'omnipotence de son dieu, l'islam
s'est toujours posé comme un défi à l'hindouisme.
Le sikhisme
La
religion des sikhs est née de la tentative de fusionner l'hindouisme et l'islam. Son
fondateur, considéré comme un guru, Nanak, qui vécut vers 1500 ap. J.-C., enseigna
le monothéisme et préconisa l'extase mystique. Il proscrivit le système
des castes et l'adoration des dieux.. Il n'y
a ni hindous, ni musulmans », enseignait-il à ses disciples, « mais seulement des sikhs »,
c'est-à-dire des « disciples ». Ce
n'est donc pas un hasard si, dans le lieu saint des sikhs, le temple d'Or
d'Amritsar, est conservé le Granth Sahib, le Livre saint : la lecture à haute voix de
ses paroles de sagesse fait partie, avec la prière
commune, des éléments fondamentaux du culte sikh.
L'art en Inde
Aperçu historique
Architecture. Il faut
d'abord mentionner l'architecture de MohenjoDaro et Harrapii,
dite civilisation de l'Indus, qui se situe entre 27502000 et 1400 av. J.-C.
De l'époque indo-aryenne, qui débute avec la
pénétration aryenne de 1400 à 1200 et s'achève vers 300 av. J.-C., il reste très peu de choses.
Ce n'est qu'avec l'architecture bouddhique de la première époque (Ve au Ie7 siècle av. J.-C.), notamment sous le règne de l'empereur Açoka (Ille siècle av. J.-C.) que l'art architectural connaît un nouvel essor. Pour la première
fois, on construit en pierre et non plus en
bois. L'un des éléments importants du règne d'Açoka sont les piliers, dans lesquels l'empereur faisait
graver ses édits. Le fameux pilier
d'Açoka orné des quatre lions et de la Roue de la Loi a servi de modèle pour l'emblème de la République indienne. À
la première époque a succédé l'époque classique. La période qui s'étend
de 200 av. J.-C. à 200
ap. J.-C. est généralement appelée période des stûpas et des chaitya.
Les plus célèbres se trouvent à Ellora, Ajanta et Sânchi. Les stûpas sont des
monuments commémoratifs bouddhiques, en forme de tertre, contenant des reliques, les chaitya sont des salles de prière.
Après l'invasion de
l'Inde par Alexandre le Grand en 325 av. J.-C., s'est développé, dans les
régions de la haute vallée de l'Indus, l'art gréco-bouddhique, que l'on
appelle souvent aussi art du Gandhâra. Son influence a été particulièrement marquante en
Inde du Nord (le, au Ve
siècle ap. J.-C.). Les sculptures
ont un caractère grec très marqué.
L'architecture
bouddhique classique atteint
son apogée pendant l'époque Gupta (320 à 500 ap. J.-C.). Les premiers temples hindouistes et jaïnistes se trouvaient, comme les vihâra bouddhiques, dans des grottes.
Avec
la dynastie des Cha-lukya
apparaît, au Vle
siècle, l'art du temple spécifiquement
indo-aryen, qui se caractérise par sa toursanctuaire, le çikhara, située au-dessus de là cella ou garba griha, sanctuaire abritant une statue du dieu. Cette
architecture n'a cessé ensuite de se
développer pour atteindre son apogée entre le VIlle et le Me siècle. Les temples du Moyen Âge indien (900-1400) sont très nombreux. Ceux de Khajura-ho, dotés de tours de style nagera (formées d'étages de
plus en plus étroits) comptent parmi les plus remarquables.
L'architecture musulmane débute au XIIIe siècle et connaît son apogée entre le XVIe et
le XVIIIe siècle, sous le règne des empereurs moghols. L'architecture islamique
de Syrie, d'Égypte,
de Perse et d'Asie centrale se
mêle ici à des éléments propres à la construction indienne, tels que les galeries soutenues par des consoles et les cours
entourées d'un péristyle, pour donner naissance à un style indomusulman très original. Les architectes musulmans ont apporté en Inde
les arcs et les voûtes en plein cintre, mais surtout les mosquées et les minarets, l'art funéraire, les mosaïques et
les motifs géométriques.
Le
plus célèbre édifice datant de la première époque des sultanats est le Qutb Minar de Delhi. À l'origine, le minaret qui
s'élevait à 72 m de hauteur devait servir à
appeler les fidèles à la prière dans la mosquée Quwwat-ul-Islam. Ce superbe bâtiment, couvert d'ornementations
et d'inscriptions décoratives, porte également le nom de tour de la Victoire (c'est-à-dire la victoire des
croyants de l'islam sur les infidèles).
Les
trésors de la culture islamique sont les tombeaux, comme le Taj Mahal à Âgra, les mosquées comme la Jama Masjid, la « grande mosquée
» de Delhi, les forts et les palais, les villes telles que Fatehpûr S kri.
L'architecture moderne de l'Inde prend corps avec le style colonial des Anglais. n s'agit d'un mélange bizarre entre le style
des Moghols et des maharajahs et la
conception britannique des formes figuratives. Toutefois, on ne peut parler d'architecture moderne en Inde que depuis la réalisation de Chandigârh par Le Corbusier, lequel
exerça une influence incontestable sur les architectes indiens qui ont conçu d'importants buildings à
Bombay, Delhi et dans d'autres grandes villes.
Sculpture.
Parallèlement à l'architecture, la sculpture fut, dès l'apparition de la civilisation de l'Indus, l'une des formes d'art les plus importantes en Inde. Elle tient aussi une
place prépondérante dans l'expression
artistique des pays de l'Himalaya.
Peinture.
Dès le Ier siècle av. J.-C., l'art pictural a été utilisé en Inde pour décorer les
temples et sanctuaires aménagés dans des cavernes.
Au
début du IXe siècle, la peinture rupestre a commencé à dépérir, laissant place à l'art
des miniatures. Celui-ci a d'abord pris son essor au sein de l'école Pala au Bengale (IXe-XIIe
siècles). Les manuscrits bouddhiques étaient illustrés sur des feuilles de
palmiers.
De
la même façon, les peintres de l'école du Gujarat (XIe-XVe siècles) orneront les manuscrits jaïns de
miniatures. On peut considérer l'école du Gujarât comme un pont entre les peintures
rupestres de
l'époque
Gupta et - depuis le milieu du XVIe
siècle les miniatures de Rzjasth7an et de l'Himâaya occidental (vallée de Kangra).
La peinture moghole
fut nettement influencée, dans la première moitié
du XVIe siècle par les traditions persanes. Les portraits, les scènes
de cour, de chasse et de batailles, brillantes
et hautes en couleur, sont empreintes du caractère séculaire de l'art
persan, qui' s'inspirait aussi de la
nature, prenant pour modèle les fleurs, les feuillages et les oiseaux. L'art moghol, tout
comme l'art des sultanats, fut
fortement marqué par l'apport indien.
Les mosquées
La mosquée est le lieu où
les musulmans se retrouvent pour la prière commune. Par beau temps, les fidèles peuvent prier dans une cour intérieure carrée entourée d'un péristyle et
fermée par un mur. Au milieu de la cour
se dresse généralement une fontaine qui sert aux ablutions obligatoires avant
chaque prière. L'un des murs de la mosquée doit être construit en direction du Qibl, c'est-à-dire vers La Mecque, ville sainte de
l'islam. Il en va de même du mihrâb, la niche dans
laquelle officie l'imam, qui récite de prières. Le visage tourné vers La Mecque, l'imam récite cinq fois par jour
des surates du Coran que les fidèles
répètent après lui. Le minaret est la tour du haut de laquelle le muezzin appelle à la prière cinq fois par jour, en criant « Allah est Allah et
Mahomet est son prophète, venez prier, venez prier ! »
Le temple, hindouiste
Presque
tous les temples hindouistes sont bâtis selon la même conception : le plan est un quadrilatère dans lequel l'hindou reconnaît
la
représentation de la terre et de l'univers : la terre, tel un carré limité par les montagnes, qui sont elles-mêmes entourées des océans
mystiques de l'univers infini, d'où jaillit la vie. Les bassins que l'on trouve dans les temples symbolisent ces eaux
sacrées.
Les
rituels ont lieu dans le sanctuaire dont l'emplacement est déterminé par l'intersection de deux axes
imaginaires : l'un est une ligne droite nord-sud qui représente l'axe du monde,
l'autre décrit le mouvement du soleil d'est
en ouest. Le cercle a aussi
sa place dans les
temples hindouistes où il symbolise le milieu magique. Sur le cercle
se dresse un monticule de pierre en escalier, la montagne du monde, Meru,
que l'on considérait comme le
domaine des dieux, le foyer de la
création. Pour bien comprendre la signification du temple hindouiste, il ne faut pas le considérer comme un
lieu de prière au sens traditionnel, mais plutôt comme une galerie
d'art. C'est le lieu où l'on rend hommage aux forces supraterrestres par le
biais des arts terrestres : la danse, la poésie, la musique et le genre
dramatique. À l'époque où
l'hindouisme connut son apogée, le
temple devint le centre de la vie
religieuse et sociale. On s'y retrouve le soir.
Les temples et les
monastères bouddhiques
La construction des temples
et des monastères bouddhiques a pour base certains éléments de la cosmologie bouddhique,
c'est-à-dire la représentation du cosmos telle qu'elle est
décrite dans les textes sacrés. Au centre de l'édifice est figuré le Sumeru où siègent les dieux et la force invincible : c'est le grand temple avec ses chambres secrètes et ses reliquaires. Aux quatre points
cardinaux se trouvent, selon la
conception bouddhiste, quatre continents de formes différentes (dvipa) ; à chacun d'entre eux sont reliés deux sous-continents.
Le plus souvent, un temple
de taille moyenne et deux plus
petits s'ajoutent au temple central, et ce,
aux quatre points cardinaux. L'ensemble
comprend encore d'autres sanctuaires :
des chorten,
reliquaires
bouddhiques, et des bâtiments annexes où habitent les -
moines. Souvent, les temples secrets, gcengkhang et naykhang
sont destinés aux divinités
protectrices, les
dharmapala,
chargés
de protéger
la Loi et aux divinités particulières, les yidam. Ainsi on voit que ces édifices qui, au premier abord, ne semblent qu'un amoncellement confus de
bâtiments, sont bien construits selon un plan précis.
Chorten. Le chorten,
sanctuaire typique de la tradition bouddhique himalayenne, est bâti sur le modèle du stûpa
indien. Son architecture est issue des anciens tombeaux en forme de tumulus. Les stûpas contiennent des reliques du Bouddha ou de ses
disciples. Le chorten abrite souvent aussi
les cendres d'un grand lama ou d'un saint. Pour la majeure partie des
croyants, il symbolise l'omniprésence de l'AdiBouddha, le premier Bouddha. Mais en outre, le chorten est l'image du
cosmos. Tout comme l'univers, il est composé des cinq éléments de toute
création : la terre, l'eau, le feu, l'air et l'éther. Les 13 marches
qui s'élèvent en cône au-dessus de la coupole, elle-même entourée d'eau, se
terminent par un parasol couronné du symbole gémellaire de la lune et du soleil. Sur ces derniers est posé un bâton ou une flamme en bois sculpté, symbolisant
l'illumination et la libération
qui!conduisent au nirvâna. C'est vers ce symbole couronnant le dôme cônique, qui représente les 13 étapes de la connaissance, que l'homme élève son regard. Ainsi le chorten
figure la démarche la plus difficile : la voie sur laquelle l'homme doit
s'engager s'il veut atteindre le nirvâna.
Bannières et murs de
prière
Tous
les chemins de pèlerinage de l'Himalaya sont jalonnés de chorten. Comme les
bannières portant des inscriptions pieuses, ils servent à indiquer les chemins qui mènent aux villages et aux monastères. On y
déambule en méditant, comme on le fait dans les enceintes de prières, les mani, dans lesquels, depuis des millénaires, des milliers de fidèles
viennent déposer une pierre en offrande. Ces lieux
saints sont empreints de ce qui fait vibrer les hommes dans les plus hautes montagnes du monde, ce qu'ils
murmurent pieusement des heures
durant, les mantra sacrés : Om Mani Padme Hum - Ô toi, bijou dans le lotus,
toi Bouddha dans le cceur de l'homme.
Tanka.
Le tanka est une image pieuse qui se présente sous la forme d'un rouleau : le plus souvent, elle
est peinte sur une toile et entourée de brocart ou de soie ; elle est censée aider à
la méditation. Lors des cérémonies rituelles au temple, on déroule les tanka et
on les accroche aux murs ; ils
sont parmi les créations artistiques les plus importantes du bouddhisme mahâyâna.
Les « tanka narratifs » figurent des scènes de la vie du Bouddha, de saints, de gurus ou de
rois. Ainsi l'épopée de Gesar, roi légendaire du Tibet,
est très populaire.
28
Mandala.
Le point culminant de l'art bouddhique est le mandala. Mandala est un ancien mot indien qui signifie « cercle ». Il s'agit d'un
diagramme mystique qui représente un cercle
souvent associé à un
carré, dont le contenu
religieux et philosophique doit aider l'homme dans son « immersion ». Le carré figure l'univers. Il entoure le cercle
magique, le symbole du temps dans lequel tout se transforme et tout
revient. Le mandala se
voit attribuer une place très importante à côté du Bouddha et des divinités. En le contemplant,
l'homme peut méditer ou s'identifier à lui. Le mandala contient des forces qui, dans
l'univers comme
en nous-mêmes, deviennent actives.
Résumé historique
Vers 2500 av. J.-C. : apogée de la
civilisation de l'Indus.
À partir de 1500 env.:
pénétration des Aryens en Inde. Après 1000 av. J.-C.: apparition des Vedda. Vers 560-480 av. J.-C. : Siddhârtha Gautama Bouddha.
Avant 477 av. J.-C. : mort de Mahâvira,
fondateur du jaïnisme. 327-325 av. J.-C.: Alexandre
le Grand en Inde. Vers 320 av. J.-C.: fondation
de la dynastie Maurya au Nord. 322-298 av. J.-C.: règne du roi Chandragupta.
272-231 av. J.-C.: l'empereur Açoka se
convertit au bouddhisme ; il proclame son éthique dans de nombreuses inscriptions
rupestres et en
faisant graver des édits sur les colonnes des édifices.
250-130 av. J.-C. : empire
helléno-bactrien (Grecs de Bactriane)
qui comprenait'aussi le
Pânjab.
50 av. J.-C. à 250 ap. J.-C. : empire des Kouchana dans
le nord. IIe siècle av. J.-C. au
Ille siècle ap. J.-C. : dynastie des Andhra dans le Deccan.
Env. 320-500 ap. J.-C. : dynastie Gupta dans le
nord de l'Inde. 330-380 : le roi Samudragupta.
Vers 455 : invasion des
Hephtalites dans le nord de l'Inde.
Vers 550 : fondation de la dynastie
Chàlukya dans l'Inde moyenne. 753-973
: dynastie
de Rashtrakuta dans le Deccan. IXe-XIIe
siècles : dynastie Chola dans
le sud de l'Inde. 1206 : fondation du sultanat de Delhi par Koutb
ed-Din-Aibak. 1296-1321 : Ala al-Din Khildji ; extension de la domination
musul
mane vers le centre et le
sud.
1498 : Vasco de Gama touche le
port de Calicut.
1526 : fondation de l'empire moghol par Babur.
1556-1605 : Akbar, le plus grand des
souverains moghols, conquiert
presque toute l'Inde. II consolide son empire par
la tolérance religieuse
et abolit l'impôt spécial que devaient payer les
non-musulmans. 1605-1627: Jahângir, fils d'Akbar, poursuit la politique de son père.
1639 : les Anglais à Madras.
1658-1707
: Aurangzeb, le dernier
grand empereur moghol, instaure un régime islamique très dur ; il rétablit l'impôt
individuel pour les
non-musulmans. Les
hindouistes se révoltent. L'empire moghol connaît alors son apogée avant sa
décadence.
1765
: lord Clive obtient le
Bengale pour y installer la Compagnie des Indes.
1857-58 : révoltes des Cipayes et
fin de la dynastie moghole. 1877 : la
reine Victoria est proclamée impératrice des Indes. 1885 :
fondation du Congrès national indien.
1919 : première constitution.
1920:
Gândhi prône sa campagne de « non-coopération a avec
les colonisateurs.
15-8-1947:
indépendance de l'Inde ; Nehru, Premier ministre. Le Pa-ldstân se sépare de l'Inde.
30-1-1948 : assassinat de Gândhi.
26-1-1950 : nouvelle constitution et
proclamation de la République. 1961 : rattachement de Goa à l'Union indienne. 1962 : attaque chinoise dans
l'Himalaya.
Comment vivent les Indiens ?
1965: conflit autour du
Jammu-et-Cachemire entre l'Inde et le Pâkistân.
1971:
nouvelle guerre indo-pakistanaise ; le Pakistan oriental devient le Bangla Desh.
1974 : première explosion
atomique en Inde.
31-10-1984:
assassinat du Premier ministre, Indira Gandhi ; son fils Rajiv lui succède.
Comment vivent les Indiens ?
Au village
S'il
est vrai que les 560 000 villages du sous-continent ont vécu pendant des siècles sans
les apports de la civilisation technologique, il n'en demeure pas moins qu'ils ont toujours été les véritables protagonistes de la culture indienne. Les courants religieux et sociaux qui ont marqué les hommes du sous-continent, ont
pris corps dans les villages. Plus de 75 % des Indiens
vivent à la campagne ou y sont nés. Même s'ils ont dû émigrer vers les villes pour y travailler,
ils reviennent toujours dans
leur village natal, en particulier lorsque la famille célèbre un mariage ou une naissance selon la tradition,
lorsqu'en grande cérémonie, un fils passe dans la caste la plus élevée, celle des brahmanes ou
encore à l'occasion des rites mortuaires qui réunissent toute la famille.
Le
fait qu'en Inde, on ait une nette préférence pour les fils par rapport aux filles,
s'explique par une coutume ancestrale : seul le fils est habilité à mener la cérémonie d'inhumation lorsque
survient la mort du père.
Les maisons paysannes. Les maisons des paysans
sont en pisé, recouvertes d'un toit de
chaume. Elles sont regroupées autour de la grande place du village, sur laquelle on se retrouve, le soir venu, pour discuter. Le plus souvent les maisons des simples paysans et artisans
ne comprennent qu'une pièce. Dans chaque foyer, on réserve un coin de la pièce à une statue de la divinité
locale - chaque village ou presque a ses propres dieux. La statue repose généralement dans une petite niche éclairée en permanence par une
lampe à huile. Les habitants se réunissent chaque jour devant la statue
de leur dieu pour le puja, cérémonie de l'adoration
et de la purification.
La
joint family. Dans beaucoup de familles, tous les membres forment une collectivité
indivise, ce que l'on appelle la joint family. Tous les biens sont partagés. Nul ne peut être dans
le besoin tant que la famille possède quelque chose ou dispose d'un revenu quel
qu'il soit.
Ce système de communauté familiale tend à disparaître dans les villes mais il
est encore bien présent dans les villages.
Le
villag€ : une république. Autrefois, le village indien classique était
administré à la manière d'une petite république par un chef, un scribe, un agent de police et surtout un panchayat, c'est-à-dire un conseil formé des cinq
doyens du village. Le panchayat dont les membres appartenaient généralement à des castes
différentes, avait aussi autorité
en matière de justice.
Les
villages ont fonctionné ainsi pendant des millénaires sans le moindre
changement. C'est avec la colonisation britannique que les fondements de ce système
ancestral ont commencé à vaciller.- Les zamîndar, qui encaissaient les droits de fermage, devinrent,
avec le soutien
des Anglais, des percepteurs d'impôts avides réduisant les paysans à l'état de contribuables accablés.
En
1952, le gouvernement de l'Inde, devenue indépendante, vota une loi sur
l'assainissement des villages. C'est alors qu'intervinrent le National Extension Service et les Community Projects dont les principaux objectifs
étaient la modernisation des villages, l'instauration des coopératives et le
développement des petites industries.
Dans la ville
Les villes
représentent l'un des plus graves problèmes de l'Inde. Elles sont surpeuplées, notamment par ceux qui ont quitté leur village pour tenter leur chance en ville et qui vivent dans
la misère. Presque toutes les villes
indiennes comprennent une vieille ville et une ville moderne. La vieille ville est fréquemment entourée d'un mur d'enceinte, à l'intérieur duquel les mêmes familles
d'artisans et de commerçants vivent
depuis des générations. Les quartiers récents, s'ils ne sont pas construits dans le plus pur style colonial
britannique, ne se différencient guère
des structures architecturales modernes telles qu'on les voit dans toutes les villes du monde. L'ère
industrielle a exercé une influence
considérable sur la réalité sociale de la communauté indienne. Le XXe siècle a
ébranlé le système des castes. L'industrialisation a nécessité le
recrutement d'ouvriers sans formation, qui
n'existaient pratiquement pas dans la société de castes indienne. Aussi les a-t-on pris parmi les groupes
n'appartenant à aucune caste, les intouchables, qui devaient désormais
travailler côte à côte avec des ouvriers spécialisés ou des ingénieurs de castes supérieures. Cette coexistence brisa bien des
tabous. Autrefois, le travail en
commun entre des individus intégrés à une caste et des hors-castes eut été inconcevable, de même qu'il
n'eut pas été question de mariages mixtes entre hommes et femmes appartenant à
des castes différentes. De nos
jours, ces unions mixtes, notamment parmi les Indiens aisés ayant reçu une éducation moderne, ont tendance à se
généraliser.
Les fêtes indiennes
En
Inde, l'année entière est jalonnée de fêtes. Un mois dure 29 jours 1/2. Tous les
trois ans, les hindous ajoutent au calendrier un 13e mois, afin que les fêtes aient toujours lieu à
la même saison. Les principales fêtes sont les anniversaires (jayanti) et les marchés (mela). L'Office national indien
du tourisme à Paris fournit un prospectus indiquant toutes les fêtes anniversaires célébrées
chaque année en Inde.
La cuisine indienne
La cuisine indienne est
généralement épicée - hot, comme disent les Anglais - parfois au point de
vous faire transpirer. Elle est de plus
en plus relevée à mesure que l'on avance vers le sud.
Les épices ont leur raison d'être : elles donnent soif et
obligent donc à boire beaucoup,
ce qui, sous ces latitudes, est primordial pour l'hydratation de l'organisme. Le repas indien ne comprend pas
plusieurs plats tout est
servi en même temps et la composition du menu est laissée à votre entière
fantaisie.
Chapati __le pain indien
Ingrédients pour 4
personnes : 450 g de farine de froment complète, eau, beurre.
Mélanger la farine et
l'eau pour obtenir une pâte assez épaisse, bien pétrir et ajouter encore un peu d'eau jusqu'à ce que la pâte- devienne souple. Laisser reposer 2
à 3 heures après l'avoir couverte d'un linge humide, puis pétrir à nouveau. Former de petites
boules de pâte de la grosseur
d'un neuf et les abaisser au rouleau sur une planche farinée, de manièré à obtenir une sorte de galette
de la grandeur d'une assiette. Dans une poêle bien chaude, faire revenir ces
galettes environ 15 secondes de chaque côté,
jusqu'à ce que des taches brunes apparaissent. Placer ensuite un couvercle sur la poêle et
faire revenir encore des deux côtés jusqu'à ce que des bulles d'air se
forment. Les chapati se servent très
chauds, beurrés sur une face. (On peut les envelopper d'un linge pour les garder au chaud et les
empêcher de sécher.)
Les
aliments de base de la cuisine indienne sont le riz, les chapati, le yaourt et le curry. Le
terme de curry (cari) ne s'emploie pas seulement pour désigner ce mélange de plusieurs
épices que l'on prépare au jour le jour et qui s'intègre à tous les mets ; il désigne également une sorte de
ragoût à base de légumes, de viande ou de poisson.
Bien
entendu, chaque région a ses spécialités. À Delhi, vous ne manquerez
pas de goûter le mughlai biryani : viande d'agneau très tendre ou de poulet marinée dans du yaourt avec des épices et des raisins
secs et cuite sur du riz au-dessus d'un lit de braises. Dans tout le nord-ouest de l'Inde la
spécialité est le poulet tandoori : les
morceaux de poulet ayant macéré dans
du yaourt sont badigeonnés d'une sauce
rouge épicée au piment puis cuits dans un four en terre, le tandoor ; la viande est tendre et
savoureuse.
À Calcutta en revanche, on mange beaucoup de poisson : des poissons d'eau douce
pêchés dans le Gange ou du poisson de mer venant du golfe du Bengale. Le dahi machh est un merveilleux curry
de poisson
au yaourt épicé au curcuma et au gingembre frais. Le beckti est un poisson à chair blanche pêché dans le golfe
du Bengale. On le fait mariner
dans des épices et cuire à la vapeur dans du lait de coco.
La danse indienne
La danse classique est
l'un des modes d'expression artistiques les plus importants de l'Inde. Si l'on en croit la
légende, la danse est d'origine
divine. La statue que l'on trouve dans tous les foyers indiens est celle
de Çiva, père spirituel et roi de la danse, Natari~ia qui, en tant que
créateur et destructeur, maintient le monde en équilibre par sa danse
cosmique. L'art de la danse indienne se
divise en trois groupes : la
danse ancestrale, la danse folklorique et la danse classique. Les danses
classiques plongent leurs racines dans la danse folklorique mais elles
ont évolué suivant des formes d'art raffinées et complexes qui les ont rendues perméables à toutes les
classes de la civilisation hindoue : il
s'agit du bharata-Natyam, du Kathak, du Manipuri, de l'Orissi
et du Katha-kali.
En
vertu des textes sacrés, la technique de la danse et son contenu symbolique ont été
établis selon des règles très précises. Les sentiments" et les émotions font
l'objet d'une analyse approfondie. Le jeu mimique et gestuel, ainsi que les postures sont soumis
à des règles bien définies. Il existe des ouvrages didactiques sur
l'art de la danse comme par exemple l'Abhin Aya Darpana (IVe au IIe siècle av. J. -C.). Abhin
Aya signifie : gestes
expressifs et darpana : miroir.
Pour le langage des doigts
et des mains (les gestes des mains sont les mudra) l'Abhin Aya indique des mouvements aussi expressifs qu'une parole. Chaque
mouvement, chaque geste symbolise un mot, une qualité, un acte, une personne.
Un
bon danseur peut exécuter entre 500 et 2 000 mudra et quelque 84 positions
d'yeux différentes. Il doit travailler pendant 15 ans au moins avec un guru, un maître de danse, avant de pouvoir
entrer en scène. On ne peut dissocier la
danse indienne de son arrière-plan religieux.
Selon la spiritualité indienne, le rythme permet à l'homme de se débarrasser des contraintes matérielles et de
s'approcher ainsi du but suprême de la spiritualisation, de la libération ou moksha.
La musique classique
On
peut considérer que la tradition de la musique indienne remonte à l'époque védique c'est-à-dire aux siècles
précédant notre ère. De même que la danse, la
musique indienne est liée à la légende de
Çiva, qui aurait inventé le rythme et
la gamme. Ce qui est sûr, c'est que
la musique, indissociable de la danse classique, a toujours été comme
celle-ci partie intégrante du culte dans les temples hindous.
La musique indienne
n'est pas écrite. Seul le rythme en
est fixe. La mélodie n'est pas déterminée
par des harmonies ou des accords. Elle dépend entièrement de l'inspiration du
musicien qui improvise sur les
rythmes.
_____________________________ Musique - Artisanat
Raga
et tala. Le raga ou rag est une gamme liée à une mélodie précise. Il existe une grande variété de raga classiques. Ils se différencient les uns des autres en ce que chacun
d'eux est associé à des tons précis.
Au sein de la gamme de tons ainsi déterminés, le chanteur peut improviser
lui-même sa mélodie pendant un spectacle.
Le
tala est le rythme qui, en
musique, a la même signification que dans le domaine de la danse classique. Sont
toujours présents dans la musique indienne les instruments à double percussion, les tabla et les baya, les damaru et les dolak ou encore les grands mridangam de l'Inde du Sud. Les
tablistes soutiennent de leurs battements précis et vifs les pas du danseur, les paroles du chanteur
qui, au
moyen d'un geste ou d'une
expression, bhava, doit exprimer en même temps une émotion ou un sentiment, rasa.
La
légende prétend que la danse de Çiva était accompagnée par la musique des dieux : la vina (instrument à cordes) de
Sarasvatf, la flûte
d'Indra, la cimbale frappée par Brahmâ, le chant de Laksmf et le tam-tam des tambours de
Vishnu. La musique indienne est une tentative d'identification avec les sons cachés aux
tréfonds de l'âme humaine.
Artisanat et art
populaire
Tissage, filage et
teinture font partie des activités artisanales les plus anciennes de l'Inde. Bien que le pays soit
aujourd'hui doté
d'une
industrie textile entièrement mécanisée, cinq millions d'Indiens travaillent encore avec
un métier à bras. Il y a plusieurs siècles déjà, les Indiens vendaient des brocarts et des
mousselines sur les marchés asiatique et européen. Leurs saris de soie sont
célèbres dans le monde entier. La
spécialité du Bengale est le jamdani, mousseline ornée de motifs incrustés dans la trame. Dans l'Assam et le
Manipur, on trouve des écharpes de coton. Vârànasi offre de superbes broderies (soie muga) ainsi que le Bengale (kantha) et le P2njàb (broderies
de satin phulkari).
Les
teinturiers indiens éprouvent pour les couleurs une passion et un talent qui n'ont pas
leur pareil. Le mouvement des motifs et les harmonies de couleurs sont un régal
pour les yeux. Les cotonnades imprimées sont très répandues en Inde.
Les
lainages très fins sont tissés avec de la laine appelée pashmina. Le plus précieux de ces
lainages est le shatut tissé en poils
de chèvre. Les châles en cachemire sont particulièrement célèbres pour leur texture extrêmement fine.
Tapis.
Autre forme d'artisanat ancestral en Inde : le tapis à points noués. Le Cachemire et les
villes d'Amritsar, Bikaner et Agra sont fameux pour leurs superbes tapis.
Pierres
et métaux. La confection de bijoux d'or et d'argent finement décorés et incrustés de
diamants, de rubis ou de pierres précieuses est très ancienne en Inde. Les motifs sont propres
à chaque région. Les Indiens aiment les objets utilitaires en pierre tels que les
consoles murales,
les vases, les bougeoirs, les lampadaires en grès, en marbre, en albâtre, en stéatite
ou en galet.
Céramique.
Les poteries décorées de Gwâlior et Khurja sont de formes très
harmonieuses. Celles d'Alwar, en terre, sont tellement fines qu'on les appelle kafhzi (semblables à du papier). Il y a deux sortes de céramique. Celle qui est colorée et peinte avant
la cuisson et
celle qui est enduite de laque et de motifs peints une fois cuite.
Le
travail du bois. Le Cachemire, le Râjasthân et le Gujaraï possèdent chacun leur
technique de sculpture sur bois. Les sculptures en noyer du Cachemire sont le résultat d'un travail
très complexe et d'un talent incontestable. Les sculpteurs sur bois fabriquent notamment des paravents, des
tables, de petits coffres et des cadres.
Le
papier mâché. Le Cachemire est célèbre pour ses boîtes, plateaux, bougeoirs et écuelles en papier
mâché, artisanat d'origine persane.
Ivoire. Beaucoup d'objets
prétendus en ivoire sont sculptés, tout simplement dans de l'os de chameau. Mieux vaux
renoncer à acheter de l'ivoire, d'autant plus que son importation est interdite en Europe et peut faire l'objet de très lourdes amendes.
Delhi (6 millions
d’hab)
DELHI, redevenue capitale
des Indes en 1911, comprend l'ancienne ville, avec ses quartiers orientaux, ses mosquées, ses temples et ses
bazars, et New Delhi (la Nouvelle-Delhi) aménagée en cité-jardin selon un plan rigoureux, entre 1920 et
1930. En venant de l'aéroport, vous pénétrez d'abord dans New Delhi, grande ville moderne où siège~~ le gouvernement.
Les
larges avenues, à plusieurs voies, prévues sans doute pour un trafic intense,
s'étendent sur des kilomètres. Cependant, si on la compare à d'autres grandes villes comme
Singapour ou Bangkok, cette métropole indienne revêt un caractère plus provincial.
Les quartiers animés sont
tellement éloignés les uns des autres que nulle part on ne retrouve l'atmosphère
bouillonnante qui caractérise les grands centres urbains. Le caractère touristique de Delhi provient en fait de
son histoire mouvementée.
Histoire d'une capitale
La
ville entre de plain-pied dans l'histoire
avec l'invasion musulmane en 1192. Les
gouverneurs installés par les Afghans
prirent leur indépendance dès 1206 et
firent de Delhi leur capitale. Cinq
dynasties afghanes s'y succédèrent
jusqu'à la conquête moghole (1526).
Chacune
de ces dynasties dota son palais ~'un mur d'enceinte autour duquel une ville se développa. La
sixième de ces anciennes cités fut bâtie sous le règne dé Sher Ch-ah qui, pour une courte période, chassa les Moghols hors de l'Inde (1538-1555).
Les
dynasties mogholes suivantes transférèrent leur résidence en d'autres lieux. C'est seulement en 1648 que Chah Jahân décida
de revenir de Delhi et fit bâtir
le fort Rouge autour duquel se forma la septième capitale, l'actuelle Delhi. Dès lors, les Moghols régnèrent jusqu'en 1858.
C'est d'abord depuis
Calcutta que les Anglais tracèrent le
destin de leur empire colonial. Il fallut attendre 1911 pour que Delhi redevînt la capitale de l'Inde.
Curiosités de Delhi
Delhi n'est pas
seulement le point de départ idéal pour la conquête touristique de l'Inde du Nord ; elle présente elle-même de nombreuses curiosités que l'on peut, pour simplifier, répartir en quatre
groupes
1.
La vieille ville avec le fort Rouge et la Grande Mosquée,
2.
le quartier
sud avec
le minaret de
la Victoire, Qutb Minar,
3.
l'est de
New Delhi avec
le tombeau
de Humâyün et la mosquée Sher Chan et enfin,
4.
le centre
de New Delhi avec les
bâtiments administratifs et le temple Laksmi Narâyànn.
La vieille ville
Le
fort Rouge. Ceint d'une puissante muraille de grès rouge, le palais édifié entre 1639
et 1648 par l'empereur moghol
Chah Jahàn, est l'un des édifices les plus
impressionnants de la ville.
Juste
derrière la porte de Lahore, où s'agglutinent aujourd'hui les marchands de souvenirs qui proposent tous les produits de
l'artisanat indien,
il y avait autrefois les bazars et les logements des domestiques et des soldats.
Au-delà
du pavillon de Musique, dans lequel on accueillait l'empereur avec force tambours
et fanfares,
commençait le domaine « semipublic » auquel le peuple n'avait accès qu'en de rares
occasions.
Le
hall des audiences publiques (Diwan-i-Am)domine la vaste place située derrière le
pavillon de Musique. Lors des
audiences, l'empereur siégeait sous un dais
de marbre adossé au mur postérieur du hall. On remarquera sur ce mur les superbes incrustations de pierres importées de Florence, qui
représentent entre autres, Orphée jouant de
la lyre pour les animaux.
Derrière la salle
d'audience se trouvent les palais de la
famille impériale. Vers la droite,
en partant du côté sud, on parvient au pavillon des Princesses (Mumtaz
Mahal), d'allure très simple. Il renferme aujourd'hui un musée.
Plus au nord, à la hauteur
du palais
des audiences, s'élève le palais multicolore (Rang Mahal)
C'était en 1526, année effroyable s'il en fût. L'armée du sultan de Delhi,
forte de 100 000 hommes et d'un millier
d'éléphants, se mit en marche
contre les 10 000 Afghans qui
pénétraient en Inde. La victoire des Indiens semblait certaine ; pourtant 20
000 d'entre eux restèrent sur' le
champ de
bataille de
Panipat (à 85 km au nord de Delhi) et les autres s'enfuirent blessés ou en
proie à la panique : face aux armes à feu de l'ennemi, même les
redoutables éléphants de guerre ne faisaient
pas le poids. Babur, qui avait
conduit l'armée victorieuse était un
descendant des Gengis Khan et de
Tamerlan. Les Indiens l'appelaient
le Moghol. Chassé de son royaume d'origine près de Samarkand, Babur conquit l'Afghânistànn et toute l'Inde du Nord. Son successeur Humâyun fut chassé à son tour en 1538 mais
il revint peu de temps après, en 1555, grâce à l'appui des troupes persanes et établit définitivement la dynastie
moghole.
L'armée
d'artistes d'hommes
de science que Humayun ramena avec lui
de son exil
en Perse furent aussi, dans le domaine culturel, les précurseurs d'une
nouvelle époque. Les successeurs d'Humayun, Akbar (1556-1605), Jahângtr (1605-1627), Chah Jan
(16271658) et Aurangzeb (1658-1707) étendirent peu à peu leur domination sur l'Afghânistân,' la Birmanie, le Pâkistan et l'Inde. Dans les villes qu'ils choisirent comme résidences, Delhi, Agra, Fatehpnr Ski et Lahore (aujourd'hui au Pakistan)
s'épanouirent les arts et les
sciences. Un grand nombre
d'édifices prestigieux et de miniatures témoignent aujourd'hui le luxe démesuré dont s'entouraient les cours mogholes. Après la
mort d'Aurangzeb, d'incessantes luttes pour le pouvoir menèrent à la chute de l'empire moghol. Lorsqu'en 1858, les Anglais détrônèrent le dernier souverain moghol, ils ne firent
- que porter l'ultime coup mortel à un empire déjà décadent.
qui doit son nom aux
décorations qui
l'ornent et dont les couleurs étaient
jadis très vives. On suppose que ce
bâtiment était celui des femmes de
l'empereur.
Au nord encore se trouve
le Palais privé
de l'empereur (Khas Mahal) qui impressionne avant tout pour les fins treillis de
marbre qui recouvrent
un canal dont l'eau servait à rafraîchir les palais en été.
Du
haut du Musammam Burj, une tour octogonale, l'empereur découvrait une vue superbe sur les rives de la Yamuna sur
lesquelles se
déroulaient des combats d`éléphants et des luttes en tout genre.
Le
bâtiment suivant est le hall des audiences privées (Diwan-iKhas) : c'est là
que l'empereur conférait avec ses
ministres et ses officiers. Doté
d'incrustations en pierres
semi-précieuses, cet édifice est d'une
richesse luxuriante. Il renfermait
jadis le fameux trône des Paons, tout en or, qui fut dérobé par les Perses lorsqu'ils pillèrent Delhi en 1739.
Encore
plus loin au nord, se situent les
bains, probablement les uniques salles qui
n'étaient pas recouvertes de tapis à l'origine, ce qui explique la présence des magnifiques incrustations de marbre qui ornent
le pavement.
À gauche du hammam,
dissimulée derrière de hauts murs
rouges, s'élève la mosquée de la Perle (Moti ' Masjid),
construite sous le règne d'Aurangzeb, dans le style de l'époque moghole
tardive.
Près
de la mosquée s'étendent les jardins qui, en raison de la destruction des canaux
d'irrigation, ont malheureusement perdu tout leur caractère. La cour de l'empereur venait se divertir dans ce lieu
enchanteur, au milieu d'une végétation
tropicale agrémentée de jeux d'eau féeriques.
La
Grande Mosquée (Jama Masjid).
Depuis le fort Rouge, on aperçoit au loin
les élégantes coupoles de marbre et
les minarets rouges de la Grande
Mosquée, édifiée entre 1650 et 1956.
Cet éblouissant monument, dont le
charme émane surtout du mariage très
réussi entre le grès rouge et le
marbre blanc, passe pour être la
plus belle mosquée de l'Inde.
L’architecture
moghole
Dans ce vaste pays
étranger la minorité au pouvoir ne détenait que quelques positions clef. Les architectes avaient donc pour tâche d'édifier des enceintes fortifiées pouvant
abriter non seulement des troupes mais aussi l'administration et les palais des empereurs. ` La domination
moghole apporta une nouvelle vague d'islamisation. - Aussi le second
devoir des architectes moghols
fut-il de construire des mosquées.
Les musulmans qui régnaient en Inde avant les
Moghols s'étaient déjà fait édifier des
tombeaux monumentaux. À l'époque moghole, les dépenses
engagées pour bâtir des mausolées luxueux atteignirent des sommes faramineuses.
Le tombeau d'Humâyun à Delhi, celui d'Itimad-ud-Daulah et surtout l'incomparable Taj Mahal
font partie des monuments les plus
imposants du monde. En ce qui
concerne le style propre ment dit, on distingue trois phases dans
l'architecture moghole : au cours de la première phase, on utilise essentiellement du grès rouge. Ce sont les éléments stylistiques
hindouistes qui dominent
: colonnes polygonales avec des consoles de toit serpentueuses et des
larmiers s'avançant à l'oblique.
Dans
la phase
intermédiaire, des éléments propres au style musulman tels que les coupoles et les arcs
brisés s'imposent davantage. Les coupoles
élancées et pointues sont assises sur
de hauts - tambours. Le grès rouge
est remplacé par des matériaux plus nobles
comme le marbre et les pierres semi-précieuses. La phase
tardive de l'architecture moghole- se caractérise par une surabondance d'éléments décoratifs. Les murs et les toits sont
ornés d'innombrables petites tours et de
pavillons miniatures couronnés de coupoles.
Du
haut des minarets, on découvre une vue réellement impressionnante sur l'enchevêtrement
des maisons
de la vieille ville et sur ses rues sinueuses peuplées de chars à boeufs, de cyclistes et de
piétons qui
se côtoient et se bousculent dans un mouvement incessant.
Le quartier sud
Ce
qu'il y a de plus
intéressant à
voir dans
cette zone, c'est la tour de la Victoire, le Qutb Minar, qui se trouve à quelque 12 km
du centre.
Vous pouvez combiner l'excursion au Qutb Minar avec la visite des tombeaux des
Lodi, du mausolée
de Safdarjang et de
l'enceinte de Tarhlakâbâd.
Le
Lodi Garden. Vous trouverez dans ce parc les mausolées élevés sous les dynasties des Sayyid et des Lodi. Le tombeau de Sikandar Lodi (1489-1517), qui a été érigé au milieu d'un
bassin aujourd'hui asséché, est considéré
comme l'exemple le plus typique de
l'architecture afghane tardive.
La
tombe de Safdarjang. Construite au milieu du XVIIIe siècle, c'et la dernière oeuvre
moghole de quelque importance à Delhi.
Qutb
Minar. Le minaret, haut de 72 m,
de la plus ancienne mosquée de Delhi passe
pour être la plus belle tour du
monde. Qutb-ud-DinAibak, premier
sultan musulman de l'Inde, fit construire ce monument sur les modèles persans et afghans (Ghazni) au début du XIIIe siècle, comme symbole de la victoire de l'islam sur les infidèles.
Du
balcon du Qutb Minar, vous découvrirez les ruines de Lal Kot, la première citadelle
musulmane, dont
il ne reste que quelques vestiges.
La Quwwat-ul-Islam Masjid (mosquée de la «
Puissance de l'Islam ») située du
côté nord du Qutb Minar, a été érigée
immédiatement après la conquête
musulmane (1192) sur les ruines de plusieurs temples hindous. Des blocs de pierre et des colonnes de style
hindou ont servi de matériau pour la
construction de la mosquée :
on peut les voir encore aujourd'hui sur les
colonnades qui entourent la cour du bâtiment.
Une fois leur construction achevée,
les salles de prière, aujourd'hui
disparues, étaient si peu conformes
au style et à l'atmosphère musulmane
que le sultan exigea qu'elles fussent recouvertes d'une fausse façade en arcs brisés demeurée
intacte.
La
colonne de fer inoxydable élevée au centre de la cour est sans doute un trophée de
guerre rapporté à Delhi. On ignore son origine.
Le tombeau Iltutmich se
trouve le
long de la face nord-ouest de la mosquée :
il s'agit du monument funéraire du second
sultan de Delhi (1211-1236). Cette
tombe, aujourd'hui dépourvue de son
dôme, est dit-on, le plus vieux monument funéraire musulman de l'Inde. Alai-Minar, impressionnant embryon de minaret, au nord-est de la mosquée devait être deux fois plus élevé que le Qutb Minar : sa construction ne fut jamais achevée.
Ala-i-Darwasa, le « Grand Portail. qui s'ouvre au sud
du Qutb Miner
fait partie d'un ensemble de bâtiments édifiés au début du XIVe siècle. Cette construction
élégante est
considérée comme un chefd'ceuvre de la première époque afghane. r
Tarhlakâbâd,
immense site archéologique sur lequel
se trouvent les
ruines de la 3e cité musulmane, est situé 8 km à l'est du Qutb Minar. Les bâtiments abandonnés ayant servi de carrière aux générations suivantes, il ne reste plus de ce vaste ensemble que les remparts, au demeurant
fort imposants, édifiés à la hâte au début
du XNe siècle, pour faire face à la menace d'une imminente invasion mongole.
Le
mausolée de Ghias-ud-DinTarh-lâk
qui avait fondé la ville en 1320, se dresse
de l'autre côté de la route au sein
d'une petite forteresse.
Curieusement, ce tombeau doté du
premier dôme de marbre qui ait été bâti en Inde, est demeuré absolument intact.
L'est de New Delhi
Le
tombeau d'Humâynn compte parmi les plus prestigieux monuments de l'époque
moghole. Ce fut le premier tombeau monumental des dynasties mogholes. Conçu par des architectes
étrangers, il se com
pose d'éléments
typiquement persans comme par exemple les arcatures aveugles en ogive et la coupole reposant sur un tambour assez élevé, mais aussi quelques apports
caractéristiques de l'art indo-musulman, notamment l'association du grès rouge et du marbre blanc. Cet imposant monument renfermait jadis le turban de l'empereur, posé sur un cénotaphe de marbre blanc très sobre.
Au-dessus du turban était suspendue
son épée. Le tombeau proprement dit
se trouve dans le sous-sol, entouré de
ceux des femmes de l'empereur et de
plusieurs princes.
Purana
Qila était la forteresse qui protégeait le palais de la 6e métropole musulmane,
habité par Sher
Chah, le dernier souverain de la dynastie afghane. Il ne reste que peu de bâtiments à
l'intérieur de cette imposante
enceinte. Seule la mosquée Sher Chah (1540), l'un des plus beaux joyaux de l'architecture indo-afghane, a résisté à
l'usure du temps.
Kotla
Fîrüz Châh, la fortification du palais de la 5e métropole musulmane, date du règne de
Firvz Châh Tarhl5.k,
c'est-à-dire de la seconde moitié du XIVe siècle. On y voit encore le fût haut de 13
m d'une des
colonnes d'Açoka (273-232 av. J.-C.)
qui en avait fait élever d'ans tout
le pays.
Rai
Ghat monument à la
mémoire du Mahâtmâ Gândhi, est
localisé légèrement au nord-est de la Yamuna.
Depuis quelques années,
ce site est devenu une sorte de lieu de pèlerinage pour les Indiens.
Le centre de New Delhi
La
Rajpath (chemin du Roi),' gigantesque avenue agrémentée
d'espaces verts, est le principal axe est-ouest de New Delhi.
L'India
Gate, arc de triomphe monumental, élevé à la mémoire des 70 000 soldats indiens tombés pendant la Première
Guerre mondiale,
enjambe le Rajpath à son extrémité
orientale. À l'opposé se dressent, sur une
colline, les principaux bâtiments
gouvernementaux.
L'édifice
dans lequel siège le Premier ministre se trouve dans ce que l'on appelle les Secrétariats.
Ces
deux édifices identiques situés de part et d'autre
de la rue présentent
un harmonieux mélange d'éléments
typiques de l'architecture moghole et de détails appartenant à la Renaissance occidentale que l'architecte
britannique Baker affectionnait
particulièrement.
Le
Rashtrapati Bhavan qui se dresse à l'extrémité du Rajpath était à l'origine la résidence
du vice-roi britannique. C'est
aujourd'hui celle du président de la
République indienne.
Le
Parlement, édifice circulaire et plat situé au nord des Secrétariats, abrite les deux chambres de l'Assemblée
nationale indienne.
Temple de Laksmi
Narâyân. Ce sanctuaire hindou moderne fut fondé en 1940 par la richissime famille d'industriels Birla. Les jours de fête, il y règne une
atmosphère tout à fait exotique, en
particulier dans les jardins attenants.
Observatoire
de Jaï Singh (Jantar Matar) non loin de Connaught Circus, dans Parliament Street. Cet observatoire est né en 1725, à l'initiative du mahârâjah de Jaipur, passionné d'astronomie. Il est doté d'instruments astronomiques en pierre qui sont censés permettre des mesures d'une grande précision.
Le National Museum, sur Janpath, donne un 'aperçu intéressant de la
création artistique, depuis les premières
civilisations de la vallée de
l'Indus (6000 av. J.-C.) jusqu'à l'époque moghole.
Connaught
Circus, gigantesque place circulaire d'où partent plusieurs avenues en étoile, est le centre des affaires et du
commerce de
New Delhi.
Dans
une rue commerçante proche de la place, vous trouverez des spécialités et des
produits artisanaux de toutes les grandes régions de l'Inde.
Bon
a savoir
Si
vous vous trouvez à Delhi vers le 26 janvier, ne manquez pas la grande parade qui
commémore l'établissement de la
république (Republic Day). Des groupes de danse folklorique venus de toutes les régions de l'Inde participent à cette parade ; ils sont logés pendant 10
jours dans un camp spécialement
aménagé à Delhi. En visitant ce camp,
vous aurez une occasion unique de
voir réunis les folklores de toutes
les régions de l'Inde. (Renseignements
auprès du Government of India Tourist
Office, Janpath 88.)
Agra
(700 000 hab)
Quiconque
ne connaît pas Àgra ne connaît pas le monde », disent les Indiens. Et, de fait, il serait impardonnable de ne pas
visiter Agra.
Le Taj Mahal - sans aucun doute le plus beau monument funéraire qui ait jamais été bâti - est le principal attrait de la
ville, mais il n'est pas le seul :
on peut y voir bien d'autres curiosités telles que le tombeau d'Itimad ed-Daulah, la citadelle des Moghols et aussi - last but not least - Fatehpnr Sïkrt, la ville rouge de l'empereur Moghol Akbar.
Histoire
En
1566, l'empereur Moghol Akbar décida.. de
quitter Delhi en compagnie de toute sa cour, pour s'installer à tlgra. Mais manifestement, il regretta quelque peu cette décision, puisque dès 1569 il
ordonna la construction
de Fatehpùr Sikdrî.
Puis il changea à nouveau d'avis et établit sa résidence à Lahore. Enfin, vers la fin de sa vie, il revint à tlgra. Ses successeurs Jahaangîr (1605-1627) et Châ.h Jahân (1628-1658)
sous le règne desquels l'empire Moghol
atteint son apogée, résidèrent à Âgra
et la dotèrent des superbes édifices
qui suscitent l'admiration des touristes du monde entier.
Curiosités
Taj Mahal. Lorsqu'en 1630
Mumtaz
Mahal, seconde épouse de Chah Jahân,
mourut en mettant au monde son quatorzième enfant, l'empereur fut si profondément affligé qu'il résolut d'élever à sa mémoire un tombeau plus resplendissant que tout ce qui avait existé jusqu'alors. En 1631, 20 000 ouvriers se mirent à l’œuvre. Vingt-deux ans plus tard, tous les projets de Ch-ah Jahàn n'étaient
pas réalisés, mais il fallut interrompre les travaux parce que le coût énorme de la construction avait totalement
déséquilibré le budget de l'empire.
Pourtant, le monument, tel que le
visiteur le voit aujourd'hui, est
d'une perfection et d'une beauté
inégalables. On est fasciné d'entrée de jeu par le gigantesque portail de 30 m de haut, orné de motifs
floraux en pierres semi-précieuses et d'inscriptions coraniques noires incrustées dans du marbre blanc,
qui énumèrent les 99 noms' d'Allah. Après avoir franchi ce portail, au seuil duquel l'empereur était accueilli par une fanfare, on n'a d'yeux que pour le tombeau blanc, resplendissant qui, malgré sa hauteur, égale à celle d'un immeuble de 20 étages, semble planer
gracieusement au-dessus des bassins
miroitants des jardins. C'est seulement
après s'être rapproché du monument que l'on voit, dans le marbre brillant, les précieuses incrustations de lapis-lazuli, de malachite,
de jaspe rouge, d'agates de toutes
couleurs et de nacre argentée.
Les
décors floraux qui ornent l'intérieur
du mausolée, d'une finesse et d'une facture toute particulière, ont inspiré des
générations d'artistes qui, aujourd'hui
encore, produisent d'innombrables imitations. Le plus grand des cénotaphes est
dédié à Chàh Jahân, le plus petit à l'impératrice. Les tombeaux proprement dits se trouvent dans le sous-sol de l'édifice.
Bon a savoir
Le Taj Mahal est d'une
singulière beauté
par une nuit de pleine lune : de
toutes parts on voit scintiller les
pierres précieuses et
semi-précieuses qui ornent l'édifice.
Le fort. À de rares
exceptions près, tous le$ palais du fort qui
existent encore de nos jours, remontent
à l'époque de Jahàngir et de Chàh Jahàn.
Le
palais de Jahângir (Jahângir Mahal) d'un rouge lumineux, situé immédiatement à droite de l'entrée, développe une façade superbe. Le style,
riche en éléments architecturaux hindous, donne à penser que le palais date du règne d'Akbar.
Si l'on se dirige
vers la gauche, du côté du palais qui
jouxte le fleuve, on parvient à une
cour entourée de plusieurs bâtiments
de marbre.
Le
Khas Mahal, palais édifié en bordure
du fleuve, renferme les appartements privés de Chàh Jahàn.
Les deux pavillons dotés de toitures dorées étaient vraisemblablement habités par les deux filles de l'empereur. L'étage inférieur et les
autres bâtiments devaient être les appartements des autres femmes du harem.
Diwan-i-Khas. Ce palais sis du côté nord de la cour servait aux audiences
privées. C'est le plus somptueux de
tous les édifices du fort.
La
tour du Jasmin (Jessamine Burj)
qui s'élève du côté du palais ouvert sur le
fleuve, est entièrement parée de
marqueterie. C'est dans cette tour
que Chàh Jahan fut retenu prisonnier par son fils Aurangzeb, pendant les dernières années de sa vie. Pour se consoler, l'empereur n'avait plus que la vue magnifique sur
la Yamunà et le mausolée de son
épouse bien-aimée, le Taj Mahal.
La cour des Poissons
(Machi Bhavan) qui jouxte le palais du côté
nord doit son nom aux poissons rares
que l'on élevait jadis dans des bassins. Le
trône noir monolithique placé sur la
terrasse du côté du fleuve a été taillé
dans une météorite tombée dans les
environs -de Allàhàbàd.
Le
hall des audiences publiques (Diwan-i-Am) situé du côté gauche de la cour est beaucoup
moins impressionnant
que celui de Delhi. Du côté nord se trouvent les bains en grande partie détruits, et la petite mosquée des Bijoux (Nagina Masjid), dans laquelle les femmes se réunissaient pour la
prière.
On
dit que l'empereur et sa femme fréquentaient souvent le bazar (Minar Bazar) de la cour
suivante, pour y admirer les bijoux dont les marchands rusés paraient les plus belles jeunes
filles ; leur stratagème réussissait au-delà de leurs espérances
: l'impératrice se voyait offrir un bijou par l'empereur qui, pour sa part, emmenait la jeune fille dans son harem.
La
mosquée de la Perle (Moti Masjid),
qui s'élève derrière le bazar, passe pour la
plus grande mosquée de marbre du monde. Les salles de prière, la cour et
les arcades sont entièrement
revêtues de bandeaux de marbre blanc et gris. Cette mosquée fut
construite entre 1647 et 1655.
Mausolée
d'Itimad-ed-Daulah.
L'empereur Jahàngtr fit
assassiner un Afghan employé à la cour moghole, parce qu'il convoitait sa femme. Pour mettre celle-ci en confiance, il nomma son père grandvizir et lui donna le titre honorifique d'Itimad ed-Daulah, « pilier du royaume ».
Le
mausolée bâti entre 1622 et 1628, avec ses marqueteries qui rappellent les motifs des
tapis orientaux
et ses balustrades fines comme de
la dentelle, est l'un des chefsd'oeuvre architecturaux de l'Inde.
Excursions au mausolée d'Akbar à Sikandra (9 km)
Le
mausolée du plus grand empereur moghol se dresse au milieu d'un site de quelque 60
ha, sur la route de Delhi. En dépit de ses proportions gigantesques, ce monument, commencé du vivant
de l'empereur, ne se classe,
artistiquement parlant, qu'au second rang
parmi les chefs-d'oeuvre de l'architecture moghole. Ainsi, les portails monu
mentaux n'ont
pas l'harmonie d'autres édifices moghols.
Fatehpur sikri
Naissance de la ville
Sur
un plateau couvert de jungle des monts Sik t vivait, au XVIe siècle, Salem Chishti, un
saint qui avait prédit à
l'empereur Akbar, la naissance d'un fils.
Cette prédiction s'étant réalisée,
Akbar décida de fonder une ville sur ce lieu « portebonheur». Les travaux commencèrent en 1569 et
cinq ans plus tard, la ville était
en grande partie achevée. Cependant,
en raison du manque d'eau, la cité ne
pouvait abriter une population trop
importante. Aussi l'empereur
décida-t-il, en 1585, que tous les
habitants iraient s'installer à
Lahore. Les palais et les maisons furent
abandonnés, le lac artificiel se
dessécha et, peu à peu, la jungle envahit le site. C'est ainsi que nous avons
sous les yeux une villes moghole intacte.
Palais et mosquée
La zone des palais. Une vaste avant-cour (Diwan-i-Am) entourée d'un portique, dans laquelle l'empereur tenait
ses audiences publiques, donne accès à la cour du Pachisi qui doit son nom à une
sorte de jeu
d'échecs. Les pions étaient des personnages vivants, généralement des jeunes filles
esclaves que l'on déplaçait sur
l'échiquier encastré dans le pavement, au milieu de la cour.
Le
pavillon
des audiences privées (Diwan-i-Khas), élevé sur le côté nord de la cour du Pachisi, est un des édifices les plus remarquables de la zone des
palais. Le trône de l'empereur était
installé sur une plate-forme, au
centre du pavillon. Autour de lui étaient assis les ministres et les érudits, avec lesquels l'empereur aimait à s'entretenir de questions intéressant la religion.
Panch Mahal : située à l'ouest de la cour du Pachisi,
cette construction de cinq étages, entièrement ouverts, était probablement le lieu préféré des femmes de la
cour car, de là, elles pouvaient observer tout ce qui se passait dans les différentes cours du palais.
Le
pavillon
de la sultane turque, sis du côté sud de la cour du Pachisi, doté de magnifiques
décorations murales,
est l'un des plus beaux édifices
de l'ensemble palatial.
Le
pavillon privé de l'empereur (Khas Mahal) se trouvait
dans un bâtiment
qui ne paye plus guère de mine
aujourd'hui, derrière le bassin d'élevage
carré.
La maison de Miriam que l'on découvre dans la cour adjacente, du côté ouest, était habitée
par l'une des
favorites d'Akbar. Les fresques et
les ornements dorés qui ornaient les murs ont
presque totalement disparu.
Palais de Jodh Bai
: c'est
le plus ancien
et le plus imposant de la zone des palais. On ne sait pas exactement à quel usage
il était destiné,
mais on suppose qu'il abrita la famille impériale pendant la construction des autres bâtiments.
Le
palais de
Raja Birbal, l'un des seuls édifices fermés de la ville, fut muni
de doubles cloisons et de coupoles destinées à assurer une meilleure climatisation. Depuis le balcon, on découvre vers le nord l'ancien lac de retenue et le Hiran Minar, une tour haute de 21 m ornée
de défenses d'éléphant. Cette tour
fut édifiée à l'endroit où Akbar avait
fait ensevelir son éléphant préféré.
La
Grande Mosquée. Légèrement au sud de la zone des palais s'élève la Grande Mosquée édifiée
par Akbar.
Elle comprend deux constructions superbes :
le tombeau de Salem Chishti attire aujourd'hui encore de nombreux pèlerins, qui, comme le fit jadis Akbar lui-même, viennent chercher auprès du grand saint la grâce qui
leur donnera des enfants. Ce qu'il y a de
plus remarquable dans cet édifice de
marbre, ce sont les consoles
serpentueuses qui tra Adorateur du Soleil à Varanasi
hissent le style du
Gujarât, c'est également le treillis des fenêtres, d'une finesse extraordinaire.
La
porte de
la Victoire (Burland Darwaza), du côté sud, est haute de 41 m (54 m avec l'escalier) : on dit que c'est la porte la plus haute d'Asie.
entre ..Delhi et le Cachemire
DANS
les plaines fertiles et très peuplées situées au pied de l'Hima-laya, deux points forts attirent les touristes : le centre
culturel et religieux d'Amritsar et la ville moderne de Chandigârh. Nous parlerons aussi de Simla, un rendez-vous des amoureux de la nature, perché
sur les premiers contreforts du massif
montagneux.
Amristar
( 500 000 hab)
Cette
ville située à quelques kilomètres de la frontière indo-pakistanaise est la métropole
religieuse des
sikhs qui, avec leurs
longues barbes noires et leurs
turbans de couleur, donnent un cachet
inimitable aux étroites ruelles du
bazar.
Le
Grand Temple (Hari Mandir), situé au centre de la
ville, comprend plusieurs bâtiments regroupés autour du
bassin sacré. Dans l'eau dansent les reflets
du temple d'Or datant du XVIIe siècle, dans lequel des vieux musiciens jouent et chan
tent
jour et nuit. De temps à autre, un prêtre lit à haute voix des versets du • Livre sacré », base de la foi des i disciples ».
chandgarh
(300 000 hab)
Cette
ville nouvelle, capitale du Pànjâb, le pays des cinq fleuves, a été entièrement conçue
sur les planches
à dessins. Les principaux bâtiments
ont été réalisés sous la direction de Le
Corbusier, entre 1952 et 1963.
Les
édifices les plus intéressants se
trouvent dans le quartier universitaire et dans le nord de la ville, sur la place des Trois Empires. Le Secrétariat, l'Assembly Hall qui contient deux salles de réunion pour le
Parlement, et le siège de la Haute Cour
de Justice.
Simla (60 000 hab)
Étirée
sur le dos d'une montagne au
milieu d'une épaisse forêt de
pins, la capitale de
l'État himalayen de l'Himâchal Pradesh était, à l'époque coloniale, la résidence d'été des vice-rois britanniques.
Ce qui rend le
site attrayant, c'est qu'il tient à la fois de la petite ville du sud de l'Angleterre
et du bazar indien, et se déploie au
milieu d'un paysage merveilleux. On
ne saurait trop recommander une
promenade d'environ une demi-heure au mont Jakko, sur lequel se dresse un petit temple peuplé d'une colonie de singes.
Excursions dans la vallée
de
Kulu
La
traversée de la vallée creusée par le cours supérieur de la Beas est enchanteresse.
Kulu
(192 km de Simla, altitude 1 219 m), principale ville de la vallée, mérite une visite,
en particulier au moment du festival folklorique de Dusshera qui a lieu à l'automne. Pour
ceux qui aiment marcher, les buts de
promenade ne manquent pas, qu'ils
soient proches ou lointains ; on
peut citer, par exemple, le temple de Çiva (Bijli Mahadev,>
Temple) situé sur une colline proche de Kulu. On pourra y admirer non seulement
l'extraordinaire travail des tailleurs de
pierre, mais aussi le panorama
merveilleux.
Manali
(268 km, alt. 1 820 m), d'où l'on
découvre de splendides paysages, est le lieu
de villégiature favori de l'élite indienne.
Le cachemire
Telle une émeraude au
milieu du collier de perles de l'Himalaya, s'étend la gracieuse. vallée du Cachemire
dont la
métropole, la ravissante Srinagar, est toute proche du seuil de l'Asie centrale.
Cette vallée fait partie de l'État de Jammu-et-Cachemire, qui, avec une superficie de 225 000
km2, comprend
aussi, au nord-est, le Ladakh, le « pays des lamas » que l'on nomme parfois aussi le « Petit Tibet » .
Le
Cachemire est en quelque sorte le point de rencontre de plusieurs millénaires, le
berceau de trois grandes civilisations : la civilisation hindoue (surtout au Jammu), la civilisation musulmane (dans la vallée de Srinagar) et la civilisation
bouddhique (au Ladsa-kh). Toutes sont encore bien vivantes dans cette
région où
elles
coexistent de façon exemplaire. Les conflits politiques qui surviennent de temps à
autre ont leurs origines dans le partage du sous-continent entre l'Union indienne et le P-akistân, en 1947 : le Cachemire fut lui aussi séparé en
deux : sa belle vallée fertile demeura en territoire indien, tandis que
l'Azad (« Libre » Cachemire), terre
désolée et inculte, fut rattachée au Pakistan.
56
À
l'époque de l'empereur Açoka, le Cachemire faisait déjà partie de l'Inde. De la vallée de
Srinagar, devant laquelle l'empereur Jahângtr se serait écrié : « S'il
existe un paradis sur la Terre, il est
ici ! » les Grands Moghols firent
leur résidence d'été. C'est de cette
époque que datent les ravissants jardins aménagés avec art et raffinement, avec leurs terrasses fleuries,
leurs jets d'eau et leurs pavillons
dissimulés dans la verdure.
Srinagar alt 1700 m,400000 hab)
Sise
dans une région de lacs au sein de la vallée du Cachemire, cette ancienne résidence
impériale, appelée parfois la « Venise de l'Asie », occupe une rive du fleuve Jhelum enjambé ici par
des ponts de
construction récente. À Srinagar, on ne descend pas dans un hôtel: on loue l'un de ces
house-boats (maisons
flottantes), très spacieux et bien aménagés, qui sont ancrés sur les rives des lacs
Dal et Nagin. Le
matin et le soir, les marchands ambulants viennent vous proposer « à domicile » leurs
victuailles.
Pour
parcourir de petites distances, vous pourrez emprunter un shikara (petite
embarcation couverte d'un auvent). C'est là le meilleur moyen de voir la ville dotée de nombreuses mosquées
de bois
construites dans le style très particulier du Cachemire.
Curiosités
Le
Hari Parbhat, forteresse élevée sur une colline sous le règne de l'empereur Akbar.
La
Mosquée Shah Hamdam, édifice en bois ne comportants pas un seul clou, commencé au XIVe siècle, s'élève sur une rive de la Jhelum, au coeur de la ville. Sa tour pointue, caractéristique du style du pays, fait songer à une pagode.
La Jama Masjid, la
plus grande mosquée de Srinagar, située non
loin du 4e pont, fut édifiée au XIIIe siècle.
Trois fois incendiée, elle fdt rebâtie
en 1655, sous le règne de l'empereur
moghol Aurangzeb.
Pathar
Masjid, mosquée de pierre du XVIe siècle.
La
mosquée Hazrat Bal, au bord du lac Nagin, renferme une relique précieuse : un cheveu
du Prophète.
Le temple Shankaracharya, élevé sur une colline à 400 m audessus de la ville, fut bâti au Vie
siècle sur les ruines
d'un sanctuaire bouddhique.
Le
temple de Pandrethan, à 6 km au
sud-est de Srinagar, date du IXe siècle.
Construit dans le plus pur style du
Cachemire, il est dédié à Çiva.
Les
jardins moghols, à environ 8 à 15 km de Srinagar. Il y a trois jardins à visiter : Nishat Bagh, Chashma Shahi et Shalimar Bagh.
Excursiond dans les environs de Srinagar
Gulmarg,
• La Prairie des fleurs . (2 600 m
ah.), 38 km à l'ouest de Srinagar. Station de sports d'hiver
et climatique très appréciée, Gulmarg possède le meilleur terrain de golf de toute l'Asie. Possibilités de randonnées équestres ou pédestres ; par
beau temps, très belle vue sur le Nanga Parbat (7 980 m).
Pahalgam
(2 200 m), 100 km à l'est, est un point de départ pour des promenades et des marches en montagne (trekking).
De là, on atteint aussi la grotte d'Amarnath, lieu de pèlerinages.
Sonamarg (alt. 2 600 m),
à 82 km au
nord-est, surplombant la vallée du Sindh, est un point de départ pour des excursions dans
l'Himalaya.
Le Ladakh
Pour un quart de l'humanité - 500
millions d'hindous et 550 millions de
bouddhistes - l'Hima-laya est plus qu'une barrière naturelle : c'est le symbole de tout ce qui transcende
l'homme, de tout ce qui le relativise. Pour les hindous, l'Hima-laya
est l'incarnation et l'antre de leurs divinités, le refuge dans lequel les princes sont venus mettre à l'abri leur héritage culturel, qui a ainsi survécu jusqu'à
notre époque. Quantaux bouddhistes, ils vénèrent dans l'Himalaya le lieu de
naissance de leur grand maître Gautama
Bouddha.
L'histoire
du Ladâkh se perd dans la légende, mais l'on peut affirmer, avec certitude,
que le bouddhisme s'y propagea avant lé règne de l'empereur Açoka (272-231 av. J.-C.). Au Ne ou au début du Ille siècle, déjà, le roi Surrendra veillait aux destinées de la vallée du Cachemire et du Lada-kh attenant selon les enseignements de Bouddha.
Le Lada-kh ne s'ouvrit aux étrangers qu'en 1974.
Sur la route de Leh
Le
voyage que vous ferez pour vous
rendre au Ladâkh est une extraordinaire expédition à travers le haut Himâlaya. Les agences de voyage spécialisées dans les expéditions au Ladakh font en sorte d'assurer à leurs
clients un certain confort, mais pour
suivre le parcours de Srinagar à Leh
(430 km), ces derniers doivent faire
preuve d'un esprit aventureux.
De
juin à octobre, la route construite
par les soldats indiens est praticable ;
en dehors de cette période, elle est couverte d'une épaisse
couche de neige. Pour aller jusqu'à Leh, il
faut compter 2 à 3 jours de voyage.
L'itinéraire
passe par le Zoji-La (col de Zoji) à 3 500 m d'altitude, qui se trouve déjà au
Ladâkh, et mène
à Dras, l'un des endroits les plus froids du monde, puis à Kargil, deuxième ville du Ladâkh
qui compte
2 900 habitants, musulmans chiites
pour la plupart.
Grâce à un système
d'irrigation artificielle, Kargil a tout
d'une oasis. À une trentaine de
kilomètres de Kargil, on parvient à
Mulbekh, où l'on découvre les
premières constructions bouddhiques
et l'immense statue en pierre de
Maitreya, le
Boudha
du Futur » qui daterait du Vle siècle ap. J.-C. Après avoir passé la
Fatu-La, à 4 100 m d'altitude, puis Lamayuru
et Saspol, on arrive enfin à Leh.
Leh (3600m 10 500 hab)
Un
spectacle si
Srinagar.
ngulier accueille les voyageurs aériens : la capitale du Lada_kh est cernée d'une chaîne de collines aussi dépouillées qu'un
paysage lunaire. Au-dessus d'elles, les cimes himalayennes, aux neiges éternelles, dépassent 8 000 m d'altitude. Autour de la cuvette de l'aéroport, on ne voit aucune végétation hormis quelques minuscules points verts, où les soldats de l'armée
indienne ont réussi à cultiver des légumes
et à planter quelques arbres.
Telle une écrasante
forteresse, le palais royal, construction
de style tibétain en pisé de huit
étages, domine la cité. En contrebas, se trouve un chorten, vaste sanctuaire bouddhique, et une petite mosquée, témoin de la tolérance religieuse propre à la civilisation himalayenne.
Leh
s'enorgueillit
d'un passé prestigieux. Elle fut
jadis une importante étape pour les caravanes venues de la Chine et du Tibet. Leh se trouvait en effet sur
la fameuse route
de la soie. Depuis que la Chine a envahi leur pays, les Tibétains ne viennent plus au Ladàkh
et, sur les
marchés de Leh, on ne voit aujourd'hui que des Ladâkhi, coiffés de leurs larges bicornes,
et des touristes
européens.
Excursions
dans les environs de Leh
Monastère de Spituk (non loin de l'aéroport) : bâti au Xle siècle par la secte des Kadam-Pa (Bonnets rouges), ce monastère fut restauré au XVe siècle par le roi Bum-Lde et cédé par la suite aux Gelong-Pa (Bonnets
jaunes), ordre fondé par Tsong-Kha-Pa
au XVe siècle. Son abbé, Kushok
Bakula, est le plus grand dignitaire religieux du Ladâkh.
Monastère
d'Alchi (près de Saspo1, 60 km à l'ouest de Leh) : il date du Xle siècle et fait partie des plus beaux joyaux architecturaux du Ladakh. Le monastère comprend six temples : le Lkakhang Soma orné
de fresques représentant la vie de Bouddha,
le Sum Stag, temple de trois étages qui renferme des mandala et trois statues géantes de Vajrapani (jaune), Manjusri (rouge), et Tchen
Rezig (Avalokiteshvara), le Nampar Nang, avec sa statue de Vairoçana et
ses peintures murales représentant la
famille royale, le Lotsava
Chokhang, qui renferme une statue de Rinchen-Zang-Po, le Jam
Yang Khang avec ses cinq gigantesques statues de Bouddha et enfin le dernier temple orné de fresques
relatant des événements historiques.
Monastère
de Lamayuru (90 km à l'ouest de Leh) : perché sur des rochers aux formes étranges, ce monastère est l'un des plus anciens du Ladàkh et abrite de précieuses euvres d'art : des statues d'Avalokiteshvara et de nombreux maîtres du bouddhisme
ainsi que des reproductions effrayantes de divinités protectrices.
Monastère de
Hemis(32 km au sud de Leh) : le plus célèbre et le plus riche des
monastères du Làdakh. Il appartient à l'ordre des Bonnets rouges et fut construit au début du XVIIe siècle. On remarquera
des fresques tantriques, de colossales
statues du Bouddha Ç-akyamuni et des tanka d'une beauté rare.
Dans une chambre
secrète sont conservés les masques que revêtent les moines lors des danses sacrées organisées pour célébrer la naissance de Padma-Sambhava (le festival de Hemis a lieu à la fin du mois de juin).
Sur
la route qui mène à Hemis, on peut voir le monastère de Shey, avec une statue de Bouddha haute de 12 m, et celui de Thiksé, qui comprend cinq temples.
Enfin,
mentionnons
d'autres monastères qui méritent
une visite Shankar,
au nord
de Leh, que l'on peut rejoindre à
pied et, dans la vallée de l'Indus, Phyang (à 20 km), qui date du XVIe siècle
et possède de
belles statues ainsi que des tanka et
des fresques, Stakna (à 23 km), doté d'une somptueuse
bibliothèque,
Bazgo (36 km), Likir (52 km) et le palais royal de Stok (12 km).
Le Rajasthan pays des maharadjahs
ANS l'État indien du Râjasthân, qui s'étend sur
342 000 km2, vivent 26 à 30 millions d'hommes. Les monts Aravalli
séparent le pays en deux parties : la plus grande, au nord-ouest, est formée
par le désert de Thar,
la plus petite, au sud-est, est un bassin
fertile couvert par endroits de collines boisées et de jungle.
Les Râjputs
Le Râjputâna ou
Râjasthân est le pays des Râjputs, cette noblesse terrienne et d'épée qui
surgit brusquement dans le nord-ouest et le centre de l'Inde au Vile siècle,
et s'imposa comme une nouvelle caste de guerriers. Nul ne connaissait l'origine
de ces raja--putra (raja roi, putra - fils).
Mais là où les
documents historiques font défaut, la légende nous
vient en aide. Chacun des clans râjputs, et
ils étaient nombreux, a sa propre légende. Ainsi, les Siso dia, les Rathors et
les Kuchchwaha, qui détiennent les États princiers d'Udaipur, Jaipur, Jodhpur
et BYicaner, prétendent-ils descendre des héros des épopées populaires du
Mahâbhârata et du Riimâyana,
c'est-à-dire du Soleil. Les Jadons et les
Bhatis de Karauli et Jaisalmer se réclament de la Lune. Parmi les
« Descendants du Feu », qui font remonter leur
généalogie à la Famille du Feu divin, on compte de grandes dynasties telles que
celle des Chalukya ou Solanki qui régnèrent dans le Deccan mais aussi les
Chauhan établis jadis à Delhi et à Ajmer. Les Râjputs étaient répartis en clans
autoritaires qui, depuis leurs forteresses quasi imprenables, étendirent leur
hégémonie sur une grande partie du pays. Individuelle. ment, ils étaient fiers
et peu enclins aux compromis, et guerroyaient constamment, ce qui ne les empêchait
pas de traiter ennemis et femmes de façon très courtoise.
Si l'on en juge par
les miniatures anciennes, qui ont rendu les Râjasthân célèbre dans le monde
entier, la gente féminine des Râjputs était d'une beauté très délicate. Aussi
est-il parfois difficile de croire aux récits faisant état de leur héroïsme et
de leur macabre disposition aux sacrifices. Inlassablement, les femmes râjputs
devaient prouver que leur honneur s'appelait liberté, et que celle-ci leur
était plus chère que leur vie. Si un fort se trouvait encerclé par l'ennemi et
qu'il ne leur restait plus aucune issue, les femmes et les enfants se livraient
à ce rite cruel que l'on nomme jauhar, c'est-à-dire
qu'ils se jetaient dans le feu, tandis que les hommes revêtaient leur tenue de
fête couleur safran et, sortant du fort en brandissant leur épée,, couraient à
une mort certaine.
Les Râjputs n'ont pas
laissé à la postérité leur seule réputation de guerriers : dans les forts, les
palais et les temples qu'ils firent édifier, ils ont manifesté une partie de
leur force créatrice et un sens indéniable de la beauté et de l'harmonie. Issus
d'un métissage culturel, les Râjputs ont assimilé l'héritage des hindous, ainsi
que celui des tribus autochtones et des conquérants étrangers. La formation de
la société râjput s'est intensifiée lorsqu'ils ont dû faire face à
l'envahisseur musulman. Ce contact avec l'ennemi a provoqué un regain
d'intérêt pour l'héritage spirituel de l'hindouisme et du jaïnisme, dont les
adeptes vivent aujourd'hui essentiellement au Râjasthân et au Gujarât.
Les nombreux temples jaïns d'une beauté
imposante, tels que ceux de Jaisalmer, Mount Abu et Ranakpur, témoignent de
l'importance que les jaïns de cette région accordaient à la vie sociale,
culturelle et religieuse. L'école râjput antérieure à l'époque moghole peut
être considérée comme un aspect important de la culture hindoue, qui, passé le
premier choc que lui infligea l'arrivée de l'Islam, connut un nouvel essor.
Bientôt, l'école râjput - son architecture, sa sculpture et son art de la
miniature - devait étendre son influence au-delà du Râjputâna, jusqu'en Inde
centrale et dans l'Himalaya. Son rayonnement sur l'art moghol sous le règne
des empereurs Akbar et Jahângfr ainsi que sur les États des Mahrattes et le Pànjâb sous le règne des sikhs aux XVfe et
XIXe siècles, est loin d'être négligeable. Enfin, c'est à leur
initiative, encouragée par les Britanniques,
que se produisit, vers la fin du XIXe
siècle un renouveau dans l'architecture indienne.
Les
édifices modernes de style râjput
sont assez courants, ainsi l'hôtel Açoka, à
Delhi.
Les résidences des maharajahs et les temples
Dans
toutes les anciennes métropoles des États princiers râjputs, les palais, les forteresses
et les chhatri (tombeaux) rappellent le luxe dont s'entouraient les mahârâjahs. Leurs principales résidences, Jaipur, Jodhpur et Udaipur sont accessibles en avion.
Mais ce sont justement
les sites les plus
impressionnants du Râjasthân, comme le temple jain du mont Abu et la
merveilleuse ville du désert, Jaisalmer, qui exigent de longs trajets par la route. De
plus, les hôtels que vous y trouverez ne répondent qu'à des exigences très modestes. Mais ce voyage a aussi
ses avantages : vous verrez des huttes aux toits de chaume dans des villages isolés du monde, des acacias poussant dans les sables du désert, des femmes aux
vêtements colorés allant
puiser de l'eau, des euphorbes accrochant
leur racines à de maigres rochers, des
chameaux actionnant des roues à eau. Toutes ces
images, toutes ces petites scènes auxquelles
vous assisterez au bord de la route
font de ce parcours une expérience
inoubliable.
Alwar (100 000 hab)
C'est le Râjput
Pratap Singh qui fonda en 1771 l'État
indépendant d'Alwar. Il fit édifier
son palais (City Palace) au pied d'un piton escarpé, à
côté d'un lac artificiel. L'étage supérieur
de ce palais a 'été aménagé en
musée, ,lequel renferme de très belles armes, des miniatures râjput et d'admirables livres enluminés.
Autour du lac sont
disséminés des pavillons dotés de dômes et de toits bengalis. Le plus beau de ces bâtiments est le mausolée de Râja Bakhtawar Singh (1781-1815).
Près du lac de Siliserh, à 13 km d'Alwar, vous pourrez
voir quelques chhatri
et l'ancien palais d'été du raja.
Jaipur (700 000 hab)
La capitale du
Râjasthân, État fondé après
l'indépendance de l'Inde,
est une ville jeune. Le maharajah Jai Singh B (1699-1744),
astronome et architecte
de génie, qui
résidait à Amber, décida en 1727 d'offrir à son royaume une nouvelle capitale, qui
devait porter son
nom. Astrologues et architectes se mirent à l'oeuvre et, peu de temps après, toute la cour put s'installer dans la nouvelle ville ; selon le voeu
du maharajah, toutes les maisons
étaient peintes en rose.
La Pink City (ville rose) est aujourd'hui encore l'une des plus originales de l'Inde.
Principaux monuments
Le
palais du Vent (Hawa Mahal). Ce palais est le plus bizarre de tous les bâtiments roses de
la cité. La façade
présente une multitude de loges en saillie coiffées de demidômes et de toits
bengalis. Les « étages » supérieurs
se composent de la seule façade
derrière laquelle s'étire une galerie. On suppose que les femmes de la cour s'y promenaient
fréquemment, car de là, elles pouvaient
observer, sans être vues, le
spectacle animé du bazar.
.Jantar Mantar est le
plus grand et le mieux conservé des cinq
observatoires de pierre que Jai Singh
fit construire à Delhi, Mathura,
Vaarânasi, Ujjain et Jaipur. Parmi ses nombreux instruments d'astronomie, il en
est un qui est particulièrement étonnant : un cadran solaire haut de
plusieurs étages qui indique l'heure
à 2 secondes près !
Le City Palace, qui
inclut l'observatoiré, occupe un septième
de la superficie de la vieille
ville. Ce fut, jusqu'en 1948, la
résidence des maharajahs de Jaipur. Les nombreux bâtiments qui le composent, tous très fastueux, ont
été transformés
en musée. L'importante collection d'armes, de miniatures râjputs et mogholes, de tapis
persans, de palanquins
superbement ouvragés, d'habits et de meubles de grand luxe, permet d'imaginer l'opulence dans
laquelle vivaient les maharajahs.
Les
chhatri (tombeaux) des maharajahs de Jaipur se
trouvent à la
périphérie nord de la ville. Le plus remarquable d'entre eux est le mémorial dédié au
fondateur de la ville Jai Singh II : il est décoré de motifs représentant des incarnations de Vishnu.
Les chhatri des
mahârâni se trouvent au bord de la route qui mène à Delhi. De la terrasse surélevée des pavillons funéraires, on découvre le palais du hammam ; c'est aussi
de cette terrasse que les maharajahs partaient à la chasse au canard.
Musée
de Jaipur : ce palais construit en 1876 pour accueillir l'héritier du trône britannique
conserve des manuscrits, des portraits, des sculptures sur bois et ivoire, des tapis et autres objets d'art.
Amber
À
11 km au nord de Jaipur, on découvre
Amber, ancienne capitale de l'État princier,
blottie au pied d'un pic rocheux.
Palais et temple de Vishnu
Le palais d'Amber, perché sur une plate-forme escarpée au-dessus de la ville, est peut-être
le plus intéressant
du Râjasthân. Vous
pourrez
laissez votre voiture au parking, à côté de l'étang, et faire l'ascension sur le dos
d'un éléphant superbement
caparaçonné, jusqu'à la cour du palais.
Le
temple de K lî, dans l'angle sud-ouest, est surtout remarquable pour
ses portes ornées de bas-reliefs en argent représentant des légendes relatives à la cruelle déesse Kilt. La cour suivante est particulièrement jolie. Les colonnes surmontées de pittoresques chapiteaux en têtes d'éléphant, soutiennent le toit du hall des audiences publiques
(Diwan-i-Am).
La porte de Gansa s'ouvrant dans le mur
opposé du hall
est agrémentée de très belles peintures ; elle doit son nom aux représentations du dieu-éléphant Gansa surmontant l'entrée.
La
porte de Ganesa donne accès à une cour dans laquelle les appartements royaux sont
disposés autour d'un petit
jardin. Le palan
des Miroirs (Sish Mahal) est
considéré comme
le plus beau du genre dans le,Râjasthân.
'Le
temple de Vaishnava (Vishnu) se trouve dans
un site en ruines
à' l'est de l'ensemble palatial. Dans la gracieuse archivolte en pierre du portail, deux éléphants de la déesse Laksmi saluent le visiteur. De nombreuses scènes de la légende de Vishnu décorent le temple principal et
le sanctuaire de Garuda qui le précède.
Bikaner (230 000 hab)
Au bord du désert de
Thar, Bikaner
fut fondée en 1488 par Rao Bikaji, descendant du clan des RâJputs de Jodhpur, les Rathors. Grâce au passage des caravanes qui faisaient du négoce entre l'Afrique et l'Asie
centrale, la ville connut une époque
florissante aux XVIIIe et XIXe siècles.
Le fort et le palais
Le
fort, composé de plusieurs palais, est la principale curiosité de Bfkaner. Un énorme rempart muni de 37 bastions entoure l'ensemble. On pénètre dans
la zone des palais en franchissant
la porte du Soleil, sur
laquelle est représenté l'arbre généalogique
des Râjputs du clan des Rathors.
Les
parties les plus anciennes remontent au. temps du raja Rai Singh (1571-1611) qui
acquit considération
et pouvoir en tant que général du Grand Moghol Akbar.
Le
Karan Mahal, situé dans la deuxième cour, est
surtout remarquable
par les très belles peintures qui ornent son plafond. Le palais de la Lune (Chandra Mahal) et le palais des Fleurs (Phul Mahal), tous deux édifiés sous le
règne du
Dans le fort de Bikaner
maharajah Gai Singh
(1746-1787), sont
décorés de miroirs, de marqueteries et de sculptures.
Le palais lalgarh, (2 km au nord du fort) dit
aussi « Red Fort » à cause de sa
façade en grès rose, fut construit
en 1881-1942 pour servir de résidence au maharajah dont la famille y réside toujours. Un hôtel de luxe
occupe une partie du palais.
Le
Ganga Golden Jubilee Muséum
renferme la collection privée des maharajahs : terres cuites de
l'époque Gupta, armes, monnaies et
miniatures des différentes écoles de
peinture du Rijasthân.
Excursions u départ de Bikaner
Devi Kund (8 km). Sur la
route de Jaipur se trouvent les chhatri. et les cénotaphes des souverains de Bfkaner. Certains des monuments funéraires sont entièrement en
marbre et ornés de belles peintures.
Élevage
de chameaux (7 km). Les visites guidées dans cette exploitation (réservation à l'hôtel) sont extrêmement intéressantes car elles permettent
de découvrir les problèmes que pose
l'élevage des chameaux.
Deshnoke (32 km). Sur
la route de Nagaur, le temple de Karniji doit sa célébrité aux nombreux rats qui y vivent en liberté. Considérée comme une incarnation de la déesse Durgâ, Karniji se querella avec Yuna, le dieu de la mort, et lui assura que
jamais il n'exercerait de ouvoir sur l'âme des membres de sa famille. Elle supplia Çiva de transformer les âmes des morts en rats
qui, depuis lors, sont vénérés à Deshnoke.
Jaisalmer
(20 000 hab)
Jaisalmer, cité du
désert, fait partie des plus sublimes et
des plus précieuses réalisations urbaines de l'Inde. Les maisons ornementées de superbes sculptures sur bois, le vieux fort perché sur une colline tabulaire dominant le désert de pierres, d'altiers chameaux
occupant de pittoresques petites places et, surtout,
un silence inhabituel dans une ville indienne, donne un cachet singulier à Jaisalmer.
Date de naissance : 1156
Chef
des Râjputs Bhati chassés de la vallée de l'Indus par les musulmans, Jaisal Singh fonda, en 1156, la ville et le fort qui est, ainsi, l'un des plus anciens du Ràjasthân.
Comme
Bfkaner, Jaisalmer se trouvait
sur la grande route caravanière qui reliait
I'Afrique a l’asie centrale. Nombreux
furent les commerçants jaïns qui s'y implantèrent. Avec l'apparition du
chemin de fer, la ville perdit de sa
prépondérance, car les marchandises furent acheminées dans d'autres directions. Le partage
de l'Inde fit de Jaisalmer une ville
frontière isolée, et l'exode des musulmans fit passer le nombre de ses habitants de 75 000 à 20 000.
Principales curiosités
Dans son aspect
actuel, le fort, qui dresse ses 99 bastions
au-dessus de la ville, date
principalement du XVIe siècle. À
travers plusieurs por tes, l'unique
entrée mène au palais du rawal (titre royal) Jaisal, visible de l'extérieur. De là,
on peut s'engager dans le dédale des
ruelles. Entre les maisons de grès jaune
souvent ornées de sculptures sur bois,
se cachent deux beaux temples jaïns du XVe siècle.
La ville. Au pied de la
forteresse, le quartier ceint
d'un mur de fortification fut construit à
partir du XVIIe siècle : on y
verra un grand nombre de bâtiments somptueux. Les haveli,
demeures des riches marchands, sont de toute beauté : le Salim-Singh-Ki-Haveli, le PatwonKi-Haveli et le Nathamaji-KiHaveli.
C'est
au Sunset Point (2 km) que se trouvent les chhatri des Râjputs Bhati. Les pavillons en
eux-mêmes ne
présentent guère d'intérêt, mais de cet endroit, on découvre au coucher du soleil une vue
magnifique
sur la ville et le gigantesque fort.
Jodhpur
(350 000 hab)
La
capitale de la principauté de Marwar, jadis très puissante, fut fondée en 1485 par Rao
Jodha, du clan
des Râjputs Rathors.
Le fort de Jodhpur
Le fort et le mausolée
Vu
de l'extérieur, le fort de Jodhpur est certainement le plus impressionnant du Râjasthân.
Franchissant cinq portes
monumentales, la route grimpe à l'assaut de ses
gigantesques murailles; qui dominent
la ville de 120 m. La -visite des palais donne une idée du luxe et
du faste dont aimaient s'entourer les maharajahs, qui trouvaient tout naturel que les esclaves pompent l'eau nécessaire dans un lac de barrage.
Le mausolée du
maharajah Jaswant Singh se trouve à
mi-chemin du fort. La terrasse du tombeau de marbre blanc offre un merveilleux panorama sur la ville et le
fort.
Excursions dans les environs de Jodhpur
Mandor (10 km). Avant
la fondation de Jodhpur, l'État du Marwar avait
pour capitale Mandor. Les bâti
ments qui ont échappé à
l'usure du temps
sont Conservés dans un très joli jardin. Les plus intéressants d'entre eux sont les chhatri. Contrairement aux
autres monuments funéraires du Râjasthân,
ceux-ci se présentent comme des temples hindous et sont ornés de statues représentant des personnages des légendes hindoues.
Dans
ce même parc se trouve le sanctuaire
des
330 millions de dieux et le hall des dieux et
des héros
où l'on
peut voir les colossales effigies de 16 divinités peintes avec une étonnante
extravagance.
Balsamand
(8 km). Le lac de Balsamand, endigué au XIIe siècle, offre un site très apprécié en pleine montagne,
idéal pour un séjour de repos. Les
maharajahs du Jodhpur avaient fait
édifier au bord de ce lac leur palais
d'été et de chasse.
Osia
(58 km). Les temples hindous et jaïns d'Osia, gravement endommagés, ont été
construits du VIIIe
au Xle siècle. Certaines des sculptures
qu'ils renferment sont estimées pour leur
originalité et leur élégance.
Mount Abu (10 000 hab)
Bon
a savoir
À
Pali; sur la route de Jodhpur au mont Abu, vous verrez les usines d'impression de
tissus. Vues de l'extérieur, elles ressemblent à d'énormes granges. On y imprime
les tissus de coton selon un procédé proche de la sérigraphie.
Le
mont Abu, qui s'élève abruptement au-dessus des larges vallées environnantes, est le
berceau de légendes
épiques. Né d'un feu sacrificiel, un personnage mythique y aurait donné naissance aux
clans des
Râjputs de Delhi, Ajmer, Bundi et Khota. Cette montagne a toujours été un lieu de
pèlerinage pour les hindous et surtout pour les jaïns dont les temples comptent parmi les plus beaux joyaux
architecturaux de l'Inde.
Les temples
Les
5 temples jaïns de Dilwara (5 km), blottis les uns à côté des autres, constituent le principal attrait du mont Abu.
Dans les temples
de Vimala (XIe siècle et
de Tejahpala (XIIIe siècle), les plafonds, les murs et les colonnes sont décorés d'une quantité à peine imaginable d'ornements et de sculptures en filigrane tout en marbre blanc. Les ouvriers qui ont exécuté ce chef-d’œuvre avec des limes minuscules, ont été
payés proportionnellement à la quantité de poussière obtenue en limant ainsi le marbre.
Les plafonds des salles de danse qui
précèdent le grand sanctuaire, sont particulièrement remarquables. En raison du grand nombre de
pèlerins qui viennent s'y recueillir, les
temples ne sont accessibles aux
visiteurs non jains que l'aprèsmidi.
Achalgarh, but de
pèlerinage des hindous, se trouve à 7 km au
nord des temples de Dilwara. Le
temple d'Achaleshwar-Mahader (XVe
siède) qui se dresse à l'extrémité de
la route est d'un intérêt assez
limité, mais le sentier pentu qui
conduit (XVIe) offre de.
fantastiques points de vue sur les astes plaines et sur le Guru
Shikar, le point culminant de la
chaîne des Aravalli (1694 m).
Udaipur (200 000 hab)
Contrairement au
reste du Râjasthan, la région de l'ancien
État riijput du Mewar est extraordinairement
fertile. Grâce à cet inestimable atout
naturel, ses souverains, les Sisodia,
purent se prévaloir d'une puissance
presque inégalée en Inde. D'ailleurs,
le prince régnant ne se contenta pas
d'être maharajah : il prit le titre plus élevé de mahâmna.
Après
la dévastation de l'ancienne capitale Chittorgürh, le mahârâna Udai Singh fonda Udaipur en 1599. La situation
idyllique de la
ville, environnée de collines et de
lacs et la grâce de ses nombreux palais, ont fait le renom d'Udaipur on la
considère comme l'une des plus élégantes
villes de l'Inde.
Curiosités
Le
palais, qui s'étire sur une longueur de 400 m sur le rivage du lac Pichola, comprend des
édifices de styles et d'époques
différents. La partie sud, la plus récente èst encore habitée par la famille du
mahârâna, on ne peut donc la visiter ; la partie nord, en revanche, est
ouverte au public. De nombreux
objets rappelant la victoire des Rajputs contre l'envahisseur Moghol sont exposés dans le palais. Du point de vue architectural,
on remarquera notamment une
cour intérieure décorée de mosaïques représentant des paons.
Le
temple de Jagadisha (1651), situé
non loin de la porte du palais, est
considéré comme le plus beau sanctuaire
d'Udaipur, en raison des superbes
décorations dont il est doté.
Le lac Pichola. Une
promenade sur le lac : voilà ce que
Udaipur vous offre de plus enchanteur
! À cette occasion, vous pourrez visiter deux des palais insulaires : l'immense Jag
Niwas (1757), transformé en hôtel de luxe, et le Jag Mandir
(XVIIe siècle) dans lequel le futur empereur moghol Chiih Jahân trouva refuge lors de l'insurrection soulevée contre son père.
Ahar
.Parmi les chhatri localisés dans le quartier est de la ville, Ahar, les pavillons abritant
les cénotaphes du mahârâna Amar Singh (1621) et du mahârâna Sangra Singh II (1734) sont les plus intéressants.
Excursions dans les environs d'Udaipur
Ranakpur(90 km). La
route qui passe par Gogunga traverse une ravissante région montagneuse et boisée. Les temples jains de Ranakpur, tapis dans la vallée solitaire, ont peu de chose à envier à ceux du mont Abu. Le temple principal, dédié au premier tirthankara, Adinath et édifié au XVe siècle, surpasse
même ceux du mont Abu par ses proportions
hors du commun. Là aussi les halls
de plusieurs étages sont entièrement
couverts de reliefs sculptés en filigrane ; les musiciens, les danseuses et les divinités ornant les coupoles sont particulièrement élégants.
Kankroli
(64 km). Vous découvrirez beaucoup de sites intéressants sur la route d'Ajmer. C'est dans le temple d'Ekling i (21 km), dédié
aux divinités protectrices des Sisodia, que
les mahârâna du Mewar se faisaient
couronner. Nathdwara (48 km) est l'un
des lieux.
dé. pèlerinage hindous' lés plus' fréquentés.
Les sanctuaires ne sont pas accessibles aux incroyants. Près de Kankroli (64 km) s'étend le lac
Raja Samand dont le barrage est agrémenté de gracieux pavillons.
Chttorgarh
(30 000 hab)
Chittorgârh, qui fut
du Vile au XVIe siècle la capitale du Mewar, est étroitement liée
aux récits relatant l'héroïsme et l'esprit chevaleresque des Rjjputs. Le fort
fut assailli à trois reprises : la première fois en 1303 par le sultan de
Delhi, Alaudin Khilji, la seconde de 1534, par Bahâdur Chah, le souverain du
Gujarât, et la troisième fois en 1567 par le Grand Moghol Akbar. En vertu du
rite du jauhar,
ces trois assauts se
soldèrent par la mort de tous les habitants.
Le fort, l'un des plus grands d'Asie, est
implanté sur une colline tabulaire de 150 m de haut. Derrière
le mur de fortification qui ne mesure pas
moins de 13 km, il reste malheureusement très peu de bâtiments intacts.
Le palais de Rana Kumbha dont le règne, au
XVe siècle, marqua la période la plus florissante pour la ville, est presque
complètement en ruine.
La tour de la
Victoire, Jai Stambha, fait partie des plus précieux trésors de
l'architecture indienne. Rana Kumbha fit ériger en 1440 cette construction de
neuf étages, décorée d'une profusion de divinités hindoues, pour commémorer sa
victoire sur les rois musulmans de Malwa. La terrasse située en contrebas de
la tour était jadis l'emplacement de l'incinération des rois.
Le palais de Padmini porte le nom d'une
reine connue à des milles à la ronde pour son exceptionnelle beauté. On dit
qu'elle fut la cause de la soif de conquête d'AlaudinKhilji qui prit
tragiquement fin avec le premier rite du jauhar.
Le Kirti Stambha, tour de 22 m qui se
dresse au nord-est du fort, fut érigé au X111e siècle, à l'initiative d'un
riche marchand jaïn. Cette construction servit probablement de modèle pour la
tour de la Victoire de Rana Kumbha.
Ajmer (265 000 hab)
Cette ville qui
s'étend au pied de la chaîne des Aravalli fut fondée dès le Xle siècle par un
Râlput du clan des Chauhan. En raison de la proximité du lac de Pushkar, Ajmer
devint très vite un sanctuaire très vénéré de l'hindouisme. Après la conquête
islamique, elle fut l'un des lieux de villégiature préférés des nouveaux
souverains et par làmême un centre de pèlerinage pour les musulmans qui
viennent vénérer le tombeau d'un saint.
Curiosités
Dargah, le mausolée
du saint musulman Khwaja ud-Din Chishti (1142-1256), se trouve au coeur de la
vieille ville, dans le quartier du bazar bourdonnant de vie et d'animation.
Juste derrière le portail monumental érigé au XIIe siècle par le sultan
Îltutmich, vous verrez deux
énormes chaudrons dans lesquels on fait cuire
de la nourriture pour la multitude de pèlerins qui afflue ici, notamment à
l'occasion de la fête d'Urs-Mela (avril). Tout autour du mausolée du saint,
construit en 1464, sont disséminés divers bâtiments comme par exemple la petite mosquée de Jah-angîr, Sandal et la mosquée
de marbre de Chah Jahân.
Adhai-Din-Ka-Jhonpra.
En remontant à droite la rue du Bavir,
depuis le mausolée, on parvient à la plus ancienne mosquée de l'Inde. Les 124
piliers qui soutiennent l'édifice sont ornés de sculptures. Si l'on en croit la
tradition, il s'agissait jadis d'une école de sanscrit qui fut
transformée en mosquée en l'espace de deux jours et demi. Pour conférer à
l'ensemble un caractère musulman, on le dota d'une façade aveugle composée de
sept arcs.
Anasagar, ce lac
artificiel créé vers le XIIe siècle au nord de la ville, dans un paysage
magnifique, était un endroit très apprécié des Grands Moghols, qui l'ornementèrent
de jardins et de pavillons de marbre.
Le lac pushkar, a 11
km au sud d’Ajmer, est un des lieux sacres de l’hindouisme. On dit que rama,
héros des épopées hindoues, vint un jour visiter ce lac et selon la légende, le
lac serait né d’une fleur de lotus tombée des mains de brahma. En automne, une
grande foire au betail se tient autour du lac pushkar.
Le gujarat
située au sud du
Râjasthân, le Gujaràt comprenait encore, à l'époque de la colonisation, 202 principautés
subordonnées
à la seule suzeraineté britannique. On comprend dès lors pourquoi le Gujarât
présente une aussi grande variété de coutumes et de tenues vestimentaires aux
couleurs éclatantes.
L'État
est très peu ouvert au tourisme, si bien qu'on y trouve rarement des possibilités d'hébergement
correspondant aux critères occidentaux. Les principaux centres d'intérêt du Gujarât sont la capitale
Ahmadâbâd, le mont Shatrunjaya, près de Palitana et les environs de Junagadh et Veraval.
Ahmadabad
(1,5 million d’hab)
Ahmadàbàd
est un important centre
industriel et la sixième ville de l'Inde par
sa superficie. Les innombrables
édifices érigés par les souverains
musulmans qui s'y sont établis,
confèrent à la ville un caractère spécifiquement islamique ; il y a
tellement de choses à voir à Ahmadabad, que nous ne pouvons
Les monuments à voir
La
Jama Masjid, la grande mosquée
du centre de la vieille ville est due à
Ahmad Chah Iei qui fonda Ahmadabad
en 1411. Le mausolée attenant à la
mosquée abrite les cénotaphes du
souverain et de ses successeurs.
La mosquée Sidi Sayyid
située
du côté nord de l'ancien
fort est célèbre pour ses fenêtres de marbre : on y voit trois arbres et quatre palmiers entrelacés dans un superbe ouvrage de treillis.
La mosquée de Rani
Rupmati
(1440) est un exemple très réussi de la fusion
entre éléments de style hindou et
islamique.
La mosquée Rani
Sipri, au sud de la vieille ville, est l'une
des plus belles. Elle fut construite
en 1514 pour les femmes du souverain alors au pouvoir, Mahmud Bigara.
`Les
minarets de la mosquée Sidi Bashir sont une curiosité architecturale : lorsque l'on heurte l'un des deux minarets, les vibrations se transmettent immédiatement à l'autre par l'intermédiaire de l'arc qui les relie.
L'ashram
de Gândhi, situé sur la rive ouest du fleuve Sabarmati, fut pendant quelques années le
lieu d'où Gandhi lança sa
campagne de résistance passive contre la puissance coloniale britannique.
Palitana
(30 000 hab)
Shatrunjaya,
l'une des cinq collines sacrées du jaïnisme, s'élève à 590 m d'altitude derrière la ville de Palitana. Un
sentier de 4 km, partiellement aménagé en escalier„ mène au sommet où s'étend une ville qui ne compte pas
moins de 863
temples.
Shatrunjaya
Le
temple de
Chaumukh, érigé
sur le
sommet nord en 1618 par un banquier, est le plus grand et le plus beau du mont
Shatrunjaya.
Le temple d'Adishwara, dédié au premier tirthankara est le
principal entre d'attraction des
pèlerins. Le matin à 9 heures, on habille la
divinité, vers 9 h 45, on lui lave les pieds
et à 15 h on la pare des précieux
bijoux enfermés dans le trésor du
temple.
Junagadh
(120 000 hab)
D'impressionnantes
murailles entourent la citadelle de
l'ancienne ville
princière. Dans l'enceinte, il faut voir notamment l'ancien palais, les fontaines et
les grottes occupées jadis par des moines ascètes.
La
cité des temples du mont Grirnar est l'un des cinq lieux saints auquel tout jaïn se doit
de faire un pèlerinage
au moins une fois dans sa vie. Après avoir
gravi les 6 000 marches de
l'escalier, partiellement taillé dans le
roc, qui conduit au mont Girnar, vous aurez franchi une dénivellation
de quelque 650 m. Le temple de Neminath qui date du Xlle siècle, est le plus important tant par la taille que par la vénération dont il est l'objet. La statue
du 22e tirthankara, auquel ce temple est
dédié, est parée d'or et de bijoux.
Excursions dans les
alentours de Junagadh
Patan Somnath (à 5 km à l'est de l'ancien port de Veraval, qui se trouve lui-même à 86 km
au sud de Junagadh). La légende veut que le divin berger Krishna ait été tué à cet endroit. Le fameux
temple érigé sur
ce lieu saint est une reconstitution de l'édifice construit au IXe siècle et dévasté par
les conquérants musulmans.
Sasan Gir (à 38 km au
nord de Veraval) est une base de départ pour une promenade dans la réserve de Gir
Forest, où vivent les derniers lions en liberté d'Asie. Au cours des visites guidées (en jeep) organisées de décembre à juin par les services d'administration des eaux et forêts, on peut voir non seulement des lions, mais aussi des gazelles et des antilopes. Réservations auprès du Tourist Office, Junagadh.
L’inde
centrale
entre
la haute vallée du Gange et Bombay, l'État du Madhya Pradesh recèle quelques sites qui
s'intègrent difficilement
à un circuit touristique et qui pourtant méritent une visite. Les plus intéressants sont
l'ancienne ville
des maharajahs, Gwalior, le célèbre stûpa de Sânchf et Mandu, jadis capitale
prestigieuse des puissants souverains musulmans.
Gwalior
(450 000 hab)
Gwâlior
et sa citadelle qui, du haut de ses 90 m, veille sur la ville, ont joué un rôle de
premier plan dans
la lutte de l'Inde pour son indépendance.
C'est de l'intérieur
du
fort qu'en 1758, la jeune veuve du maharajah, Rani Lakshmf Bai, mena le dernier combat
désespéré contre
les troupes britanniques.
Le
fort. Un chemin escarpé, aménagé
dans les rochers de grès presque
verticaux, conduit à la forteresse.
Le palais Gujari, derrière la seconde
des cinq portes, fut construit par le
maharajah Man Singh (1484-1516) pour son épouse favorite. Aujourd'hui,
il abrite, le Musée archéologique qui renferme une belle collection de sculptures, de manuscrits, de peintures
et autres antiquités.
Lorsque
l'on parvient au palais de Man
Singh, on
a atteint le plateau supérieur de
l'acropole, long de 3 km. L'imposante façade
est du palais,
totalement dépourvue de fenêtres doit son charme à ses six tours couronnées de dômes et aux carreaux de faïence représentant des oies,
des éléphants et des paons qui la décorent.
Les
deux temples
de Sas
Bahu, que
l'on découvre à environ 200 m au sud du palais Man Singh, datent du Me siècle. Les murs
extérieurs et
la superbe entrée du plus grand temple sont ornés de sculptures figurant des personnages
de la mythologie
hindoue.
Dans la ville. De toutes
les sculptures
de saints jaïns,
qui
furent taillées
dans la pierre supportant les remparts au XVe siècle, celle du premier tirthankara, Adinath, haute de 17 m est la plus remarquable.
À
l'est de la ville se dressent deux mausolées de l'époque d'Akbar. Dans le plus petit d'entre eux se trouve le tombeau du
musicien Tansen,
et dans le plus grand celui du saint musulman Mohammed Ghaus.
Bhopal
(450 000 hab)
Bhopâl,
capitale du Madhya Pradesh, est le point de départ de la visite du gigantesque stûpa de Sânchl qui est l'un des
plus célèbres monuments
de l'Inde. S'il est vrai que la ville de Bhopâl elle-même est pittoresquement située sur les rives de deux lacs, il n'en demeure pas moins qu'elle recèle peu de choses
d'intérêt majeur. La monumentale mosquée de Taj-ul est inachevée.
La surabondance de décorations de la mosquée de la Perle (Moti
Masjid) témoigne de la décadence du style moghol de la dernière époque.
Excursions à Sânchî et Udayagiri
Sânchî.
Sise à 68 km de Bhopâl, S-anch1 était déjà au Ille siècle av.
J.-C. un important centre religieux bouddhiste. L'empereur Açoka, qui régnait
alors sur le premier grand empire indien
attachait tellement d'importance à ce
lieu qu'il y fit édifier
quelques-unes des colonnes où il
faisait graver ses édits. Les moines
qui occupaient le monastère de S7anchf
vivaient des aumônes de la riche ville
voisine, Vidisha, capitale, aux Ief et lie siècles av. J.-C., du royaume des Shunga. Avec la décadence
de l'empire et la chute de Vidisha,
l'ensemble monastique de Sânchf perdit
tout soutien. Cependant, on pense que
des moines continuèrent à y vivre
jusqu'au XIIe siècle. Le grand
stûpa (]je-1siècles av. J.-C.) est entouré d'une balustrade de pierre. Les
quatre portiques qui donnent accès au chemin des processions avec leurs architraves superposées légèrement cintrées, font désormais figure de symbole de l'architecture bouddhique. Les hauts-reliefs de ces portiques comptent parmi les trésors les plus considérables de l'Inde. Ils représentent les légendes relatives aux vies antérieures du Bouddha et des scènes de la vie de l'Illuminé qui, à ce stade primitif du bouddhisme, n'était représenté que par des symboles. Ainsi, la fleur de lotus représente
la naissance de Bouddha, le figuier
symbolise l'illumination, la roue
figure le premier sermon et, enfin,
le stûpa représente la mort.
Les
restes de deux disciples du Bouddha que l'on a trouvés dans le stûpa n° 3 sont aujourd'hui conservés dans le nouveau vihara construit à cet effet en 1952.
Dans les ruines des
monastères et des salles de prières
entourant le grand stûpa, il faut voir notamment la salle Chaityà (n° 18) et le temple de l'époque gupta (n° 17). Le stûpa n° 2 situé légèrement en retrait est célèbre
par le caractère fantastique de ses
reliefs..
Udayagiri.
Les grottes
d'Udayagiri
(7 km
de Sânchi:) furent creusées dans la montagne par des moines hindous entre le Ne
et le Vlle siècle.
La grotte
n° 5 est
la plus remarquable.
Un gigantesque basrelief représente Vishnu sous la forme d'un sanglier venant de repêcher la déesse Terre prisonnière des cruels démons de l'Océan.
Indore (600 000 hab)
Pour
le touriste, Indore, ville industrielle
très animée, n'est souvent qu'une étape sur
la route de Mandu, ancienne capitale du
royaume de Malwa. Mais Indore est aussi le point de départ d'une excursion aux temples excavés de Bagh et d'une visite de la ville sacrée d'Ujjain.
Indore
en soi ne présente guère d'intérêt. On n'y visite le plus souvent que le Kanch Mandir, temple jain étrangement orné de perles de verre et de miroirs, et les mausolées des
monarques locaux (Chhatri Bagh).
Excursions à Ujjain et
Bagh
Ujjain
(à 55 km au nord d'Indore) est l'une des sept villes saintes de l'hindouisme. Si l'on en
croit la légende, c'est ici que Çiva aurait vaincu l'effroyable démon Tripura. Chaque jour, des
milliers de pèlerins hindous se rendent sur les rives de la rivière sacrée Shipra pour se purifier et se mettre ainsi dans les meilleures conditions possibles pour leur
prochaine existence.
Dans
le temple ;de Mahakal, les pèlerins vénèrent le
lingam sacré de Çiva. L'observatoire (Janta Mahal)
fut bâti - comme ceux de Delhi et de Jaipur - au XVfe siècle par le maharajah Jaï Singh Il.
Bagh.
Les grottes de Bagh (158 km d'Indore) doivent leur renommée aux fresques très bien conservées
qu'elles renferment. Des neuf monastères bouddhiques creusés dans le roc du Ne au Vile siècle, il en reste cinq. Dans la grotte n° 4, la plus impressionnante,
que l'on appelle aussi Rang Mahal,
r Palais multicolore », les
peintures murales (femmes grandeur nature, danseuses enjouées, serviteurs obséquieux et
processions royales) permettent d'imaginer la vie telle qu'elle se déroulait dans l'Inde
ancienne.
Mandu (3 500 hab)
Le
plateau rocheux de Mandu, qui présente sur trois de ses versants un à-pic de 300 m attira
au XIe siècle
une dynastie hindoue de l'Inde moyenne, qui décida d'y installer sa capitale. Le
gouverneur chargé
d'administrer la région après l'invasion musulmane, Dilawar Khan Lodi, se déclara
indépendant de
la tutelle de Delhi en 1401 ; peu après,
Mandu devint la capitale d'un royaume
indépendant, le Malwa, qui fut au
XVe siècle l'un des plus puissants
États du sous-continent. Les dynasties afghanes qui le gouvernèrent
firent édifier dans cette citadelle
naturelle de nombreux bâtiments dont
les restes sont encore très
impressionnants.
Principaux monuments
Le
mausolée de Hushang Chili (1405-1435)
était tellement célèbre
que le Grand Moghol
Chaâh J-ahan ordonna à ses architectes d'aller étudier sur place la structure de ce tombeau, avant d'entreprendre la construction du Taj Mahal.
La Grande Mosquée
(Jama Masjid), érigée en 1450, passe pour
l'un des plus beaux édifices de l'époque afghane. Son fondateur, Mahmud Chah (1436-1469), est enterré
dans l'Ashrdfi Mahal situé juste en
face du mausolée.
L'enclave royale se compose d'un autre groupe de remarquables bâtiments. Le Jahaz Mahal, le « Palais du bateau », ainsi nommé parce qu'il se trouve entre deux
étangs, servait
probablement de harem. Dans l'Indola Mahal tout proche, le roi tenait ses audiences. Des autres palais et de la
mosquée Dilawar Khan, il ne reste pratiquement plus rien.
Le
Baz Bahadur Mahal,
le
palais du dernier monarque de
Mandu, se situe à 3 km au sud de la Grande Mosquée,
à proximité du lac de Rewa Kund.
Le
pavillon de Rupmati qui se dresse au sud de la hauteur dominant le palais, offre
une vue merveilleuse
sur la profonde vallée de la Narwàdâ. Rupmati, la belle chanteuse de la
cour de Baz Bahadur, y venait, parait-il
chaque soir pour admirer le coucher
du soleil. Lorsque Mandu fut cernée
par les troupes d'Akbar, elle se
suicida pour ne pas finir dans le harem du Grand Moghol.
Hauts
lieux de l’hindouisme et du bouddhisme
E bassin moyen du Gange,
occupé par les deux États les plus peuplés de l'Inde, le Bihâr et l'Uttar Pradesh, est étroitement lié au
développement des grandes religions de l'Inde. C'est là en effet que se trouvent les plus
grands lieux
sacrés de l'hindouisme, c'est là que les fondateurs des grands courants religieux ont
prêché leur doctrine, c'est là enfin que sont apparus les premiers centres du jaïnisme et du
bouddhisme.
Puis
vinrent les conquérants musulmans qui balayèrent presque toutes les marques
d'époques antérieures pour les remplacer par leurs propres symboles. C'est ainsi qu'à Lucknow et
en bien d'autres
lieux se formèrent de nouveaux foyers religieux, mais cette fois, on y vénérait
Allah. On a une idée de ce que les iconoclastes ont détruit, lorsque
l'on étudie les fameux temples hindous de Khajuraho. Toutefois, si l'on en juge par les
millions de
pèlerins qui affluent chaque année dans la ville de V-arânasi (Bénarès) vieille de 3 000 ans, il est indéniable que
l'hindouisme connaît
aujourd'hui un nouvel essor.
Lucknow (850 000 hab)
La
capitale de l'Uttar Pradesh fut de 1775 à 1856 la résidence des nababs (princes
musulmans) de l'Audh qui
recueillirent l'héritage artistique de
l'Empire moghol déclinant.
Les
édifices les plus remarquables se trouvent à l'est de la Grande Mosquée
(Jama
Masjid) qui occupe une plate-forme surélevée.
Le
Chhota
Imambara, mausolée
de Mohammed
Ali Chah, richement décoré, fut construit entre 1837 et 1842.
En
prenant vers l'est le chemin qui passe davant le Rumi Darwaza, porte monumentale parée de décorations luxueuses,
vous parviendrez au Bara Imambara, élégant mausolée d'Asaf ed-Daulah (1775-1797).
À
l'est de la ville, vous pourrez visiter également le sanctuaire chiite de Chiih Najof, le Moti Mahal, palais édifié en 1805 et
le mausolée de
Saadat Ali
Khan.
khajurahu
Un
millénaire s'est écoulé depuis les Chandella, ces fameux souverains rajputs du clan
des Bundela, qui firent édifier dans leur capitale, Khajuraho, des temples qui
sont peut-être les plus
importants et les plus remarquables de
l'architecture hindoue médiévale. Ce qui a fait la renommée mondiale de Khajuràllo, se sont les scènes érotiques présentées sous forme de reliefs et de sculptures.
De
la prestigieuse capitale qui - si l'on en croit les documents historiques et les chroniques - s'élevait ici au Xe
siècle, il ne reste plus une trace, hormis quelques pierres empilées qui sont peut-être les
vestiges d'un rempart. Le témoignage
de la splendeur passée de Khajuràlto
se trouve dans le quartier des
temples irrémédiablement liés à son
nom.
Dans
ces 85 temples, les architectes des Chandella ont toujours cherché à exprimer leur
propre conception
du cosmos. Dans les plans comme dans les proportions horizontales et verticales,
dans l'aménagement
de l'espace, dans les dômes et les shikhara, dans la représentation des personnages
divins ou humains,
ils ont symbolisé quatrevingt-cinq fois l'univers, ce monde et l'espace
supraterrestre. Il ne reste aujourd'hui que 22 temples ; les autres ne sont plus qu'un
amas de débris
et de poussière.
L'apogée
de Khajurâho se caractérise par le triomphe de la sculpture sur l'architecture. Le
mithuna, ce couple
d'amoureux que vous retrouverez dans tous les temples, qui vous attire et vous fascine, a une origine lointaine, puisque son histoire commence
avec une sculpture jaïn datant du Me
ou du fie siècle av. J.-C., conservée au musée du Lucknow. Même dans les monuments bouddhiques, tels que le stûpa de Sânchf, qui remonte au fie siècle av. J.-C., on trouve ces scènes érotiques.
La représentation de couples dans
l'étreinte sexuelle s'échelonne du
IXe au XIIIe siècle ; c'est le cas des
sculptures et des reliefs que l'on
voit dans les temples de
Bhubanesvar, Konarak et Khajuraho.
Incontestablement,
cet aspect de l'art indien
procède autant du profane que du sacré, et nul ne peut nier qu'il ne s'agit pas seulement ici de symboles mais aussi de
vrais portraits. Pourtant, on passerait à côté de l'essentiel si l'on ne voyait dans la représentation de tous ces couples
enlacés qu'un abrégé d'érotisme ou
un simple guide des plaisirs sexuels.
Ce que les artistes de Khajuraho et
les architectes d'autres temples
indiens ont traduit en image est bien plus qu'une technique de l'amour, c'est la mise en évidence d'un processus spirituel invisible.
Pour
mieux saisir cette démarche, il faut lire la légende indienne de la Création. II y est
dit que « l'Un », le plus grand dieu
du panthéon, Brahmâ, dans son désir d'être omniprésent, s'est scindé en « plusieurs » et que ces # plusieurs », précipités par la création du monde dans la douloureuse dualité de l'homme et de la femme, alors qu'ils vivaient
auparavant dans l'heureuse « non-dualité »
du principe masculin et du principe
féminin, aspirent à la réunification qui n'est autre que le symbole de
l'état paradisiaque originel.
Quiconque
aborde les temples de Khajurâho en sachant cela ne voit rien d'obscène dans ce gracieux jeu d'amour, dans les variantes de l'étreinte sexuelle ; il reconnaît au contraire, transposé dans la
pierre, le thème de la délivrance.
Les temples de Khajurahho
Les
temples, disséminés dans un merveilleux jardin proche de la place du village, sont
partagés entre un groupe ouest et un groupe est ; quant au groupe sud - qui comprend
essentiellement des temples jains -
il se trouve à 5 km de Khajurâho. Le plus beau est le groupe ouest
Le temple des
Chaunsath Yogini, le plus ancien de Khajurâho, est tout en granit. Les autres temples
sont entièrement ou partiellement en grès.
Le temple de Chaunsath Yogini est
consacré à Kâlï - on y voit les statues des 64 femmes ascètes qui étaient les servantes de la déesse.
Le temple de Kandariya, célèbre" pour ses scènes érotiques, est dédié à
Çiva, symbolisé par un lingam de marbre
conservé dans le sanctuaire. Le
corridor intérieur entoure le sanctuaire. 872 statues ornent les murs intérieurs et extérieurs du temple.
Sur l'embase, une double frise représente des guerriers, des chasseurs, des musiciens, des danseurs,
des éléphants, des chevaux et des chameaux -
scènes de la vie quotidienne de la
dynastie râjput de la Lune.
Le
temple de Dévi Jagdamba, situé sur la même plate-forme que le temple de Kandariya
et celui de Mahadeva,
fut d'abord consacré à Vishnu
puis, plus tard, à la déesse Ganga. On
remarquera en particulier une statue
de Çiva avec ses trois têtes et ses
huit bras. Du temple de Mahadeva, qui
se trouvait entre le temple de
Kandariya et celui de Dévi Jagdamba,
il ne reste qu'un hall.
Le
temple de Chitragupta, qui ressemble beaucoup à celui de Dévi Jagdamba est consacré à
Surya, le dieu du Soleil, dont on
peut voir à l'intérieur une image rayonnante
de paix. Intéressantes également
sont les représentations de Brahmâ et de Sarasvati, de Çiva et de Pârvati, de Vishnu et de Laksmi sur les murs sud-ouest et nord du temple.
Le
temple de Vishvanatha, semblable à celui de Kandariya, se trouve sur une plate-forme
accessible
par des escaliers flanqués de deux éléphants (au sud) et de deux lions (au nord). Sur les
murs du temple,
des dieux, des déesses et des
surasundari, nymphes célestes, sont représentés dans des poses très gracieuses. Dans le sanctuaire, on retrouve Çiva,
sous la forme symbolique du lingam. À côté du temple,
un petit hall abrite une
statue de la monture
de Çiva, Nandi.
Temple
de Lakshmana : c'est le plus
grand des temples de Khajuraho ;
il est dédié à Vishnu. À chacun des quatre coins de la plateforme
se dresse un petit sanctuaire. C'est de ce temple que proviennent les trois célèbres sculptures conservées au musée de Delhi : la Femme à l'enfant, la Femme lisant une lettre, la Femme se regardant dans un miroir. Elles furent jadis attri
buées par erreur à
Bhubanesvar.
Aux
abords du groupe ouest se trouve un musée dans lequel sont conservées de très belles sculptures trouvées à Khajurâho.
Le groupe est
Il se compose de trois
temples hindous et de quatre
temples jaïns : Ghantai, Adinath,
Parshvanath - tous de l'époque des
Chandella - et Shantinatha, de
construction plus récente.
Temple
de Parshvanath : c'est le
plus beau des temples jaïns de Khajurâho. Il séduit avant tout par ses sculptures qui touchent à la perfection. Là
encore, le thème principal est
l'amour. On ne peut qu'être
impressionné par les représentations
de femmes se maquillant et se parant
de bagues, de bracelets et de
chaînes très finement ouvragés.
Varanasi
(benares) (600 000 hab)
On
pense qu'au Ier millénaire av. J.-C.
déjà, 'Çiva fut vénéré à Vârânasi sous la forme du symbole de la
fertilité, le lingam. Depuis des
siècles, des pèlerins venaient
accomplir dans les temples un rituel
compliqué ordonné par les prêtres,
rituel censé permettre à l'âme de se
rapprocher du nirvâna.
Au
cours de la conquête musulmane, la plupart des temples furent détruits, et remplacés par des mosquées. Mais la colonisation britannique fut
suivie d'une vague de libéralisation
qui permit la construction de
nouveaux temples. Le culte de Çiva connut alors un nouvel essor qui se poursuit de nos jours.
À
Bénarès, il est souhaitable de suivre une visite guidée (Tourist Office), car seul, on a
fort peu de chance
de trouver, dans le labyrinthe des ruelles populeuses, les curiosités qui méritent une
visite, et d'échapper
aux fanatiques religieux qui vous abordent
souvent de manière très agressive.
Promenade en barque sur le Gange
Une promenade sur le
Gange au "' lever du soleil fait partie des expériences les
plus mpressionnantes d'un voyage en
Inde. Les ghàts, petites pièces d'eau servant aux bains, s'étendent ici sur 7 km le long de la rive.
Les pèlerins y viennent en masse pour
se laver de leurs péchés dans les
eaux sacrées du fleuve. On y voit
affluer aussi des lépreux, des
mendiants atteints des pires infirmités, qui viennent demander l'aumône
aux pèlerins. C'est sur ces ghâts que l'on
apporte les morts qui sont brûlés sur
des petits bûchers et dont les cendres sont
confiées au fleuve sacré. Et puis, il y a aussi les combinards les plus roués, les ascètes enduits de cendres, les
astrologues omniscients, il y a les saints
vêtus de robes safran qui viennent méditer à côté de yc)gis dans leur plus simple appareil et des vieillards chétifs qui attendent la mort. Sur le rivage se dresse un alignement de temples. Les modestes auberges de pèlerins voisinent avec
les palais des riches de l'Inde
entière. Çà et là s'élèvent les
minarets de quelques mosquées.
Dasahvamedha
ghàt, où commence la promenade,
est l'un des cinq ghâts les plus sacrés, dans
lequel tout pèlerin doit se baigner.
La légende raconte qu'ici, un souverain accomplit, selon un rituel très complexe, le sacrifice de dix chevaux, qui lui donna tout pouvoir sur le monde divin et lui permit de ne faire qu'un avec Brahmâ. Au coucher du soleil, une foule énorme se presse sur ce ghât.
La visite se fait en
remontant le cours du Gange jusqu'à Asi
ghât. C'est ici, dit-on, que l'épée avec laquelle Durgâ
combattit les démons, serait tombée à terre. De Dasahvamedha ghât on passe devant
le ghât de la crémation et on parvient ensuite au Marnikarnika ghât où, d'après la légende, Pârvati aurait perdu une boucle d'oreille. Le puits qui
se trouve en haut de l'escalier aurait été creusé par Çiva alors qu'il cherchait le bijou de Pârvati, et rempli de sa sueur.
Sur
le Panchganga ghât, qui serait,
si l'on en croit la tradition, le point de
confluence de cinq rivières souterraines, se dresse la plus petite des deux mosquées érigées par Aurangzeb. Du haut du minaret de cette mosquée d'Alamgir, on découvre une superbe vue sur les ghâts, la vieille ville et le pont routier et
ferroviaire long de
1 100 m qui enjambe le Gange.
Les quartiers sacrés
Le Dasahvamedha ghât est
le point de
départ adéquat pour cette visite.Le temple népalais situé sur le Mir ghât légèrement en aval est couronné de pagodes à
plusieurs étages
comme les édifices du Népal. Les consoles des toits sont ornées de sculptures représentant des scènes érotiques.
Le temple d'Or (Vishwanath Temple),
principal
sanctuaire de la ville, est inaccessible aux non-hindous. Mais, du balcon d'une maison voisine, les visiteurs
étrangers pourront apercevoir la cour et les dômes dorés. Le temple actuel
date du XVIIIe
siècle. L'ancien sanctuaire fut démoli par le Grand Moghol Aurangzeb, dont le fanatisme musulman est légendaire,
et remplacé par une mosquée.
90
L'icône
noire placée devant le temple représente le dieu Sani qui règne sur la planète Saturne. Les pèlerins vénèrent Sani
pour qu'il les protège du
malheur.
La
fontaine de la Sagesse (Gyan Vapi) serait apparue alors qu'un sage plantait dans le sol le trident de Çiva.
La
Grande Mosquée(Gyan
Vapi) fut élevée par Aurangzeb
à la place de l'ancien temple de Vishwanath. Les belles colonnes qui ornent la façade proviennent de ce
temple.
Promenade dans le sud de la ville
Pour
cette visite, le mieux est de prendre un taxi ou un rick-shaw. Par le chemin qui part du Cantonment, où se trouvent les meilleurs hôtels, vous gagnerez en direction du sud, le :
Bharatmata
Mandir, le temple de la « Mère Inde ». Le sanctuaire moderne fut bâti en souvenir de la lutte pour l'indépendance menée contre les Britanniques. Une carte en relief
géante représente tout le sous-continent
indien.
Le
temple de Durgâ, situé dans le quartier de Bhelpura, est aussi appelé temple des singes parce que des
centaines de ces animaux peuplent le jardin du temple.
La
Panch Kosi road que l'on croise en continuant vers le sud décrit un grand arc autour
de la ville
sainte. Tous les pèlerins qui viennent à Vârânasi doivent parcou
rir pieds nus cette route longue de 55 km. Sur ce trajet, ils ne doivent accepter ni aumône ni victuaille et sont tenus de réciter des prières prescrites.
Le musée de
l'Université(Bharat Kala Bhavan) situé au
nord de l'immense quartier de l'université, conserve outre des sculptures et des terres cuites, la plus importante collection de miniatures indiennes.
La
Panch Kosi Road mène vers l'est,
jusqu'aux bacs qui traversent le
Gange. Sur la rive opposée s'élève le palais
de Ramnagar dans lequel habite la
famille de l'ancien maharajah de
Bénarès. On peut obtenir une
autorisation de visite auprès du
Tourist Office.
Excursions à Sarnath, Sasaram et Jaunpur
Sarnath
(9 km). C'est dans le parc de Sarnath que Gautama Bouddha prononça son premier sermon. Il y avait là, sous le
règne de l'empereur
Açoka, au Me siècle
av. J.-C. un grand centre de culture bouddhique qui comprenait des monastères, des halls de prière, a des monuments et des auberges de pèlerins. Avec les premières vagues d'invasions
musulmanes, les moines furent dépossédés de leurs monastères et tout le reste fut laissé à l'abandon.
Le Musée archéologique-
renferme
une belle collection de sculptures bouddhiques et le fameux chapiteau aux lions qui
couronnait la colonne
d'Açoka découverte sur ce site ; ce chapiteau est devenu l'emblème de l'Union indienne.
Du Dharmarajika stûpa, qui aurait atteint jadis 90 m de haut, il ne reste que la base. De
même le Grand
Sanctuaire (Main Shrine), situé derrière le st1 pa, n'offre plus aujourd'hui que quelques
pans de murs.
Le
Dhamekh
stûpa, haut de 46 m est aujourd'hui le bâtiment le plus surprenant du site. Le motif floral géométrique qui orne le pourtour de l'embase donne à penser que ce stûpa date du VIe siècle.
Dans
le Mulagandhakutl
vihara, érigé
en 1931, on verra notamment des oeuvres du peintre japonais Kosetsu Nosu, qui
figurent des scènes de la vie du
Bouddha. À l'extérieur de l'enceinte
sacrée, d'autres pays bouddhistes ont fait construire divers bâtiments
dans leur propre style. Les plus intéressants sont le temple chinois et les monastères birman et tibétain.
Sasaram
(112 km). Les mausolées de Hasan Kalm et de Sher Chah, les derniers monarques de la dynastie afghane, se
trouvent dans la petite localité de Sasaram -
loin de leur résidence de Delhi. Le tombeau de Sher Chah passe pour le plus beau de l'époque afghane. De Sasaram on
peut gagner Patna (308 km) en passant par Bodh Gayâ et Nalanda.
Jaunpur
(60 km). Les amateurs d'architecture
indienne trouveront à Jaunpur plusieurs
mosquées de style afghan tardif et le
fort édifié en 1360 par Firoz Chah.
Patna (500 000 hab)
La
capitale moderne de l'État du Bihâr
s'étend très probablement sur les ruines de
l'ancienne P taliputra dont les Grecs parlaient avec considération. De
Pataliputra, Chandragupta Maurya
(315-291 av. J.-C.) et l'empereur
Açoka (273-232 av. J.-C.) ont régné sur un immense empire. Mais les quelques vestiges découverts
jusqu'à maintenant par les archéologues ne présentent
guère d'intérêt pour le touriste. Patna est surtout une base de départ
pour visiter les hauts
lieux du bouddhisme de Nalanda et Bodh Gaya.
Curiosités
Le
musée est situé dans le quartier ouest de la ville, Bankipur, abrite d'antiques sculptures en pierre et en bronze ainsi
que de précieuses
miniatures et divers vestiges datant de l'époque des Maurya.
Golghar.
À proximité du musée, vous verrez
se dresser un silo à grain (1786) de 34 m de
hauteur ; on peut y monter par deux
escaliers en colimaçon. De là-haut,
beau panorama sur la ville.
Le
temple Har Mandir, situé dans la vieille ville, est l'un des quatre lieux saints des
sikhs. Le 10e guru (maître) de
cette communauté religieuse y naquit en
1660.
Excursions à Nalanda,
Rajgir et Bodh Gayâ
Cette
excursion au pays du Bouddha vous fera traverser des plaines peuplées de palmiers, de rizières et de champs de canne à sucre, dans lesquelles s'élèvent çà et là quelques collines de granit dénudées.
Nalanda
(90 km) fut du Ve au XIIe siècle
l'un des centres intellectuels du
bouddhisme. Quelque 10 000 moines y dispensaient l'enseignement à des étudiants venus de tous les pays d'Extrême-Orient. Mais l'invation
musulmane, au début du XIIe siècle,
s'accompagna là encore d'une vague de
destruction et de décadence.
Le
grand stûpa, auquel on accède par un escalier très escarpé, est l'édifice le plus impressionnant de ce site archéologique qui fait l'objet de fouilles
systématiques depuis 1905. Dans le
revêtement de marbre de certains autres stûpas, on voit encore une belle
statuaire.
Le
musée renferme des statues de
bronze et de pierre découvertes lors des fouilles.
Rajgir
(108 km) fut, avant Pâtaliputra, c'est-à-dire au Vle siècle av. J.-C.,
la capitale du Magadha. C'est là que Bouddha et Mahavira prêche' rent leur doctrine et que se tint le premier concile bouddhiste après la mort de l'illuminé. Aujourd'hui, Rajgir tient à la fois du lieu 'de pèlerinage et de la station thermale. Les bains
sont alimentés par une vingtaine de
sources thermales.
Gayâ (173 km) est une
ville sainte pour
les hindous. Des milliers de pèlerins viennent se recueillir dans le temple de Vishnupada ; dans un rocher entouré d'un
bassin d'argent, on peut voir
une empreinte qui serait celle du pied de
Vishnu.
Bodh Gayâ (185 km)
est le lieu où, après avoir médité pendant 40 jours, sous un figuier (Ficus religiosa), Bouddha atteint le nirvâna. Depuis cet événement mémorable, des pèlerins affluent de tout le monde bouddhiste pour prier dans le temple érigé à cet endroit. Mais Bodh Gayâ n'est pas fréquenté par les seuls bouddhistes. Les hindous viennent, eux aussi, adorer la statue monumentale du Bouddha, entièrement dorée ; ils voient en Bouddha la
neuvième incarnation de Vishnu.
Le temple, haut de 54 m,
que l'on a
aujourd'hui sous les yeux date probablement du Vlle siècle, mais il a été remanié plusieurs
fois. En revanche,
la balustrade de pierre ornée de statues qui entoure le temple remonte à l'époque
d'Açoka.
Parmi
les nombreux monastères, temples et auberges construits autour de ce temple, on
remarquera surtout
un temple thaïlandais et un monastère tibétain.
De
Bodh Gayà, on peut retourner à Patna directement' (108 km) ou bien en passant par
Sasaram (283
km).
Le
nepal
Superficie
: 140 700 km2 (soit à
peu près celle de la Grèce) ; 17
millions d'hab.
UNE visite
au Népal est l'une des expériences les plus impressionnantes que vous puissiez avoir au cours de votre voyage à travers le sous-continent. Déjà,
l'arrivée
en avion au-dessus de la capitale, Kâtmându, est fascinante : les sommets glacés de l'Himalaya, dont certains
dépassent 8 000 m, offrent au
passager un spectacle sublime, qui s'évanouit peu à peu jusqu'à l'atterrissage à 1 300 m d'altitude. Une fois
« en bas », dans la vallée de Katmandu, le visiteur est surtout attiré par les monuments historiques témoins de la
civilisation népalaise, tel le grand
stûpa de Swayambhunath ou les superbes bâtiments ornés de boiseries ouvragées
qui donnent à la vieille ville de Katmandu son caractère original. Plus
étonnants encore sont les temples et les palais des
deux villes voisines de Patan et Bhadgaon. Le sanctuaire de Pashupatinath et le stûpa de
Bodhnath méritent
également une visite. Mais cette liste est loin d'être exhaustive. II faut y
ajouter, par exemple, un tour en avion au dessus du mont Everest, des excursions jusqu'aux sites d'où vous contemplerez des panoramas
exceptionnels, et les innombrables possibilités de randonnées. Enfin, le Népal est, par
excellence, le pays du trekking. Vous trouverez les guides, les porteurs et l'équipement
nécessaire à Kâtmându.
Regard sur le passé
Les
tribus venues de tous les horizons qui, au cours des siècles, émigrèrent au Népal
apportèrent d'Inde l'hindouisme,
les enseignements du Bouddha et les préceptes occultes du tantrisme, du Tibet, le
lamaisme et les croyances aux esprits
et aux démons. C'est sur cette base que se développa une mosaïque de cultures qui fait aussi une large place aux
éléments proprement népalais.
On le voit notamment
à la forme particulière des temples :
l'entrée en est gardée par des monstres aux dents menaçantes et il n'est pas rare qu'à l'intérieur de l'édifice, Çiva soit assis juste à côté de Bouddha ou de n'importe quelle divinité adorée par les hindouistes comme par les bouddhistes. Mais la principale caractéristique du temple népalais demeure cette superposition de toits en pagode reprise dans l'architecture chinoise et japonaise.
De
tout temps, la vallée de Kâtmandu fut la plaque tournante de l'histoire du Népal. Entre
1000 et 700
av. J.-C., s'y installa la tribu des Newar, qui constitue encore la plus grande partie de la population. Mais le
pouvoir tomba souvent aux mains de conquérants étrangers comme par exemple les Lichchavi
qui émigrèrent de l'État
indien du Bihâr entre 400 et 750 apr. J.-C.
Le
Népal acquit davantage d'importance
sur le plan politique avec la dynastie des
Malla et en particulier sous le
règne de Jayasthiti Malla qui, au
début du XVe siècle, fit du Népal un
puissant royaume. Son successeur,
Yaksha Malla (14281482) partagea ce
royaume entre ses héritiers. Il en
résulta la fondation de trois
capitales d'États rivaux, Kâtrniindu,
Patan et Bhadgaon qui recèlent aujourd'hui les plus
beaux trésors artistiques et architecturaux
du pays. Une nouvelle ère commence ensuite avec l'invasion
des Râjputs qui s'installent au XVIe
siècle dans la région de Gurka. En
1768, les Gurka conquièrent la
vallée de K-atmându et fondent
la dynastie des Chah qui règne aujourd'hui encore sur le pays.
Katamandu (1300 m ;180 000 hab)
C'est
au XVIIe siècle que la ville fut baptisée Kâtmdndu, d'après le Kasthamandap de Durbar square, grand bâtiment en bois
qui aurait été
édifié au XVIe siècle avec un seul arbre. Il est bon de commencer la visite de la ville par
la porte s'ouvrant
sur New road.
Le centre de Kâtmându
La
New rond où pullulent magasins de souvenirs, aboutit
à
Durbar
square qui réunit les monuments les plus intéressants de la ville
dans
le temple
de Kumari (1760)
réside la «
déesse vivante », une petite fille que l'on vénère comme l'incarnation de l'épouse de Çiva. Dès qu'elle a l'âge de la
puberté, la »
déesse » est remplacée par une
autre fillette que les prêtres, selon un rituel très complexe, choisissent parmi
des milliers d'autres.
Après
avoir longé un temple de Çiva à trois étages (1690), on parvient à la partie nord
de la place. On
remarque là un grand relief représentant la déesse noire Kâli qui, le visage tordu par
une horrible grimace, foule au
pied un démon.
Le
temple de Jagannatha Mandir (1560), avec deux toits superposés, est célèbre pour les scènes érotiques sculptées dans les poutres de la toiture.
La
représentation de scènes érotiques dans les temples a donné lieu à toutes sortes d'explications ; certains
prétendent que dans l'acte d'amour,
les principes masculin et féminin,
entre lesquels le monde est partagé,
s'unissent pour l'éternité dans l'état paradisiaque originel. Cependant,
le point de vue de l'homme de la rue est
beaucoup moins philosophique. Pour
lui, ces sculptures servent de protection contre le tonnerre : le
tonnerre est en effet incarné par une jeune déesse vierge qui est tellement choquée lorsqu'elle voit ces » obscénités » qu'elle retourne
aussitôt dans le ciel. •+
On entre dans le palais royal par la porte de Hanumân
(Hanumân Dhoka) qui doit son nom à
une sculpture écarlate représentant
le dieu-singe Hanumân. Ce qu'il y a
de plus impressionnant dans la cour du
palais, ce sont les superbes décors en bois sculpté des encadrements des fenêtres et les hautes tours à toitures en pagode. L'ascension de la
tour de neuf étages érigée au XVIIIe
siècle est intéressante non seulement
pour le panorama, mais
aussi parce que l'on y voit très bien la
manière dont est construite une pagode.
Le
temple
de Taleju (1649), élevé sur une haute
plate-forme, était jadis le sanctuaire
particulier de la famille royale.
La
rue du
Bazar (Indra
Chowk) qui
s'ouvre derrière le temple, vous fascinera par ses vieilles maisons de bois et sa foule animée
et bigarrée.
Le
temple de Machchendranath, élevé sur la petite place
que forme à cet endroit la rue du
Bazar, date du XVe siècle. Dans ce temple,
le mélange entre hindouisme et bouddhisme,
typique du Népal, est tout à fait évident. Les hindous vénèrent Mahendra en tant que l'une des incarnations de Çiva, tandis que les bouddhistes voient en lui l'un des prédécesseurs de Bouddha.
Autour
de Kâtmându Les sites que nous énumérons ci-après se trouvent soit dans la
Swayambhunath (3 km)
. Sur une colline à l'ouest de la ville s'élève un grand
sttipa qui aurait plus de 2 000
ans. Toutefois, la tour dorée haute de 45 m ornée des yeux bleus de Bouddha est certainement
beaucoup plus récente.
Le
bâtiment principal est entouré de plusieurs petits sti pas votifs et d'autres édifices
culturels. Dans le monastère, des bonzes habillés de rouge prient devant une gigantesque statue du Bouddha.
Vous vivrez une expérience
extraordinaire si vous avez la chance de les entendre jouer de la musique, avec leurs timbales
géantes, leurs trompettes de bronze
et leur cors démesurément longs.
Singha Durbar
Ce
palais, bâti en 1903 au sudest
de Kâtmându sur le modèle du château de Versailles, comprend 1 600 pièces qui offrent
suffisamment
de place pour abriter l'ensemble du gouvernement du Népal.
Patan (5 km)
Déjà
à l'époque d'Açoka (III- siècle av. J.-C.)
Patan était renommée pour l'habileté de ses
sculpteurs sur bois, de ses orfèvres
et de ses bijoutiers. Or, depuis des
siècles, ni le travail des artisans,
ni les rues cahoteuses, ni les
maisons moyenâgeuses n'ont
réellement changé. Seul les palais
sont vides, depuis que les Gurka
mirent fin à la monarchie de Patan.
C'est
dans Durbar
square, le
centre de
la ville, que se trouvent les principaux édifices.
Le
palais royal, qui date du XVIIe siècle, développe une longue façade de briques rouges. Entre
les fenêtres, finement
grillagées apparaissent de superbes sculptures dorées et des tableaux représentant
des divinités. Deux lions féroces
gardent l'entrée des cours intérieures qui ne
sont pas moins grandioses avec leurs arcatures couvertes de fresques, leurs consoles entièrement sculptées et leurs tours en pagode qui s'élancent vers le ciel.
Le style du temple de Krishna se distingue
nettement de celui des autres pagodes entourant le palais.
périphérie
de la ville, soit un peu plus
loin,' mais on peut toujours s'y rendre
facilement en taxi ou avec un vélo
de location.
L'un des rois Malla le fit construire vers 1630, à la suite d'un rêve où le dieu
lui apparut devant son palais.
Les
autres temples situés devant le
palais royal, qui datent tous de la seconde
moitié du XVIIe siècle, sont de
merveilleux exemples de l'architecture
religieuse du Népal.
Parmi
les nombreux temples de Patan, il en est encore deux, situés légèrement av nord de Durbar square, qui sont
particulièrement remarquables.
Le
temple d'Or (Hirana Varna Mahavihar) semble n'avoir rien d'extraordinaire
lorsqu'on le voit de la route, mais dans la cour vous verrez resplendir les toits et les murs dorés. Les
personnages légendaires en pierre, en or ou en argent confèrent à l'ensemble une atmosphère tout à fait exotique.
Le
temple de Kumbeshvara est l'un des rares temples présentant cinq toits superposés en
pagode. Les
étages inférieurs datent vraisemblablement du XIVe siècle.
Bhadgaon (15 km)
L'histoire
de la troisième des anciennes capitales de la vallée de Katmandu ressemble
étrangement à celle de Patan. À l'instar de celleci, elle connut son
apogée aux XVIe et XVIIe siècles et doit son déclin à la conquête des Gurka au XVIIIe siècle.
Le palais royal situé
dans Durbar square est considéré comme le
plus
bel édifice de toute la région himalayenne.
La
porte d'Or (Sundhoka) que le dernier roi Malla fit bâtir en 1753 en l'honneur des dieux,
divinité protectrice
de la vallée de Katmandu qui est représentée au-dessus de la porte.
Le
palais des 55 fenêtres, à droite
de la porte, impressionne surtout par le
contraste entre les murs de brique
rouge et les sombres boiseries
sculptées.
Le'
musée qu'abrite le bâtiment situé à gauche de la porte conserve une importante collection
de Tanka.
Le
temple de Nyatapola s'élève sur une somptueuse place à 200 m au sud du palais. Belle
pagode à cinq toitures, ce temple
est le plus haut du Népal. Il fut érigé en
1703 et dédié à la déesse Nyatapola qui était censée apaiser l'esprit coléreux du démon Bairab dont le temple s'élève
sur la même place. Il suffit de voir
les statues qui flanquent l'escalier
pour apprécier la puissance de la déesse : les héros armés d'énormes massues semblent dix fois plus forts qu'un être humain ordinaire. Les figures suivantes - éléphant, lion, dragon - sont encore
dix fois plus imposantes que les
statues situées au bas de l'escalier. Sur le dernier palier se dresse enfin Nyatapola, l'incarnation de Durga, qui commande aux démons.
Le
temple de Bhima (1650) et le temple de Dattatreya édifié au XVe siècle avec le bois d'un seul arbre,se
trouvent tous deux sur une place située
à 500 m à l'est. Vous verrez là aussi
le monastère
de
Pujari Math, célèbre
pour ses magnifiques boiseries sculptées.
Pashupatinath (5 km)
Le temple de
Pashupatinath, le lieu saint hindouiste le
plus fréquenté de la vallée n'est
pas accessible aux non-hindous. Mais
de la rive opposée du fleuve on peut contempler
l'ensemble des divers bâtiments qui le
composent.
Bodhnath (8 km)
À Bodhnath s'élève,
sur une sorte de plate-forme qui lui sert de
base, le plus monumental stflpa du
Népal. Dans les maisons voisines vivent
de nombreux Tibétains qui vendent des
moulins à prière, des tapis et autres
souvenirs de style tibétain.
Excursions vers des sites plus éloignés
Daman (80 km)
La
route qui de Kaatmându redescend vers l'Inde passe par le col de Daman, à 2 200 m d'altitude.
Par temps clair, on découvre une superbe vue sur la chaîne
himalayenne,
de l'Annapnrnâ à l'ouest jusqu'au mont Everest à l'est. Vous verrez en outre beaucoup
de rhododendrons
sauvages.
Pokhara (205 km)
Du
haut de ses 6
997 m, le' Machupuchare,
le Cervin de l'Himalaya, domine la vallée de Pokhara. C'est parce qu'elle donne accès à ce prodigieux couloir montagneux que Pokhara,
où l'on peut se rendre aussi bien
en avion qu'en voiture, est devenu le
meilleur point de départ pour les excursions
dans l'Himalaya népalais.
Le Terai
Vous
serez enchanté de vous prdmener à dos d'éléphant dans la région du Terai, plaine
humide et luxuriante qui s'étend
au pied de l'Himalaya. Du haut de votre
paisible monture, vous verrez des
rhinocéros, des singes, des crocodiles et d'innombrables espèces d'oiseaux. Vous pourrez loger à l'hôtel Tiger Top à proximité du petit aéroport de Megauli.
Le nord-est
ANS la basse plaine
formée par le delta du Gange et du Brahmapoutre, les énormes masses d'eau que déplacent ces
deux fleuves géants, emportent chaque année des champs, des maisons et parfois même des localités
entières.
Malgré
ce danger, le Bengale est l'une des régions les plus fortement peuplées du
globe, car c'est aussi à l'eau que ce pays doit son extraordinaire fertilité : on y fait
jusqu'à quatre récoltes
par an.
Contrairement
à d'autres parties de l'Inde, cet État surpeuplé, dont la capitale,
Calcutta, est une énorme ville industrielle, n'offre guère d'attrait du point
de vue touristique.
Cependant,
on ne peut éviter le passage par Calcutta, parce que c'est de là que l'on peut atteindre les fameux
temples de Bhubanesvar
et de Konarak (voir le guide sur l'Inde du Sud et Delhi) et tous les principaux sites intéressants du
nord-est du sous-continent.
Calcutta
(9 million d’hab)
Peu
de villes de cette importance sont
aussi jeunes que Calcutta, la capitale de l'État du Bengale. Lorsqu'en 1690, la Compagnie anglaise des Indes orientales obtint l'autorisation de fonder un comptoir commercial sur l'Hooghly, un bras navigable de
l'embouchure du Gange, cet endroit ne
comportait alors que trois petits
villages et un temple dédié à Kaki,
déesse de la mort. Les pèlerins qui
venaient visiter le temple prenaient
leur bain de purification dans le
Kali gâth situé en face du temple.
Kali gâth évolua en klighâtata et
enfin « Kalkatta le nom de la
capitale.
La
situation avantageuse de ce site et le commerce florissant favorisèrent une croissance
rapide qui s'accéléra encore avec
l'expansion de la domination britannique.
Jusqu'en 1911, Calcutta fut la
capitale de la colonie indienne.
L'indépendance
de l'Inde et la séparation entre
l'Inde et la Pàldstân qui s'ensuivit
provoquèrent l'afflux de plusieurs
millions de réfugiés venus du Pâkistân oriental (aujourd'hui le Bangla Desh). Calcutta devint le refuge des pauvres de l'Asie du
Sud.
Principales curiosités
L'un
des édifices les plus dignes d'intérêt est le temple de Parasnath
situé au nord de la
ville. Si vous disposez de davantage de temps, vous pourrez visiter l'India Museum, le temple de
Kaki et déambuler
dans le centre de Calcutta.
Le centre-ville
Dalhousie square est le point de départ idéal pour une visite de la ville. C'est là que se dressait jadis le premier fort anglais, entièrement détruit lors d'un combat en 1756. Entassés par les vainqueurs dans une minuscule
pièce sans fenêtre, les survivants
européens moururent étouffés, dans d'atroces souffrances.
Dans
le Writers
Building, situé
au nord de la place, travaillaient autrefois les employés de la Compagnie anglaise des Indes
orientales. Cet
édifice abrite aujourd'hui quelques ministères et le siège du Premier ministre de l'État
du Bengale.
De
Dalhousie square, le mieux est de continuer vers le sud jusqu'à la cathédrale Saint-Jean qui contient de belles peintures. Dans
la rue transversale
suivante, se trouve la Haute Cour de Justice (High Court) construite en 1872 en style néogothique. À côté, vous
verrez aussi l'hôtel de ville (Town Hall) et, plus à l'est, le Roj Bhavan (palais du gouverneur). Ce
somptueux bâtiment construit entre 1798 et 1805 était jadis la résidence des gouverneurs
britanniques.
Maidan, le parc central de Calcutta qui s'étend sur 4 km
de long et
2 km de large, était encore au milieu du XVIIIe siècle une jungle épaisse dans laquelle on chassait l'éléphant et le tigre.
Ce n'est qu'en 1773, lorsque fut édifié au milieu de l'actuel parc, le nouveau fortWilliam, que l'on défricha pour ménager un champ de tir
aux 600 canons du fort. Heureusement, l'enceinte
du fort n'a jamais eu à supporter de
guerre, de sorte qu'elle demeure
absolument intacte.
Partant
du Raj Bhavan en direction de l'est, on parvient à Nehru road (Chowringhee), la principale rue commerçante qui, avec ses prolongements, forme le
grand axe nord-sud
de Calcutta.
Le
marché Hogg (New Market), situé derrière le Grand Oberoi Hôtel, .présente tout ce que
l'Inde a de plus
précieux, des fruits exotiques aux brocarts tissés à la main, en passant par les plus beaux
bijoux.
L'India
Museum (Nehru road) est le plus
grand musée de l'Inde. Il vous offre un
extraordinaire panorama de
l'histoire culturelle du souscontinent,
de la civilisation d'Harappà.et de
Mohenjo-Daro à l'époque moghole. La
pièce la plus précieuse est une balustrade
qui daterait du IIe siècle av. J.-C., et entourait
jadis le stûpa de Bharhut. Vous
verrez également d'impressionnants bas-reliefs représentant des scènes de la vie de Boudha et de ses 500 existences antérieures.
Le sud de la ville
La
cathédrale Saint-Paul (1847), qui se dresse à l'extrémité de la Nehru road, est caractéristique
du gothique
anglais tardif. La grande fenêtre qui s'ouvre à l'est, offerte par le chapitre de
Windsor, les décorations
murales en albâtre et les mosaïques de la façade sud sont remarquables.
Le Victoria Memorial Hall. Il s'agit d'un bâtiment de
marbre
blanc de proportions
gigantesques qui
se dresse sur la pointe sud du Maidan. Mi-basilique Saint-Pierre de Rome, mi-Taj Mahal,
il traduit de façon
époustouflante la folie des grandeurs des gouverneurs britanniques. Les sommes
faramineuses qui ont été englouties dans la construction de cet édifice excessivement luxueux (1906-1921)
provenaient, dit-on,
des dons volontaires du peuple indien. À l'intérieur, il y a une sorte de salle du
trésor de l'époque
coloniale, contenant des statues, des peintures, des armures, des armes, des meubles
et bien d'autres
choses encore. Le temple de Kâli se trouve à quelque 3 km au
sud de la cathédrale Saint-Paul.
L'ensemble du site n'a plus
grand-chose de commun avec le sanctuaire qui donna jadis son nom à la ville. Ce que l'on voit aujourd'hui date de 1809 et ne présente guère d'intérêt. Mais nombreux sont les touristes qui viennent ici pour assister
aux sacrifices d'animaux exécutés en l'honneur de la déesse protectrice de Calcutta. Mais prudence : les fanatiques religieux sont parfois
très agressifs envers les photographes impénitents !
Le nord de la ville
Au nord du
centre-ville, un seul monument mérite une
visite : le temple de
Parasnath situé près de l'aéroport. Pour
s'y rendre, on peut passer devant la
mosquée de Nakhoda. lies minarets qui s'élèvent à 46 m offrent un
beau point de vue sur le centre de
Calcutta.
Le
temple de Parasnath, principale curiosité de Calcutta, fut bâti en 1867 à l'instigation du bijoutier de la cour du vice-roi. Ce temple jain, dédié au
10e tirthankara, fait songer aux constructions fantaisistes de l'Espagnol
Antonio Gaudi ou au monde fantastique de Walt Disney : ornements en stuc
peints de toutes les couleurs, miroirs à facettes, coraux et pierres
précieuses décorent les jardins, les monuments les pavillons, les tours et les petits temples.
Excursions au départ de Calcutta
Le
jardin botanique par le pont d'Howrah.
La traversée de ce pont métallique long de 665 m qui
enjambe l'Hooghly est une chose
étonnante. Des chars à boeufs, des rick-shaw
et des piétons nu-pieds se pressent par milliers au milieu d'une
circulation toujours dense, pour se rendre
dans le quartier Howrah où se trouve la plus grande gare de Calcutta.,
La
gare d'Howrah qui, à certaines heures du jour, est à la fois un foyer d'hébergement, un
marché et un musée vivant
d'ethnologie, offre une image de l'Inde dans
tout ce qu'elle a de plus typique et
de plus coloré.
Le
jardin botanique situé à 6 km au sud de la gare Howrah déploie, sur une surface de 110 ha,
une multitude
de plantes exotiques. On remarquera surtout un énorme banian (Ficus bengalensis) qui occupe à lui seul la surface d'un terrain de football. Ses
racines aériennes retombent telles des
queues de singe et reprennent racine dans le sol formant ainsi de nouveaux troncs, de sorte qu'au fil du temps, une
forêt entière peut se développer à
partir d'un seul et même arbre.
Belur Math et Dakshineswar
Belur Math est situé à une douzaine de kilomètres de la
gare Howrah.
C'est le siège de la mission Râmakrishna qui s'efforce d'unir les courants de pensée de
différentes religions.
Cette philosophie est
représentée par un lieu de prière qui
possède les caractéristiques d'une mosquée, la tour d'un temple hindou, le plan d'une église chrétienne et la façade d'un chaitya bouddhiste.
En
franchissant le pont de Bally, on parvient, sur la rive gauche de l'Hooghly au sanctuaire
de Dakshineswar, construction typiquement bengalie du M e siècle,
dédiée à Çiva.
Parc national de
Kaziranga
.
Pour faire une
promenade dans ce parc, il vous faudra
réserver auprès du Tourist Office de
Calcutta. Bien installé sur le dos
d'un éléphant domestique, vous
traverserez cette région marécageuse située sur la rive sud du Brahmapoutre. Du haut de l'une des tours d'observation, vous verrez des buffles, des cerfs, des chacals et, avec un peu de chance, des
ours et même des tigres. Mais la
principale attraction de ce parc, ce
sont les 300 à 400 rhinocéros indiens qui ont été presque entièrement
exterminés, parce qu'une croyance populaire
attribuait à leur corne le pouvoir
de donner une puissance extraordinaire. Les cornes de rhinocéros se vendaient alors à des prix vertigineux.
Darjeeling (45 000
hab)
Darjeeling,
un nom que le monde entier associe au thé indien, était à l'époque coloniale la résidence estivale du gouvernement
bengali qui
se réfugiait dans l'Himalaya avec armes et bagages pour fuir la chaleur étouffante de
Calcutta.
Pour
se rendre à Darjeeling, on part de Shiliguri, un noeud ferroviaire situé au pied
des montagnes. À travers la jungle qui couvre les pentes et les terrasses où pousse le riz de montagne, la route et l'étroite voie ferrée se hissent jusqu'à Kurseong
(1450 m), puis traversent des forêts d'altitude plus clairsemées et des plantations de thé pour atteindre le point culminant
du voyage, Ghum
(2 400 m),
siège d'un intéressant monastère de type tibétain.
Curiosités
Ce
qui frappe avant tout à Darjeeling (2 130 m), c'est la diversité des peuples qui s'y côtoient : Tibétains, Népalais, Bengali,
Assamai, Bhutia et Lapcha se pressent dans les bazars où le marchandage est de rigueur. Dans les
quartiers plus élevés de la
ville, il règne en revanche l'atmosphère
beaucoup plus paisible et distinguée
d'un lieu de cure.
Les
buts de promenade les plus plaisants sont l'Observatory Hill, avec le petit temple du
dieu de la foudre
(Darjeeling signifie « Cité de la Foudre •), Birch Hill, où se dresse le palais de l'ancien gouverneur britannique,
et le Jardin botanique.
Bon a savoir
Pour les nombreux Indiens
qui se
rendent à l'Observatory Hill au
coucher du soleil, un prêtre
hindou et
un lama tibétain officient en même temps dans le petit temple érigé sur cette colline. Avant que le soleil
ne disparaisse derrière
l'horizon car après, le ciel se couvre on découvre un panorama prodigieux sur le Kanchenjunga.
Excursions à partir de Darjeeling
Tiger
Hill (11 km). Du haut du Tiger Hill (2 550 m) on peut voir, par temps clair, trois des plus hauts sommets de la terre : le mont Everest
(8 848 m), le Makalu (8 481 m) et, beaucoup plus près - à 70 km à vol d'oiseau - le Kanchenjunga
(8 585 m).
Kalimpong
(43 km). Là route passe par Ghum, d'où elle descend en lacets interminables vers les gorges de la Tista, que l'on atteint après une dénivellation de 2 170
m. Sur l'autre versant on
découvre, à quelque 1200 m, le pittoresque village de Kalimpong et ses deux magnifiques monastères
bouddhiques.
Gangtok
(46 km). On descend d'abord jusqu'au pont de la Tista avant d'emprunter l'ancienne route commerciale
au Tibet et remontant menant vers
Gangtok, capitale du Sikkim.
Le
sikkim
L’ancien royaume du
Sikkim, 7 310 km2, fait partie de l'Union indienne depuis 1975. De tout temps, le Sikkim a été un pont entre l'Inde
et le Tibet.
Pendant des siècles, les caravanes venues de Chine et de Lhassa y faisaient une halte avant de
reprendre leur route vers Kalimpong et la plaine du Bengale.
Il
faut remonter au XIIIe siècle pour trouver les premières traces de l'histoire du Sikkim.
C'est à cette époque que s'y installèrent ses premiers habitants, les Lapcha, venus de la vallée de
Chumbi, au Tibet. Avec les Bhutia qui arrivèrent dans cette vallée romantique quelque 100 ans
plus tard, ils
constituent
aujourd'hui la majorité de la population du Sikkim, 21 % des 300 000 habitants de cet État. Le reste de
la population compte 60 % de Népalais qui, tout comme au Bhûtân appartiennent à la classe
défavorisée. Le Sikkim a encore un point commun avec le Bhûtân : le bouddhisme tibétain est la
religion dominante, le dénominateur culturel du pays auquel tout se rapporte. Quant aux
lamas des 67
monastères, ils jouent aussi un rôle prédominant.
Gangtrok
(1800 m ; 15 000 hab)
La
capitale du Sikkim, juchée sur une colline, est presque toujours enveloppée de nuages.
Mais lorsque le
temps est clair, on a une vue magnifique sur lt Kanchenjunga (à 40 km à vol d'oiseau).
Curiosités de Gangtok et des environs
Tsuklakhang,
le temple royal, se trouve dans
la partie la plus élevée de la ville, à
proximité du petit palais de
l'ancien souverain, le chogyal du
Sikkim. Ce temple est à la fois un
lieu de culte religieux et un pavillon
où se tiennent des réunions. II
conserve également une collection de textes bouddhiques sacrés. Le temple est construit dans le style propre au Sikkim, l'intérieur est orné de
belles boiseries sculptées, de
statues de Bouddha, de bodhisattva,
de divinités tantriques et aussi de
peintures murales.
L'Institut
de tibétologie, construit dans le style ancien et ouvert en 1958, est isolé dans une forêt, en contrebas de Gangtok,
à 4 km du centre. Vous pourrez visiter la bibliothèque riche de 28 000 volumes sur le bouddhisme
tibétain, d'une
collection de tanka, de bronzes et de statues de Bouddha, de
bodhisattva et de
divinités protectrices
tantriques.
Orchid
Sanctuary situé non loin de l'Institut de tibétologie :
250 variétés d'orchidées y fleurissent d'avril à mai et de décembre à janvier.
Chorten
: grand sanctuaire bouddhique
situé sur une petite colline, toujours près de l'Institut de tibétologie.
Le
parc aux daims, à 600 m du Secrétariat,
le palais gouvernemental, a été aménagé en souvenir du célèbre parc aux daims de Sarnath, où Bouddha fit son premier sermon. On y voit des cervidés musqués, sortes
de cerfs' sans' bois, dont les glandes
abdominales secrètent du musc, u ilisé
en parfumerie.
Palden
Thondup Cottage Industrie Institute est une académie d'art fréquentée par plusieurs centaines d'étudiants
qui apprennent les métiers d'art typiques du Sikkim. Les tapis du
Sikkim, tissés d'après d'anciens
cartons, sont fameux.
Tashi View Point (9 km). Par beau temps, on découvre
de ce point de
vue un panorama extraordinaire sur
le plus haut massif montagneux du monde après
l'Everest et le Malaku, le
Kanchenjunga.
Monastères
Enchey
(5 km) se trouve sur un mamelon boisé. Il contient un grand nombre de petites statues
et des peintures
murales. Dans le hall principal :
Bouddha Çakyamuni, le
« Bouddha historique »,
Amitayus, le
« Bouddha de la vie éternelle » et Padma-Sambhava, le « précieux instructeur » qui
apporta le bouddhisme dans les pays himalayens.
Rumtek
(23 km) se compose de l'ancien
monastère de Rumtek et du nouveau monastère
édifié en 1969 par Gyalwah Karmapa,
le chef d'une des sectes bouddhistes du mahâyâna qui a fui le Tibet.
Par son architecture, sa statuaire et
ses peintures, Rumtek rappelle les modèles tibétains.
Pemiangtse (91 km).
Cet édifice, situé à 2 085 m d'altitude, est
le plus sacré et aussi l'un des deux plus
anciens du Sikkim (fondé en 1705, remanié de 1969 à 1970). Les 108 lamas qui y vivent, choisis dans des familles anciennes, appartiennent à la secte . des ,Nyingma , la «secte des Anciens». Le Grand Lama de Pemiangtse couronnait jadis les maharajahs du Sikkim. À l'intérieur du monastère, il y a de superbes
peintures murales, dont une représentation
fameuse de la déesse Dorje Pag-mo, la « Truie de diamant ». Lors de
l'invasion mongole de 1716, les nonnes se transformèrent en un troupeau de
80 porcs mené par une énorme
truie rouge, Dorje Pag-mo, dont le visage
grimaçant de fureur mit tous les
Mongols en fuite.
Tashiding,
le deuxième lieu saint du Sikkim, appartient, lui aussi, à la secte des Anciens. D'après la légende, Padma-Sambhava
tira un
jour une flèche en
faisant le voeu de méditer à l'endroit où elle tomberait. Celle-ci toucha le sol à
l'endroit où
s'élève le monastère aujourd'hui.
Tous
les bouddhistes fervents souhaitent s'y faire incinérer car, selon la croyance, ils
atteindraient immédiatement
le nirvâna. Le fidèle qui médite devant le chorten sacré de Tashiding, Thongwa-rangdot, est absous de tous ses péchés.
Lors
de la fête annuelle du Bhumchhu, on ouvre un récipient contenant de l'eau sacré
laissée, diton,
par Padmasambhava, pour en mesurer le contenu. Il doit contenir exactement 21 gobelets.
Un excédent
présage une bonne récolte et la prospérité, le contraire annonce le malheur, la famine et la guerre.
Le bhutan, pays du dragon
Superficie
: 47 000 km2 (un peu
plus grand que la Suisse) 1,4 million
d'hab.
PENDANT
plusieurs centaines d'années, le royaume du Bhûtân, enclavé entre l'Inde et le Tibet, qui était pour les Anglais une zone tampon entre ce dernier et
leur empire colonial, est demeuré
hermétiquement fermé. Ce n'est
qu'après 1974 que les premiers touristes ont fait une incursion au Druk Yul le « pays du
Dragon » comme l'appellent ses habitants.
Des
paysages d'une beauté saisissante et contrastée forment la toile de fond de la vie
des Bhotia et marquèrent profondément leur histoire et leur civilisation. Au nord, la
puissante forteresse divine du haut Himalaya suscite la foi et la superstition, le mythe et la légende,
l'imagination et la crainte. Ses forêts sont aussi
denses à 4 000 m
d'altitude que dans les hautes vallées. Au sud, elles cèdent la place à une jungle touffue et
humide. Des cimes
enneigées de la frontière
septentrionale s'étend, jusqu'au sud du pays, une chaîne atteignant 6 000 m d'altitude.
Entre ces pics,
les fleuves ont creusé
les vallées caractéristiques du Bhûtân. Sur leurs terrasses, on cultive, jusqu'à 3 000 m, le
riz, principale
ressource alimentaire du
peuple. Chaque vallée est couronnée par un dzong, monastère fortifié, siège du pouvoir temporel et
spirituel.
Les
paysans constituent le groupe numériquement le plus fort de la société du
Bhûtân, très renfermée sur elle-même et
parfaitement équilibrée,
mais l'influence des lamas demeure prépondérante. Leur nombre décroît peu à peu, mais il en
reste
tout de même 3 à 4 000.
Les
monastères, qu'ils soient privés ou nationaux, disposent de très peu d'argent en
espèces. Ils vivent essentiellement des
récoltes fournies par les
fermiers qui exploitent leurs terres.
Histoire
On
dispose de très peu de données concernant les premiers siècles de l'histoire du Bhûtân,
car la plupart des manuscrits ont été brûlés.
Padma-Sambhava, le grand
instructeur
indien du. bouddhisme tantrique qui était venu établir cette doctrine au Tibet, apporta le lamaïsme dans
ce pays vers le VIII siècle. En 1616, le lama Shabdung Ngawang Namgyal, venu du Tibet, fonda probablement le
premier royaume
du Bhûtân. Il réconcilia les seigneurs
féodaux alors constammant en conflit et
nomma un deb raja, détenteur du pouvoir temporel, et un maître
spirituel ou dharma raja, en s'octroyant ce dernier titre. Ce double
pouvoir, qui n'était pourtant que
théorique, a été maintenu jusqu'à l'actuelle dynastie des Wangchuk qui s'installa à la tête du royaume en 1907.
À cette époque,
le clergé et les seigneurs féodaux que des rivalités opposaient à nouveau,
choisirent comme souverain unique Ugyen Wangchuk, l'arrière-grand-père de l'actuel souverain, et établirent une
monarchfè absolue
et héréditaire.
Le système tibétain du
dzong fut introduit
en 1153 par le moine tibétain Gyalwa Lhanampa, puis étendu à tout le pays au XVIIe siècle par Shabdung Namgyal.
C'est sous le
règne de ce grand bâtisseur que la plupart des dzongs ont été construits. Et depuis lors,
les dzongs n'ont
rien perdu de leur importance : de nos jours, ils font encore office de monastères et de centres administratifs.
Thimphu (2 480m, 20 000 hab)
Cette
jeune capitale a été fondée par le père de l'actuel souverain. Le centre de Thimphu se
compose de la rue des bazars et
de la place du marché.
Tashisho-dzong
Le
plus grand dzong du Bhûtân, siège du gouvernement et du clergé bouddhique, se trouve un
peu en dehors
de la ville. En son centre s'élève le monastère en forme de tour dans lequel habitent les lamas. Il date du XVIIe siècle. En revanche, la plupart des temples sont plus récents. Le nouveau dzong entourant les bâtiments anciens fut érigé en
1969 dans le style traditionnel du Bhfltân : construction
en pisé avec des balcons de bois et des reliefs en couleur autour des fenêtres. Toutes les parties en bois sont imbriquées les unes dans les autres et assemblées sans le moindre clou. On reconnaît les bâtiments sacrés - monastère, temple et chorten - à la
large bande orangé qui orne le pourtour de la partie supérieure de l'édifice. Vous ne manquerez pas de visiter la salle de réunion des moines,
avec sa grande statue de Padma-Sambhava et d'autres statues tantriques, des images du
Bouddha, des fresques érotiques et les portraits du fondateur du royaume, Shadbung Namgyal.
À
Thimphu même, vous pourrez visiter
l'école de danse dirigée par Dasho Sithey.
Il faut voir également les tisserands
au travail. Chaque famille fabrique les cotonnades aux merveilleux
motifs, avec lesquelles on fait les vêtements traditionnels des femmes, le kira, et des hommes, le boku.
Au
. Royal Government Handicraft Emporium », vous
pourrez acheter
les produits de l'artisanat du
Bhûtân. Ce bâtiment abrite aussi l'école
nationale des métiers d'art on y
enseigne la peinture - fabrication
de tanka - le tissage, la sculpture sur bois et sur pierre.
Excursions dans les environs de Thimphu
Deshenchholing (5 km)
est le palais de la reine mère. C'est
là que se trouvent les anciens ateliers des fameux orfèvres du Bhûtân. Vous y verrez les épées
ciselées que portent le roi, ses
ministres et les hauts fonctionnaires,
ainsi que des bijoux, des écharpes et
des écrins.
Simtokha
(7 km), le plus ancien dzong du Bhûtân (début XVIIe siècle) est aujourd'hui, une école lamaïque très
réputée. Le vieux temple est orné de
remarquables statues et fresques du Bouddha et de bodhisattva représentant les mille Bouddha. Les
fresques des temples latéraux
montrent des scènes de la vie de
quelques saints.
Dochu-La
(3 300 m, 2 h en voiture). Par beau temps, on découvre de ce col une vue magnifique sur le haut Himalaya.
Paro
(2 200 m). À 2 heures de voiture de Thimphu, c'était jadis la résidence d'un penlop,
c'est-à-dire d'un seigneur féodal ; le plus puissant du pays avec celui de Tongsa.
Punakha dzong (66 km en passant par le col de Dochu-La). C'est à Punakha, ancienne capitale du Bhûtân, que furent couronnés tous les souverains de la dynastie des Wang-chuk. La tour de dzong qui compte sept étages, est particulièrement remarquable. Dans les 36 chapelles, vous verrez
des fresques, des statues, des tanka et des mandala de toute beauté.
Wangdi
Phodrang dzong (25 km au sud de Punakha) : ce dzong qui s'étale sur le dos d'une colline date du XVIIe siècle ; il est
connu pour la fête du Tsechu qui s'y
déroule en octobre (danses de
personnages costumés et masqués). Il
renferme également des fresques et des statues intéressantes.
Curiosités
Rinchen Pung, le
dzong de Paro, date du XVIIe siècle et a été
restauré en 1910. Sur les murs de la cour intérieure, vous remarquerez les
fresques, notamment le célèbre
Mandala
cosmique » ; il y a aussi des fresques dans les temples.
L'école lamaique qu'abrite le dzong de Rinchen Pung est fameuse pour ses danseurs qui, à l'occasion de la fête du
Tsechu de Paro (mars/avril) exécutent d'anciennes
danses rituelles.
Ta
dzong, l'ancienne forteresse qui
s'élève en surplomb du Rinchen Pung dzong,
est aujourd'hui un musée national qui
conserve de remarquables collections
de tanka, d'armes et d'objets usuels. De là, on découvre une très belle vue sur la vallée de Paro et le palais de la reine mère, et à l'horizon, les sommets enneigés de l'Himâlaya.
Dungtsi Lhakhang,
temple circulaire situé au début de la rue
qui
monte vers le Ta dzong, est orné de belles fresques.
Excursions
au départ de Paro
Ta
Tsang, le « Repaire des Tigres
», est un monastère aménagé dans une
grotte excavée, très haut au-dessus
de la vallée de Paro. Vous pourrez y accéder en 3 heures à dos de yack ; il reste alors encore une demi-heure de marche à pied pour atteindre le monastère qui est accroché à un rocher très abrupt. On dit que Padma-Sambhava est monté jusqu'ici sur le dos d'un tigre, pour y méditer. La manière dont cet édifice a
été construit demeure un secret ; le temple
et les fresques de Ta Tsang font
partie des plus belles choses que l'on
puisse voir au Bhfltdn.
Le
monastère de Kyichu, entre Paro et le dzong de Drukgyel, l'un des plus vieux du Bhûtân, fut bâti en 659 par le roi tibétain SrongtsanGampo. On peut y voir de superbes autels et fresques.
Drukgyel
dzong (25 km, sur la route qu'empruntèrent durant des siècles les conquérants venus du Tibet) est le terminus
des touristes qui
n'ont pas d'autorisation spéciale, pour un trekking, par exemple. Par temps dégagé, la
visite des ruines
permettent de voir, dans toute sa splendeur, le mont ChomaIhari (7 315 m), « la
souveraine des montagnes des dieux ».
Le centre et l'est du
Bhûtân
Tongsa (quelque 10
heures en voiture de Thimphu) est la
résidence de la famille souveraine.
"À l'intérieur du dzong, de
nombreux temples (lhakhang), dont l'extraordinaire
Akshowya, sont ornés de fresques et de
statues du XVIIe siècle.
Byakar
ou Jakar dzong (six heures de plus dans la vallée de Bumthang) possède d'impressionnantes fresques et
des statues de divinités, dont la
représentation tantrique de Namgyalma,
déesse de la longévité, au Phurbu
Kila lhakhang.
Au
monastère de Jambe (Vile siècle),
également dans la vallée de Bumthang, il
faut voir surtout les temples de
Maitreya et de Bouddha.
Kuije
lhakhang, lieu saint de la vallée de Bumthang, est le cadre de l'incinération des rois
défunts.
Dans une caverne du
temple, une statue rappelle que Padma-Sambhava
venait y méditer.
De
l'autre côté du fleuve, le monastère
de Tamshing conserve d'exceptionnelles
fresques illustrant le monde des bodhisattva
et des divinités protectrices.
Mongar
dzong (dans l'est du Bhûtân) fut construit en 1930 selon les plus pures traditions architecturales.
Remarquez
surtout les statues d'Amiatayus (Bouddha de la vie éternelle), de
Padma-Sambhava et de Shabdung Ngawang Namgyal, le fondateur du royaume.
Tashigang
dzong (au-delà du fleuve Manas, dans l'est du pays) date de 1667. Ses
fresques illustrent la vie de Bouddha, le plafond est décoré de mandala. L'arbre de la doctrine (en bois
multicolore) représente les quatre principales sectes et leurs fondateurs.
informations pratiques
Adresses utiles
Inde
Ambassade de France : 2, Aurangzeb road, 110011, New
Delhi.
Tél. : 37 46 82.
Ambassade de Suisse: Nyaya Marg,
Chanakyapuri, 110021, New Delhi.
Tél.
: 69 42 25. P.O.B. 392 110001.
Ambassade de Belgique: 50 N, Shanti Path,
Chanakyapuri,
110021, New Delhi.
Tél. : 61 89 95.
Ambassade du
Canada: Shaniti Path,
Chanakyapuri, 110021, New Delhi.
Tél.: 61 94 61.
Consulat de France : 26 Park Mansiow, Park street, Calcutta,
700016.
Tél. : 24 09 58.
Consulat de Belgique : 5/14 Hun
ger Ford
street, Calcutta.
Tél. : 44 38 86, P.O.B. 2520.
Népal
Ambassade de
France : Lazim
Path, Kàtmàndu. Tél. : 123
32.
Consulat de Belgique :
Lazim Path, Utmându. Tél. : 147 60.
En pays francophones Ambassades de l'Inde
À Paris: 15, rue Alfred-Deho
denck, 75016. Tél. : 45 20 39 30.
À Bruxelles: 217, chaussée de Vleuragat avenue, 1050. Tél.
: 640 9140.
À Ottawa : 10, Springfield road, Ottawa, Kimic 9. Tél. : 744 37 51.
À Genève : 7, 9 rue du Valet, 1202, Genève. Tél. : 320 859.
Paris : 8, boulevard de la Madeleine, 75009 - Tél. : 42 65 83 86.
Bruxelles : 60, Ravenstein. Tél. : 511 17 96.
Genève : 1-3 rue Chantepoulet 1201. Tél.: 32 18 13.
Toronto : suite 1016, Royal Trust Tower, Toronto Dominion
Centre, Toronto, Ontario, MSK 1K7. Tél.: 416 362 3188.
Ambassade du Népal
à Paris
: 7, rue Albéric-Magnard Paris 16e. Tél. : 4520 17 66. 7, rue
Washington
Paris 8e. Tél.: 4359 2861.
Il y a 3 saisons en Inde
1.
De septembre à mars : c'est
la haute
saison recommandée pour voyager en Inde, à condition de ne pas aller dans les régions
montagneuses.
En hiver, l'Inde du Nord jouit d'un ciel presque toujours bleu et les températures
varient entre 15 et 25°. C'est seulement dans les régions plus élevées qu'il commence à faire froid.
2.
D'avril à juin : c'est la meilleure saison pour
voyager dans les régions himalayennes, notamment au Cachemire et au Ladskh. Pendant cette saison sèche et chaude que les
Indiens appellent l'été, les températures
diurnes atteignent 40° dans les
régions situées à basse altitude.
3.
De juillet à septembre,
la mousson
détermine le climat. Dans l'est et au pied de l'Himalaya, en particulier, de
violentes averses orageuses noient
fréquemment
les voies
de communication. Les pluies diminuent en durée et en intensité vers l'ouest. II pleut rarement toute une journée. Les
températures se situent environ à 10°C au-dessous de celles de l'été.
Sont exempts de droits de douane : 200 cigarettes (100 au Népal) ou l'équivalent
en tabac, 0,951
de boissons alcoolisées, 1 appareil photographique et 25 pellicules, 1 caméra et
deux films, 1
montre, 1 magnétophone, un poste à transistors, 1
instrument de musique
portatif.
La
douane peut exiger la réexportation d'articles de grande valeur. Elle établit un re-export form qu'il faut
présenter au départ avec l'objet concerné.
Au
retour, la douane française vous permet d'apporter 100 g de thé, tout supplément étant
taxé.
Habillement
Pour l'été. et la période de mousson, il vous faudra des
vêtements de
coton légers. En hiver, vous aurez besoin de lainages et, pour les nuits, de gros
chandails et de pantalons chauds. Beaucoup d'hôtels ne sont pas chauffés et souvent les couvertures sont insuffisantes. Pour l'Himiilaya, prévoyez des vêtements
très chauds.
© Des hôtels de luxe 5 étoiles
aux
modestes auberges, l'Inde dispose
d'une large gamme de lieux d'hébergement.
Tous les hôtels 4 et 5 étoiles sont équipés d'installations d'air conditionné mais même les hôtels modestes disposent de chambres
climatisées avec douche et toilettes
individuelles. De plus, les hôtels se
partagent en deux catégories :
les hôtels de style occidental et
les hôtels de style indien. Dans ces
derniers, on sert le plus souvent une cuisine végétarienne.
Au
Népal et au Bhûtân, seules quelques
agglomérations importantes ont des hôtels
confortables.
® Ni l'Inde, ni le Népal,
ni le
Bhûtân
n'acceptent l'importation ou
l'exportation de la devise nationale. On
peut changer sans problème des francs français ou suisses, des dollars américains ainsi que des chèques de voyage libellés dans ces monnaies. L'importation de devises
étrangères est illimitée, mais soumise à déclaration. Veillez à ce que toute opération de change soit portée sur cette déclaration, elle vous
sera réclamée au départ, surtout si vous désirez changer la monnaie locale qui vous reste.
Inde
: 1 roupie - 100 paise (1 F - 2,27 roupies ; 1 roupie -
0,45 F).
Les hôteliers indiens
demandent souvent que l'on règle la note en devises
étrangères.
Népal
: 1 roupie (NR) - 100 paise (1 F
- 3,53 NP).
Au
départ, vous ne pouvez reconvertir
que 10 % du montant que vous avez changé à
l'arrivée.
Bhûtân
: 1 roupie (BR) - 100 paise
(la BR est alignée sur la roupie indienne).
Les formalités sont
sujettes à
variation.
Renseignez-vous suffisamment à l'avance dans les consulats ou les agences de voyage.
Inde.
Un passeport en cours de validité
avec un visa de tourisme ou de transit. Le premier est valable pour trois mois, le deuxième pour quinze jours.
Tous ' deux sont délivrés par les
représentations diplomatiques
indiennes auxquelles il faut
demander un formulaire (avec une
enveloppe timbrée), à retourner avec deux photographies d'identité, un passeport valable pour 6 mois au moins, la justification d'un billet de retour ou de poursuite du voyage et
celle de l'acquittement des frais de visa
(reçu postal) ainsi qu'une enveloppe
affranchie pour un envoi recommandé.
Cette formalité doit être faite au moins 3 semaines avant le départ. L'arrivée en Inde, en revanche,
ne pourra pas avoir lieu plus de trois mois
au-delà de la date d'obtention du
visa.
Ce
visa ne permet pas de visiter toute
l'Inde. Il faut une autorisation spéciale
pour le Pânjâb, le Sikkim et les « Restricted Areas », des régions septentrionales et orientales de l'État du Bengale.
Népal.
Le visa est délivré dans les
consulats compétents sur présentation d'un
passeport en cours de validité, d'une
photo d'identité, d'un formulaire
rempli, du certificat de réservation
d'une agence de voyage et d'un
justificatif de règlement des frais de visa. Celui-ci est valable 30 jours. Il
permet de visiter la vallée de
Kàtmându Pokhara et les
agglomérations sur les routes menant
en Inde et en Chine. La visite d'autres lieux exige un trekking permit délivré par l'Immigration Office, Maiti Devi,
Kâtmându.
Bhûtân.
Il faut demander le visa huit semaines au moins avant le départ, auprès des représentations diplomatiques à Delhi ou à New York. Ne pas oublier que, pour s'y rendre,
il faut posséder l'autorisation spéciale
d'accès aux . Restricted Areas » de
l'Inde.
La prophylaxie du
paludisme est conseillée pour
l'Inde et le Népal.
La
vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs ayant transité par une région infestée 6
jours avant leur arrivée.
Nous
recommandons aussi la vaccination contre le tétanos et une injection de
gammaglobuline contre l'hépatite. Par contre, l'utilité et l'efficacité de la prévention contre le choléra sont contestées.
On ne devrait pas faire
l'économie d'une
assurance
maladie de voyage qui, outre les frais médicadx, couvre le coût d'un éventuel rapatriement. Au Népal et au Bhûtân,
il n'y a actuellement
pas un seul hôpital qui soit approprié au traitement des Européens !
Dans votre pharmacie de
voyage, vous
emporterez tous les médicaments que vous utilisez régulièrement, ainsi que des
comprimés contre
les refroidissements, un produit contre les piqures d'insectes, des médicaments contre les
infections intestinales,
des somnifères et des pansements pour les petites blessures. Si vous voyagez en montagne, n'oubliez pas de vous
munir d'une bonne
crème solaire.
Sur
place, il faut prendre certaines précautions pour se préserver de maladies.
S'abstenir, par exemple, de boire de l'eau du robinet ou s'en servir pour se laver les dents. Le thé fraîchement
préparé est le meilleur substitut. Ne jamais boire de lait, ni manger des fruits non épluchés, des légumes
crus, des gâteaux
à la crème ou des glaces ! Il est toujours risqué de se baigner dans les rivières, et surtout les étangs, même si les autochtones le font.
Voyager en Inde
Indian
Airlines (et non Air India) entretient un vaste réseau intérieur.
Discover India Ticket »
permet d'effectuer
un nombre illimité de vols pendant 21 jours pour 375 dollars américains. Un autre billet, valable 15 jours sur six
itinéraires, coûte 300 dollars.
Les moins de 30 ans payant en devises
fortes bénéficient d'une réduction de 25 %. Prenez garde de réserver tous les vols à temps, et, dès l'arrivée à destination, demandez confirmation de votre
correspondance ou de votre retour.
L'Inde
dispose du quatrième réseau ferroviaire du monde (60 000 km). On distingue les classes suivantes : air-conditioned first class (he
classe avec air conditionné,
wagon-lit la nuit), first class
(avec ventilateurs et
couchettes) au même prix que air-conditioned chair car (voiture climatisée avec places assises), second class.
«
Indrail Pass e,
délivré dans les gares des grandes villes (reservation office) et les aéroports, propose des voyages particulièrement
avantageux
pour différentes périodes et classes. Exemple : 21 jours air-conditioned,
280 dollars américains ; 21 jours first clans, 140 dollars
et 21 jours second class 65 dollars.
On ne peut louer de voitures qu'avec chauffeur. Les tarifs sont variables mais, malgré le chauffeur, moins chers qu'en France.